protection des cultures

Salon Agriculture de demain, les 30 et 31 mai 2018

Vente directe et fertilisation au programme

Publié le 28/11/2017

Les 30 et 31 mai 2018 se tiendra au lycée agricole d’Obernai la troisième édition du salon Agriculture de demain. Mercredi 22 novembre, la réunion de préparation, réunissant une trentaine de partenaires institutionnels et économiques, avait pour objectif de répartir les nombreux ateliers de l’événement agronomique régional de l’année 2018.

Coorganisé par la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, Alsace Bio et l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace, la manifestation constituée d’ateliers, démonstrations, expositions et conférences, se veut tournée vers les technologies agronomiques d’avenir et souhaite « concilier les exigences de productivité, de compétitivité et les enjeux économiques, sociaux et environnementaux ». À la manière du salon Tech & Bio à Valence qui attire aujourd’hui des milliers d’agriculteurs. Pour cette édition, les agriculteurs pourront trouver des solutions pratiques à leurs projets d’émancipation économique au village de la vente directe. Le thème retenu cette année est la fertilisation. Un sujet qui sera scruté sous toutes ses formes, puisque la ferme du lycée agricole se transformera pour l’occasion en une plateforme de démonstration de matériels et d’essais agronomiques. Avec à chaque fois, les partenaires techniques qui présenteront des résultats, des solutions novatrices, comme une unité mobile de fabrication de biochar (ou terra preta), ce fameux charbon de bois qui, associé à des amendements organiques, constitue une véritable révolution de pensée agronomique. Mais au-delà, avec son unité de méthanisation, sa station de compostage, sa diversité de cultures, le Verger expérimental d’Alsace à proximité et les plateformes agronomiques d’essais, le site d’Obernai ne manquera pas d’intérêts. Les visiteurs y trouveront des ateliers de diagnostics, de méthodes d’analyses des sols, de comparaison de méthodes et techniques de fertilisation et des solutions pour améliorer la fertilité de ses parcelles. Et plus globalement, apprendront comment mieux cerner la compréhension des paramètres qui font qu’une parcelle est plus résiliente face aux agressions climatiques : érosion, toxicité aluminique, battance des sols, sécheresse de surface, fuites de nutriments minéraux, pertes organiques et humiques, etc. Agriculteurs et professionnels de l’agriculture pourront se faire une idée objective et avoir une vision globale des technologies et pratiques agricoles d’avant-garde ou alternatives.

Publié le 22/11/2017

Cette année, les œnologues de Champagne proposaient un focus sur le soufre, dont la première partie était consacrée à la viticulture. L’occasion d’observer les évolutions champenoises sur ce dossier peu préoccupant, mais qui nécessite de la technicité.

Coproduit de la pétrochimie, le soufre peut également provenir de volcan, mais les conditions extrêmes de son extraction sont alors sujettes à caution éthique, rappelle Marcro Manfredini de chez Esseco, fournisseur pour l’œnologie. Pour être purifié, le soufre tiré des raffineries est d’abord fondu à 120 °C, puis porté à 450 °C. Les vapeurs sont recondensées dans un flux d’air froid. Quant à la destination agrochimique bio ou conventionnelle, le soufre est soit broyé, soit distillé, soit micronisé, pour donner du soufre en poudrage ou mouillable. Sa densité très légère de 0,6 est liée à la structure des particules dites « utriculiforme » de 5 à 15 µm, en forme d’éponge : le but est d’optimiser les échanges avec l’atmosphère pour avoir une action massive sur la culture, explique Laurent Oudin, d’UPL, fabricant de soufre pour l’agriculture. En cas de micronisation pour usage liquide, le soufre étant hydrophobe, on lui ajoute des agents mouillant et dispersant, qui limitent la sédimentation en cuve. Parce qu’il a une action multisites, agissant à la fois sur la respiration cellulaire, la synthèse des protéines et la synthèse des acides nucléiques, le soufre ne rencontre pas de résistances dans son action contre l’oïdium. Les observations montrent que le mycélium s’effondre et est finalement détruit. Sur les 780 000 ha de vigne, le soufre est utilisé en moyenne entre 2,4 et 3 fois par an à une dose moyenne de 6 kg/ha. Soit environ 12 000 t par an de soufre mouillable et 6 000 t/an de soufre poudre épandus chaque année. En 2014, le soufre représente plus de la moitié de tonnage de la pharmacopée du vignoble. Fort heureusement, le soufre ne pose pas de préoccupation toxique, et n’a pas non plus de LMR (Limite maximale de résidu). Classé d’ailleurs, dans la liste des produits de biocontrôle, il n’est ainsi pas intégré dans les indicateurs environnementaux comme l’IFT (Indice de fréquence des traitements). Pas d’altération significative à demi-dose Pour autant, son usage n’est pas anodin, tempère Marie-Laure Panon, du Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC). Car si le soufre n’est pas préoccupant sur le plan environnemental des questions phytosanitaires, « c’est un produit pondéreux, incompatible avec d’autres produits, irritant, odorant ». Produit peu sélectif, il peut causer des brûlures à l’appareil végétal. Malheureusement, il a tendance à sédimenter dans les cuves de pulvérisateurs, et révèle assez facilement les défauts de conception de ces dernières quand le brassage des bouillies s’opère mal. « Il ne faut surtout pas laisser sécher les bouillies de soufre, et il faut veiller à la propreté des filtres. » Par ailleurs, l’adjonction de soufre augmente le pH des bouillies, rappelle Marie-Laure Panon, et « met à mal le pouvoir tampon des spécialités commerciales » co-ajoutées aux bouillies de soufre. C’est donc un très mauvais compagnon de certaines molécules sensibles au pH alcalins. Cela dit, le soufre est redevenu central dans les stratégies de lutte contre l’oïdium. Vincent Faihy, de la société de prestations viticoles Viti Concept, constate en Champagne qu’en cas de haute fréquence à forte intensité d’attaque d’oïdium, les parcelles en conventionnel décrochent plus que les parcelles en bio. Une raison est avancée : parmi la panoplie des 9 familles de produits contre l’oïdium, soit 93 spécialités commerciales au total, 5 familles sont concernées par des résistances. 5 familles sont par ailleurs classées CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique). Au final, sur les 93 spécialités, il n’en reste que 22 non concernées par les résistances et non classées CMR, dont 16 sont à base de soufre mouillable. Selon les essais du CIVC, l’application précoce de soufre n’améliore pas l’efficacité contre l’oïdium, car son effet est curatif. Par contre, des essais d’application à demi-dose d’homologation ne montrent pas d’altération significative de l’efficacité. Il y a donc des progrès possibles potentiels pour diminuer les quantités appliquées.

Chez Corinne Diemunsch à Balbronn

Soigner la vigne par les plantes

Publié le 16/11/2017

Tanaisie, achillée, absinthe, reine-des-prés, saponaire, rue, bardane… : l’exploitation viticole de Corinne Diemunsch - Domaine de Gunterhof - n’a vraiment rien de commun. Depuis 2013, cette viticultrice produit des plantes aromatiques, tandis que ses raisins bios sont livrés à la cave du Roi Dagobert.

L’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) proposait une journée de rencontre avec Corinne Diemunsch qui soigne ses vignes par les plantes et qui a fait de la production de plantes séchées pour le soin de la vigne et des cultures, sa deuxième activité. Un événement auquel tous les vignerons du Grand Est étaient conviés. Nul n’est prophète en son pays, ce dicton n’a jamais résonné aussi fort, jeudi 8 novembre vu l’intérêt suscité par cette formation auprès des vignerons lorrains, qui sont venus en force en Alsace : 18 participants sur les 25 présents. Après la présentation des installations, le séchoir et la pièce de stockage, des locaux bien ventilés mais plutôt sombres pour préserver les propriétés des plantes séchées, les vignerons avaient rendez-vous à la cave du Roi Dagobert, pour deux heures d’introduction à l’usage des plantes. Un propos de Corinne Diemunsch, inspiré par le formateur Éric Petiot, qui s’est voulu très modéré. Ces préparations peu préoccupantes tombent sous le coup d’une législation contraignante sur la communication des pratiques phytosanitaires alternatives aux produits de synthèse. « Je peux commercialiser des plantes, mais je ne peux pas vendre des préparations et en revendiquer des effets, faute d’AMM (autorisation de mise en marché). » Pour les usages, il existe une bibliographie abondante… Pour être efficace, la phytothérapie des vignes s’inscrit dans une approche viticole globale. Les méthodes sont douces et peu agressives pour la terre et la plante : les vignes sont taillées en Guyot-Poussard de manière à ce que les mutilations de la taille entravent au minimum les flux de sève. La fertilisation vise à nourrir la vie microbienne des sols, mais pas à perfuser les vignes d’azote minéral. Corinne Diemunsch applique par exemple des oligoéléments et du saccharose. Et s’agissant des travaux des sols, selon l’approche de la trophobiose de Francis Chaboussou, il n’y a pas de remuage de la terre après la mi-juillet pour ne pas provoquer de minéralisation des sols. Et d’une manière générale, elle n’utilise pas d’outils de travail des sols à dents animées telles que la herse rotative et la fraise. « J’aime bien varier les plantes » Corinne Diemunsch centre la protection de sa vigne autour du cuivre, avec un premier traitement à la très très faible dose de 50 g/ha en Cu métal dès le stade 2 feuilles, et du soufre Thiovit. « Mes plantes « premiers secours » sont l’ortie, la consoude, la prêle, la fougère et l’achillée. » Les traitements s’appliquent autant au sol que sur la plante. Le bouillon moléculaire élaboré à partir de décoction ou d’infusion « est reconnu par la plante, et est donc très assimilable ». Ces applications de plantes exercent « un effet nutritif, SDN, biostimulant ou phytostimulant, et créent une atmosphère défavorable à l’implantation des maladies. Les plantes que j’utilise sont l’ortie, la reine-des-prés, la prêle, l’origan, la consoude, la tanaisie. » Et contre les insectes, la tanaisie, la lavande, la menthe, l’absinthe, la rue, la santoline, et la fougère sont appliquées pour leur effet insectifuge : « J’aime bien varier les plantes et apporter des éléments différents, des phénols différents. »      

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