Pour les arboriculteurs, la perspective d’une interdiction progressive des produits de désherbage est un vrai sujet de préoccupation. C’est pourquoi Verexal recherche des alternatives au désherbage chimique sur le rang des vergers conventionnels, même si celui-ci reste pour l’instant la solution la plus simple à mettre en œuvre et la moins coûteuse. Démonstration sur le terrain, mardi 10 juillet à Obernai.
Pourquoi désherber ? Le désherbage du rang a pour but de limiter la concurrence alimentaire entre les adventices et les arbres dans la zone de sol à proximité des troncs. La concurrence des adventices perturbe le bon déroulement des travaux sur le verger et diminue l’efficience du système d’irrigation. De plus, elle est consommatrice d’eau et d’éléments nutritifs, ce qui peut être préjudiciable à la pousse des arbres.
Susciter des avancées techniques en matière d’alternative au désherbage chimique pour fournir des références aux exploitants qui envisagent de réduire les traitements phytosanitaires, telle est la mission de Verexal, indique son président, Pierre Barth. C’est pourquoi la station teste depuis plusieurs années des techniques pertinentes pouvant se substituer - ou se combiner - à l’utilisation d’herbicides chimiques, en tenant compte notamment de l’âge du verger. Sachant que ces techniques doivent certes être plus respectueuses de l’environnement, mais aussi avoir une efficacité et un coût acceptables.
Certaines machines exercent une pression assez défavorable sur les racines. Un travail mécanique trop intensif peut détruire les racines superficielles des arbres et entraîner une perte de vigueur. Sur d’autres modèles, le passage de l’outil a tendance à creuser le rang. Sur jeunes vergers, cette technique provoque un retard de croissance et pénalise la production. Par ailleurs, les effets étant moins persistants que pour un désherbage chimique, les interventions sont plus nombreuses et augmentent la dépense énergétique. En effet, l’entretien mécanique du rang nécessite en moyenne cinq passages, contre deux passages en chimique, ce qui entraîne une consommation accrue de carburant, pas vraiment opportune en cette période de flambée des prix de l’énergie. Ce qui explique que, pour l’instant, les professionnels sont assez mitigés sur ces techniques alternatives.
Depuis l’annonce de la suppression du glyphosate dans trois ans, les constructeurs mettent les bouchées doubles pour proposer aux arboriculteurs des matériels mieux adaptés à leurs attentes. Lors de la journée technique organisée le mardi 10 juillet à Verexal, les professionnels ont pu comparer différentes techniques pour éliminer les adventices : par thermisation, par travail mécanique sur le rang avec des outils à lames, à disques, à dents, etc. La vitesse d’exécution pouvant varier de 2 à 10 km/h, selon la machine.
La première machine en démonstration ce jour-là était la bineuse à étoile Freilauber (photo 1). Elle ameublit le sol sur la rangée de troncs, en fonction du réglage de l’angle de travail et de la coupe inférieure des disques. La terre est ensuite éjectée dans la zone du tronc, ensevelissant les mauvaises herbes. Différentes possibilités de réglage permettent d’ajuster l’angle de travail et la coupe inférieure, et donc l’éjection, aux besoins des professionnels et à l’état du sol. Cette bineuse à étoile a suscité l’intérêt des arboriculteurs par la qualité du travail effectué, qui se mesure à la propreté du sol entre les ceps et au fait que les racines ne sont pas touchées, mais aussi par la vitesse d’avancement avoisinant 10 km/h.
Le porte-outil avant double Arbocep de la société Chabas (photos 2 et 3) peut accueillir toute une gamme d’outils : lame interceps, tête à fil, tête de broyage, fraise rotative, disque à chausser ou à déchausser, etc. Son châssis pouvant supporter deux outils, à droite et à gauche, il est possible de travailler simultanément deux demi-rangs. En version tondeuse à fil, il détruit les mauvaises herbes et les galeries creusées par les rongeurs. Le débit de chantier est de 12 ha/jour, selon le technicien.
Basée en Côte d’Or, l’entreprise Boisselet (photos 4 et 5) a développé un système d’outils interceps basé sur le principe d’amplificateur de couple. Attelé sur le relevage 3 points, le porte-outil peut être tiré ou poussé. Le mouvement du servomoteur est activé par commande hydraulique ou hydroélectrique (en option) afin de faire effacer l’outil en action. La correction de dévers est elle aussi en option. Cet appareil polyvalent permet de mettre en œuvre différents outils, comme l’outil de binage rotatif à dents Pétalmatic +, l’outil rotatif à axe vertical Starmatic ou le pulvériseur à disque. Une brosse mécanique est disponible pour l’entretien des vergers plus âgés. « Elle permet de maintenir le sol propre sans travailler le sol », indique le technicien.
Dernier matériel en démonstration, le désherbeur mécanique interceps Ladurner (photos 6 et 7) est équipé d’un palpeur hydraulique de chaque côté, ce qui permet un travail très proche du tronc en toute sécurité. Une centrale hydraulique assure l’animation des différents moteurs. La conception de la machine permet son adaptation à des distances de plantation variables et aux terrains plats comme aux vergers sur buttes. La vitesse d’avancement est réglable de 2,5 à 4 km/h en fonction du travail à réaliser - tonte ou travail du sol - et de la densité de plantation.
Retrouvez cette démonstration en vidéo :