Vie professionnelle

Concours général agricole

Moisson de médailles

Publié le 06/03/2020

Depuis 150 ans, le Concours général agricole récompense les meilleurs vins et produits français. Véritable vitrine du savoir-faire et du patrimoine gastronomique, le CGA est gage d’une belle visibilité. Après le défilé des vins et produits, voici un défilé de chiffres pour faire le bilan de cette édition.

2020 signe la 129e édition du Concours général agricole (CGA). Alors que les animaux s’affrontent sur les rings tout au long du salon de l’agriculture, les finales du CGA des produits et vins se concentrent, elles, sur quatre jours. Ainsi du 22 au 25 février, 9 600 jurés professionnels ou consommateurs ont fait travailler dur leurs papilles. Et ils n’étaient pas de trop pour juger les 35 familles de produits et vins. Car, au bout de la sélection, moins d’un produit ou vin sur quatre est médaillé. L’Alsace n’est pas en reste, car elle a récolté, comme chaque année, une belle moisson de médailles. Parmi les catégories qui éveillent particulièrement l’attention, le vin, bien sûr, mais aussi les spécialités comme la bière, le schnaps, le munster ou encore la knack. Blanc, rouge, pétillant… et or ! Le concours des vins est une grosse machine : 15 850 sont entrés en compétition cette année, représentant 567 appellations. Et, au milieu de tout ça, l’Alsace avec ses 679 échantillons, sélectionnés à Colmar, il y a quelques semaines. Les 26 candidats ont défendu avec force les couleurs des vins d’Alsace. Avec 137 médailles dont 81 en or, le résultat marque cependant une légère baisse par rapport aux années précédentes (180 médailles, dont 90 en or en 2019 ; 163 médailles dont 75 en or en 2018). Et, si le riesling est le cépage le plus représenté dans le concours, c’est bien le pinot gris qui rafle le plus de récompenses en or (16), suivi du crémant d’Alsace (14) et du pinot noir (12). On notera cette année, que l’Alsace quitte Paris avec un Prix d’excellence (sur les 33 décernés cette année) pour le domaine Henri Ehrhart à Ammerschwihr. À la différence des médailles, ce prix ne récompense pas un seul produit, mais l’ensemble du savoir-faire, de la maîtrise et de la régularité dont fait preuve le producteur. Il vient compléter un beau palmarès pour cette maison avec 30 médailles d’or, 13 d’argent et 3 de bronze cumulées sur les trois dernières années. Il avait déjà remporté un prix d’excellence en 2016 et 2019. Sur la table Alsace Côté produits, la marque Alsace est montée à Paris avec 135 échantillons portés par 38 candidats. La bière, produit phare de l’espace Grand Est cette année, a reçu deux récompenses : de l’argent pour la Météor Printemps aromatisée au litchi et du bronze pour la brasserie Licorne avec la Slash red, une bière aromatisée à la cerise. Une petite cuvée, comme en 2019. Les eaux-de-vie se maintiennent avec une vingtaine de médailles dont six en or pour les schnaps. De plus, Wolfberger et la distillerie Lehmann ont chacun remporté une médaille d’or pour leur marc de gewurzt. Le whisky alsacien continue sur sa belle lancée, amorcée il y a quelques années déjà, et obtient sept médailles dont deux en or pour la distillerie Hepp à Uberach. Reuni Rhums Alsace remporte une médaille d’argent pour son punch planteur. Sans alcool, le jus de pomme, lui, se distingue avec cinq médailles, dont deux pour des jus label bio, plus une pour un jus pomme-framboise. Place aux produits à croquer. Dans la catégorie des produits laitiers, seul le munster fermier de la ferme Laurent à Fréland convainc suffisamment pour décrocher l’or. Le producteur se distingue également avec une médaille d’argent, voilà deux produits bios récompensés, parmi les seuls pour l’Alsace. En tout, le fromage alsacien remporte cinq médailles. Autre produit régional fort, le foie gras de la maison Metzler à Geberschwihr s’empare de deux médailles dont une en or. Le magret de canard de Lucien Doriath s’illustre également avec deux médailles d’or. La knack en a fait craquer plus d’un, puisqu’elle a ravi quatre médailles d’argent : l’entreprise Stoeffler et Festein d’Alsace à Obernai, la charcuterie de la Thur à Bitschwiller-les-Thann, et Pierre Schmidt à Weyersheim. Enfin, la charcuterie du Val d’Argent à Scherwiller repart avec de l’or pour une saucisse fumée. Desserts à présent. La confiture, qu’elle soit de mirabelles, quetsches, fraises et autres framboises, a remporté quatre médailles. Et pour conclure, le miel ravit deux médailles dorées comme lui : un miel d’acacia des Ruchers des Vosges du Nord à Struth (qui repart également avec une médaille d’argent pour son miel de sapin) et un miel de châtaigner pour le rucher du Luttenbach. Les producteurs alsaciens ont repris la route vers l’Est avec 55 médailles, dont 17 en or, dans leurs bagages, et la fierté d’avoir pu montrer (et souvent convaincre) toute la qualité et le savoir-faire de la région.    

Fédération régionale (FR) des Cuma du Grand Est

Dina-miques !

Publié le 02/03/2020

L’assemblée générale de la Fédération régionale des Cuma du Grand Est a été à l’aune de l’état d’esprit qui anime ces structures : dynamique, constructive, optimiste et conviviale !

Pour leur assemblée générale, les Cumistes du Grand Est se sont retrouvés chez Kuhn, à Monswiller. L’état des finances de la structure est rapidement évacué. Les cotisations payées par les 100 000 adhérents au prorata de leur chiffre d’affaires contribuent à hauteur de 57 % aux produits. Leur montant n’a pas évolué depuis 2017, et n’augmentera pas non plus en 2020. Le budget prévisionnel reflète la montée en puissance de la FR Cuma : le chiffre d’affaires progresse de 100 000 €, en lien notamment avec le développement des GIEE à partir des Cuma, ce qui engendre aussi une hausse des frais de personnel. C’est d’ailleurs sur les ressources humaines qu’embraye le rapport d’activité. Après deux embauches en 2019, portant le nombre de salariés à huit, trois nouvelles embauches sont prévues en 2020. Les animateurs de Cuma devraient bénéficier de la mise en place d’une classe de formation avec L’Institut polytechnique UniLaSalle et, les responsables de Cuma et les salariés d’une plateforme d’e-learning. Les salariés de FRCuma ont poursuivi leur mission d’accompagnement des Cuma (lire en encadré). L’un des enjeux majeurs des Cuma pour les années à venir, c’est la gestion des données, qui constituent un précieux gisement d’informations. Des travaux sont donc en cours pour améliorer la qualité des données, notamment leur saisie, grâce à l’harmonisation des pratiques d’enregistrement, gage d’une bonne analyse, donc d’une bonne valorisation des données. La commission Data Compta se fixe comme objectif d’arriver à fournir des comptabilités justes, claires et dans les temps d’ici février 2021. Le logiciel MyCuma Compta a été développé à cette fin. Thierry Magisson, chargé de mission numérique : « Disposer de données de qualité est essentiel, il faut les qualifier le plus finement possible. Car c’est ce qui permettra d’établir une cohésion entre animateurs de Cuma et comptables, donc d’améliorer le conseil ». « Une Cuma sans projet, c’est comme un bateau sans boussole » Comme le monde agricole dans sa globalité, les Cuma vont aussi devoir rapidement s’adapter, à la fois aux évolutions du climat, et à celles des attentes sociétales. C’est pourquoi, les Cuma doivent évoluer vers la mutualisation des assolements, des achats d’intrants, du stockage… « La fédération sera en ordre de marche pour accompagner ces mutations, en tissant des partenariats, en militant pour faciliter l’accès aux subventions », assure Sébastien Francart, secrétaire général de la FRCuma. Autre enjeu majeur pour le monde agricole : l’accès à la main-d’œuvre. L’emploi partagé en Cuma est une solution portée par la FRCuma. Et puis il y a bien sûr la future Pac : « La fédération nationale (FN) Cuma a formulé des propositions pour une meilleure reconnaissance des collectifs agricoles dans la nouvelle mouture », indique Sébastien Francart. Des revendications qui ont été entendues et inscrites dans le Programme stratégique national (PSN) Grand Est qui, avec les autres PSN émanent des régions, servira à écrire le PSN Pac national au niveau du ministère de l’Agriculture. Pour clore cette assemblée générale, Matthieu Goehry, président de la FRCuma du Grand Est, a tenu un discours à contre-courant sur l’agribashing : « Ce serait avancer avec des œillères que de ne pas voir que la société évolue ». Il constate que, comme d’autres professions, notamment les enseignants, ou le corps médical, les agriculteurs sont soumis à un étrange phénomène : « Tout le monde sait mieux que le principal intéressé quelle est sa mission et comment il doit la mener à bien ! Mais cette attitude ne date pas d’hier. L’essentiel est donc ailleurs », balaie le président. Face à un prix du matériel agricole qui a plus que doublé en dix ans, être en Cuma, c’est bien, mais « ça ne suffit plus » : il faut avoir un projet. Car « une Cuma sans projet, c’est comme un bateau sans boussole en pleine mer », compare le président. En résumé, Matthieu Goehry, invite à devenir « Cuma addict ». Parce que « quand les voisins deviennent des partenaires et non des proies », c’est un autre état d’esprit qui s’installe : « Ce n’est pas par hasard si la population agricole diminue plus vite que le nombre d’adhérent en Cuma », lâche-t-il. Faire fructifier le modèle Luc Vermeulen, président de la FNCuma, a salué « l’énergie » de la FRCuma Grand Est : « Ça nous booste, au niveau national, de voir que sur le terrain les choses bougent malgré les incertitudes, le manque de visibilité, d’ambition agricole d’un gouvernement qui ne nous aide pas dans nos missions. » Mais trêves de récriminations : « La force qui nous anime, c’est celle de travailler avec des hommes qui vont de l’avant, qui ne se lamentent pas sur leur sort », constate Luc Vermeulen, qui incite à « activer encore plus le levier du collectif ». Une volonté qui passe par la formation des élus des salariés car « la complexité exige des compétences pointues ». Enfin, il pointe un certain manque de communication sur la réussite du modèle des Cuma : « Nous voulons davantage faire connaître ce modèle de l’agriculture de groupe, donner envie de s’y engager pour le faire fructifier ». Après une journée studieuse, les Cumiste ont partagé un cocktail, un spectacle, et un dîner. Le lendemain, ils ont visité le Parlement européen, où ils ont rencontré la députée européenne Anne Sander et pu assister à une partie des débats, avant de repartager un repas et de rentrer chacun dans son département.     Plus d'informations : www.grand-est.cuma.fr/content/federation-des-cuma-grand-est  

Inauguration officielle du stand Grand Est

L’agriculture change de poids et de mesure

Publié le 27/02/2020

La vocation essentielle de l’agriculture est et restera nourricière. Mais elle devra aussi produire de l’énergie, des matériaux, capter du carbone… Un message repris en chœur par les élus qui ont inauguré le stand de la Région Grand Est au salon international de l’agriculture.

« Les agriculteurs vivent une révolution. » C’est en ces termes que Maximin Charpentier, président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, expose ce que d’autres décrivent comme une transition agroécologique. En effet, l’agriculture ne doit pas seulement relever le défi d’être plus vertueuse, elle doit en outre se mettre en phase avec le défi énergétique, dont les règles sont d’ores et déjà en partie fixées par le pacte vert européen, ou Green deal, qui acte la neutralité climatique du continent en 2050. Un objectif qui ne sera pas atteint si l’agriculture ne se met pas en ordre de marche pour développer la production d’énergie, de biomatériaux, capter encore plus de carbone dans le sol pour compenser les émissions de gaz à effets de serre (GES)… Car seule l’agriculture est capable de faire tout cela à la fois : « L’agriculture est une solution plus qu’un problème », affirme Maximin Charpentier. En effet, alors que « la protection de l’environnement mobilise de plus en plus les citoyens, et notamment les plus jeunes », constate Jean Rottner, président de la Région Grand Est, il rappelle que « les agriculteurs sont les plus grands avocats et de formidables porte-parole de cette cause, puisque leur matière première et leur outil de travail, c’est la biodiversité ». Et donc aussi que le changement climatique est un sujet de préoccupation majeur pour cette profession, victime au premier lieu des inondations, grêles et autres sécheresses. Dans une région où l’agriculture dégage huit milliards d’euros de chiffre d’affaires (soit 15 % du chiffre d’affaires agricole national), cette fragilité face aux aléas climatiques n’est pas anodine : « L’agriculture constitue un des socles des excédents commerciaux dégagés en Grand Est, et un élément fondamental du dynamisme économique régional », souligne Jean Rottner. Intensifier la production végétale pour atteindre la neutralité carbone Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, est convaincue du rôle majeur que l’agriculture a à jouer pour relever le défi de la transition écologique. Mais elle rappelle aussi que ce défi concerne tous les secteurs économiques, qui doivent tous contribuer à imaginer des moyens de se nourrir, se déplacer « tout en respectant les limites de la planète, ce qui n’est pas le cas actuellement ». Et que donc le futur modèle de développement de l’humanité est à « construire ensemble », au moyen de partenariats entre les différents échelons des collectivités, les agriculteurs, les entreprises… Affirmer que l’agriculture est une solution c’est bien, le chiffrer, c’est mieux. La Chambre d'agriculture s’attelle donc à la création d’indicateurs, notamment via quatre Partenariats européens d’innovation (PEI) sur des sujets « très stratégiques », note Maximin Charpentier. L’un, baptisé ARPEEGE, porte sur l’autonomie en ressources protéiques et énergétiques des élevages du Grand Est. Un autre, baptisé Harmony, vise à améliorer les échanges de données issues des élevages entre différents acteurs. Tandis que le projet Partage vise à boucler le cycle de l’azote en Région Grand Est. Maximin Charpentier cite aussi le programme Air climat sol énergie (Acse), dont une deuxième mouture vient d’être signée. Avec pour objectif d’identifier les moyens d'« intensifier la production végétale afin d’atteindre la neutralité carbone », par exemple en identifiant les rotations les plus carbonivores. Un accompagnement nécessaire Conséquence de cette révolution, qui implique de repenser profondément les modèles de production, le besoin d’adaptation des agriculteurs est « monstrueux », pose Maximin Charpentier. La région agit « au mieux » pour permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail, tout en adaptant leurs pratiques, affirme Jean Rottner. Tout en constatant que les régions ne participent pas aux négociations des règles d’application de la future Pac mais à sa mise en œuvre, Jean Rottner souligne : « La Pac, ce n’est pas l’alpha et l’oméga du soutien à l’agriculture mais un cadre, un outil. » Emmanuelle Wargon souligne aussi les sources de revenus complémentaires que cette transition peut générer, avec la vente d’énergie verte, le paiement des services rendus par les agriculteurs, par exemple lorsqu’ils mettent en œuvre des mesures de protection de la ressource en eau dans les zones de captage… Pour la secrétaire d’État, il est désormais urgent que les ambitions affichées s’incarnent davantage en actes, pour montrer que la transformation « est possible », et même, qu’elle a commencé. Une bonne manière de renouer le dialogue entre les Français et leur agriculture. Car, estime Emmanuelle Wargon, derrière l’agribashing, « il y a beaucoup de peurs, de fausses représentations ». La réponse est donc dans « le dialogue », afin de rétablir une juste représentation de l’agriculture actuelle, qui a « effectivement amorcé sa transition, et qu’il s’agit d’accompagner ».     Lire aussi : « L’Alsace brille porte de Versailles », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

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