Portes ouvertes du réseau de fermes Dephy
Une pépinière de nouveaux systèmes agricoles
Portes ouvertes du réseau de fermes Dephy
Publié le 30/11/2017
Le plan Écophyto II veut démultiplier les actions mises en œuvre dans le cadre du réseau Dephy, notamment via l’action 30 000, qui vise à multiplier par dix le nombre d’exploitations engagées, actuellement de l’ordre de 3 000. Des portes ouvertes organisées dans le Grand Est ont permis de mettre en lumière les résultats obtenus, prémices de systèmes agricoles plus autonomes et vertueux.
Les produits phytosanitaires ne sont pas utilisés par les agriculteurs pour le plaisir de dilapider leur argent ou d’aller faire un tour de tracteur de bon matin. Ils le sont parce que dans les systèmes actuels, les cultures sont confrontées à des maladies, des ravageurs, des adventices, et que la préservation de la culture, donc du revenu de l’agriculteur, requiert des soins. C’est vrai en agriculture conventionnelle, c’est vrai aussi en agriculture biologique. Mais les moyens utilisés pour y parvenir ne sont pas les mêmes. L’agriculture doit cependant évoluer, afin de tendre vers une utilisation plus parcimonieuse des produits phytosanitaires. Le plan Écophyto, copiloté par les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, fixe des objectifs à cette transition. Plus précisément, le plan Écophyto II réaffirme l’objectif de réduction de moitié du recours aux produits phytosanitaires en France, mais le repousse à l’horizon 2025, avec un objectif intermédiaire de moins 25 % en 2020. Dans ce cadre, le dispositif Dephy Ferme rassemble depuis 2010 des groupes d’agriculteurs au sein d’un réseau d’exploitations engagées volontairement dans la réduction du recours aux produits phytosanitaires. Chaque groupe est accompagné d’un ingénieur réseau. Leur objectif : démontrer, expérimenter et produire des références sur les systèmes économes en produits phytosanitaires. Les techniques utilisées sont multiples : résistance variétale, optimisation de la qualité de pulvérisation, allongement des rotations, désherbage mécanique, amélioration de la biodiversité fonctionnelle… Avec des virages pas toujours faciles à prendre, techniquement et psychologiquement, car souvent associés à une prise de risque, d’où l’importance des échanges entre agriculteurs au sein des groupes. Une méthode qui permet d’améliorer petit à petit les IFT pour, au final, aboutir à des résultats significatifs. Les techniques une fois éprouvées, elles sont diffusées au moyen d’actions de communication au niveau local, et relayées au niveau national par une cellule d’animation, notamment sur le site www.ecophytopic.fr. De 3 000 à 30 000, à… Le plan Écophyto II veut démultiplier les actions mises en œuvre dans le cadre du réseau Dephy, notamment via l’action 30 000, qui vise à multiplier par dix le nombre d’exploitations engagées, actuellement de l’ordre de 3 000, ce qui aboutirait à 30 000 exploitations, d’où le nom qui a été donné à ces « groupes 30 000 ». Ces derniers sont mobilisés autour d’un projet collectif de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires décliné à l’échelle de chaque exploitation. Chaque groupe choisit la structure qui va l’accompagner dans ses démarches. Ils peuvent être suivis par des animateurs aux compétences reconnues durant trois ans. La première étape consiste à établir un diagnostic des pratiques, et à définir un plan d’action avec chaque membre du groupe, en fonction des marges de progrès identifiées pour chacun. L’objectif de réduction est dans un premier temps fixé à 30 % de l’IFT, mais ça peut être davantage. « L’objectif est de garantir la rémunération correcte des agriculteurs et la reproductibilité de la méthode », précise Alfred Klinghammer, responsable Écophyto à la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, qui rappelle que la démarche est volontaire, avec un accompagnement technique mais pas financier. Financé par la vente de produits phytosanitaires L’innovation n’est pas une sommation, les groupes peuvent utiliser les techniques dont l’efficacité a déjà été éprouvée. Par contre le projet du groupe doit être clairement exposé, tout comme les objectifs et les moyens mis en œuvre pour les atteindre. L’évolution des pratiques fera ensuite l’objet d’un suivi, notamment à travers le calcul des IFT, collectifs et individuels. Mais l’accompagnement sera allégé par rapport à celui dont ont bénéficié les groupes Dephy originels, qui ont en quelque sorte déblayé le terrain. Par contre, comme leurs aînés des groupes Dephy, les groupes 30 000 ont vocation à diffuser auprès d’autres exploitations agricoles. Ces échanges d’expériences sont un élément clé de la réussite du projet. En Région Grand Est, 44 groupes font l’objet d’une reconnaissance groupe 30 000 depuis 2016, 33 en grandes cultures et polyculture élevage, 9 en viticulture et 2 en horticulture. L’accompagnement de ces groupes est financé par une enveloppe gérée par l’Agence de l’eau, et qui est issue de l’élargissement de la redevance pour pollutions diffuses issue de la vente de produits phytosanitaires.












