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Publié le 15/12/2021

Depuis le 1er novembre, les retraites des chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole sont revalorisées. Le montant de leur pension minimale de retraite passe de 75 % à 85 % du Smic net agricole, soit une garantie de retraite minimale portée à 1 035 euros net par mois (en moyenne, 105 euros de retraite en plus chaque mois pour les bénéficiaires) pour une carrière complète. Mais attention, certains dossiers spécifiques demandent l'intervention de la MSA d'Alsace.

Cette revalorisation tient compte de l’ensemble des avantages vieillesse auxquels l’assuré peut prétendre auprès de l’ensemble des régimes de retraite obligatoire. Elle concerne les futurs retraités mais également les retraités actuels du régime agricole. Elle s’applique sur les retraites de novembre, avec un premier paiement au 9 décembre. Cette majoration fait suite à la promulgation de la loi n° 2020-839 du 3 juillet 2020 visant à assurer la revalorisation des pensions de retraite agricoles en France continentale et dans les outre-mer. Adhérents concernés Cette revalorisation concerne les chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole, qui ont liquidé l’ensemble de leurs pensions obligatoires, de base et complémentaire, et qui prennent leur retraite en novembre 2021. Elle s’applique également aux retraités actuels. Pour bénéficier de cette revalorisation, il faut : Avoir été chef d’exploitation ou d’entreprise agricole ayant mis en valeur, à titre exclusif ou principal, une exploitation ; Les chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole doivent justifier, à la date d’effet de leur retraite de base de : la durée taux plein fixée en fonction de la génération de naissance des assurés tous régimes confondus ; dont 17,5 années accomplies en qualité de chef d’exploitation ou d’entreprise agricole à titre exclusif ou principal. Faire valoir ou avoir fait valoir l’ensemble de ses droits à la retraite, de base et complémentaire, auprès de tous les régimes de retraite obligatoires. Le montant de la revalorisation sera proratisé en fonction du nombre d’années accomplies en qualité de chef d’exploitation ou d’entreprise agricole, dans la limite de 1 035,57 € tous régimes de retraite obligatoires pour 2021. Comme le prévoit la loi, une nouvelle revalorisation aura lieu en janvier 2022 et prendra en référence le Smic net agricole applicable au 1er janvier 2022. Aucune démarche particulière n’est nécessaire dès lors que les critères d’éligibilité sont respectés. Au titre de l’année 2021, près de 208 200 retraités agricoles bénéficieront de cette mesure, pour un montant estimé à plus de 278 millions d’euros en année pleine.

Publié le 15/12/2021

Après une année d’interruption en raison de la crise sanitaire, la filière Élevage du Comptoir agricole s’est réunie afin de faire le point sur les activités porcine et bovine de la coopérative, qui enregistrent toutes deux une progression sur l’exercice 2020-2021, malgré une conjoncture pas toujours simple, qui menace la pérennité des exploitations. Aussi les éleveurs espèrent qu’Egalim2 sera plus efficace que la première version.

L’activité porcs de boucheries, qui constitue le plus gros de l’activité porcine, a connu une forte augmentation, avec 11 000 porcs collectés en plus (voir infographie). « Il s’agit de porcs provenant de nouveaux apporteurs, et d’animaux provenant des producteurs historiques, qui ont amélioré la productivité de leur élevage pour profiter d’un marché porteur », commente Romain Gerussi, responsable de la filière élevage au Comptoir agricole. À noter que 96 % des porcins collectés par le Comptoir agricole sont valorisés par l’entreprise Socopa, située à Holtzheim. L’épidémie de Covid-19 a impacté l’activité : de novembre à février, l’enlèvement de près de mille porcs a dû être reporté, soit la moitié de la production. Un volume qui a été résorbé depuis. « Quelque 3 600 porcs de boucherie, soit 5 % du volume collectés, sont engagés dans des démarches de filière, que ce soit avec Cheville Est, Cœur paysan, ou encore la boucherie Riedinger Balzer. » Le Groupe Élevage travaille à une meilleure valorisation des porcs élevés en Alsace. Principale difficulté : valoriser l’ensemble de la carcasse. « Nous menons des essais pour apprécier comment tenir au mieux l’équilibre matière première, par exemple en adaptant les méthodes de découpe des carcasses », indique Romain Gerussi. Pour les porcins d’élevage, quatre des onze fournisseurs de porcins de 8 kg bénéficient de débouchés contractualisés, ce qui permet de sécuriser 90 % des débouchés. Pour les porcins de 25 kg, seuls deux fournisseurs ont pu contractualiser leurs relations avec leurs clients. Le marché du porc dicté par le Covid Le marché du porc a été fortement influencé par la crise sanitaire, qui s’est traduite par une baisse d’activité dans les abattoirs, notamment en Allemagne en avril 2020, donc par des reports de livraison dans les élevages. Conséquence : une baisse de 55 cts du cours en 18 semaines. Après un sursaut durant la période estivale, les marchés ont rechuté à cause de l’épidémie de peste porcine africaine (PPA), en Allemagne, apparue en septembre 2020, qui s’est traduite par un arrêt des importations chinoises et asiatiques de porcs. « De nouveaux cas sont détectés en Allemagne. Et les prochains sur la ligne de progression de l’épidémie, c’est nous », glisse Romain Gerussi. Les cours sont remontés au printemps 2021. Avant de dévisser suite à l’arrêt brutal des importations chinoises : « En deux ans, la Chine a retrouvé son niveau de production d’avant la PPA, qui l’avait décimé de moitié », poursuit-il. Une catastrophe sur les marchés européens, et pour les producteurs, confrontés dans le même temps à une hausse du prix de l’aliment. « Le marché devrait se maintenir durant l’hiver, et pourrait redémarrer en mars, en fonction de l’évolution de la 5e vague… », avance prudemment Romain Gerussi. Egalim 2 entre en application Un sujet a particulièrement marqué l’actualité porcine cette année, l’évolution de la réglementation sur la castration des porcins, qui entre en vigueur au 1er janvier 2022. Socopa, débouché ultra-majoritaire des porcs alsaciens, a d’ores et déjà fait connaître ses exigences qui se traduisent, pour les éleveurs alsaciens, par la nécessité de poursuivre les castrations, dans le respect des nouvelles exigences réglementaires. À savoir : avant sept jours d’âge, avec une anesthésie locale et une antalgie, par des éleveurs ayant suivi une formation avant le 1er janvier 2022, et avec un passage du vétérinaire sanitaire dans les six mois. Une formation a donc récemment été organisée par le Groupe Élevage. Dernier point d’actualité, et non des moindres pour la filière porcine : « Suite à la nouvelle mouture de la loi Egalim, un contrat doit être signé avec Socopa d’ici la fin de l’année, avec des prix tunnels et une prise en compte des coûts de production. » Un contrat qui devra prendre en compte le surcoût de l’injection d’anesthésiant, soit quelque 2 cts par animal. La décapitalisation du cheptel bovin continue Au niveau des bovins, l’activité boucherie est en hausse, légère pour les jeunes bovins, plus marquée pour les réformes, en système allaitant comme laitier. Et, comme le commerce des bovins maigres est également dynamique, notamment en veaux de huit jours, l’activité bovine enregistre une hausse globale de 3,5 %. Résultat : le Comptoir agricole collecte environ un tiers des animaux qui sont mis en marché dans le Bas-Rhin. Les quelque 37 800 animaux collectés au niveau de Cloé ont été orientés vers 41 destinations, correspondant à 21 clients différents : en tête, Bigard-Charal-Socopa (43 %), Elivia (28 %), Sicarev (14 %) et Unebio (3,5 %). Un bon résultat pour le Comptoir agricole, mais qui traduit une réalité moins heureuse : la décapitalisation du cheptel. « La population bovine s’effrite, en élevage laitier comme allaitant. Les abatteurs commencent à s’en préoccuper parce qu’à terme il risque d’y avoir un manque d’animaux pour faire tourner les abattoirs », indique Romain Gerussi. Certains jeunes bovins (JB) de races à viande, qui représentent 60 % de l’activité, bénéficient de contrats, par exemple avec Charal pour les jeunes limousins de moins de 22 mois, ou avec Charolux (démarche visant à promouvoir la viande bovine française de qualité sur le marché allemand). « Aujourd’hui ces contrats sont caducs, car le prix minimal qui avait été fixé est dépassé par les cotations d’aujourd’hui, constate Dominique Daul, président de la section bovine. Le marché nous a rattrapés et tant mieux, parce que nous partions de très loin. » À noter que la majorité des JB de types laitiers (54 %) est contractualisée avec McDonald’s. La dynamique Label rouge se poursuit Pour mieux valoriser les vaches allaitantes, et dégager de la plus-value pour les éleveurs, Cloé et le Comptoir agricole misent sur le Label rouge. 33 éleveurs sont désormais engagés au niveau du Comptoir agricole, et 228 pour Cloé. « L’enseigne Cora a été la première à adhérer à la démarche, les autres suivent », se félicite Romain Gerussi. Dernière en date à avoir rejoint le partenariat : Système U. Grâce à cette dynamique, la demande pour la viande Label rouge a triplé en 18 mois. Lorca, la Cal et @comptoir_agri poursuivent le développement de la production de bovins label rouge, via Cloé, grâce à un nouveau partenariat avec les magasins @ULesCommercants. Pour en savoir plus ⬇️ https://t.co/0XVqZNlZn5 @agrodisT — Agrodistribution (@agrodisT) November 12, 2021 Denis Fend, directeur du Comptoir agricole, a commenté le compte de résultat de l’Organisation de producteurs. Les chiffres d’affaires des activités bovine et porcine sont équilibrés, à 16 M€ pour chaque filière, soit une hausse de 2, 5 %, limitée par la baisse du prix du porc. « Le résultat, après redistribution des compléments de prix, s’élève à 69 000 € contre 77 000 € pour l’exercice précédent. Cela fait cinq ans que le Comptoir agricole a repris l’activité de Copvial, une opération qui s’est avérée une réussite grâce aux éleveurs qui sont restés présents, grâce au partenariat avec Cloé, et à la sécurité financière que notre groupe a apportée. » Un travail d’équipe qu’il s’agit de poursuivre pour le bien-être des éleveurs alsaciens !

Publié le 14/12/2021

Tout au long de l’année, les agriculteurs mettent sur le marché des produits de saison, issus de leurs champs ou de leurs élevages. En cette fin d’année, c’est au tour des produits festifs de réclamer leur place à table.

Escargots, truite saumonée, dessert glacé, vins d’Alsace… La richesse des produits du terroir alsacien permet d’élaborer sans peine un menu de fin d’année gourmand digne des meilleures tables. La commission communication de la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) en a fait la démonstration le 2 décembre, en organisant une rencontre avec la presse, dans l’impressionnante salle des foudres de la cave Les Faîtières d’Orschwiller-Kintzheim. Ange Loing, coprésident de la commission, a mis en avant la capacité des producteurs alsaciens à élaborer « des produits d’excellence très diversifiés ». Tout en regrettant la décision de la maire de Strasbourg de bannir le foie gras des réceptions officielles. Quelle que soit leur diversité, les produits festifs ont un point commun : ils sont élaborés avec le plus grand soin par des producteurs attachés à leur terroir et à une certaine idée de la qualité. Il en est ainsi des adhérents de la cave Les Faîtières. Ils mettent en valeur les vignes du grand cru Praelatenberg ou des coteaux du Haut-Koenigsbourg pour en faire des vins « sur la tension, plus secs, plus dans l’air du temps », comme le souligne Jean-Paul Eblin, président de la cave. Ainsi aussi de Carole Konradt, qui s’est lancée dans l’élevage d’escargots à Ostheim en 2018. Elle en produit 400 000 cette année, dont la moitié est vendue en décembre. L’exploitante diversifie les recettes pour sortir de la préparation habituelle des escargots en coquilles farcis à l’ail, à l’échalote et au persil. Elle les propose enveloppés dans une sorte de gaufrette (les croquilles) avec différentes farces (tomate/basilic, comté, citron vert/gingembre) ou en bocaux, à manger froids trempés dans une sauce. Dans sa ferme piscicole d’Orbey, la famille Guidat s’est spécialisée dans la truite. Elle élève les poissons dans une vingtaine de bassins remplis d’une eau de qualité. Elle vend les truites fraîches, fumées à froid ou transformées en rillettes, ainsi que les œufs de truite, très prisés à Noël. Christophe Rué et son épouse, eux, se sont lancés dans la fabrication de glaces au lait de ferme en 1997. Ils les déclinent en 15 parfums. Ils élaborent également des desserts glacés (vacherins, kougelhopfs, bûches de Noël, nids de Pâques), ce qui leur permet d’élargir leurs débouchés et de faire tourner leur activité de transformation toute l’année. Ces desserts représentent 70 % de leurs ventes, témoigne l’éleveur d’Osenbach. « Un acte citoyen » Dans une région comme l’Alsace, l’approvisionnement en circuits courts relève de l’évidence. Le consommateur y est particulièrement sensible depuis le déclenchement de la pandémie, note Christophe Rué, par ailleurs président de la commission circuits courts, qui considère l’achat local comme « un acte citoyen qui permet à l’agriculteur de vivre de son métier et qui contribue à l’environnement ». La Chambre d’agriculture Alsace travaille justement au développement des circuits courts, témoigne Paul Schiellein, au nom de la CAA. Notamment à travers le réseau Bienvenue à la ferme. Premier réseau d’agriculteurs pour la vente directe et l’accueil à la ferme, il fédère 8 000 agriculteurs à travers toute la France, souligne Jean-Luc Parthonneau, en charge de l’animation de Bienvenue à la ferme. En Alsace, 230 agriculteurs en font partie et une dizaine de nouveaux adhérents renforcent les rangs chaque année. Toutes les productions y sont représentées : viande et charcuteries, produits laitiers, confitures, miels, sirops… Les produits locaux sont aussi une richesse pour la gastronomie alsacienne. Un vecteur important pour le rayonnement touristique de la région, soutenu en tant que tel par Alsace destination tourisme (ADT), fait valoir Paul Schiellein.

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