Pratique

60e Journées d’octobre et 20e Folie’Flore de Mulhouse

Pas de masque pour la convivialité et l’émerveillement

Publié le 11/10/2020

Les 60e Journées d’octobre et les 20e Folie’Flore de Mulhouse font partie des rares manifestations recevant du public à avoir été maintenues cette année en Alsace. Une « bouffée d’air » pour les exposants, une « bulle de convivialité » pour les visiteurs et une « ode à la nature » et au « vivre ensemble » pour les élus et les représentants du monde agricole.

Un léger brouhaha émane du Parc des expositions de Mulhouse. Après des dizaines de manifestations annulées dans le Haut-Rhin et en Alsace, les 60e Journées d’octobre et les 20e Folie’Flore ont finalement été maintenues moyennant le respect drastique des mesures et gestes barrière contre le Covid-19. Seule la traditionnelle balade inaugurale en présence des élus et des organisateurs n’était pas de la partie cette année. Ce qui n’a pas empêché les uns et les autres de pouvoir s’exprimer lors du coup d’envoi officiel de ces dix jours de fête, le 30 septembre dernier. Pour la maire de Mulhouse, Michèle Lutz, les Journées d’octobre et Folie’Flore sont une « ode à la nature » qui rappelle aux uns et aux autres « l’impérieuse nécessité de protéger notre planète » et, à une échelle plus locale, le cadre de vie des Mulhousiens. Dans ce contexte de crise sanitaire et économique, elle croit plus que jamais à un « plan de relance ambitieux » basé sur le développement durable, que ce soit en végétalisant davantage l’espace public, en favorisant la rénovation thermique des bâtiments, en développant les modes de transport « doux », tout comme l’agriculture urbaine, les circuits courts, le respect du cycle alimentaire des saisons afin de contribuer à une consommation « raisonnée et durable ». La présidente des Journées d’octobre et de Folie’Flore, Betty Muller, salue, elle, l’investissement bénévole des paysagistes haut-rhinois qui ont su créer des jardins plus « improbables » qu’à l’accoutumée. « Malgré le contexte, ils ont su faire preuve d’une immense créativité qui prend la forme de bulles de champagne, d’immenses gâteaux et cadeaux. Merci à eux et aux communes partenaires pour ce gros travail. » Si celui-ci permet aux visiteurs de s’évader un peu du contexte anxiogène dans lequel nous vivons en ce moment, le maintien des Journées d’octobre et de Folie’Flore est aussi une bouffée d’air pour tous les commerçants et artisans locaux. « Il faut qu’ils puissent continuer à travailler. C’est indispensable pour notre tissu local, tout comme l’est la convivialité inhérente à ce genre de manifestations », ajoute Betty Muller.   Quelques images automnales de Folie'Flore ?? . Le cocktail ? des 60 ans des Journées d’Octobre est en dégustation libre... Publiée par Parc Expo Mulhouse sur Mercredi 7 octobre 2020   Maintenir le « lien » entre villes et campagne Le premier vice-président de la Chambre d'agriculture Alsace (CAA), Denis Nass, voit dans ces Journées d’octobre et Folie’Flore un « lieu d’échange et de rencontres » qui doit perdurer. Un rapprochement entre ville et campagne qui est, à ses yeux, « indispensable » pour résoudre bon nombre de problématiques actuelles : la protection de l’environnement, l’alimentation et le changement climatique. Et que ce soit dans les champs ou dans les rues pavées des communes, le « plus de vert » est confronté au même besoin, celui de l’accès à l’eau. « Sans eau, pas de végétal. Sans eau, pas d’alimentation, c’est aussi simple que cela. Il est donc urgent de réfléchir à des réserves d’eau tant pour les agriculteurs que pour l’ensemble de la population alsacienne. C’est un sujet collectif. » Dans son allocution, Denis Nass est également revenu sur le confinement du printemps dernier et les enseignements « positifs » à en retirer. « Oui, l’épidémie de Covid-19 a aussi eu des effets bénéfiques. Pour les apiculteurs, notamment, qui ont connu une année exceptionnelle. Et pendant qu’ils récoltaient leur miel, les agriculteurs ne se sont jamais arrêtés de travailler alors qu’ils sont fréquemment montrés du doigt au sujet de la disparition des abeilles. Cette année, on a bien vu que ce n’était pas le cas et que le risque qu’on pointe du doigt n’est pas le bon. » Le confinement a aussi déclenché un certain engouement des citoyens pour les producteurs locaux. Mais quelques mois plus tard, le constat est un peu amer pour Denis Nass : « Aujourd’hui, on est pratiquement revenu à la situation de départ. Pourtant, ce lien entre consommateurs et producteurs, entre ville et campagne, est plein de bon sens. Il y a tellement de choses à faire ensemble dans l’alimentation, la production d’énergie et la gestion des déchets. Mobilisons-nous collectivement pour que tous ces projets voient le jour. » Un besoin de « collectif » entendu et partagé par le préfet du Haut-Rhin, Louis Laugier, notamment sur la question de la ressource en eau. « Tout le monde est concerné par cette question, pas seulement les industriels et les agriculteurs. D’où la nécessité de développer une vision globale et partagée sur ce sujet. C’est pour cette raison qu’un comité de gestion de la ressource en eau va être créé prochainement dans le département pour réfléchir collectivement à cette problématique », annonce-t-il.

Publié le 05/10/2020

Région touristique par excellence, l’Alsace a subi les conséquences de la crise sanitaire, avec une fréquentation touristique divisée par deux cet été. C’est ce qui ressort des chiffres publiés par l’Agence régionale de tourisme Grand Est. L’heure est venue de promouvoir un tourisme durable et responsable.

Une saison contrastée : c’est ainsi que Marie-Reine Fischer, présidente de l’Agence régionale du tourisme Grand Est, qualifie la saison touristique estivale. Lors d’un point presse, organisé le 22 septembre à Strasbourg, elle a donné les grandes tendances de l’activité touristique durant les mois écoulés. Des tendances finalement « plus favorables » que celles auxquelles s’attendaient les instances du tourisme régional au sortir du confinement ce printemps. « L’absence significative du tourisme de groupe a été compensée par le tourisme individuel et familial », constate notamment l’ART qui y voit notamment le résultat des efforts d’adaptation faits par les professionnels. Cet été, le Grand Est a accueilli majoritairement une clientèle française, les touristes étrangers ne représentant que 30 % de la clientèle. De nombreux habitants du Grand Est ont passé leurs vacances dans leur propre région, redécouvrant ainsi leur territoire à la faveur des restrictions de déplacements liés à la crise sanitaire. Le reste de la clientèle hexagonale (25 %) était constitué de vacanciers d’Ile-de-France, des Hauts-de-France et de Bourgogne-Franche-Comté. Les Belges et les Hollandais n’ont pas boudé le Grand Est, contrairement à la clientèle allemande, beaucoup moins présente qu’à l’ordinaire. Quant aux Suisses et aux Italiens, ils étaient tout de même là cet été, souligne Marie-Reine Fischer. La nature, un franc succès Autre tendance observée : « la nature a remporté un franc succès » cette année. Parcs animaliers, parcs naturels, lacs et stations de montagne ont vu leur fréquentation augmenter de 30 %. Les hôteliers de campagne ont bien rempli leurs établissements, particulièrement les 4 et 5 étoiles qui affichaient cet été des taux d’occupation compris entre 70 et 90 %. Le tourisme urbain est bien plus à la peine, constate la présidente de l’Agence régionale du tourisme Grand Est. Certains hôtels de ville ont fait le choix de rester fermés. Ceux qui sont restés ouverts ont connu une baisse de la fréquentation de l’ordre de 40 %. Musées et sites touristiques ont continué d’attirer des visiteurs, mais leur capacité d’accueil a été réduite pour cause de distanciation sociale. L’enquête de conjoncture menée par l’ART Grand Est fait aussi ressortir des différences entre anciennes régions. Champagne-Ardenne et la Meuse, qui étaient plutôt des destinations de passage, sont devenues cet été des destinations à part entière, où les vacanciers ont effectué des séjours plus prolongés qu’à l’ordinaire. La clientèle de proximité a permis de sauver la saison, constate l’ART. Le massif vosgien, lui, a carrément fait carton plein avec un taux de fréquentation en hausse de 12 %, des gîtes occupés à 97 % en août et des réservations record sur la plate-forme AirBnB. Le besoin de dépaysement et de pleine nature a donné un coup de fouet aux activités d’extérieur. Le bilan est plus mitigé pour les grandes agglomérations lorraines et pour l’Alsace, avec 50 % de la clientèle habituelle. « Le taux d’occupation des hôtels ouverts de l’Eurométropole est estimé à moins de 50 % pour l’été 2020 contre 80 % en 2019 », constate l’ART. La restauration ne réussit que partiellement à compenser l’absence des touristes étrangers, même en étendant les terrasses à l’extérieur. Et les principaux sites touristiques alsaciens sont bien loin d’avoir fait le plein cet été. « La Cathédrale de Strasbourg a vu son nombre de visiteurs divisé par 2, Batorama accuse - 61 % de passagers et les musées enregistrent une baisse de fréquentation de 56 % », note l’ART Grand Est. D’une manière générale, les professionnels du tourisme s’inquiètent pour l’arrière-saison, notamment en raison de la recrudescence de la Covid-19 et de l’absence des groupes qui perdure. Les craintes semblent fondées puisque 43 % des réservations de septembre dans les hôtels et 62 % des réservations de groupe dans la restauration ont été annulées. Des soutiens et du « smart tourisme » Dans ce contexte, la Région Grand Est et l’ART ont mis en place un programme de soutien aux entreprises du secteur. L’objectif est de leur offrir un point d’entrée unique pour les conseiller et les accompagner. 60 entreprises ont bénéficié d’un accompagnement personnalisé via ce dispositif. Ce soutien aux entreprises s’accompagne du déploiement d’un plan de communication pour renforcer l’attractivité touristique de la Région Grand Est. Mais dans ce contexte où le tourisme individuel a pris le pas sur le tourisme de masse, l’ART s’attache également à revoir ses orientations stratégiques en misant sur le « smart tourisme ». Il s’agit d’assurer la montée en gamme de l’offre touristique, de proposer un tourisme responsable, durable, en tirant profit des outils digitaux. Enrichir l’offre touristique, la personnaliser davantage pour toucher « un public qui bouge beaucoup », le fidéliser pour qu’il revienne sont quelques-uns des axes qui seront développés grâce à un pilotage basé sur les données, précise Olivier Midière, nouvellement nommé directeur général de l’ART Grand Est. Il faudra pour cela déployer des infrastructures intelligentes et connectées dans le domaine des transports, de l’hébergement et des loisirs. Puisque le tourisme international est « à plat », résume Jean Rottner, président de la Région Grand Est, il s’agit de « partir à la conquête d’une nouvelle clientèle qui s’inscrira dans la durée ». Une clientèle française, dont il regrette qu’elle ait les yeux plutôt tournés vers l’Ouest ou le Sud-Ouest que vers le Grand Est.   TOUS EN ALSACE // Parce que l'Alsace, ce sont les Alsaciens qui en parlent le mieux, Alsace Destination Tourisme met à... Publiée par Alsace Destination Tourisme - Pro sur Vendredi 11 septembre 2020

Publié le 27/09/2020

Ce 27 septembre, les élections sénatoriales se déroulent dans plusieurs départements de France pour renouveler 172 des 348 sièges. Dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, 125 candidats lorgnent le Palais du Luxembourg, où, avec leurs partenaires de l’Assemblée nationale, ils bâtiront le socle législatif. Mais cette mission est loin d’être la seule motivation pour ces futurs représentants des collectivités.

Lorsqu’ils ont répondu à notre appel, certains des candidats aux élections sénatoriales de ce 27 septembre jonglaient avec leur conseiller bancaire afin de fournir à l’État tous les documents nécessaires pour leur déclaration d’intérêt. Intégrité oblige. D’autres terminaient un tour à vélo entre amis. À chacun sa façon de se préparer à une nouvelle vie, entre l’Alsace et Paris. Avant, surtout, d’embrasser un nouvel engagement : celui de porter la voix des collectivités territoriales au Parlement. C’est la raison première affichée par les candidats. « À l’Assemblée nationale, nous passons notre temps à débattre. Au Sénat, il est plutôt question de faire avancer des projets concrets : c’est ce qui m’attire aujourd’hui », remarque Antoine Herth, à la fin de son 3e mandat de député, et tête de la liste La République en Marche – Agir – Modem Agir pour l’Alsace, dans le Bas-Rhin. Représenter les territoires, et en particulier les maires, qui forment la majeure partie des 4 763 grands électeurs de la région, chargés de choisir les sénateurs. Les édiles sont un public averti car aux premières loges. Certains sont frustrés au point de s’inviter parmi les candidats. « J’ai rencontré beaucoup d’élus de la vallée ou du bord du Rhin, avec des problématiques différentes, constate Christian Klinger, maire de Houssen, président de l’association des maires du Haut-Rhin et candidat aux sénatoriales sur la liste Les Républicains Majorité alsacienne 68. Je me suis surtout rendu compte que j’avais du mal à pousser les portes pour solutionner les problèmes et, que les députés et sénateurs actuels ne m’aidaient pas tant. Notamment sur le projet de méthanisation des territoires et les investissements difficiles à obtenir pour accéder aux réseaux de distribution de gaz. Au Sénat, j’espère réussir à ouvrir les portes du ministère de l’Agriculture et servir de liant avec les distributeurs d’énergie. » Du pouvoir aux collectivités Des candidatures sont motivées par l’espoir de développer des grands projets, d’autres par celui de se faire entendre. « Mon idée est vraiment de défendre les maires ruraux car ils doivent gérer beaucoup, avec très peu de moyens », regrette Pascale Ludwig, ancienne maire de Keffenach, une commune de 187 habitants, dans le nord de l’Alsace. Pour elle, il est grand temps d’éveiller les consciences pour revaloriser le rôle des maires des petites communes. C’est pourquoi elle a initié la liste de divers droite Ruralité, une vitalité partagée. « Les maires des petites communes doivent souvent travailler car leur indemnité n’est pas suffisante mais, quand l’agent technique tombe malade, ce sont eux qui se retrouvent à sortir les poubelles de l’école. En plus, ils sont en bout de chaîne et peinent à obtenir des financements pour leur commune. Des années, j’ai espéré recevoir des subventions pour faire construire une piste cyclable. En vain. Les communes voisines, plus grandes, raflaient la mise. C’est hypocrite de vouloir placer la ruralité au cœur des territoires, si on l’oublie, alors que de nombreuses personnes travaillant à la ville y habitent ou viennent s’y approvisionner », déplore cette assistante commerciale. Des citoyens, encore jamais élus, ont même décidé de s’engager dans la bataille pour relayer cette voix des maires. « Dans ma commune de Richwiller, par exemple, le maire a voulu limiter l’épandage, à l’approche d’Ehpad ou d’écoles, pour des raisons de santé publique, mais il n’a pas pu. Les élus locaux devraient pouvoir promulguer ce genre d’arrêtés », attend Yann Flory, habituellement porte-parole du collectif Destocamine-Nappe phréatique en danger. Cette fois, il mènera la liste Écologie, notre avenir à tous, et espère toucher l’électorat sénatorial alsacien, traditionnellement plus conservateur. Redonner du pouvoir aux collectivités territoriales, des plus petites aux plus grandes, c’est le souhait commun des candidats. Une mesure qui rime avec davantage de décentralisation : de l’autonomie fiscale pour les maires à plus de compétences pour la prochaine Collectivité européenne d’Alsace, en passant par des rêves encore plus fous. « Notre idée est d’impulser une VIe République décentralisée pour que les décisions ne soient plus prises dans les cabinets de l’Élysée », clame Gérard Bouquet, candidat pour le Parti radical de gauche sur la liste Alsace et République. « De notre côté, nous souhaitons réformer le Sénat pour qu’il joue vraiment son rôle de Chambre des territoires, comme c’est le cas en Allemagne, avec le Bundesrat, qui représente chaque Land et non des partis politiques », ambitionne Jean-Georges Trouillet, à la tête de la liste régionaliste Pour l’Alsace – FER’S ELSASS, dans le Haut-Rhin. Co-constructeur plus qu’opposition Toutes ces idées résonneront ou verront le jour, qui sait, si les sénateurs activent avec brio leur deuxième casquette : celle de législateur, aux côtés des députés, qui ont le dernier mot dans l’élaboration des textes de loi. De quoi provoquer ou encourager les futurs sénateurs. « Je pense qu’aucun sénateur n’a jamais ressenti de complexe d’infériorité. Il connaît les règles du jeu et les accepte. Son rôle en sera renforcé », analyse André Reichardt, sénateur depuis 2014 et de nouveau prétendant au poste dans le Bas-Rhin, sur la liste de divers droite Les Voix de l’Alsace au Sénat. Pour lui, bien que dominé aujourd’hui par la droite, le Sénat ne doit pas être une chambre d’opposition mais de co-construction. « Quand j’ai été vice-président de la commission des lois, j’ai été saisi de 9 textes de loi sur 10. Toujours, j’ai cherché à enrichir la loi en faveur des collectivités. Parfois, nous avions envie de tout rayer, mais ça n’aurait servi à rien car l’Assemblée nationale aurait repris la version initiale à l’issue de la navette entre les deux Chambres. Finalement, nous sommes plutôt fiers, car plus de 60 % des amendements déposés par le Sénat sont retenus », détaille-t-il. Une image qui a fini par séduire aussi les députés. « En tant que rapporteur de la loi sur l’orientation agricole, en 2006, j’ai travaillé avec mes homologues du Sénat. J’ai pu constater que l’Assemblée nationale légiférait sous la pression de l’opinion et des lobbies. Au Sénat, une ambiance de travail plus sereine régnait, sans hiérarchie, ni pression », se souvient Antoine Herth, aujourd’hui candidat pour la majorité gouvernementale. Aucun de ces candidats n’envisage son mandat au Palais du Luxembourg comme un sas de décompression ou un moyen de remplir ses poches avant la retraite, comme on le reproche souvent aux sénateurs. « Pour ma part, j’y suis déjà, je n’ai pas besoin de ça. J’y vais pour travailler et pour rejoindre tous mes collègues qui ne rechignent pas à partir à 5 h de la gare de Strasbourg pour Paris, à veiller la nuit ou le dimanche, si besoin », déclare Gérard Bouquet, l’ancien maire de Schiltigheim.    

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