Fruits et légumes

Moniteurs arboricoles

La relève est assurée

Publié le 16/01/2017

Les moniteurs arboricoles de la promotion Maurice Marx ont reçu leur diplôme lors d’une cérémonie qui s’est déroulée le samedi 17 décembre à la Maison de l’agriculture de Schiltigheim.

À l’issue d’une formation qui s’est étalée sur deux ans, 25 passionnés d’arboriculture ont obtenu le diplôme de moniteur arboricole, indique Didier Charton, responsable de la formation de cette promotion. Durant quarante samedis, ils ont suivi des cours théoriques le matin, dans les salles du CFA d’Obernai et de la mairie de Brumath, puis une formation pratique l’après-midi, dans différents vergers du secteur. Au menu de la partie théorique, l’arboriculture générale et spéciale : plantation, tailles, greffage, éclaircissage, récolte et conditionnement ; la science du sol : étude des sols, amendements analyse des sols et modes d’intervention ; la biologie végétale : la racine, le tronc, les bourgeons, la cellule ; la protection des végétaux : étude variétale, principaux ravageurs et maladies, auxiliaires et types d’intervention ; la sécurité. En pratique, la taille haute tige et demi-tige, la taille pillar et les formes savantes de taille, la reconnaissance des maladies, les parasites et auxiliaires, l’écussonnage, le greffage, la pomologie, etc. Des visites de producteurs ont complété cette formation : un producteur de fruits en Allemagne, le verger bio Hermann, la Cuma Alsa Pomme à Brumath. Didier Charton a remercié pour leur soutien Laurent Wendlinger, président, et André Jacob, directeur de la Chambre d’agriculture d’Alsace, Thierry Girodot, proviseur du lycée agricole d’Obernai, Sylvie Pagliano, directrice du CFA du Bas-Rhin, et Didier Helmstetter, son prédécesseur, qui ont mis les salles de classe à la disposition des élèves, de même que la mairie de Brumath, Verexal, support incontournable de cette formation, Freddy Zimmermann, président de l’Union des fédérations arboricoles et apicoles d’Alsace et de Moselle (UFAM). Et bien sûr les formateurs théoriques et pratiques, tous bénévoles. Mais quel est le rôle d’un moniteur arboricole ? « Il participe à l’agencement du paysage, explique Didier Charton, il veille au maintien et au développement des ceintures vertes autour des agglomérations alsaciennes, crée des vergers écoles, des îlots témoins de démonstration. Il sensibilise le grand public, les scolaires, par des expositions de fruits. Il lutte contre l’arasement des talus, la suppression des haies et la sauvegarde des vergers. » Citant saint Fiacre, patron des jardiniers, Didier Charton conclut : « Manus fortis divitias parat » (la main diligente apporte la fortune). Alors, à vos sécateurs !

Publié le 16/01/2017

Mildiou, alternaria, jambe noire, dartrose, doryphore, puceron, taupin… la pomme de terre ne manque pas d’amateurs. Pour qu’elle arrive sans trop d’encombres jusqu’aux consommateurs, il faut la surveiller comme le lait sur le feu.

La précédente campagne a accumulé les facteurs préjudiciables à la réussite de la culture de la pomme de terre. En conventionnel, les rendements sont inférieurs à ceux des dernières années, et ils sont souvent catastrophiques en bio. L’élément marquant de la campagne a été la pression très forte en mildiou (lire aussi l’article de Denis Jung paru dans notre n° 1 en page 11). Une épidémie d’autant plus difficile à gérer que les feuillages étaient souvent développés, avec une surface foliaire à traiter importante, et que les modèles avaient tendance à plafonner, étant donné l’intensité de la pression. « Outre par les conditions météorologiques propices, celle-ci peut s’expliquer par des recombinaisons de souches de mildiou, ce qui expliquerait les démarrages précoces, ou encore par une contamination des plants », indique Denis Jung, conseiller spécialisé en pomme de terre à Planète Légumes et à la Chambre d'agriculture du Grand Est, lors des réunions techniques des 20 et 21 décembre 2016. La campagne 2016 restera donc dans les annales comme une année à mildiou. Même si d’autres agents pathogènes se sont attaqués aux champs de pommes de terre : alternaria, jambe noire dans les parcelles inondées, dartrose, doryphore, puceron, taupin… Et puis l’alternance entre l’humidité printanière et la sécheresse estivale a pu entraîner des fissurations des tubercules, préjudiciables à leur commercialisation. Traitement des plants : Oscar WG évolue Dans le cadre de la lutte contre la gale argentée, la spécialité Oscar WG n’apporte pas vraiment de gain de rendement, mais améliore la conservation des tubercules. Oscar WG est aussi un peu plus efficace que les autres solutions sur le rhizoctone brun, dont l’inoculum primaire peut provenir des plants ou du sol. En outre, le produit va changer de packaging. Il sera désormais conditionné en bidon de 5 litres ou en sceau de 10 l, dans lesquels il suffira de rajouter de l’eau, d’attendre 15 minutes pour laisser gonfler les granulés, puis de mélanger pour obtenir leur dispersion. Cette nouvelle formulation permet en outre de limiter le volume de bouillie, donc de ne pas trop mouiller les pommes de terre. La machine Oscar System, renommée Robstar, utilisée pour traiter les plants avec ce produit, a été testée pour évaluer son efficacité. Elle s’avère la solution la plus efficace sur le plus large spectre de maladies. « En février une démonstration avec différentes firmes et produits de traitement des plants, ou des pommes de terre après récolte pour le traitement anti-germination, sera organisée », annonce Denis Jung. « L’acquisition de tels outils de traitement des plants représentant un certain coût, il peut s’avérer intéressant de se regrouper », poursuit-il. À noter aussi que la Caisse d’assurance accidents agricole (CAAA) accorde des aides à l’investissement dans ces outils qui limitent le contact avec les produits phytosanitaires. Taupins : miser aussi sur la prophylaxie Une nouvelle espèce de taupin, avec un cycle deux fois plus rapide que l’espèce endémique, et aussi plus vorace qu’elle, se développe, ce qui pourrait accroître les dégâts causés par ce ravageur sur la pomme de terre. Une dérogation pour l’utilisation du Mocap 15G sur pomme de terre a été demandée, ainsi que son homologation pour cet usage. « Un dossier à suivre de près. » Autres solutions : Karate 0,4 GR et Trika Expert, dont une nouvelle formulation est attendue pour 2017. « Un essai a mis évidence une meilleure efficacité de Mocap 15G par rapport aux deux autres solutions », indique Denis Jung. À noter aussi que des produits de biocontrôle sont en cours d’évaluation, comme le Met 52, qui contient un champignon entomopathogène qui infecte le taupin. « À la dose de 50 kg/ha son efficacité s’avère intéressante en conditions humides. » D’autres produits, comme Biofence et Tapis Vers, à base de glucosinolates, devraient être homologués. « Ils peuvent permettre de réduire les attaques de 50 %, mais pèchent par un comportement irrégulier. » Enfin, certaines mesures prophylactiques permettent d’endiguer le ravageur. Il est en particulier recommandé de privilégier les variétés les moins appétentes. Plus la peau est fine, plus les dégâts sont importants. Et les taupins seraient attirés par les émissions de CO2 en provenance des tubercules. Des émissions qui seraient plus ou moins importantes en fonction des variétés. En raison du manque de rémanence des produits, donc des attaques qui peuvent intervenir tardivement, il convient de ne pas procéder à des récoltes trop tardives. Le travail du sol à l’automne et au printemps permet de réduire le nombre de larves, donc d’avoir davantage de tubercules peu touchés. Les rotations longues (six-sept ans plutôt que quatre), avec une autre protection anti-taupin dans la rotation, par exemple sur maïs, sont également à privilégier. Désherbage : ne pas lésiner sur le mulch Planète Légumes a mené un essai pluriannuel visant à tester l’efficacité d’un mulch de luzerne pour couvrir le sol et ainsi éviter à la fois la levée des adventices et le réchauffement trop rapide du sol. L’essai comportait quatre modalités : témoin sans mulch, mulch épandu en plein sur 20 cm d’épaisseur, mulch épandu en plein sur 10 cm d’épaisseur, mulch épandu entre les buttes sur 20 cm d’épaisseur. Le mulch a été épandu le 10 juin sur la variété Agria. Résultats : un effet sur le rendement, sur le calibre - en augmentation - et sur la gestion des adventices avec 80 % des adventices recouvertes a pu être mis en évidence avec la modalité du mulch épandu en plein sur 20 cm d’épaisseur. Côté solutions chimiques, le Proman est une spécialité à base de metobromuron (500 g/l). Ses autres noms commerciaux sont Soleto et Inigo. Son spectre d’action est assez complet. Son efficacité est notamment intéressante sur morelle, qui pose problème en Alsace. Il l’est moins sur gaillet et mercuriale. Mais il est associable à un certain nombre d’autres produits. Il est généralement utilisé en désherbage de prélevée, « mais en 2016 il a été dans des situations limites positionné en post-levée, ce qui a permis de constater l’absence de phytotoxicité ». De l’azote contre alternaria Dans un autre essai, c’est l’effet de diverses modalités de fertilisation azotée, notamment sur le développement d’alternaria, qui était étudié. Premier enseignement, le témoin non fertilisé présente moitié moins de feuillage que les autres modalités. Et, plus la dose totale d’azote apporté est importante, plus le feuillage est développé. Autre enseignement : c’est avec la fertilisation fractionnée en trois apports (105 puis 40, puis encore une fois 40 unités) que la résistante à alternaria est la meilleure. Denis Jung insiste sur l’importance de faire des mesures de reliquats azotés, pour apporter la bonne dose, afin d’optimiser à la fois le rendement et la résistance à alternaria. Et, dans les situations à risque alternaria avéré, le fractionnement en deux, voire trois, apports est donc conseillé. Enfin, la localisation de la fertilisation permet de réduire la dose, mais se traduit par un développement du feuillage plus limité. En matière de solutions chimiques contre alternaria, la spécialité Kix (difénoconazole à 250 g/l) n’apporte pas beaucoup d’efficacité supplémentaire par rapport aux références lorsqu’elle est utilisée seule. Le Revus Top (difénoconazole 250 g/l et mandipropamid 250 g/l) comporte une phrase de risque qui stipule qu’il ne faut pas cumuler plus de 450 g de diféconazole sur trois ans, ce qui peut s’avérer contraignant dans la rotation. Afin de positionner au mieux les traitements, Denis Jung préconise de faire un témoin non fertilisé et de commencer à traiter 15 jours après que les premières taches ont été repérées sur ce témoin, « car les pommes de terre y sont toujours un peu plus sensibles quand elles sont sous-fertilisées ». Mildiou : un arsenal à déployer Afin de lutter contre le mildiou, une nouvelle spécialité, Vendetta (fluazinam à 375 g/l et azoxystrobine à 150 g/l), a le mérite d’apporter de l’azoxystrobine. Mais il existe des souches résistantes à cette matière active. « Le produit risque donc de décrocher dans la lutte contre alternaria, et n’apporte pas grand-chose dans la lutte contre le mildiou en situation de risque élevé », constate Denis Jung. L’autorisation de mise sur le marché du mancozèbe doit être renouvelée avant le 30 janvier 2018 pour conserver un usage en vigne et pomme de terre. La spécialité va donc être réévaluée pour être réhomologuée en 2018 avec une nouvelle formulation, procurant des particules plus fines, donc une meilleure répartition et une amélioration du pouvoir couvrant. À venir aussi un nouveau cuivre trisulfate, des nouveautés en matière de biostimulants, « comme des mycorhizes, des produits à base d’algues, de phosphites, qui permettent de réduire les IFT ». 80 % des variétés de pomme de terre sont sensibles au mildiou, mais il en existe tout de même de plus résistantes, comme eden, tentation ou passion. Denis Jung conseille donc d’organiser la culture par parcelle et par variété, en gardant à l’esprit la progression géographique très rapide de la maladie. Autres stratégies à mettre en œuvre : alterner et associer les matières actives, garder de bons produits pour la fin de cycle, utiliser des modes d’action par diffusion, lorsque la pression devient forte, opter pour des produits haut de gamme. Globalement, Denis Jung conseille d’avoir en stock des produits pour la protection durant la croissance active et lorsque la végétation est stabilisée, de tenir une cadence de 14 jours entre deux traitements alternaria et de 7 jours entre deux traitements mildiou. Un essai mené par Arvalis-Institut du végétal sur les techniques de pulvérisation a permis de démontrer l’absence de risque à réduire les volumes de bouillie, à certaines conditions, notamment d’utiliser des buses adaptées, et une pression qui procure des tailles de gouttes et une couverture adaptée. Par rapport aux buses classiques, les buses à injection d’air permettent de mieux pénétrer le feuillage, « donc ont un effet positif, mais pas exceptionnel ».

Publié le 12/01/2017

En plein cœur d’un vrai hiver, froid et neigeux, rien de tel que de se laisser tenter par des plats revigorants. Lassés par la choucroute, la potée et autres pot-au-feu ? Essayez le navet salé, et laissez libre cours à votre imagination, il vous le rendra bien !

Le navet salé, encore une spécialité alsacienne qui gagne à être connue ! Les premières descriptions de fabrication de navets salés en Alsace remontent à 1539. Comme pour la choucroute, la mise en fermentation anaérobie en saumure de lanières de navets visait alors à accroître leur durée de conservation. Se faisant, le légume se charge en micro-organismes bénéfiques à la digestion. Mais attention, tous les navets ne sont pas dignes d’accompagner palette fumée et autres jambonneaux dans la traditionnelle recette de la potée colmarienne. Il doit impérativement s’agir du Stupfelruewe, le navet blanc globe à collet violet, une souche locale dont les semences n’existent pas dans le commerce - marché de niche oblige - et qu’il revient donc aux producteurs de multiplier pour maintenir vivace cette tradition locale. Des saveurs et des textures à explorer Si jusqu’au siècle dernier le navet salé avait encore une place de choix sur les tables alsaciennes, il a été peu à peu oublié, occulté par le succès de sa consœur la choucroute, mais aussi et surtout par la mondialisation de notre alimentation. Aujourd’hui, une dizaine d’agriculteurs cultivent une quarantaine d’hectares de navets salés, avec un rendement moyen de 25 t/ha, soit 850 t de navets produits chaque année, qui donneront 300 t de produit fini. Seules trois entreprises familiales perpétuent le savoir-faire de la transformation du navet en navet salé : la choucrouterie Adès et fils à Krautergersheim, la choucrouterie Speisser et fils à Geispolsheim et la choucrouterie Claude à Chavannes-sur-l’Étang. Les navets arrivent dans ces entreprises bruts, ils sont ensuite épluchés, coupés en lanières, mis en cuve où ils sont salés et laissés dix jours à fermenter avant d’être conditionnés. En 2014, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et les producteurs ont d’ailleurs lancé un nouveau packaging destiné à donner un coup de jeune à ce produit historique. Ce petit seau carré, pratique à transporter avec son anse, contient 1 kg de navet salé, une quantité adaptée à une petite famille, et comporte au dos la recette traditionnelle, ne requérant que 20 minutes de préparation, 7 minutes de cuisson, mais 2 h 30 d’attente, le temps de laisser tous les ingrédients confire doucement ! Mais le navet salé se décline à l’envi. Lors du lancement officiel de la campagne, mardi 10 janvier à Bindernheim au sein de l’EARL Roland Jaeg (lire en encadré), Olivier Paclet, expert culinaire à Sodexo, en a fait la démonstration avec un velouté de navet et son écume de lard virtuel, des samoussas de navet salé, du navet salé façon spaghetti carbonara, une tourte au navet salé végétale, des navets salés façon céleri rémoulade… Cette année, Sodexo s’engage à servir des navets salés dans ses restaurants alsaciens. Une demi-tonne en a été précommandée, et n’attend plus qu’à être accommodée afin de donner envie aux consommateurs d’en acheter eux-mêmes. Autre outil de communication : l’image de Delphine Wespiser, utilisée tant sur les réseaux sociaux, que sur les affiches ou au moyen de spots radio.  

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