Agro 67
Produire du maïs waxy
Agro 67
Publié le 17/10/2017
Lors de sa journée technique, Agro 67 a livré les secrets d’une culture réussie de maïs waxy. Pleins feux sur ce maïs aux propriétés particulières qui le rendent très prisé des amidonniers.
Waxy est un terme anglais qui signifie « cireux », expliquent Mathieu Riedinger et Thomas Frison, technico-commerciaux chez Agro 67. Le caractère waxy est lié à l’expression d’un gène porté par le chromosome 9. Il est présent à l’état naturel dans certaines populations de maïs chinois. Il s’agit d’un caractère récessif. Ce gène a été transféré dans des variétés de maïs standard par rétrocroisements successifs dans le génome d’hybrides classiques. Un hybride waxy est un maïs dont les deux parents possèdent un gène introduit par back cross, qui modifie la structure de l’amidon du grain. De ce fait, l’amidon d’un hybride waxy est entièrement constitué d’amylopectine alors qu’un maïs classique est constitué à 70-75 % d'amylopectine et à 25-30 % d’amylose. Quelles utilisations pour le maïs waxy ? À l’origine, les amidonniers européens faisaient venir le maïs waxy par bateau des États-Unis. À la fin des années 1990, les semences de maïs waxy ont ensuite été importées en France, où elles étaient cultivées dans le Sud Ouest, mais peu à peu les régions du bassin méditerranéen et de l’Europe de l’Est ont commencé à la cultiver. Puis l’interdiction des OGM a obligé de plus en plus les firmes semencières à produire leurs semences en Europe, de manière à respecter la norme exigée par tous les amidonniers d’une teneur en OGM des maïs inférieure à 0,1 %. Pour sécuriser la production, les amidonniers européens ont instauré le système de prime qui permet de compenser la différence de rendement avec la variété classique et les frais de séchage supplémentaires. Aujourd’hui, la France est, avec l’Italie, le principal pays producteur de l’Union européenne, cette culture s’étant peu à peu déplacée vers le nord du pays avec l’apparition de variétés plus précoces. Le marché waxy progresse de 2 % par an. Quelque 230 000 tonnes de maïs waxy sont transformées chaque année par les amidonneries. Son amidon est principalement utilisé pour les produits préparés (sauces, plats pour bébés) et en papeterie (cartons alvéolés). Contrairement aux amidons de maïs et de blé ou aux fécules, ce produit retrouve ses propriétés originelles après congélation et décongélation. Sa tendance à gélifier est presque nulle, sa consistance est onctueuse au refroidissement et sa saveur neutre ne masque pas les arômes, ce qui en fait un produit très apprécié dans l’agroalimentaire, la pâtisserie industrielle, etc. La société Agro 67, filiale de la ZG Raiffeisen, a collecté l’an dernier 9 000 t de maïs waxy. Cela représentait 20 % de la collecte totale de maïs. « Nous avons un silo entièrement dédié au maïs waxy à Reichstett, ainsi qu’un séchoir dédié à Karlsruhe. Nous payons une prime de 20 €/t pour le maïs waxy. » Veiller à la pureté variétale au champ Qui dit rémunération dit contraintes. La parcelle doit être de taille conséquente, en raison de l’obligation de détourage. Il faut ensuite semer des variétés spécifiques et bien nettoyer le semoir après le semis de maïs classique, pour éviter toute contamination. Enfin, il faut prévoir une manutention séparée : le maïs waxy est livré départ champ ou au silo sécheur de Reichstett. Avant la récolte proprement dite, il faut isoler les parcelles en les détourant, pour garantir une pureté optimale. « Une pureté de 98 % est exigée par les amidonniers. Si elle est inférieure à ce seuil, le maïs est déclassé en maïs standard. Et adieu la prime ! » Pourquoi faire un détourage ? Le gène waxy est récessif, contrairement au maïs corné, où le gène est dominant. Il faut donc que le mâle et la femelle portent le gène récessif. Or le pollen des variétés de maïs standards peut voler à une distance de 100 m. En cas de contamination, le maïs ne sera pas waxy. Les techniciens d’Agro 67 conseillent une technique de détourage qui a fait ses preuves : enlever douze rangs si du maïs standard se trouve à proximité ; enlever six rangs à proximité d’un chemin ou d’une route ; le détourage n’est pas nécessaire si la parcelle de maïs est bordée par du blé ou d’autres cultures. Le détourage doit être effectué la veille de la récolte. Un kit à iode permet de tester la pureté du maïs waxy, mais cette méthode n’est pas infaillible. Si le maïs est waxy, la couleur de la pulvérisation à l’iode reste violette. Si elle devient noire, c’est qu’on est en présence de maïs standard. « Tous les lots sont vérifiés à l’arrivée au silo. » Ces précautions ont fait leurs preuves : « Tous les lots que nous avons livrés ont été acceptés. » Vincent Weureuther, directeur commercial d’Agro 67, met les agriculteurs en garde : « Seuls les tests réalisés lors de la réception au silo permettront de déterminer si le maïs est waxy ou pas ». Les agriculteurs qui ont assisté à cet atelier ont pu visiter la vitrine mise en place par Agro 67, qui présentait les quatre variétés de maïs waxy qu’elle commercialise, le Cobalt waxy, le PR 38A75, le Pioneer P 8012E et le DKC 4590 waxy. « Les maïs waxy sont en train d’être fauchés et, selon les premiers retours, les rendements sont au rendez-vous », indique Vincent Weureuther.












