Chambre d'agriculture Alsace
S’adapter et se réinventer pour se relancer
Chambre d'agriculture Alsace
Publié le 04/12/2020
Si la crise sanitaire permet de mettre en avant le rôle joué au quotidien par le monde agricole, ce dernier est confronté à une conjoncture économique difficile. Pour les professionnels de nombreuses productions, un revenu décent n’est toujours pas d’actualité. Réunis en session le 27 novembre à Obernai, les élus de la Chambre d'agriculture Alsace ont rappelé que cette dernière était engagée aux côtés des agriculteurs pour répondre à ces enjeux.
Dès l’entame de la session, le président de la Chambre d'agriculture Alsace Denis Ramspacher n’a pas caché les difficultés : « La crise sanitaire a bouleversé des pans entiers de notre économie depuis le mois de mars dernier. Et l’agriculture n’est pas en reste. L’horticulture, la viticulture, ou encore les circuits courts ont été particulièrement impactés par le confinement, la fermeture des marchés, des magasins et des restaurants. C’est l’ensemble des filières agricoles qui a dû s’adapter, réinventer ses circuits de commercialisation, d’approvisionnement et de transformation, avec un bouleversement des habitudes de consommation. Tout cela a dû être fait en un temps record. Et avec des contraintes sanitaires fortes pour se protéger et protéger les salariés. » Au même moment, la Chambre d'agriculture Alsace s’est également réorganisée. Elle a poursuivi ses missions et s’est adaptée au service des agriculteurs. Les visioconférences, le télétravail, l’utilisation d’outils à distance n’ont pas été de trop pour répondre aux enjeux et trouver des réponses adaptées aux besoins professionnels techniques, économiques, réglementaires et sanitaires. Le tout, en lien avec les collectivités et surtout avec l’État représenté par la préfecture de région. « L’agriculture et l’alimentation, à côté de la santé et d’autres secteurs stratégiques comme l’énergie font partie des besoins essentiels de nos populations. On avait parfois tendance à l’oublier à l’heure de la mondialisation et du tout numérique. Quand les frontières se ferment, quand la logistique se grippe, on se rend compte que le producteur d’à côté, que l’usine qui fabrique ici, constituent une véritable garantie d’approvisionnement au quotidien pour la population. Nous avions une mission, comme depuis toujours : faire manger les gens. Il fallait donc que nous puissions travailler. Les agriculteurs étaient au rendez-vous. Il faut juste maintenant qu’ils soient payés correctement », ajoute Denis Ramspacher. Ouverture de session de la Chambre d'agriculture d'Alsace par le pdt Denis Ramspacher, avec un hommage chaleureux à André Wicker, décédé récemment @EAVPHR #lAgricultureElleAssure pic.twitter.com/NM9jwtdL0i — Germain Schmitt (@germain_schmitt) November 27, 2020 Des projets collectifs pour l’eau Car, si le Covid-19 est évidemment la plus grosse inquiétude de cette année 2020, les agriculteurs doivent également faire face à cette sécheresse persistante depuis maintenant trois années. Le manque de pluie, mais également l’apparition de maladies comme la jaunisse pour la betterave ont pour conséquence une baisse des rendements et des stocks fourragers. Et même si une demande de classement au titre des calamités agricoles est en cours auprès des Directions départementales des territoires (DDT) pour les prairies des secteurs concernés, une réalité s’impose : 2020 sera une année compliquée en termes de revenu pour de nombreux agriculteurs et de nombreuses productions. « En premier lieu pour la viticulture qui connaît une crise majeure liée à la baisse des ventes depuis quelques années, amplifiée par le Covid-19, la baisse de fréquentation touristique, la fermeture des restaurants et l’annulation de nombreux événements festifs », constate le président de la Chambre d'agriculture Alsace. En outre, la conjoncture reste compliquée au niveau des prix pour de nombreuses productions agricoles même si ces derniers mois, la tendance est à l’amélioration pour les céréales voire le sucre. Si le prix du lait est stable, la viande souffre, surtout la filière porcine et la forêt est fragilisée. À chaque fois, partout, l’agriculture est en première ligne. « Nous devons trouver des solutions conjoncturelles pour faire face avec des aides ponctuelles qui sont nécessaires pour passer ce cap. Nous avons aussi besoin de systèmes assurantiels performants. Nous devons trouver des réponses structurelles pour augmenter la résilience des systèmes de production », assure Denis Ramspacher. Parmi ces réponses, il y a l’irrigation. Il faut la sécuriser et la pérenniser là où elle existe, et la rendre possible là où elle n’existe pas encore. « Nous devons pouvoir stocker l’eau quand elle est abondante et organiser collectivement son accès et son acheminement », insiste le président. Les projets d’irrigation collective ou de retenues collinaires peuvent être des solutions. « Je formule le vœu que les services de l’État nous accompagnent positivement dans ces démarches compliquées au niveau administratif pour trouver les bonnes solutions aux plans réglementaire et environnemental. Je sais pouvoir compter sur nos collectivités, Région et Département, pour accompagner financièrement les porteurs de projet », poursuit-il. Josiane Chevalier, @Prefet67 à la session de la Chambre d'agriculture d'Alsace "Je suis favorable au stockage de l'#eau !"@EAVPHR #lAgricultureElleAssure pic.twitter.com/t2RQ3JnQMM — Germain Schmitt (@germain_schmitt) November 27, 2020 Des projets ambitieux Le président de la CAA a également évoqué le plan de relance annoncé par Emmanuel Macron et qui comporte un volet agricole de 1,2 milliard d’euros. Les enjeux sont importants pour l’agriculture alsacienne tout comme les dispositifs d’accompagnement évoqués par la Région Grand Est et les Conseils départementaux. « Il est important que ces plans soient bien coordonnés et complémentaires afin qu’ils puissent efficacement accompagner les projets des agriculteurs de nos territoires et de nos filières », prévient Denis Ramspacher. Parmi les projets, 122 éleveurs ont déposé un dossier « plan bâtiment » et 250 un dossier « plan végétal environnement » (PVE). « Mais nous venons d’apprendre que plus du tiers de ces dossiers se retrouve orphelin de cofinancements nationaux et risque donc d’être bloqué alors que les permis de construire sont déjà accordés et que les crédits européens sont disponibles », s’agace le président de la CAA qui demande à l’État et à la Région de débloquer la situation pour trouver ces 4 millions d’euros encore nécessaires. Enfin, concernant la Politique agricole commune (Pac) évoquée plus largement par la députée européenne Anne Sander, là également, les enjeux sont importants pour l’agriculture alsacienne. Les défis pour cette dernière sont donc importants. « La Chambre d'agriculture est pleinement engagée aux côtés des professionnels pour répondre à ces enjeux multiples de notre profession et de notre territoire. Pour y parvenir, nous aurons besoin du soutien étroit et d’un partenariat renouvelé avec les collectivités territoriales, la Région, les Conseils départementaux et demain la Collectivité européenne d’Alsace », a conclu Denis Ramspacher qui a remercié la préfète de Région Josiane Chevalier, pour sa présence régulière sur le terrain aux côtés des agriculteurs. Étaient également présents à la réunion : le président de la commission agricole à la Région Grand Est Patrick Bastian et le vice-président du Conseil départemental du Bas-Rhin et maire de Sélestat Marcel Bauer. Tout savoir sur la #PAC et ses mécanismes avec @ASanderMEP , invitée à la session de la Chambre d'#agriculture d'Alsace@EAVPHR #lAgricultureElleAssure pic.twitter.com/fy6vuaEBoJ — Germain Schmitt (@germain_schmitt) November 27, 2020












