Fruits et légumes

Publié le 05/03/2017

L’assemblée générale de la station d’expérimentation et de conseil Planète Légumes avait lieu mardi 21 février. Les intervenants ont rappelé les faits marquants de 2016, les importants changements liés à la fusion des trois régions au sein du Grand Est et les perspectives pour 2017.

20 ans que Planète Légumes expérimente de nouvelles techniques et conseille ses quelque 500 adhérents. L’assemblée générale qui s’est tenue mardi 21 février à Schiltigheim a permis de dresser un bilan des actions de l’an passé et de se projeter dans l’avenir. 2016 a été marquée par une vaste réorganisation des entités régionales, liée à la naissance de la région Grand Est. Loin de voir ces changements d’une manière négative et peu constructive, l’organisation a repoussé les frontières de l’Alsace et est « désormais associée à la Chambre régionale d’agriculture », a annoncé son président, Pierre Lammert. Ce rapprochement intervient au même moment que la création d’Univers fruits et légumes du Grand Est. Cette entité nouvelle vise à regrouper l’ensemble des exploitants de la région afin de fédérer les actions et renforcer le poids de la représentation ainsi que du lobbying auprès des pouvoirs publics. Disposant de conseillers sur l’ensemble du territoire, en Lorraine et en Champagne, Planète Légumes occupe l’espace et est déterminée à exister au sein de cette grande région. Pour Fabien Digel, directeur, « c’était un rendez-vous à ne pas manquer et je crois que nous avons répondu présents ». « Nous ne sommes pas suffisamment structurés pour postuler à certaines subventions et mobiliser des fonds de l’Union européenne. Plus de synergie nous apporterait plus de poids et donc plus d’attention de la part des instances dirigeantes au niveau de l’Europe », explique le président. Le contrat de filière signé en 2016 renforce aussi des objectifs tels que l’accompagnement du développement agricole, l’aide à l’installation de nouveaux producteurs, le développement du bio ou encore la volonté d’asseoir la filière au niveau national et continental. Des assises et des jeunes pousses Début février, plus de 120 participants se sont réunis à Strasbourg pour les premières assises de la filière. Les activités se sont articulées autour d’ateliers thématiques qui avaient pour but de définir un plan d’action commun à tout le secteur des fruits et légumes pour la politique régionale. Les thèmes de compétitivité, proximité et qualité étaient au centre des débats. « Ce fut aussi une belle occasion de se retrouver et réunir des professionnels qui ne se connaissent pas toujours alors qu’ils ont beaucoup en commun », se réjouit Pierre Lammert. L’année 2016 marque aussi la naissance des Jeunes Pousses, un groupe de jeunes producteurs affilié à Planète Légumes. « Cela leur permet de s’entraider, partager leurs expériences ; c’est un groupe qui vit vraiment bien », expose Lilian Boullard, un des deux techniciens référents qui guident le groupe dans ses démarches et activités. Deux figures de l’organisation ont décidé de passer la main après de nombreuses années de bons et loyaux services. Jacky Baur, représentant de la filière chou à choucroute dans le conseil d’administration, et Dominique Lux, pour la filière asperge, seront remplacés respectivement par Benoît Hindermeyer. et Olivier Holveck. En fin de séance, le président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, Jean-Luc Pelletier, est venu saluer « la qualité d’expertise de Planète Légumes et des échanges engagés entre la Chambre et l’organisation ».

Publié le 22/02/2017

Les tubercules de pomme de terre sont soumis à de nombreuses maladies, qui peuvent s’exprimer au champ ou durant la phase de conservation. En bio comme en conventionnel, il est donc parfois nécessaire de protéger les tubercules contre ces maladies. Planète Légumes a récemment organisé une réunion technique sur ce thème.

La prochaine campagne de culture des pommes de terre approche, et les producteurs réceptionnent les plants qu’ils mettront en terre dès que les conditions le permettront. « Il est important de procéder à l’évaluation des plants que vous recevez, en notant une centaine de tubercules. S’il y en a trop qui sont atteints de maladie, il faut procéder à un échange ou à un retour », indique Denis Jung, conseillé spécialisé en pomme de terre à Planète Légume. Des tubercules et des maladies Et, même s’ils ont été contrôlés, il faudra peut-être quand même les traiter. Pourquoi ? Parce que le sol est un milieu vivant, riche en micro-organismes, qui n’ont pas tous des effets compatibles avec les attentes des consommateurs. Les principales maladies qui peuvent affecter les tubercules de pommes de terre sont le rhizoctone brun, la gale commune, la gale argentée, la dartrose et les pourritures. Le rhizoctone brun est provoqué par Rhizoctonia solani, un champignon qui peut provoquer des nécroses de tiges, une perte de rendement et des problèmes de présentation puisque les tubercules se couvrent de croûtes correspondant aux sclérotes, la forme de conservation du champignon. L’inoculum peut provenir soit de sclérotes présents sur les plants, soit du sol. Lorsqu’à la fois le sol et les plants sont contaminés, Denis Jung préconise de combiner un traitement du sol et un traitement des plants. La dartrose se caractérise par un flétrissement des plants par le haut. En général la contamination des tubercules intervient au champ, puis la maladie se développe durant le stockage. L’inoculum provient souvent des déchets végétaux. La gale argentée se développe essentiellement pendant le stockage. Ses symptômes ressemblent à ceux de la dartrose, avec des tâches aux reflets argentés. Des bonnes pratiques culturales De manière générale, adopter les bonnes pratiques culturales réduit significativement le risque de voir se développer des maladies sur tubercules : allonger la rotation ; broyer les résidus végétaux et les laisser en surface afin de les soumettre à l’effet du gel ; utiliser des plants sains ; les stocker à l’abri du gel, des précipitations, en conditions aérées ; choisir des variétés résistantes ; raisonner la fertilisation et l’irrigation ; réduire le délai entre le défanage et la récolte ; limiter les blessures à la récolte ; assurer de bonnes conditions de stockage (désinfection des bâtiments, des palox, maîtrise de l’humidité et de la condensation.) ; utiliser du matériel propre. Enfin, lorsqu’il s’avère nécessaire, le traitement des plants doit être effectué sur des tubercules réchauffés (plus de 8 °C) et jamais sur des tubercules germés. L’opération achevée, il est également recommandé de laisser les plants ressuyer avant la plantation, qui doit se faire dans de bonnes conditions de sol. Et des solutions chimiques Pour lutter contre la gale argentée, différentes spécialités sont homologuées, dont Iota P (poudrage), Monceren Pro, Celest 100 FS, Oscar WG. Leurs efficacités sont équivalentes et plafonnent à 25 %, avec un léger avantage pour Oscar WG, qui combine flutolanil et mancozèbe. Denis Jung a présenté les résultats d’un essai comparant différentes modalités de lutte contre le rhizoctone brun. Conclusion : « Tous les produits contenant du flutolanil font preuve d’une bonne efficacité, mais Oscar WG est un peu meilleur. » Depuis 2016, c’est Belchim qui a obtenu la distribution exclusive d’Oscar WG. Et son packaging a été revu. Il est désormais possible de rajouter l’eau directement dans le bidon, ce qui évite d’avoir à manipuler les granulés et donc d’être exposé à l’émanation de poussières. Autre solution de protection des plants contre le rhizoctone brun et, dans une moindre mesure, la gale argentée, Rialto (Philagro), contient 460 g/l de flutolanil formulé sous forme de suspension concentrée liquide. Des investissements soutenus par la CAAA Pour traiter les plants de pomme de terre, il existe des équipements spécifiques. En 2012, lors d’une réunion similaire, Planète Légume présentait l’outil Oscar System. Depuis, celui-ci a été racheté par Belchim (qui produit Oscar WG). Rebaptisé RobStar, il a quelque peu évolué et son prix a été revu à la baisse. D’autres matériels de traitement par pulvérisation existent, comme Jodojet (société Becrou), Mafex (société Mantis), Microstat (Horstine Farmery), Pieper Does (Ets Cadart), Fongiflex (SARL Cabon automatisme conception). « Ce type d’équipement permettant de réduire l’exposition des manipulateurs aux produits phytosanitaires, son acquisition est éligible à une subvention à hauteur de 20 % du montant de l’investissement, plafonné à 3 000 € allouée par la CAAA », note Denis Jung. Lors de cette journée de démonstration, Laurent Terninck, distributeur en France et en Belgique du système de pulvérisation Mafex (Mantis), a procédé à une démonstration. Menthe, ozone, éthylène, des solutions alternatives Une fois récoltées, les pommes de terre sont généralement soumises à un traitement antigerminatif, traditionnellement à l’aide de deux molécules, l’hydrazyde maléique et le CIPC. Mais des produits d’origine naturelle sont désormais sur le marché : l’éthylène et l’huile de menthe verte. Lors de cette réunion, la société Certis a présenté sa gamme Gro-stop, à base de CIPC sous forme liquide, une nouvelle formulation qui permet d’augmenter la dose de matière active apportée par tonne de pommes de terre, évite les émissions de poussière et assure une meilleure répartition du produit. Autres avantages de la gamme : sa stabilité, sa facilité d’emploi, sa compatibilité avec la thermonébulisation, et son action synergique avec l’hydrazyde maléique. En pratique, la solution est pulvérisée à l’entrée du stockage grâce à une bande transporteuse. Puis le produit se volatilise et agit de proche en proche dans le bâtiment. Certaines variétés étant sujettes à un phénomène de brûlure suite à l’application de CIPC, la société Certis est en train d’élaborer une application qui permettra de connaître rapidement le degré de sensibilité de chaque variété à ce phénomène. Néo-Fog, société spécialisée dans la thermonébulisation, les traitements antigerminatifs et la désinfection des bâtiments, présentait l’appareil de thermonébulisation Synofog, qui permet de transformer un produit liquide, comme du CIPC, en brouillard de manière entièrement automatisée. Néo-Fog est aussi le partenaire en France pour la vente, l’installation et la maintenance du système de gestion de l’éthylène Biofresh. Celui-ci permet d’augmenter la concentration en éthylène dans le bâtiment afin de freiner la germination sans laisser de résidus. Pour désinfecter les bâtiments de stockage, Néo-Fog propose la thermonébulisation de Kickstart en prestation de service. Autre solution : l’utilisation de boîtes fumigènes, comme Decofenato Pot, ou encore le recours à l’unité de décontamination Biofresh, génératrice d’ozone à forte concentration. La société Comyn, basée en Picardie, présentait sa gamme de produits destinés à la conservation des denrées agricoles, notamment l’Electrofog Xeda et le Xedavap, deux outils d’application des produits antigerminatifs comme le Biox M, un anti-germinatif naturel à base d’huile essentielle de menthe (Mentha spicata 950 g/l), le Xedamat 60 (CIPC). Ou encore des produits de désinfection des locaux de stockage, comme Brumi Prop et Brumi Prop BFV, utilisable en agriculture biologique.

Remise des diplômes des moniteurs arboricoles

La pratique au cœur de la formation

Publié le 22/02/2017

Après la remise des diplômes de moniteurs arboricoles le 17 décembre dernier, l’Est agricole et viticole abordait l’aspect théorique de la formation. Place désormais à la pratique et aux acteurs du volet technique.

C’est en forgeant que l’on devient forgeron. Cette expression pourrait se décliner selon différentes activités, et notamment l’arboriculture. En décembre dernier, 27 prétendants ont reçu leur diplôme de moniteurs arboricoles, consécration d’une formation organisée sur deux ans par la Fédération des producteurs de fruits du Bas-Rhin. Durant 40 samedis, les apprentis moniteurs ont renforcé leurs connaissances théoriques et pratiques. Tailler tout type d’arbre « Les compétences pratiques d’un moniteur comprennent trois grands champs d’action », expliquent Guy Dieu et Étienne Binnert, respectivement président du comité technique à la fédération, et secrétaire général de la fédération. C’est avant tout un conseiller qui guide les propriétaires de vergers familiaux dans leurs choix de variétés de fruits, ou lors de conférences et cours de taille. Le second champ d’action vient de sa capacité à tailler et conduire l’arbre selon sa forme : « un moniteur doit savoir tailler absolument tout type d’arbre », insiste Guy Dieu. Il doit aussi pouvoir donner des cours de reconnaissance des parasites et maladies. Pour s’assurer de la capacité de leurs étudiants à assurer correctement leurs futures missions, les organisateurs avaient préparé un examen particulièrement approfondi. Parmi les différentes épreuves, les candidats ont dû identifier cinq variétés de pommes, reconnaître 15 bois différents, tailler cinq arbres en axe vertical (ou Pillar) et un prunier en gobelet, effectuer un greffage et un écussonnage. Les épreuves, comme l’ensemble de la formation, étaient encadrées par des moniteurs arboricoles actifs, parmi les quelque 160 que compte le département du Bas-Rhin. Guy Dieu et Étienne Binnert tiennent à remercier particulièrement les encadrants bénévoles Francis Fuchs, Alfred Georger, Patrick Kuntzler, Gerard Muller, Eugène Walter, ainsi que leurs remplaçants Bernard Brion et Hubert Piersen.

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