Hervé Wendling, président du syndicat ovin du Bas-Rhin
Les Ovinpiades, un bon moyen de faire parler de l’élevage ovin
Hervé Wendling, président du syndicat ovin du Bas-Rhin
Publié le 16/03/2018
Hervé Wendling ne peut que se réjouir des bons résultats obtenus par les Alsaciens aux Ovinpiades des jeunes bergers. Car il s’agit d’un moyen efficace de mettre en lumière une filière qui en a bien besoin : d’ici quelques années plus de la moitié des éleveurs actuellement en activité partiront à la retraite. Pour l’heure, le rythme des installations, reprises, créations de troupes ou d’ateliers, ne permet pas de remplacer ces départs.
« C’est le meilleur résultat que nous avons obtenu depuis que nous participons aux Ovinpiades », se félicite Hervé Wendling. Soit pour la 6e fois depuis 13 ans que les Ovinpiades permettent aux meilleurs jeunes bergers de France de se confronter entre eux. Ces résultats sont donc encourageants pour tout le monde. Les jeunes certes, mais aussi les enseignants des lycées participants, Jean-Pierre Saulet-Moes, le technicien ovin de la Chambre d'agriculture d’Alsace, et les éleveurs, qui ont participé au concours, que ce soit en accueillant les entraînements, en faisant partie du jury… Cette année, hormis le cas un peu particulier de Louis Frischinger (lire en encadré), les deux candidats Alsaciens sont des fils d’éleveur ovin. Avec leurs 15e et 13e places, les Alsaciens n’atteignent pas encore les sommets, mais s’en approchent : « Il y a peu de différences de points entre ceux qui sont sur le podium et les suivants », indique Hervé Wendling. Les candidats ont donc été départagés dans un mouchoir de poche. Ce qui signifie d’une part que les Alsaciens n’ont pas démérité face à des régions traditionnellement plus tournées vers l’élevage ovin. D’autre part que la victoire s’est jouée dans les détails. Pour Hervé Wendling, leurs bonnes performances montrent que « plus on est motivé et plus on travaille, plus on a de chances de gagner ». Attention, cela ne veut pas dire que le podium est réservé aux bergers de père en fils ! Mais que pour l’atteindre, il faut travailler. Et c’est ce qu’ont fait les candidats Alsaciens, grâce à deux entraînements avec leur classe avant les épreuves régionales, et deux autres après leur qualification. « Ils ont participé aux Ovinpiades de Mirecourt en candidat libre. Là, ils ont été confrontés à des élèves en Certificat de spécialisation Conduite d’un élevage ovin. Cela leur a démontré qu’il fallait progresser pour avoir une chance de gagner à Paris. » Le président du syndicat note que c’est à l’épreuve du quiz que les vainqueurs ont grappillé les points qui ont fait la différence : « Cela montre que si les élèves bénéficiaient d’une formation plus poussée en élevage ovin, ils pourraient faire mieux ». Aussi Hervé Wendling invite les jeunes à persévérer : « Le résultat de Louis Frischinger montre qu’il est possible de faire encore mieux ». Sans oublier la bonne ambiance qui règne durant tout le parcours des Ovinpiades, et particulièrement au Salon international de l’agriculture : « Nous sommes partis à 30 en TGV pour les encourager pendant toute la durée des épreuves, parce que c’est motivant et valorisant d’être soutenu ». Mieux faire connaître le métier d’éleveur ovin Pour Hervé Wendling, les Ovinpiades sont un moyen de mieux faire connaître l’élevage ovin aux élèves des lycées. « Les classes qui participent aux Ovinpiades bénéficient d’heures de cours spécifiques, dispensées par Jean-Pierre Saulet-Moes. » Et, d’année en année, la mayonnaise prend : « Les élèves en parlent entre eux, ils sont motivés par le challenge et apprécient de pouvoir être sur le terrain. » Car les entraînements ont lieu dans des fermes ovines. Les frais engendrés sont pris en charge par Inn’Ovin, le syndicat ovin du Bas-Rhin et les éleveurs. « À midi, nous leur servons de l’agneau. Qu’ils apprécient, surtout le steak haché d’agneau ! » Les Ovinpiades ont donc le mérite de mieux faire connaître le métier d’éleveur ovin à quelques jeunes. Et, qui sait, de provoquer quelques vocations. Mais Hervé Wendling aimerait aller plus loin. Pour que ce contact avec les ovins ne soit pas réservé à quelques-uns, mais touche tous les élèves. D’autant que cela pourrait se faire à moindres frais : « Il serait possible de mettre à disposition quelques agneaux pour créer un petit atelier d’engraissement de plusieurs lots, adossé à quelques heures d’enseignements sur les ovins… Cela permettrait aux élèves de voir évoluer les agneaux. Et, pourquoi pas, de les consommer ensuite au réfectoire ? » Si possible sous forme de steak haché d’agneau tant apprécié ! Faire perdurer la dynamique Car, rappelle Hervé Wendling, qu’importent les moyens, il faut au mieux développer le cheptel ovin, au moins le maintenir. Pourquoi ? Parce que sans cela la dynamique qui a su être insufflée à la production ces dernières années pourrait retomber. « Il est primordial que nous puissions continuer à assurer la livraison de nos partenaires au sein de l’association Agneau Terroir d’Alsace. Sinon, ils s’en détourneront », illustre Hervé Wendling. Et il y a aussi l’outil d’abattage de Haguenau. Qui doit continuer à être alimenté pour perdurer. Ce qui ne va pas sans des filières d’élevage dynamiques. Pour y parvenir, Hervé Wendling évoque différentes pistes : « On pourrait imaginer des partenariats entre céréaliers et éleveurs ovins. Au lieu de semer un couvert de moutarde, il suffirait de semer un couvert que les brebis pourraient pâturer. » Elles feraient office de broyeur et d’épandeur à engrais. « Bien sûr, reconnaît Hervé Wendling, ça ne serait pas adapté à toutes les terres et à tous les contextes, mais cela pourrait au moins être testé, et encouragé. » Tout comme la création d’ateliers ovins au sein de structures déjà existantes, afin de diversifier les sources de revenu.












