Arboriculture et petits fruits
Les fruits rouges, abricots et pêches ont profité du climat
Arboriculture et petits fruits
Publié le 19/07/2023
Le soleil de juin a boosté la production de cerises, framboises, myrtilles, abricots et pêches. La qualité est au rendez-vous. Un peu de pluie serait maintenant la bienvenue, pour assurer un calibre suffisant en prunes, mirabelles, quetsches, pommes et poires.
« On finit la récolte des cerises en Alsace. Les dernières devraient être ramassées ce 14 juillet à Westhoffen, la capitale de la cerise. Le bilan est bon. Qualitativement, c’est très bon. Le marché en plus est ouvert pour l’Alsace, suite aux aléas climatiques qu’ont subi les productions du Sud et aux dégâts de mouches sur les cultures du Val-de-Loire. Si en volume, on n’est pas à l’optimum (mais à 60 % de l’optimum), les cerises ont un beau calibre et puisqu’il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de pertes : ni à la récolte, ni au stockage, ni à la vente. C’est une très bonne année en cerises. La valorisation est bonne. Les prix sont supérieurs à la normale de 2,80 à 3,20 €/kg d’habitude, on passe cette année à de 4,20 à 4,60 €/kg. Les producteurs sont satisfaits », résume Philippe Jacques, conseiller en arboriculture, à la Chambre d'agriculture Alsace (CAA). Du propre Abricots et pêches aiment le soleil et le sec. Les conditions climatiques sont donc très bonnes cet été pour ces deux cultures. Mais si en pêches, les quantités de fruits vont au-delà de l’optimum, en abricots - dont la récolte est en cours depuis déjà trois semaines -, les rendements sont en dessous des espoirs. La récolte d’abricots sera belle tout de même, précise Philippe Jacques. « Les clients les attendent, après quatre ans sans abricots d’Alsace. Les prix sont là, ils sont bons », assure le conseiller. Que demandent les producteurs ? De la pluie maintenant, pardi ! Car en prunes, mirabelles, quetsches, pommes et poires, « cela pourrait devenir tendu », lâche Philippe Jacques. Chaque semaine qui passe sans pluie, « on peut perdre du calibre », rappelle le spécialiste. La prise de calibre généralement, stagne sans eau, d’autant plus avec des températures à 34 °C en journée et à 20 °C la nuit. « L’arbre ne respire plus dans ce cas », constate Philippe Jacques. « Jusqu’ici c’était parfait », a-t-il dit au début de la semaine. Pour l’instant, les fruits n’ont pas perdu de calibre. Ce sont 30 mm de pluie qu’il faut régulièrement, et non quelques gouttes, ajoute le conseiller. Les vergers irrigués se portent donc bien, mais il y en a peu en Alsace. Le conseiller espère donc que le ciel sera toujours clément dans les semaines à venir. Il observe encore dans les vergers : « On est chargé et propre. » Jolis petits fruits La récolte de myrtilles a commencé avec une semaine d’avance par rapport à la normale, mi-juin. Marie-Laure Schnell, productrice à Stotzheim, note un début timide, puis une accélération de la maturité avec les fortes chaleurs. Début juillet, c’était le cœur de la saison. Les variétés les plus tardives seront récoltées début août. Mais comme l’an passé aux mêmes dates, l’agricultrice attend la pluie. Sinon les fruits attraperont quelques « coups de soleil ». Aujourd’hui, « la qualité est là, les quantités sont stables, les prix se maintiennent », énumère Marie-Laure. Ils risquent de chuter dès que la myrtille allemande arrivera sur le marché, prévient-elle. La drosophile n’est pas présente. Et si la crainte des pucerons était réelle au printemps, aujourd’hui elle est écartée. Le printemps froid et pluvieux avait par ailleurs engendré un retard de floraison, bien vite rattrapé, pointe-t-elle. Mêmes constats en framboises du côté de Nathan Gsell à Ammerschwihr. La récolte démarrée début juin et qui s’achèvera début août, est « belle ». Les volumes sont beaux, les framboises plaisent aux clients (qui achètent en direct chez Nathan), elles arrivent à maturité dans les temps, partage-t-il. « Les auxiliaires ont joué leur rôle de régulateur des pucerons au printemps », détaille Nathan Gsell. Très peu de maladies en petits fruits cette année : c’est toujours bon de le répéter. Mais toujours un manque d’eau !












