Fruits et légumes

Station expérimentale fruitière Verexal

Un dragon dans le verger

Publié le 04/07/2018

Malgré les importants dégâts de gel qu’il a subis l’an dernier, Verexal affiche un bilan excédentaire. Une première dans son histoire, particulièrement bienvenue : le verger expérimental envisage d’investir dans du nouveau matériel et d’agrandir ses installations.

« Nous avons un dragon dans le verger. » Alors qu’une équipe de scientifiques est partie à la recherche du monstre du Loch Ness, à Obernai, c’est une étrange machine qui suscite la curiosité des arboriculteurs. Qu’on se rassure : il s’agit d’une machine permettant de se prémunir des dégâts de gel, explique Hervé Bentz, directeur de la station expérimentale. Le « dragon de brouillard » est équipé d’une chaudière à biomasse alimentée par une botte de paille. L’air chaud produit par la combustion est alourdi en eau et pulvérisé dans le verger. « Cela produit un brouillard chaud (65 °C) qui stagne dans le verger et fait une couverture thermique. » Deux vergers se sont équipés de ce matériel dès cette année, l’un dans les Vosges, l’autre en Allemagne. « Cela leur a permis de sauver leur récolte d’abricot et de pêche. » Et les commandes pleuvent : « La moitié des vergers se sont équipés avec l’aide de la Région Grand Est. » Il faut dire que le gel printanier de 2017 a sévèrement impacté le verger expérimental d’Obernai, explique Pierre Barth, président de Verexal. « Nous avons pu continuer à approvisionner le magasin de vente en faisant appel à nos collègues moins sinistrés. » Hervé Bentz, directeur de Verexal, précise : « Nous avons dû acheter près de 50 tonnes de pommes. De plus, certaines variétés que nous avons produites nous-mêmes n’étaient pas commercialisables, car elles se sont gâtées très rapidement. Cela nous a permis de voir quelles sont les variétés les plus résilientes, les plus rustiques. » « Alors que FranceAgriMer fait défaut, la Région nous aide énormément » « Notre station expérimentale fonctionne grâce au magasin de vente », ajoute Pierre Barth. Il permet en tout cas de réduire la dépendance vis-à-vis des aides de FranceAgriMer, de la Ville d’Obernai, de la Région Grand Est, du Département du Bas-Rhin et de la Chambre d'agriculture d’Alsace, à l’heure où certains financeurs veulent réduire la voilure. « Obtenir des aides de FranceAgriMer s’avère de plus en plus compliqué », indique le président. Le directeur renchérit : « La technique de dépôt des dossiers FranceAgriMer a changé : il faut désormais présenter des programmes nationaux. Nous avons déposé quatre projets, mais un seul a été retenu. » Cela aura forcément un impact sur le budget de Verexal. « Nous prévoyons aussi une baisse des subventions de FranceAgriMer. Par contre, les autres partenaires devraient maintenir leur niveau d’aides en 2018. » Pourtant, la station d’expérimentation fruitière est plus utile que jamais, alors que de nombreux produits phytosanitaires - néonicotinoïdes, glyphosate - sont sur la sellette. « Le Verexal est l’outil sur lequel se reposent les techniciens pour conseiller les arboriculteurs. Nous travaillons par exemple sur la sharka, l’éclaircissage et la lutte contre le campagnol. » Verexal s’investit également dans l’agriculture biologique. « La production fruitière bio se développe, indique Philippe Barth. Un verger est en cours de plantation à Innenheim. » « Heureusement, nous avons le soutien entier de la Région Grand Est qui encourage la diversification vers des cultures à forte valeur ajoutée et les circuits courts. Nous menons notamment un programme avec la station lorraine de l’Association régionale d’expérimentation fruitière de l’Est (Arefe) pour la limitation des IFT ou la réduction de l'usage des produits phytosanitaires par des produits de biocontrôle. » Un plan de filière ambitieux a été mis en place par la Région pour soutenir les producteurs de fruits et légumes, indique Pierre Barth. « Nous en avons besoin pour installer de nouveaux vergers, qui prennent du temps pour entrer en production. » Quant au Conseil départemental, grâce à l’appui de Bernard Fischer, il continue à soutenir les expérimentations menées par la station. Le programme Interreg sur les parasites invasifs (sharka et suzuki) arrive à son terme, souligne Hervé Bentz. « C’est un dossier complexe en termes de gestion administrative, mais enrichissant au niveau des échanges et des contacts extérieurs. Nous devrions arriver à des résultats intéressants en matière de lutte contre la sharka, mais plus décevants pour la drosophile. » Des projets d’investissement « Nos bâtiments sont trop petits et nos machines vieillissantes », poursuit Hervé Bentz. Aussi Verexal se lance-t-il dans un projet de mise aux normes et d’agrandissement de ses locaux. Il prévoit également de procéder à l’entretien des matériels existants et d’investir dans du matériel de désherbage. Heureusement, l’exercice 2017 s’achève sur un résultat positif de 25 800 €. Une première depuis la création de la station ! De plus, l’emprunt contracté par Verexal pour construire la deuxième chambre froide se termine cette année. « Cela nous permet d’envisager l’agrandissement du bâtiment. » Les investissements prévus en 2018 portent sur une plateforme de remplissage commune à Verexal et Planète Légumes, ainsi que sur l’extension des bâtiments. « Nous projetons d’agrandir la partie la plus récente et de construire une extension de l’ancien bâtiment afin de faire de la place pour Planète Légumes, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et l’Adar. » Patrick Bastian, président de la commission agricole de la Région Grand Est, enchaîne : « Nous sommes prêts à vous soutenir dans vos projets d’agrandissement et de construction d’une aire de lavage ». Les professionnels ont rendez-vous le mardi 10 juillet de 9 h à 16 h au verger expérimental d’Obernai. La thématique portera sur les solutions alternatives aux désherbants chimiques, avec en arrière-plan la réduction des IFT, indique Hervé Bentz. « La disparition des produits de contact va poser des problèmes techniques aux arboriculteurs, les produits racinaires étant sujets au lessivage. » Certes, il existe des solutions alternatives, comme le désherbage thermique au gaz, à la vapeur, à la mousse chaude, ou le travail du sol avec des outils interceps. « La suppression annoncée du glyphosate a suscité une recrudescence de nouvelles machines dont il faut d’abord vérifier l’efficacité avant de se lancer dans un achat », avertit Hervé Bentz. Au programme de cette journée d’information, des démonstrations de pulvérisateurs et d’outils de désherbage, mais aussi des résultats d’essais et un retour d’expérience en ZNA. « Nous découvrirons également des produits alternatifs à base d’acide pélargonique, comme le Beloukha. » Au conseil d’administration, plusieurs sièges étaient à pourvoir : Daniel Mutschler, Jean-Luc Rott, Christophe Utz, Dominique Wicker, Richard Strub et Régis Rueher ont été réélus. Patrick Bastian, pris par ses autres fonctions, a souhaité mettre un terme à son mandat.

À Traenheim et Westhoffen

Lancement de la saga des fruits d’été

Publié le 22/06/2018

L’Association des producteurs de petits fruits et fruits à noyaux d’Alsace a officiellement lancé sa campagne de récolte, avec les cerises, mardi 19 juin, sous l’égide de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et en présence de son égérie Delphine Wespiser. Après la rhubarbe et les cerises, les prunes bleues devraient garnir les étals dans dix jours, les mirabelles fin juillet et les quetsches le 25 août. Ainsi que les mûres, myrtilles, framboises, groseilles et autres cassis.

L’idée revient à Daniel Dettling, producteur de fruits à Westhoffen, également secrétaire de l’association des producteurs, de lancer officiellement « une saga des fruits d’été ». Car après la récolte des cerises qui bat son plein actuellement, devraient suivre les prunes, les mirabelles fin juillet déjà, et les quetsches le 25 août. Mais également les mûres, les myrtilles sauvages et de culture, les framboises, les groseilles, les cassis et enfin les noix. L’Association des producteurs de petits fruits et fruits à noyaux d’Alsace, sous l’égide de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), a donc lancé officiellement cette « saga », mardi 19 juin à l’EARL Reisz à Traenheim puis à la coopérative Les Jardins du Ried à Westhoffen. Avec le retour du soleil, Joël Reisz, président des producteurs, affichait un large et radieux sourire, mardi, en présence des professionnels, de la presse locale, et de Delphine Wespiser, pour ce lancement. L’épisode de pluies du début de campagne de récolte n’a finalement pas altéré le moral des producteurs qui s’apprêtent à garnir les étals de cerises, et ce d’autant que la récolte 2018 est bonne, après une année 2017 marquée par des gelées de printemps catastrophiques. Les cerises ont une faible capacité de conservation : un inconvénient qui devient un avantage commercial pour les écouler sur les marchés locaux, avec une garantie de fraîcheur et avec le logo Fruits et légumes d’Alsace, désormais bien ancré dans l’esprit des consommateurs, observe Pierre Lammert, président de l’Ifla. Les fruits et légumes d’Alsace sont désormais indissociables du visage de Delphine Wespiser, ancienne Miss France, qui a conclu cette journée de promotion. On la retrouvera ce samedi sur le petit écran dans l’émission Fort Boyard. Elle a aussi annoncé officiellement sa participation deux jours par semaine dans l’émission Touche pas à mon poste chez Cyril Hanouna : « Certains ne seront pas d’accord. Quoi qu’il en soit, c’est une belle visibilité pour moi et donc pour les fruits et légumes d’Alsace aussi. »

Publié le 05/06/2018

Le lancement officiel de la saison des fraises d’Alsace a eu lieu mardi à Illfurth alors que la campagne est déjà bien entamée. Après un mois d’avril très chaud, la production est abondante et l’ensemble des variétés sont déjà disponibles à la cueillette et à la vente.

Elle est rouge, juteuse, et cette année bien en avance ! Voilà près de deux semaines que les fraises d’Alsace habillent les étals des magasins, et font le bonheur des libres-cueilleurs. Une arrivée un peu précoce alors que lancement officiel de la saison n’a eu lieu que mardi dernier à Illfurth, à la SCEA Boetsch-Wolff. « Pourtant, on pensait que ça serait aujourd’hui la bonne date. Mais il a fait très chaud en avril, et les fraises sont venues tôt. Du coup, on est déjà en plein milieu de la saison », explique le président de l’association des producteurs de fraises d’Alsace, Olivier Grinner. Alors, un seul mot d’ordre pour tous les amateurs de fraises : à consommer sans plus attendre ! Car la production est abondante avec, précocité oblige, l’ensemble des variétés disponible à la cueillette ou à la vente. « Habituellement, elles arrivent les unes après les autres avec quelques jours de décalage entre elles. Cette année, elles sont toutes là au même moment et elles mûrissent rapidement. C’est la première année où cela se passe si vite », poursuit Olivier Grinner. Qu’elle s’appelle july, salsa, dream, clery ou primi, il y en a clairement pour tous les goûts. Mais qu’elles soient précoces ou non, toutes ces variétés de fraises sont produites selon un cahier des charges commun partagé par tous les membres de l’association présidée par Olivier Grinner. « Notre objectif, c’est d’abord une philosophie commune qui vise à créer un produit plus ou moins homogène en termes de goûts et de formes. Après, chacun est libre du mode de production : plein champ, en buttes, en tunnels ou en hors-sol », poursuit le président de l’association des producteurs de fraises d’Alsace. Un climat particulièrement favorable pour la fraise Dans la SCEA Boetsch-Wolf, Jean Wolf, Ludovic et Bernard Boetsch appliquent les principes de l’agriculture raisonnée sur les 6 hectares de fraises qui sont cultivées sur buttes couvertes de plastique. Ils passent environ dix fois la bineuse mécanique pour éliminer les mauvaises herbes, et environ quatre à cinq fois manuellement pour nettoyer les plants sur le rang. Les produits de traitement sont utilisés avec parcimonie, et quand cela est vraiment nécessaire. Leur production est écoulée via deux points de vente dans le village, la libre-cueillette et, depuis peu, avec la grande distribution. Ils emploient une quarantaine de travailleurs saisonniers pour la récolte des fraises et des asperges qui représentent la production la plus importante de l’exploitation avec 14 ha. « Le souci est qu’on a de plus en plus de mal à trouver de la main-d’œuvre. En Allemagne, ce n’est pas le cas. Cette distorsion de concurrence est inquiétante pour nous. D’autant plus quand leurs produits sont vendus en Alsace sans aucune indication de leur provenance », déplore Bernard Boetsch. Il y a quand même eu une évolution indique Olivier Grinner : « Aujourd’hui, on compare le prix de la fraise d’Alsace aux prix des fraises du reste de la France, soit des fraises produites avec le même coût et les mêmes contraintes. C’est quand même plus logique. » Et avec un climat parfaitement adapté (hiver froid, puis printemps tempéré) et tous les types de sols, l’Alsace est une terre plus qu’adéquate pour la culture des fraises. Reste plus qu’à les consommer avant qu’il ne soit trop tard.

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