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Horse Naturally à Oltingue

Les chevaux au naturel

Publié le 30/08/2021

À Oltingue, tout au sud de l'Alsace, sur le site de la Ferme de l’ancienne scierie, Myriam Hertzog et Xavier Wittig ont développé plusieurs activités atypiques : la pension pour chevaux au naturel, le coaching équin, l’élevage de moutons. Le tout, dans l’esprit de la permaculture.

Si la pension pour chevaux est aujourd’hui l’activité principale de la ferme, la polyculture-élevage de moutons en est l’activité originelle. C’est la « spécialité » de Xavier Wittig qui propose ses moutons essentiellement pour leur viande. La clientèle est fidèle depuis plusieurs décennies, et le savoir-faire de l’exploitant est reconnu comme une garantie de qualité. « Les moutons sont des croisements des races Île-de-France et Suffolk. C’est une reprise du cheptel de mon père. Ils broutent les parcelles les plus sauvages et naturelles que nous possédons. Les particuliers qui viennent acheter ces moutons vivants apprécient notre mode de fonctionnement. Ils ne veulent pas passer par une boucherie. Ils apprécient nos conditions d’élevage », explique Xavier Wittig. De plus, l’agriculteur optimise ses productions céréalières sur les terres les plus éloignées et les plus difficiles d’accès. La permaculture est sa source d’inspiration professionnelle. « Nous respectons la biodiversité des lieux et nous nous adaptons à elle. Il y a ici des haies, des ronces, des orties et des arbres dont certains sont plus que centenaires. Nous voulons que ce milieu naturel nous guide dans notre travail. Les arbres et l’Ill offrent des espaces de fraîcheur qui permettent à la végétation de se reproduire naturellement », ajoute Xavier Wittig. Les productions excédentaires de foin, regain, paille, céréales et maïs, ainsi que le bois de chauffage issu de forêts locales, sont également vendus. L’exploitant est aussi un excellent créateur-transformateur. Il recycle des matériaux auxquels il donne une seconde vie. Cette polyvalence apporte de nombreux bénéfices à l’ensemble du domaine. Une vie en mouvement Avec Horse Naturally, la ferme s’est diversifiée dans la pension pour chevaux, essentiellement en Paddock Paradise. Originaire de Strasbourg, Myriam Hertzog a effectué différents métiers administratifs qui l’ont amené vers la découverte, dès 2005, du coaching. Quelques années plus tard, elle rencontre son futur mari à Oltingue. « Comme moi, il apprécie les chevaux. Nous avons alors décidé de développer la pension pour chevaux. Ayant mon propre cheval, j’ai eu l’idée de développer la pension Paddock Paradise ici, à côté de la pension classique de quelques boxes d’abord. Puis, on l’a transformé en paddocks-boxes car les chevaux ont besoin de mouvement, de place. » Elle précise le modèle : « Il est largement inspiré de celui du Paddock Paradise de Jaime Jackson. Les chevaux vivent ainsi toute l’année pieds nus, à l’extérieur 24 h/24. Ils circulent sur près de deux kilomètres de piste stabilisée (empierrée, ensablée et en terre) qui s’élargit par endroits sur de grandes aires. Ces parcours bordés d’arbres offrent des abris, du sel, de l’eau et différents filets à foin. » Horse Naturally a ainsi pour vocation d’offrir aux chevaux en pension une vie respectant leurs besoins fondamentaux de mouvement, de vie sociale et d’intégrité. Tous les chevaux vivent à l’extérieur, en groupe. Ils ont accès à une alimentation naturelle à base de fibres variées. Ils arpentent les pistes stabilisées et ont un accès restreint à l’herbe responsable de maladies. Les litières confortables, issues de leurs céréales à paille, sont fort appréciées des chevaux. « Plusieurs variétés de grands arbres et de haies bordent les cours d’eau qui longent les pistes. Ce sont autant d’occasions pour les chevaux de varier les plaisirs et de se soigner grâce aux plantes, bourgeons, feuilles, fruits, écorces. Leurs balades nourrissantes sont entrecoupées de temps de repos, de jeux, de toilettage mutuel et de déconnades ! L’accès à l’herbe sur les parcelles est limité. L’idée est de stimuler la vie sauvage et naturelle des chevaux. Et ainsi de limiter les maladies telles que les fourbures, coliques, et autres arthroses. Une vie en mouvement dans un espace naturel pour des chevaux bien dans leur tête et dans leurs sabots », souligne Myriam Hertzog. Outre cette sensibilité à ne pas laisser les chevaux dans un espace fermé, la pension leur permet d’être nourris et soignés avec le moins possible de produits chimiques. « Nous proposons notamment des régulateurs parasitaires à base d’huiles essentielles bio. Nous constatons que nous obtenons des résultats probants. Cette manière de faire préserve le système immunitaire des chevaux, mais également nos sols », assure Myriam Hertzog. Une vingtaine de chevaux sont en pension l’année. Le couple est aidé dans ses tâches quotidiennes par deux personnes à temps partiel. L’une, le matin, est présente pour le nettoyage des lieux de vie. L’autre, une apprentie, complète les travaux quotidiens. Coaching avec un cheval La pension pour chevaux est complétée par du coaching équin. Myriam Hertzog s’adresse là principalement aux dirigeants d’entreprises de petites structures. Elle en a en effet déjà accompagné certains en coaching professionnel classique. Elle propose un accompagnement à raison de deux fois deux heures par mois sur six mois environ. Un parcours sous forme de séance à pied en présence du cheval. « L’avantage de solliciter le cheval, c’est que ce dernier ne vous juge pas. Il vous reflète à l’instant T. Le coaching est une alliance précieuse pour une personne qui ressent le besoin d’être aidée pour passer un cap difficile. Le coaching n’est ni du conseil, ni de la formation. Il favorise au contraire l’autonomie de la personne coachée en lui permettant de se (re) connecter à ses ressources propres. C’est un accompagnement individuel qui mène à la remise en question, au changement et à l’action », précise Myriam Hertzog. Elle s’est formée au coaching professionnel en 2011. Après avoir exercé plusieurs années à son compte, elle a plus récemment choisi d’y inclure le cheval grâce à l’approche nommée Equivivencia. Il s’agit d’un parcours de formation de coach équin qui permet à des passionnés de chevaux intuitifs et attentifs au bien-être naturel du cheval, de structurer leur offre et de créer leur activité en révélant ce pour quoi ils sont faits véritablement (sans se perdre dans une méthode clés en main). Les projets de développement de nouvelles activités complémentaires ne manquent pas. « Nous gérons le vivant et nous veillons à ce que ce vivant puisse évoluer favorablement pour les générations futures. Nous craignons simplement de ne pas avoir assez de temps pour prendre le repos nécessaire », conclut Myriam Hertzog.    

Semences de fleurs et graminées sauvages locales

Chasser le naturel, il revient en graines

Publié le 27/08/2021

Nungesser Semences est le seul spécialiste des espaces verts, du gazon et des graminées du Grand Est à s’être diversifié dans les semences de plantes sauvages indigènes. Il recherche des agriculteurs motivés pour les multiplier. Elles iront enrichir les bords de parcelle, les interrangs des vignes ou les vergers, mais également des prés communaux ou encore des entrerails de tramway.

Pionnier, Nungesser Semences multiplie, depuis dix ans déjà, des semences de fleurs et graminées sauvages locales, labélisées Végétal local. Leur mélange fleurit à la ville et au champ. Le savoir-faire du semencier, spécialisé dans les gazons et graminées, est unique dans le Grand Est. En France, ils ne sont qu’une poignée à s’être ainsi diversifiée. Tout commence dans la nature alsacienne. Des botanistes du conservatoire des sites alsaciens (CSA) y collectent entre 5 et 15 g de semences d’une plante sauvage pour Nungesser Semences. À partir de ces graines, le semencier, basé à Erstein, multiplie sous serre la première année, et repique. Puis des agriculteurs voisins cultivent les fleurs et graminées sauvages sur de petites parcelles. La première récolte est manuelle pour recueillir suffisamment de semences. Ensuite, seulement, de grandes parcelles sont ensemencées. Mais il faut attendre trois à quatre ans entre la collecte dans la nature et l’intégration des semences multipliées dans un mélange de graines prêt à être commercialisé. « C’est fastidieux mais cela fait le charme de l’activité », estime Lucie Heitz, la fille de Bernard Heitz, le PDG de Nungesser Semences. Entreprise familiale, depuis 1973, Nungesser Semences emploie aujourd’hui dix salariés. Une dizaine d’agriculteurs sont partenaires. 90 % des mélanges de semences pour bandes enherbées, bordures de parcelles, interrangs, prairies, aménagements divers de Nungesser Semences sont élaborés à la demande. « On ne s’adresse qu’à des pros du paysage », précise Lucie Heitz qui, du haut de ses 37 ans, se prépare à la reprise. Entre autres clients qui achètent les mélanges à base d’espèces sauvages indigènes : Vinci pour le grand contournement ouest de Strasbourg ; les collectivités locales pour leurs chantiers de renaturation, telle Ostwald ou Illkirch ; la CTS pour l’extension du tram vers la Robertsau. « Avec 1 kg de graines, on ensemence 200 m2. Nos conditionnements ne sont pas adaptés aux particuliers », ajoute Lucie. Le monde agricole aussi commence à s’intéresser aux fleurs et graminées sauvages locales pour attirer l’entomofaune : les insectes pollinisateurs et les auxiliaires des cultures. « L’intérêt de ces plantes est qu’elles sont pérennes. Il y a des annuelles - des plantes messicoles, comme le coquelicot et le bleuet - mais aussi et surtout des vivaces, qui repoussent à chaque fauche et sur plusieurs années », explique Lucie Heitz, qui sait que l’inconvénient majeur est le prix des semences. 98 % des fleurs sauvages qui composent les mélanges sont des vivaces, souligne-t-elle. Bientôt une thèse sur le sujet Dans le vignoble, les mix à base de plantes indigènes sauvages sont de plus en plus choisis comme alternatives à l’engazonnement habituel. Éviter les coulées de boue, voire le travail du sol, amener de l’engrais vert, en plus des pollinisateurs et des auxiliaires, les animent. Tant et si bien qu’un projet de recherche a vu le jour, dès 2014. Pour le groupement de viticulteurs de Westhalten, des botanistes du CSA ont collecté, sur la lande du coin, le Strangenberg, les graines de 25 espèces sauvages locales, qui ne concurrencent pas la vigne, dont l’achillée millefeuille, la centaurée du Rhin, l’œillet prolifère. Nungesser Semences les a multipliées. Les viticulteurs les ont semées. Avec l’Inrae de Colmar, ils étudient l’apport de ce couvert végétal à la biodiversité, notamment dans le sol, et à la résistance au stress hydrique. Pour 2022, via le dispositif CIFRE (convention industrielle de formation par la recherche), Nungesser Semences recrute un jeune doctorant qui soutiendra une thèse sur les fleurs et graminées sauvages. « Grâce à des relevés botaniques, il étudiera comment ces espèces interagissent entre elles et avec la vigne, et se pérennisent : un sujet jamais traité auparavant », s’enthousiasme Lucie Heitz. Son père qui avait eu cette idée folle de préférer les fleurs sauvages aux horticoles, était à l’époque taxé de « fumeur de moquette »… quoi de plus logique pour un semencier spécialiste du gazon ! Encore aujourd’hui, fleurs des prés et des champs sont qualifiées de mauvaises herbes. Pourtant, elles sont des réservoirs de nourriture et des hôtels pour les insectes auxiliaires des cultures et les pollinisateurs. Et elles sont autrement plus nourricières que les fleurs horticoles, dont la fonction reproductrice - le nectar et le pollen donc - n’est pas développée, à cause de la sélection qu’elles subissent, selon le semencier. Pour les vergers, Nungesser Semences préconise des mélanges de fleurs sauvages très variées, pour capter un maximum de butineurs différents. En grandes cultures, des mix plus simples, de trois à cinq espèces seulement (bleuets, coquelicots, calendula en tête), sont conseillés puisque l’intérêt cultural est moins grand. Des mélanges avec du trèfle sont vendus dans les coopératives de la région. Nungesser Semences fournit Le Comptoir agricole et Armbruster notamment. Arboriculteurs et viticulteurs achètent, eux, en direct leurs mélanges à façon. L’entreprise de semences en gros a une agence dans le Haut-Rhin à Wittelsheim. Les Alsaciens représentent ainsi 70 % des clients agriculteurs sur ce marché de niche. Cherche producteurs « Auprès des agriculteurs, nous sommes surtout connus pour nos mélanges sur mesure de semences d’engrais verts. Nous vendons une bonne centaine de tonnes de semences d’intercultures par an en direct. Aucune plante sauvage dans ces mélanges. Généralement, les cultivateurs se regroupent pour acheter plusieurs tonnes », intervient Bernard Heitz. Père et fille lancent un appel à la profession. L’activité de semences de fleurs et graminées sauvages se développe rapidement. Actuellement, une dizaine d’agriculteurs produisent pour eux deux ou trois espèces, en monoculture : de quelques ares à deux ou trois hectares, selon les besoins. Nungesser Semences assure le suivi technique de cette culture « très bien rémunérée » : de 1 500 à 3 000 €/ha. « Notre problématique, c’est trouver des agriculteurs qui se lancent dans la production. Chaque espèce a un itinéraire différent et on revient à des techniques d’avant : du désherbage manuel et mécanique uniquement. Ce sont des cultures qu’on surveille. Et comme ce sont des plantes sauvages, elles ne fleurissent pas toutes en même temps : leur but est de se reproduire. Il faut donc les choper au bon moment. Si on récolte 50 % du potentiel de la parcelle, c’est déjà bien. 200 kg d’une production, c’est beaucoup pour nous ! », s’exclame Lucie. La jeune femme est en plein dedans : récoltes, séchages, tris s’étalent de juin à fin août. Chaque année, entre 6 et 8 tonnes de graines d’une quarantaine d’espèces indigènes sauvages sont produites. Nungesser Semences sort environ 2 000 tonnes de semences, toutes confondues, par an. Les producteurs qui cultivent des plantes sauvages locales pour Nungesser Semences sont à 90 % alsaciens. Des Champenois ont rejoint l’aventure. Qu’est-ce qui les motive tous ? « Ces parcelles restent en place de trois à cinq ans. Elles couvrent le sol, qui n’est pas travaillé. Elles ne nécessitent pas d’engrais ou une fois tous les cinq ans. Et attirent, bien sûr, beaucoup d’insectes. Nous ne faisons pas d’alimentaire, donc nous ne sommes pas en bio. Le recours aux fongicides est possible », résume Lucie Heitz. Les standards sont le bleuet, la marguerite et le coquelicot. Pour soutenir l’équipe de France au Mondial de foot 2022, rien de tel qu’une production bleu-blanc-rouge ! Avis aux amateurs.        

Canton de Marmoutier

Quentin Seemann ouvre la voie

Publié le 25/08/2021

Le finaliste du canton de Marmoutier au concours de labour départemental du Bas-Rhin, dimanche, sera Quentin Seemann, 17 ans. Son cousin Nathan, 11 ans, est arrivé deuxième sur trois de la cantonale, le week-end passé, à Zehnacker. Ultra-motivé, Quentin est un modèle.

La compétition, c’est le moteur de Quentin. Le jeune apprenti boucher-charcutier tente les finales de labour en planches, autant que les concours professionnels, depuis trois ans. Son père Geoffroy et son oncle Olivier ont encore beaucoup d’années à tirer sur la ferme. Quentin Seemann ne compte donc pas s’installer tout de suite mais il les aide à développer la vente directe de viande bovine. Malgré son orientation qui l’éloigne de l’étable, il reste très attaché à l’exploitation et a passé le dernier mois dans les champs. Quentin s’est entraîné plusieurs fois par semaine pour la cantonale, puis la départementale de labour, sur les parcelles de Westhouse-Marmoutier. « En 2018, j’étais pour la première fois à la cantonale. J’ai déjà concouru en 2019 à la finale départementale de labour. Je n’étais jamais sur le podium », résume Quentin, qui est syndiqué chez les Jeunes agriculteurs (JA) depuis deux ans. Cette année, il espère bien remonter dans le classement. « Quentin est très soigneux, méticuleux et calme. Mais il ne finit pas toujours dans les temps. Les pénalités le plombent », confie son père, qui s’était essayé au concours de labour plus jeune, « pour le fun ». Il n’a pas poussé son fils à participer. Quentin s’est découvert cette passion seul. « À force d’aller aux fêtes, assister aux finales, j’ai eu envie de tenter le concours moi aussi », explique simplement le jeune homme. « Tout pour réussir » « Moi aussi, depuis que je suis petit, mon père m’emmène aux finales de labour, embraie son cousin Nathan, le fils d’Olivier. L’an passé, mon grand-père et lui m’ont laissé labourer chez nous. J’aimerais faire comme les autres concurrents et Quentin ! » Le futur collégien n’a pas encore l’âge pour participer à la finale départementale de labour de ce dimanche. Mais à la cantonale, il est arrivé deuxième, le week-end dernier, devant un quadragénaire amateur. De quoi, le motiver ! Son principal problème, c’est d’aller droit. Avec les conseils d’Olivier, il prend de mieux en mieux ses repères. « Il tire à gauche », constate le père, heureux d’enseigner à son fils. Les frères Seemann encouragent les deux cousins autant qu’ils les recadrent vertement : les jeunes « rêvent », s’accordent-ils. Leurs pères, aussi, mais, une fois les pieds à terre et bien inspirés, ils pensent tout de suite au côté pratique. « Je suis prêt, si Quentin gagne la finale départementale. Je mets le tracteur sur le camion et je lui amène dans la Meuse pour la régionale. Il a tout pour réussir ! », s’exclame Olivier. Avec son frère Geoffroy, ils ramassent les volailles pour Bruno Siebert. Ils sont donc équipés et pourraient même rouler jusqu’au national, les 11 et 12 septembre, aux Terres de Jim, en Provence, si leur champion les y amenait. Terre de vainqueurs « Le plus difficile, c’est la concentration », admet Quentin. Sa Kverneland a deux socs. « La charrue est de plus en plus sophistiquée », remarque-t-il à l’atelier. « On a flexé, reflexé. On y a passé des heures », lâche Geoffroy, qui s’est pris au jeu, puisque son fils est intéressé. La charrue était réversible à la base. Tous les socs du haut ont sauté. « On apprend et on évolue ensemble », ajoute l’aîné des frères Seemann, qui surfe sur YouTube autant que son fils. Dans le village voisin, le ferronnier qui a modifié la charrue du vice-champion du monde Thomas Debes, aussi du canton de Marmoutier, a travaillé le premier soc de la charrue de Quentin. Mais père et fils le savent, ce n’est pas un gage de victoire. C’est le pilote qui compte, plus que l’engin ! Et les ajustements. « Chez nous, vers Marmoutier, la charrue doit être réglée au mm, sinon ça ne fonctionne pas. La terre est grasse. Si Quentin arrive à labourer ça, ce devrait être plus facile pour lui, dans une autre terre », table Geoffroy. Leur consultant, c’est Denis Meyer, champion de France à 18 ans, du canton de Marmoutier… encore ! Décidément, leur coin, c’est une terre de vainqueurs. Quentin était à Tübingen en 2018 d’ailleurs, voir Thomas décrocher la deuxième place au mondial. « On a de bons laboureurs ici », admet Geoffroy. Quentin et Nathan labourent en planches, « comme leurs papas, souligne Olivier, qui ne connaissent pas le labour à plat ». Le tracteur de Quentin est un Zetor 106. Nathan, lui, a reçu le tracteur de collection du grand-père, un McCormick, et une vieille charrue de ferme, repeinte couleur Kuhn. « C’est super pour débuter. On l’a vite en main ce tracteur. Sa première mise en circulation, c’était 1964 », précise Olivier. « J’ai concouru à la cantonale pour que je sache déjà comment ça se passe, pour voir mon niveau », dit Nathan. Quentin a aussi hâte de se comparer aux autres jeunes. Il sait qu’en départementale, il y a des défauts rédhibitoires. « La rectitude, c’est primordial », rappelle Geoffroy. « Si je suis droit à l’ouverture, ça devrait aller ensuite », enchaîne Quentin, conscient que la compétition se joue à une motte et demie. Faire toujours mieux, arriver le plus loin possible… Quentin est dans son élément. L’ambiance conviviale des FDL ajoute encore à la motivation de tous.

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