Vie professionnelle

Employeurs de main-d’œuvre agricole

Pour une convention collective « basse »

Publié le 28/02/2017

D’ici cinq ans, la profession agricole et viticole devra s’organiser pour créer une convention collective nationale pour ses salariés. Un changement « majeur » que la FNSEA entend suivre de très près afin de permettre aux entreprises et territoires de conserver le maximum de marges de manœuvre.

C’est un refrain qui revient souvent : les entrepreneurs français déplorent le « manque de visibilité » à long terme dont ils disposent pour gérer leurs activités. D’un côté, des responsables politiques qui mettent en place des dispositifs réglementaires et législatifs censés « faciliter la vie des entreprises », de l’autre, des employeurs qui, pour beaucoup, voient leur quotidien se complexifier davantage. Comme le souligne justement le président de la commission Sociale et Emploi à l’Ava, Stéphane Chaise, être employeur est « de plus en plus difficile et compliqué avec toutes les choses qui changent ». Et ce n’est pas la récente loi El-Khomri qui va simplifier la donne pour le monde agricole. « Nous avons désormais cinq ans pour mettre en place une convention collective nationale. Cela vient percuter notre organisation actuelle qui est articulée autour des FDSEA », explique Morgan Oyaux, sous-directeur emploi à la FNSEA. Conserver les « spécificités locales » Le salariat agricole est aujourd’hui régi par pas moins de 140 conventions collectives sur le territoire national, toutes gérées par les FDSEA. Et même si elles sont globalement assez « homogènes » les unes par rapport aux autres, elles restent trop nombreuses aux yeux des responsables politiques. « Il est vrai que 140 conventions collectives, c’est beaucoup et pas très raisonnable. Pour autant, nous souhaitons que les entreprises et les territoires conservent des marges de manœuvre. On ne peut par exemple pas demander à un berger d’avoir les mêmes conditions de convention qu’un salarié dans une exploitation horticole. C’est pour cela qu’à la FNSEA nous voulons une convention collective basse, divisée en six interbranches agricoles, avec des déclinaisons territoriales possibles », précise Morgan Oyaux. Ainsi, les spécificités du droit local Alsace-Moselle seront maintenues selon lui. « Ce n’est pas un problème. Ce que le juge va regarder, ce sont les avantages conventionnels comme la journée de l’employeur », tient-il à rassurer. À l’Ava, Simone Kieffer reste un peu plus sceptique face à cette évolution. « Nos spécificités locales, au niveau national, j’ai bien peur qu’elles ne soient pas bien comprises. L’Alsace, ce n’est pas la Champagne. Chez nous, les vendanges durent d’un à deux mois, quand elles durent en moyenne quinze jours là-bas. » Sur ce sujet, comme sur d’autres, des discussions - et des compromis - seront incontournables comme le rappelle le président de la commission Emploi à la FRSEA d’Alsace, Joseph Lechner. « Oui on doit résister. Mais d’un autre côté, la loi dit quelque chose et nous devons l’appliquer. Au début, on pensait se réorganiser au niveau de la grande région, et finalement cela ne sera pas le cas. Nous devrons faire avec une base commune avec le reste du pays. Par contre, il y a des volets sur lesquels nous avons des choses à faire comme les conditions de travail, l’attractivité de nos métiers ou la fidélisation de nos salariés. C’est à nous de créer une histoire ».  

Publié le 27/02/2017

Face aux dégâts de corvidés qui augmentent sans cesse, un arrêté préfectoral de destruction des corvidés a été pris à la demande de la FDSEA. Le projet ne concerne actuellement qu’une petite zone, mais pourrait être étendu.

Moins impressionnants que les dégâts de sangliers mais tout aussi dévastateurs, les dégâts de corvidés (corbeau freux et corneille noire) deviennent un véritable fléau pour les agriculteurs. Sans solution de dissuasion réellement efficace, la destruction semble être la seule issue possible. Le piégeage et/ou le tir peuvent être utilisés, toutefois la chose n’est pas aisée, la faute à l’intelligence de l’oiseau noir qui ne se laisse pas duper facilement. Face à cette situation, la FDSEA a souhaité réunir l’ensemble des acteurs de la lutte pour définir un plan d’action. Ainsi la Fredon, la Fédération des chasseurs, l’Association des piégeurs, la Chambre d’agriculture, la DDT et les lieutenants de louveterie ont travaillé à la mise en place d’un plan de lutte collectif sur une zone expérimentale d’une soixantaine de communes*. Ce plan a été validé par arrêté préfectoral. Lever les freins Les freins identifiés à la destruction des corvidés sont entre autres : le manque de temps, le coût, le vandalisme, la contrainte administrative, l’intelligence de l’animal. Le plan de lutte tente d’apporter une réponse aux différents problèmes soulevés. La formation de plusieurs dizaines de personnes à la destruction permettra d’apporter du sang neuf prêt à s’investir dans la lutte, une prime à la patte de corvidé permettra de dédommager les frais. Face au vandalisme le maître mot est prévention, mais aussi répression car l’ouverture d’une nasse, ou pire sa destruction, peut valoir plusieurs milliers d’euros d’amende dans le cadre d’un plan de lutte. L’efficacité du plan de lutte ne tient que dans la dynamique de territoire qui pourra se créer, c’est pourquoi la Fredon a décidé de s’y impliquer. Sonia Meyer sera en charge de l’organisation générale de la lutte. Inscrivez-vous au plan de lutte Des formations au piégeage et/ou tir du corbeau sont organisées les 2 et 3 mars à la Fédération des chasseurs à Geudertheim. La formation au piégeage concerne notamment les agriculteurs de la zone motivés pour piéger et qui n’auraient pas l’agrément piégeur. Pour les inscriptions, contactez la FDSEA. Toutes les personnes motivées par la lutte (pas simplement par les formations) doivent impérativement s’identifier auprès d’un des organismes animateurs (FDSEA, FDC, Fredon).

FDSEA-JA. Assemblées générales cantonales

Rebondir malgré les difficultés

Publié le 24/02/2017

Après son assemblée générale départementale, dont le thème était la gestion des risques, la FDSEA vient de lancer ses assemblées générales cantonales. Les deux premières réunions se sont tenues dans les cantons de Hochfelden et Soultz-sous-Forêts.

Hochfelden : « débureaucratiser » l’économie française C’est dans une salle comble à Schwindratzheim que les agriculteurs de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs ont tenu leur assemblée générale. Après la mauvaise année agricole 2016, les trésoreries des exploitations sont dégradées. La question de la gestion des aléas est devenue primordiale pour permettre aux exploitations de faire face à la volatilité des prix et des rendements. Mais au-delà des aléas dont il faut pouvoir se prémunir, la FDSEA entend avancer sur les dossiers de fond que sont la compétitivité, la surréglementation ou encore la répartition plus équitable des marges. Pour le président cantonal de Hochfelden, Joseph Lechner, il faut libérer les énergies dans ce pays qui a besoin de réformes. La balance commerciale de la France, pourtant premier pays agricole en Europe, est devenue négative avec l’Union européenne en 2016, poursuit Franck Sander. Cela est évidemment à mettre en relation avec la faible récolte de céréales, mais aussi avec notre manque de compétitivité et l’excès de réglementations en tous genres. Le député Patrick Hetzel très attentif aux 13 mesures proposées par la FNSEA aux candidats à l’élection présidentielle, confirme que la priorité doit être de réduire les charges et « débureaucratiser » l’économie française. Les agriculteurs tablent aussi sur un développement du consommer local. Le travail de fond mené par notre réseau commence à porter ses fruits, mais la marge de progrès demeure importante, a précisé le président de la FDSEA. Au niveau local, les agriculteurs se demandent comment se prémunir des inondations de la Zorn. Évoquant certains problèmes de permis de construire, ils s’interrogent aussi sur la place de l’agriculture dans les communes. Soultz-sous-Forêts : comment être compétitif face à nos concurrents ? « C’est dans les moments de difficulté qu’il faut le plus se serrer les coudes », a lancé en introduction le président cantonal, Georges Werly. Les agriculteurs ne veulent pas baisser les bras mais souhaiteraient pouvoir vivre correctement de leur métier. Les discussions tarifaires en cours entre l’industrie agroalimentaire et la grande distribution laissent tout particulièrement les producteurs de lait bouche bée. Le prix du lait payé en 2016 ne permet pas de couvrir les charges et la grande distribution exige une baisse des prix pour 2017 ! Les agriculteurs acceptent mal ce diktat d’autant que l’observatoire de la formation des prix et des marges montre que la marge est régulièrement confisquée par l’aval, toutes productions confondues. La compétitivité ou plus précisément le manque de compétitivité fait partie des autres dossiers déterminants qui mobilisent le réseau FNSEA. « On ne peut pas demander aux agriculteurs français englués dans les normes franco-françaises d’être compétitifs face aux producteurs de blé australiens, de sucre thaïlandais ou de soja brésiliens », a insisté Franck Sander. Pour le député Frédéric Reiss, les questions agricoles n’ont pas été suffisamment traitées sous l’angle économique à l’assemblée nationale, mais trop sous l’angle écologique. En présence de nombreux élus, les agriculteurs ont aussi abordé les conséquences de la réforme territoriale. La Région, mais aussi les intercommunalités, vont prendre de plus en plus d’importance. La conseillère régionale Évelyne Isinger a insisté sur le fait que la Région Grand Est a fait le choix d’être aux côtés des agriculteurs, particulièrement dans cette période difficile.

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