Cultures

Publié le 10/01/2018

L'Ifla et l'Association pour la promotion du navet d'Alsace ont organisé une journée promotionnelle à la choucrouterie Speisser de Geispolsheim. Après de nombreuses années de chute libre, la consommation se stabilise. Une réussite dûe aux efforts de communication à destination du grand public et des jeunes.

 

Publié le 10/01/2018

La betterave a montré tout son potentiel de rattrapage à l’automne. La culture renoue avec un score supérieur de 7 % à la moyenne des cinq dernières années.

La libéralisation du marché qui entre dans les faits fin octobre 2017 conduit les industriels à travailler leur compétitivité par la recherche du plus bas coût unitaire. Cela passe par l’augmentation des surfaces. En Alsace, la betterave établit un nouveau record en 2017. Elle couvre 7 250 ha (*) contre 6 740 ha en 2016 et 6 330 ha en 2015. Les semis précoces tirent leur épingle du jeu ; les plus tardifs peinent par manque d’eau. Les levées sont assez chaotiques par endroits et le liseron favorisé par le sec se montre particulièrement d’attaque. Le gel d’avril oblige à ressemer 80 ha là où « il ne restait rien ». Il ne subsiste parfois que 50 000 pieds, mais la décision de conserver la parcelle se révèle un choix judicieux : la plante fait jouer son puissant pouvoir de compensation. Dans les situations où elle parvient à conserver un feuillage sain, elle profite du mois d’octobre pour rattraper un retard initié par un été sec. Elle n’y parvient pas là où la cercosporiose a fait des siennes. La maladie confirme son statut de fléau principal de la culture en Alsace. Elle surprend les planteurs par son départ ultra rapide dans les secteurs sensibles, souvent irrigués, où la première intervention intervient trop tardivement. L’année montre également que le cuivre représente une option. En combinant l’expérience technique et l’arrivée attendue d’une nouvelle génétique tolérante, tous les espoirs de maîtrise de la maladie sont permis dès 2018. Faut-il le rappeler, l’écart de rendement entre une parcelle saine et une autre atteinte grimpe facilement à 15 t/ha ! Les arrachages débutent le 12 septembre. La richesse réelle monte à 18,2 et affiche des pointes à plus de 20. La fourchette des rendements s’étage entre 70 et 100 t/ha à 16. La moyenne s’établit à 94 t. Si ce score reste à 10 t sous le record de 2011, il reste honorable. La culture réalise ses meilleurs résultats dans le Haut-Rhin où elle bénéficie de « l’effet grandes parcelles » et des échanges réguliers entre planteurs qui leur font faire les choix techniques les plus appropriés. La plaine d’Erstein et le nord sont également à la fête alors que dans le Kochersberg les terres légères stressées par le manque d’eau décrochent un peu. Les parcelles touchées par la cercosporiose sont les plus pénalisées. En bord de champ, tous les chargements de décembre sont bâchés. La tare déchets est du même ordre qu’en 2016, autour de 10 %. À Erstein, l’usine tourne comme une horloge depuis le 27 septembre en traitant plus de 6 500 t/jr. La fin de campagne était prévue début janvier, soit plus de cent jours. Un prix pivot de 25 €/t La fin des quotas sucriers fait que pour la première fois les 601 planteurs livrant à Erstein jettent un tout autre œil sur le marché mondial du sucre : son évolution influe le prix auquel les sucriers européens paieront la tonne de betteraves. Or plusieurs pays annoncent une forte hausse de leur production en 2017-2018. L’Inde prévoit un plus de 4,5 millions de tonnes (Mt), la Thaïlande de 2,1 Mt, la Chine de 1,2 Mt. L’Union européenne n’est pas la dernière de la classe avec 2,8 Mt en sus. Le Brésil n’en rajoute cependant pas en modifiant ses taxes pour qu’un peu plus de cannes soient transformées en éthanol. Néanmoins avec près de 180 Mt dans le monde, l’offre 2017-2018 devrait dépasser la demande de plus de 5 Mt alors que le déficit frisait les 4 Mt en 2016-2017. Ces (bonnes) perspectives ont été largement anticipées par les marchés. Les cours du sucre reculent depuis le début de l’année. À Londres, la tonne n’est plus cotée que 336 € fin novembre. Cristal Union s’est pour sa part engagé pour 2018 et 2019 sur un prix pivot de 25 €/t.    

POMME DE TERRE

Retour de balancier

Publié le 06/01/2018

En 2017, les données s’inversent pour la pomme de terre. Une production plus importante tire les prix vers le bas.

L’année 2017 a été à peine plus facile à gérer au champ que 2016. Après un hiver froid qui procure une bonne structure, les premières primeurs sont mises en place sous bâche fin février. Le reste des plantations s’étale jusqu’à mi-avril. Les températures fraîches retardent la levée et le développement des plantules. Les fortes gelées des 20 et 21 avril, les pires depuis vingt ans, ne laissent guère de chance aux parcelles levées à cette date, pas ou mal protégées par bâches ou aspersion d’eau. Les plantations suivantes profitent bien de l’année malgré une pression précoce et assez marquée des doryphores à partir d’avril. Les températures douces favorisent la tubérisation. Elle est supérieure à la normale. Le printemps sec demande rapidement la mise en route de l’irrigation. L’eau est également nécessaire pour faciliter la récolte des primeurs. Quand elles sont arrachées ! Car le niveau de la demande, tardive et faible en raison d’une météo humide et fraîche, pousse certains producteurs à ne pas engager ces frais au champ ! Des marges brutes à peine positives Le choix de variétés résistantes au stress hydrique et l’irrigation sont payants en 2017. Le rendement des demi-tardives grimpe à 50 t/ha, 10 t de plus qu’en 2016. Celui des variétés précoces progresse de 5 t/ha à 25 t/ha alors que celui des variétés de conservation est stable à 30 t/ha. Les soucis apparaissent en fin d’été. L’alternance de phases de croissance et d’arrêt de la végétation stimule des repousses. Gale argentée, dartrose et conditions de récolte particulièrement sèches dégradent la qualité des tubercules. Limaces et taupins occasionnent des dégâts sur les variétés arrachées jusqu’à début octobre. Les facteurs économiques de l’année sont mal orientés. Le stock est élevé. Les surfaces en variétés de conservation progressent de 5,1 % en France et de 4,6 % dans l’Union. Le rendement européen est en hausse de 8,5 % et la production globale de 13,5 %. Ajoutons à cela des chevauchements fréquents de mise en marché entre les différentes régions de production et l’on comprend que les prix dépriment. En début de campagne, ils n’atteignent pas leur niveau de 2016. À ce jeu, les précoces qui se négocient à 200 €/t perdent 50 €/t. À 150 au lieu de 350 €/t en 2016, les variétés à chair ferme divisent leur produit plus que par deux. Mais que dire des demi-tardives dont le prix dévisse de 200 à 80 €/t… Pour ces deux dernières catégories, les marges brutes restent à peine positives à 395 et 695 €/ha. Autant dire, que pour elles, l’année finit dans le rouge.

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