Vigne

Niess Agriculture se lance dans le matériel vinicole

« C’est un nouveau challenge »

Publié le 06/04/2018

Depuis le mois de novembre 2017, la concession Niess Agriculture propose du matériel de vinification dans son catalogue déjà bien fourni en matériels agricole, viticole et arboricole. Une nouvelle activité désireuse de proposer « ce qui se fait de mieux » aux clients, à l’image des derniers filtres tangentiels du fabricant français Bucher Vaslin.

Depuis le mois de novembre, la concession Niess s’est lancée dans un nouveau « challenge » : la concession de matériel vinicole. Déjà présente sur les marchés agricole, viticole et arboricole, la société créée en 1885 à Hoffen souhaitait compléter son offre pour « boucler le secteur », comme l’explique Loïc Berger, responsable de l’activité vinicole chez Niess. Et quitte à se lancer dans un secteur où la concurrence ne manque pas, autant y aller avec ce qui se fait de mieux, à savoir la marque française Bucher Vaslin pour tous les pressoirs, filtres, égrappoirs, tapis élévateurs et pompes péristatiques proposés au catalogue. « On cherchait à redynamiser notre marché en Alsace », explique Guillaume Peyvel, responsable régional export chez Bucher Vaslin. « Un bel avenir nous attend aux côtés de la concession Niess. Elle est bien structurée, avec des équipes compétentes et une envie de bien faire les choses. Ce sont les valeurs que nous souhaitons représenter à travers notre marque. » Niess est aussi représentant exclusif de la marque Speidel dans le Bas-Rhin pour tout ce qui concerne la cuverie, sans oublier les pompes à vin standards, les machines d’embouteillage ou d’étiquetage. Cette nouvelle activité vinicole est pilotée par une équipe « jeune », plus immergée dans les nouvelles technologies. « De ce fait, nous souhaitons développer des matériels davantage dans l’air du temps », souligne Romain Geitner, le commercial de ce quatuor composé également de Loïc Berger, du technicien, François Modry, et de « l’ancien » Francis Scheidt qui assure la fonction de consultant. L’expertise du viticulteur dans un automate Les quatre chevilles ouvrières de l’activité vinicole de Niess ont récemment fait la démonstration de l’un des matériels que la concession propose à ses clients : le filtrage tangentiel fabriqué par la marque Bucher Vaslin. Cette journée de présentation a eu lieu au domaine Bott Frères, à Ribeauvillé. Un choix loin d’être anodin puisque cela fait 17 ans que la maison Bott filtre ses vins en utilisant cette technique qui a demandé pendant très longtemps une grande maîtrise technique. « Tout se contrôlait à l’œil et au goût. C’était un travail d’expert », témoigne Loïc Berger. « C’était » car ces dernières années la technologie a considérablement évolué au point de pouvoir laisser l’appareil tout seul. « Concrètement, toute l’expertise de l’œnologue ou du viticulteur se retrouve dans l’automate. La machine peut tourner sans aucun opérateur à côté d’elle. Elle va gérer toute seule la filtration et faires ses nettoyages automatiquement », détaille Romain Geitner. La machine proposée par Bucher Vaslin peut être utilisée sur tous types de vins, du petit vigneron à la grosse coopérative. Point essentiel aux yeux de Niess : le plus gros défaut qui était reproché à la filtration tangentielle a été corrigé : « Auparavant, on avait des machines difficiles d’utilisation qui pouvaient chauffer les vins et les dépouiller. Depuis le mois de novembre, on a filtré plus de 2 500 hl et on n’a pas eu un vin qui a pris plus de 1 °C. Autre point intéressant : on a de faibles de taux de lies. Sur les 1 700 hl de vins qu’on a filtrés récemment, on n’a eu que 6 hl de lies, soit moins de 1 %. Le filtrage tangentiel est désormais à la portée de n’importe quel vigneron sans mettre en danger les vins. » À noter enfin que ce système de filtration tangentielle proposé par Bucher Vaslin peut être utilisé pour traiter les bourbes au moment de la vendange. « On n’a qu’à changer les modules pour mettre ceux qui sont adaptés aux bourbes. Du coup, cela permet d’utiliser la machine un peu plus longtemps dans l’année », ajoute Romain Geitner.

Diplôme « Vers le terroir viticole par la dégustation géo-sensorielle »

L’Université de Strasbourg s’engage sans retenue et affiche des ambitions

Publié le 05/04/2018

L’Université de Strasbourg (Unistra) s’engage résolument dans le nouveau diplôme universitaire (DU) « Vers le terroir viticole par la dégustation géo-sensorielle ». Son président, Michel Deneken, a annoncé que l’Unistra y consacrera les moyens et le temps nécessaires pour asseoir ce DU ambitieux pour une viticulture ambitieuse.

Il a fallu à Frédéric Créplet, l’un des artisans, et à l’Université de Strasbourg beaucoup d’huile à mettre dans les rouages, à défaut d’eau dans le vin, pour rassembler autour d’un même projet de formation des « porteurs de savoirs académiques et de savoirs empiriques et intuitifs ». Ils seront au cœur de la formation de ce nouveau diplôme universitaire (DU) « Vers le terroir viticole par la dégustation géo-sensorielle ». Au cœur de l’expérience et de la critique académique Cette formation dispensée à la faculté de géographie de Strasbourg débutera le 11 juin 2018. Elle est parrainée par le célèbre vigneron bourguignon Aubert de Villaine et par Dominique Loiseau, présidente du groupe d’hostellerie et restauration Bernard Loiseau. De cette dialectique entre « les exigences académiques et le prophétisme viticole, naîtra une connaissance », se persuade Michel Deneken. Et de cette « conjuration de gens qui ne sont pas d’accord », une sorte de « mélange d’intuition, d’empirisme et de sciences académiques ». Le président de l’Université de Strasbourg (Unistra) en espère une « tension féconde qui permettra aux étudiants qui vont se lancer d’être au cœur de l’expérience et de la critique académique ». Un enjeu de civilisation Une méthode dialectique qui a fait ses preuves et réussit finalement très bien à l’Unistra, car c’est sur ce terreau universel, « sur cet humus », que grandissent les talents : « Nous avons actuellement quatre prix Nobel en état de marche », rappelle le président. Qui entend bien, s’agissant de la vigne, du vin et de la table, « ne pas céder aux injonctions de la bien-pensance. C’est un enjeu de civilisation où la vigne est aux avant-postes. » À l’origine de ce DU, il y a l’initiative des deux vignerons, Jean-Michel Deiss et Étienne Sipp, qui cherchaient à faire en sorte qu’une formation diplômante « puisse tirer la viticulture vers le haut ». Et à « sortir de cette impasse » où les vignerons, jeunes et moins jeunes, ne se sentent pas concernés par « la grande viticulture car elle ne s’adresse qu’à un tout petit nombre d’amateurs éclairés qui parlent un langage obscur, hermétique, abscons ». Le corpus d’une viticulture de terroir « n’est pas une recette de cuisine », explique Jean-Michel Deiss, mais « si au moins cela mettait l’étudiant sur le chemin du doute avec un peu de lumière au bout… » Et en ce sens, « l’université est un endroit ouvert où chacun va grandir ». Par son autorité, « l’université donne quelques perspectives dans la durée » à ce diplôme universitaire qui « s’inscrit dans l’histoire », conformément aux engagements pris par Michel Deneken. Grâce à ses compétences, c’est finalement la faculté de géographie et d’aménagement de Strasbourg qui a été jugée la plus légitime pour dispenser les cours de ce DU, « car un terroir, c’est un espace, un objet géographique, qui se différencie des autres espaces par des caractères et des limites, explique Dominique Schwartz, enseignant en pédologie. Et parmi les caractères qui individualisent le terroir - le climat, les roches, l’exposition, la topographie - on est typiquement dans la géographie, et à Strasbourg nous avons toutes les compétences. » Dimension physique et métaphysique du lieu Mais au-delà de ces facteurs physiques, il y a la dimension métaphysique du lieu, ajoute Jean-Michel Deiss : « Notre siècle est impacté par l’idée de performance. Comment un vigneron peut-il faire en sorte que ses raisins plaident en faveur du lieu ? Dans quel cadre peut-il agir pour que la plante raconte son lieu dans sa dimension physique ? », interroge le vigneron de Bergheim. Et sa dimension métaphysique également ? « On demande aussi à la vigne de transmettre tout ce que son vigneron porte en lui, sa langue, sa culture, ses envies, ses révoltes, son investissement humain et son appartenance à un espace. » Transmettre et restituer par la dégustation : « Comment décrypter le signal du lieu ? » Sur ce point, Jean-Michel Deiss, Jacky Rigaux, enseignant de l’Université de Bourgogne, et le neurophysiologiste Gabriel Lepousez comptent bien s’appuyer sur la dégustation géo-sensorielle, dont les bases n’en sont qu’aux balbutiements. Plutôt que d’identifier des arômes et autres perceptions sensorielles chimiques (goût, odorat) pour lesquels il ne peut y avoir de consensus, la dégustation géo-sensorielle s’appuie sur la description des perceptions physiques en bouche, et sur lesquelles il y a des perceptions et un langage communs.

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