Pratique

Publié le 09/12/2020

Mauvais coup pour la filière du biogaz injecté. Le Gouvernement vient de durcir les conditions d’accessibilité, les prix du biogaz sont révisés à la baisse de même que les aides.

Le nouveau tarif de rachat du biogaz injecté est entré en vigueur le 23 novembre dernier. Il s’applique aux futurs contrats de vente de biogaz. Et une baisse d’environ 10 % sera appliquée. L’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF) soulève que les tarifs seront indexés sur le nombre de futures installations, d’où une incertitude sur les prix à venir. Et, en conséquence, des plans de financements incertains pour les exploitants agricoles souhaitant se lancer dans le biogaz injecté. De même, les aides de l’Ademe sont indexées à la baisse. Pour les agriculteurs disposant de faibles capacités d’autofinancement, c’est un mauvais signe car ces aides de l’Ademe sont intégrées dans les fonds propres. Ces mesures reflètent clairement un souhait du Gouvernement de tempérer le développement des méthaniseurs. En conséquence, les exigences préalables à la contractualisation d’un tarif d’achat de biogaz injecté s’intensifient. De même pour les contraintes administratives - permis de construire, dossier ICPE (Installation classée pour la protection de l’environnement). Enfin, la TIC (Taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel) s’appliquera également au gaz renouvelable. Par ailleurs, le taux d’incorporation des cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) et des cultures dédiées devra être inférieur à 50 % et « être conforme aux principes agroécologiques ». Par ailleurs, le ministère de la Transition écologique a présenté les orientations de la réglementation environnementale 2020. Son objectif vise à améliorer la performance énergétique des bâtiments, un secteur qui pèse pour 45 % de la consommation d’énergie en France et pour 18 % des émissions de gaz à effet de serre. Mais cette loi concerne le bâtiment neuf, mais pas le parc de logements existants. Notons que la vente de chaudières à gaz sera proscrite à partir de 2022.     [#ConfPresse @AAMF_biogaz] Sur l’arrêté tarifaire il ne s’agit pas d’une simple baisse de tarif mais d’une succession de freins pour la filière(fin #PrimeP2, conditions d’obtention du tarif durcies, Cmax non annualisé...)qui fragilise particulièrement la #méthanisation agricole. pic.twitter.com/sQv3yMjpeM — Gaz d'aujourd'hui (@Gazdaujourdhui) September 14, 2020      

Ce 6 décembre sur Arte

Vol au-dessus d’un nid de cigognes

Publié le 06/12/2020

Le dernier film du réalisateur Jean-Luc Nachbauer, « L’Alsace, terre de cigognes », est diffusé ce dimanche 6 décembre sur Arte.

Tourné ce printemps, le dernier film documentaire du réalisateur Jean-Luc Nachbauer est consacré à la réintroduction des cigognes blanches en Alsace. Au début des années 1970, il restait si peu de couples de reproducteurs dans la région que l’oiseau emblème de l’Alsace a bien failli disparaître. Un programme de réintroduction a été lancé, avec l’installation de 200 cigognes provenant de différents pays du Maghreb dans une vingtaine d’enclos répartis du Nord au sud de l’Alsace. Les oiseaux ont été sédentarisés pendant trois ans, afin de leur faire perdre l’envie de migrer, les accidents de migration étant l’un des points noirs pour la survie de la cigogne blanche. Une réintroduction trop bien réussie ? Quarante ans après les premières réintroductions, les cigognes blanches sont revenues en nombre dans le ciel alsacien. Dans les villes et les villages, elles font leur nid, générant parfois des nuisances ou des dangers pour la sécurité des habitants. On recense plus de 1 000 nids en Alsace aujourd’hui, rapporte Jean-Luc Nachbauer. Le sauvetage aurait-il « trop bien réussi » ? C’est ce que le réalisateur a cherché à comprendre en allant à la rencontre de différents personnages : Gérard Wey, un « Storckapapa » de la première heure, des maires plus ou moins satisfaits de l’installation de l’échassier dans leur commune, un agriculteur qui exploite des prairies en zone inondable très prisées par les cigognes, un artisan fabriquant des nids « sécurisés ». Entre les différents témoignages, le documentaire donne à voir le gouffre qui peut exister entre l’image de la gentille cigogne véhiculée par la culture populaire et la réalité, celle qui conduit parfois des cigognes adultes à jeter leur progéniture hors du nid, par manque de nourriture ou lorsque le cigogneau est trop chétif… Le réalisateur évoque aussi le bouleversement de l’instinct migratoire de la cigogne induit par la sédentarisation de l’espèce, qui trouve désormais à se nourrir dans les décharges publiques. Inévitable revers de la médaille ? La question se dessine en creux au fil du film. Les imprévus du tournage Le tournage ayant débuté au début du premier confinement, ce printemps, Jean-Luc Nachbauer a dû faire face à quantité de difficultés pour le mener jusqu’à son terme. Il a d’abord fallu convaincre les deux préfectures du bien-fondé de tourner un film animalier en pleine épidémie. Et faire avec les aléas liés au sujet lui-même : malgré tout l’intérêt qu’il leur portait, les cigognes n’ont pas songé à avertir le réalisateur de leur prochain départ d’Alsace, ce qui fait qu’il a failli manquer le moment de la migration… Les contraintes sanitaires et les restrictions de déplacement ont également pesé sur les conditions de tournage. Le résultat, toutefois, ne s’en ressent pas. En témoignent les très belles images, que l’on doit à Clément Nachbauer, le fils du réalisateur.

Publié le 14/11/2020

Pour les pépiniéristes, l’automne représente une saison clé dans les ventes annuelles. Pendant le confinement, ces exploitants agricoles peuvent rester ouverts, mais petit à petit, ils viennent grossir les rangs des victimes collatérales de cette crise sanitaire. Exemple au magasin Pépinières - Fleurs & Paysages Sonnendrucker, à Truchtersheim.

Une silhouette apparaît dans la pépinière Sonnendrucker, à Truchtersheim. L’homme au pantalon de travail retire ses gants et regarde autour de lui. Pendant quelques secondes, au milieu des 6 hectares de plantation, il se sent un peu seul. Il est 13 h 30, c’est l’unique client du moment. Il finit par trouver Céline, la vendeuse. « Je voulais savoir si vous aviez un éléagnus, un grand », insiste-t-il. Patrick est en train de construire une piscine chez lui, il veut embellir le pourtour. « J’en ai déjà un chez moi. C’est un bel arbre aux feuilles vertes et dorées au soleil, persistant, qui ne perd pas ses feuilles en hiver », décrit cet habitant du village. Quelques secondes plus tard, le jardinier amateur trouve son bonheur. Il sait que c’est le moment de planter, alors ne pas croiser d’autres clients le surprend. « Peut-être que les gens ont peur de venir », émet-il. Lui s’est arrêté sur le retour du travail, à tout hasard. « C’est seulement le 11e client de la semaine, et nous sommes déjà jeudi », recense Christophe Sonnendrucker, un brin dépité. Cette fois, c’est sûr, le compteur n’affichera pas 278 clients, comme la semaine passée. « Dès que le président a annoncé l’arrivée du confinement, les clients qui devaient récupérer des commandes étalées sur deux-trois semaines ont voulu tout récupérer d’un coup. C’était la fin du monde pour eux, et impossible à gérer pour nous », raconte ce grand quinquagénaire qui a repris l’entreprise familiale en 1996, et qui dirige maintenant une équipe de 12 salariés pépiniéristes, horticulteurs, paysagistes, maraîchers, ou encore fleuristes.   C’est la saison des plantations , n’hésitez pas à nous faire part de votre demande d’arbres , arbustes , et conifères le tout local bien sûr Publiée par Pépinières-Fleurs et paysages Sonnendrucker sur Mardi 3 novembre 2020   Besoin de rassurer Le téléphone sonne. « Oui, oui, vous pouvez passer », répète le pépiniériste, à travers son masque aux couleurs pastel. À demain. » Ces derniers jours, il passe beaucoup de temps à rassurer les indécis qui appellent. « Les clients ne savent pas s’ils ont le droit de venir, et quoi inscrire sur leur attestation », constate-t-il. Pourtant son magasin peut rester ouvert, seule l’activité fleuriste est en suspens. « Nous sommes avant tout des agriculteurs puisque nous produisons des arbres. » Situation compliquée, et mal tombée puisque l’automne représente une des deux saisons phare de l’année avec le printemps, et compte pour 40 % du chiffre d’affaires. Ce coup d’arrêt soudain dans la fréquentation de son établissement, Christophe Sonnendrucker le vit un peu comme un coup de massue, d’autant que les particuliers forment la majorité de ses clients, devant les paysagistes et collectivités du coin. « En plus, le premier confinement a chamboulé les pratiques des gens. Comme ils ne font plus de grands voyages, ils peaufinent leur jardin. Cet été, tout le monde voulait des arbres d’ombrage, alors que d’habitude nous ne voyons personne », s’étonne l’exploitant, qui appréhende même une rupture de stock en albbizzias ou mûriers à fleurs de platane : du jamais vu !   Chers clients, La pépinière reste ouverte pendant le confinement avec les mêmes horaires d'ouverture à savoir de 8h30 à... Publiée par Pépinières-Fleurs et paysages Sonnendrucker sur Vendredi 30 octobre 2020   Faute de marchés de Noël Depuis le printemps, sa sphère d’influence a ainsi grandi. Rien qu’aux portes ouvertes, mi-octobre, il a enregistré 35 % de ventes supplémentaires par rapport à l’année dernière. « Avant, les gens venaient de 15 km à la ronde, maintenant j’ai des clients de Phalsbourg ou de Wissembourg. Ils me disent qu’il n’y a pas grand-chose par chez eux. Ceux qui allaient en jardinerie se tournent aussi vers nous, pour avoir plus de conseils », remarque ce responsable qui a investi dans la simulation de jardins à l’entrée du site, « pour donner des idées ». Quand cet engouement reprendra-t-il ? « Peut-être en décembre, s’aventure-t-il. D’habitude, c’est un mois quasiment mort, comme les gens ont la tête dans les marchés de Noël. S’ils sont annulés, est-ce que les clients se remettront au jardin, tant qu’il ne gèle pas, pour anticiper ce qu’ils ont prévu de planter au printemps prochain ? Et est-ce que cela suffira pour compenser nos pertes de novembre ? » Beaucoup trop d’interrogations pour Christophe Sonnendrucker qui s’inquiète déjà de ne pas pouvoir vendre ses quelques sapins de Noël dans les semaines à venir. « Eh oui, si la situation empire et que nos dirigeants imposent de tout fermer ? Mais ils ne vont pas nous enlever ça quand même. C’est pour le moral des gens. Si les familles ne peuvent pas se réunir à Noël, qu’elles aient au moins le décor. » Un lot de consolation incertain en cette période si inédite, en attendant des jours meilleurs. La maison devait célébrer ses 90 ans cette année. La fête a été reportée.

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