Pratique

Halles du Scilt à Schiltigheim

Un côté « village »

Publié le 23/09/2020

Créées en 2016, les Halles du Scilt ont réussi à se trouver un public et à devenir un véritable lieu de vie qui marie culture et gastronomie. Ces halles gourmandes rassemblent des commerçants permanents et des invités chaque week-end.

Les débuts des Halles du Scilt ont été difficiles, le public n’était pas au rendez-vous comme espéré. D’après Benoît Steffanus, conseiller municipal délégué, « la plage horaire d’ouverture était trop importante et les commerçants devaient rester jusqu’à soixante heures par semaine sur place alors même qu’il n’y avait personne. Nous avons donc décidé de réduire les horaires d’ouverture et de ne garder que les créneaux susceptibles d’accueillir plus de monde. L’affluence en semaine est moindre mais on s’en doutait. Par contre, le week-end est bien vivant. Les politiques commerciales et d’animation qu’on a appliquées au lieu ont porté leurs fruits. Il y a eu de gros investissements sur le lieu, on a voulu qu’il soit au service des Schillickois ». Aujourd’hui, les Halles du Scilt accueillent un certain nombre de commerçants et proposent une large gamme de produits à sa clientèle. « Cinq commerçants sont présents en permanence : un maraîcher, un fromager épicier, un poissonnier, un boucher charcutier ainsi qu’un restaurateur », explique Benoît Steffanus. D’autres commerçants ne sont que de passage et ne sont pas établis à l’année au sein des halles. « Le week-end, il y a des invités qu’on appelle « non-sédentaires » et qui viennent très régulièrement : un caviste, un boulanger bio, un vendeur de macarons, un vendeur de terrines et même un glacier l’été », détaille-t-il. À côté des différents commerces, les halles proposent aussi de nombreux événements. « Expositions, concerts, soirées et autres animations », détaille le conseiller à la Mairie. Pour dynamiser le lieu à l’automne, des week-ends à thème seront organisés à partir d’octobre, notamment une foire aux vins où plusieurs cavistes seront présents.       Voici les nouveaux horaires d’ouverture des Halles du Scilt pour le mois de septembre ? Pour les commerçants : - Du... Publiée par Les Halles du Scilt sur Lundi 8 juin 2020     « Tout le monde est le bienvenu ! » Depuis 2016, les Halles du Scilt n’ont cessé d’évoluer. Autant d’habitués que de nouveaux clients passent les portes des halles et Nicolas Diemer, maraîcher et commerçant, en est satisfait : « Ça ne fait qu’évoluer dans le bon sens. J’ai beaucoup d’habitués et de nouveaux clients. J’ai renouvelé le contrat pour trois ans ». Xavier Brun, gérant de l’épicerie Grand Cru, déjà propriétaire d’une boutique Grand’Rue et situé juste en face de l’étal de la ferme Diemer au sein des halles, renchérit : « Si on est venus aux Halles du Scilt, c’est parce qu’on croit à ce genre de projets. C’est un lieu de vie avec de bons produits, on défend des producteurs, on essaie de les mettre en avant. Cela représente une bonne part du chiffre d’affaires. Chaque week-end, de nouveaux clients sont au rendez-vous, il y a un vrai potentiel ». À l’image du poissonnier, Loïc Fox, qui prône un retour à la passion : « J’aimerais revenir à des valeurs de commerce de proximité, à des gens qui connaissent leurs métiers et leurs produits : c’est ce que je défends et représente à travers ma présence aux halles ». Les Halles du Scilt devaient - et doivent toujours - contribuer à l’objectif de création d’un centre-ville à Schiltigheim. Pour Benoît Steffanus, « c’est un objectif à court et long terme pour la municipalité. Lors des évènements, notamment lors de la fête de la musique, ça fait un peu « village » : il n’y a pas de voitures, les enfants peuvent courir partout sans crainte, c’est un espace clos et convivial, c’est ce qu’on cherche ». La municipalité compte aussi sur l’aspect unique du lieu : « Dans l’Eurométropole, je ne pense pas qu’il y ait un autre endroit où on puisse acheter son poisson le dimanche matin, puis boire un café et écouter un concert pour 2 € », ajoute Benoît Steffanus. Le projet est encore jeune et un appel à candidatures pour les commerçants est lancé : « Pour adhérer au projet, il faut rentrer en contact avec les services de la Ville. Toute demande est prise en compte. Nous sommes à la recherche de commerçants, tout le monde est le bienvenu ! », scande Benoît Steffanus. Gilles Occansey, du service attractivité de la ville de Schiltigheim et coordinateur des Halles du Scilt, évoque des besoins plus précis : « Nous recherchons un boulanger permanent et quelqu’un sur les week-ends, éventuellement une épicerie sèche ou en vrac qui propose ses produits de temps en temps ».       Encore de beau produits chez votre poissonnier Publiée par Les Halles du Scilt sur Jeudi 17 septembre 2020    

Publié le 23/08/2020

La Folie Marco, grande demeure mi-seigneuriale mi-bourgeoise, est devenue un musée grâce à une donation faite en 1960 à la ville de Barr. Les bâtiments et les collections qui y sont réunies sont autant de connaissances de la vie alsacienne proposées au public. On y trouve également un clos viticole.

Le musée de la Folie Marco est installé dans une demeure aristocrate du XVIIIe siècle. Il abrite des collections de mobilier bourgeois alsacien du XVIe au XIXe siècle. L’édifice fait, partiellement, l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis 1935 et le musée, fondé en juin 1964, possède le label « musée de France ». Alors que « Marco » est le patronyme de son constructeur, le bailli strasbourgeois Louis-Félix Marco, l’appellation « folie » suggère le type de résidences en vogue à partir du XVIIe siècle. Le bâtiment est situé à la sortie nord de la ville de Barr, en direction de Strasbourg, et à l’extérieur de l’ancienne enceinte fortifiée. Sur le terrain acquis par Marco, devant l’ancienne porte Feyl (Feylthor), se trouvait auparavant la chapelle Saint-Wolfgang, que la ville venait de faire démolir. Louis-Félix Marco (1718-1772), bailli à partir de 1750, a lancé la construction dès 1760. La Folie Marco, achevée en 1763, est alors officiellement devenue la maison du bailli. Après la mort du bailli Marco, son fils a vendu le domaine aux créanciers. Trois familles vont se succéder dans la maison, la transformer, l’embellir, puis la transmettre à la ville à compter de 1960. « Depuis, la maison a été conservée avec tous ses souvenirs. Elle est officiellement devenue le musée de la Folie Marco en juin 1964. Les visiteurs peuvent découvrir un mobilier bourgeois alsacien du XVIIe (l’époque de la Renaissance rhénane, caractérisée par des bahuts, crédences et armoires imposantes à colonnes), jusqu’au XIXe siècle (époque du Premier Empire et de la Restauration), en passant par le mobilier raffiné du XVIIIe siècle (tables, fauteuils, commodes des époques Louis XV et Louis XVI) », explique Floriane Tinetti, en charge du musée. À l’extérieur, le jardin a été conçu pour permettre une promenade pédagogique. Les différents points de vue et perspectives permettent d’apprécier le vignoble du Kirchberg, d’avoir un panoramique exceptionnel sur la plaine d’Alsace et la Forêt Noire, et des vues tout aussi intéressantes sur l’architecture du musée. Le site s’organise en une succession de chambres vertes ou minérales et de seuils. Pour faire vivre le lieu, de nombreuses animations sont proposées. L’une d’elle, de juillet à fin septembre, s’articule autour de la viticulture. Intitulée « La folie des vins barrois », elle permet de vivre une expérience œnotouristique scénarisée dans l’atmosphère des années 1900 avec une balade viticole, la découverte du musée de la Folie Marco et la dégustation de vins de viticulteurs barrois.     Le clos de la Folie Marco La Folie Marco a également en face d’elle un clos de vigne. Il a été acquis par la famille Kienlin, propriétaire des lieux entre 1780 et 1816, lors de la Révolution. Ce clos, référencé dès le Moyen Âge, faisant partie des vignes du Grand Chapitre de Strasbourg, fief des Uttenheim de Ramstein. La ville de Barr l’a ensuite reçu en donation en 1960 à la mort des derniers héritiers. « Notre famille exploite ce clos depuis 1962, date à laquelle la ville de Barr, propriétaire de l’ensemble des biens depuis la mort des derniers héritiers, mît aux enchères le droit d’exploiter ces vignes. Louis Hering a acquis ce privilège pour une période de 99 ans », explique Jean-Daniel Hering, l’actuel responsable du domaine familial. Un clos qui est bien mis en valeur par la géographie des lieux, par la municipalité et par le musée qui, lors de chaque visite guidée, en raconte l’histoire. « Ce vignoble est protégé des vents du nord. Ceci lui apporte toujours une belle précocité à la sortie de l’hiver où l’on observe un débourrement huit à dix jours plus tôt qu’ailleurs. Nous cultivons deux cépages dans ce clos, toujours vinifiés séparément : le sylvaner Clos de la Folie Marco et le riesling Clos de la Folie Marco. Ces deux vins sont récoltés à maturité optimale pour produire des vins secs et fruités, parfaits pour la gastronomie et fidèles à la typicité alsacienne. Nous ne recherchons pas de sur-maturité, mais bien un style léger et une belle fraîcheur préservant les notes florales et fruitées », ajoute Jean-Daniel Hering.      

En cette période estivale

Les arrêtés sécheresse pleuvent

Publié le 16/08/2020

La sécheresse qui sévit sur la plaine alsacienne pénalise doublement les agriculteurs. Les rendements des cultures de printemps sont fortement impactés et, scénario récurrent ces dernières années, les arrêtés sécheresse se succèdent à intervalles réguliers, limitant la possibilité d’irriguer. Ces arrêtés ne sont pas pris au hasard : ils reposent sur une procédure bien rodée.

2020 est la quatrième année consécutive de sécheresse dans notre région, du fait de la faiblesse des précipitations qui perdure depuis le mois de mars. Conséquence, dès la fin juillet, la préfecture du Bas-Rhin a placé l’ensemble des unités hydrographiques du département (en dehors du Rhin) en état de vigilance. Malgré les récentes précipitations, le niveau des cours d’eau devient alarmant dans certains bassins hydrographiques du Bas-Rhin. Le département, explique Guillaume Pfrimmer, animateur de la FDSEA 67 chargé du dossier irrigation, est divisé en quatre bassins hydrographiques : « Bruche, Ehn, Andlau, Giessen et Liepvrette », « Sarre », « Lauter, Sauer, Moder et Zorn » et « Ill aval ». Actuellement, c’est le bassin hydrographique de la Bruche qui soulève le plus d’inquiétudes. D’où la décision du préfet de le placer en alerte renforcée dès le 7 août, suite à la réunion du comité sécheresse du mercredi 5 août. Le reste du département reste en alerte, précise le communiqué de la préfecture. « Il y a cinq seuils : normal, vigilance, alerte, alerte renforcée et crise, explique Patrice Denis, conseiller spécialisé irrigation à la Chambre d'agriculture Alsace. Nous devrions vraisemblablement atteindre le seuil de crise d’ici la fin de la semaine », pronostique-t-il. La réunion du comité sécheresse du mercredi 12 août devrait prendre cette décision lourde de conséquences pour les irrigants. Cela signifie en effet que les prélèvements dans les cours d’eau seront interdits, sauf pour les cultures maraîchères. « Ce n’est que la deuxième fois que cela se produit depuis la mise en place du comité sécheresse. » Comment ça marche ? Mais sur quelles bases sont prises ces décisions ? « Tous les mardis, la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, N.D.L.R) fait parvenir à l’ensemble des organismes concernés les données concernant les débits des différentes rivières. Le comité sécheresse se réunit suite à l’invitation de la DDT (Direction départementale des territoires) et décide de la stratégie à adopter de semaine en semaine », explique Patrice Denis. L’arrêté préfectoral imposant des mesures spéciales dans certains bassins hydrographiques est pris suite à cette réunion, poursuit Guillaume Pfrimmer. Le comité sécheresse inclut tous les gestionnaires qui ont affaire à l’eau : la profession agricole, les industriels, les distributeurs d’eau potable comme le SDEA (Syndicat des eaux et de l’assainissement Alsace Moselle), les associations de pêcheurs, VNF (Voies navigables de France), le SDIS (Service départemental d’incendie et de secours), la Région Grand Est, la Dreal, l’OFB (Office français de la biodiversité), la DDT, Alsace Nature, etc.     Au plus fort de l’été, le comité sécheresse se réunit toutes les semaines. La rencontre débute par une présentation de la situation climatique par Météo France, un état des nappes et des cours d’eau par l’OFB et une étude des besoins des différentes filières. Des informations qui permettent de faire une projection sur la situation à venir. S’engage ensuite un débat sur la nécessité de prendre des mesures, de renforcer les mesures déjà en place, voire de les lever si la situation s’améliore. L’administration tranche sur une position commune qui ne satisfait pas forcément toutes les parties en présence, souligne Guillaume Pfrimmer. L’arrêté sécheresse signé par le préfet fixe les mesures imposées dans les différents bassins hydrographiques. Une certaine confusion règne souvent dans l’opinion publique, générant des incompréhensions. Ces arrêtés sécheresse ne concernent en effet que les prélèvements en eaux superficielles et l’utilisation des eaux issues de ces prélèvements. Les eaux distribuées par les réseaux d’adduction en eau potable (AEP) qui ont pour origine les nappes profondes ne sont donc pas concernées. « Les communiqués publiés par la préfecture pouvaient parfois prêter à confusion. En fonction du secteur où il se trouve, tout particulier qui utilise l’eau de la nappe pouvait continuer à arroser. » Entre-temps, les conditions se sont durcies dans le bassin hydrographique de la Bruche. « Mais nous avons plaidé pour que les particuliers puissent continuer à arroser leur jardin potager », indique Patrice Denis. « Chacun doit y mettre du sien » L’irrigation à partir des eaux superficielles est régie par une procédure bien établie. Dès le mois de décembre, les agriculteurs doivent se signaler auprès de la Chambre d'agriculture et remplir une demande d’autorisation de prélèvement en cours d’eau. Après étude des besoins des irrigants, la Chambre définit un référentiel de partage de l’eau. « Nous établissons un planning d’utilisation pour toute la période. Ainsi, dès le départ, l’exploitant connaît les règles du jeu, quel que soit le seuil. À chaque nouvel arrêté, la Chambre d'agriculture d'Alsace et le Syndicat des Irrigants Ried Sud lui envoient un SMS pour l’informer du niveau d’alerte de son bassin hydrographique », indique Patrice Denis. « Nous avons découpé chaque cours d’eau en tronçons et nous établissons une liste des irrigants sur chaque tronçon », indique Guillaume Pfrimmer. Des règles de gestion sont établies en fonction du nombre de pompes. « Auparavant, nous raisonnions en tours d’eau. Mais cela s’est avéré problématique. Aujourd’hui, nous nous basons sur les prélèvements. Ainsi, si un tronçon comprend quatre pompes de 30 m3/heure, le débit sera réduit en fonction de ce que le cours d’eau est capable de donner, par exemple deux pompes à 30 m3/h ou quatre pompes à 15 m3/h, voire une seule pompe si la situation est vraiment grave. » À charge, pour les irrigants d’un même secteur, de se concerter pour établir leur planning dans le respect de ces restrictions. « L’an dernier, cela avait bien fonctionné, l’OFB était satisfait du résultat. Aussi avons-nous décidé de reproduire le même schéma cette année », indique Patrice Denis. Là encore, de nombreuses incompréhensions subsistent sur le terrain. « Tous les ans, nous subissons des critiques par rapport à l’irrigation en journée. Or, les pertes dues à l’évapotranspiration sont très limitées, de l’ordre de 5 à 10 % selon différentes études. » « Notre objectif est de défendre les intérêts des exploitants, précise Guillaume Pfrimmer. Nous revendiquons une réflexion globale incluant l’ensemble des utilisateurs de l’eau, et pas seulement les agriculteurs qui ont des règles de gestion bien établies. Les prochains comités risquent d’être âpres », admet-il. Patrice Denis confirme : « La profession agricole ne doit pas être la variable d’ajustement. Chaque usager doit y mettre du sien. »    

Pages

Les vidéos