Forêt

Forêts publiques

L’ONF au format Grand Est

Publié le 12/02/2017

Avec la réforme des régions, l’ONF Alsace se fond dans une nouvelle direction territoriale Grand Est regroupant 14 agences d’Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne. La forêt publique, dont elle est gestionnaire, occupe 1,1 million d’hectares, soit 58 % des forêts de la grande Région.

Les directions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne de l’ONF viennent de se regrouper en une nouvelle direction territoriale Grand Est, que dirige Jean-Pierre Renaud. Ce regroupement fait suite à la réforme des régions intervenue au 1er janvier 2016. « Beaucoup de nos partenaires se sont réorganisés suite à cette réforme, à commencer par les services de l’État », explique Jean-Pierre Renaud. Il était donc logique que l’ONF constitue une direction territoriale commune aux trois anciennes régions. Les partenaires de l’ONF - l’interprofession Fibois Alsace, la fédération régionale des chasseurs, le Centre régional de la propriété forestière - sont par ailleurs engagés dans des démarches similaires. La forêt publique majoritaire Dans le Grand Est, 58 % des forêts sont publiques. « C’est la seule région de France où la forêt publique est dominante, précise le directeur territorial Grand Est de l’ONF. Dans le reste de la France, 75 % des surfaces forestières sont privées. » Au sein de la grande Région, la part des forêts publiques décroît à mesure qu’on s’éloigne vers l’ouest. Les 14 agences territoriales ONF du Grand Est gèrent 1,1 million d’hectares de forêts, dont près de 400 000 ha de forêts domaniales et 720 000 ha de forêts communales. Les essences y sont très diverses : à dominante de feuillus dans la plaine, de résineux en montagne, elles offrent une grande diversité écologique et paysagère. L’an dernier, l’ONF a réussi à mobiliser près de 5 millions de m3 de bois dans le Grand Est : 1,9 million de m3 dans les forêts domaniales, 2,6 millions de m3 dans les forêts communales et près de 500 000 m3 délivrés aux habitants dans le cadre des affouages, pratique plus développée en Lorraine qu’en Alsace. La nouvelle direction territoriale Grand Est, qui emploie 2 400 salariés, est dotée d’un service commercial unique, chargé de commercialiser le bois auprès des entreprises de transformation, qui sont nombreuses dans la région, et à l’export. Contractualisation : le Grand Est en avance Le Grand Est est en avance dans la contractualisation des ventes : en effet, la moitié des bois provenant de forêts domaniales et un quart des bois issus de forêts communales font l’objet de contrats d’approvisionnement avec les scieurs. Cette politique est encouragée par le ministère de l’Agriculture : elle vise à favoriser les entreprises locales et à garder la valeur ajoutée sur le territoire national. La contractualisation, via des contrats annuels ou pluriannuels avec révision de prix tous les six mois, concerne surtout les résineux et le hêtre, mais elle commence à s’étendre à d’autres essences comme le chêne. Elle existe aussi pour le bois énergie et le bois d’industrie, précise Jean-Pierre Renaud, qui chiffre à 1,5 million de m3 le volume livré dans le cadre de contrats d’approvisionnement. L’ONF Grand Est est confrontée à deux enjeux majeurs. Le premier est économique : il consiste à « alimenter de manière durable une filière représentant 55 000 emplois ». Le second enjeu est environnemental, : c’est celui de la préservation d’un patrimoine naturel soumis à d’insidieuses menaces. Si 90 % des surfaces forestières de la grande région sont dotées d’un plan de gestion, qui garantit une exploitation raisonnée des ressources, la régénération est aujourd’hui compromise par le gibier, qui pullule en forêt. La régénération en panne « Depuis une vingtaine d’années, sous la pression des élus, nous avons fait évoluer nos pratiques vers des modes de gestion plus doux, des récoltes plus étalées dans le temps, explique Jean-Pierre Renaud. Ces pratiques marchent s’il y a régénération naturelle. Mais dès lors qu’il y a un blocage, c’est toute une sylviculture proche de la nature qui est menacée. » Le déséquilibre forêt-gibier touche toutes les forêts du Grand Est, mais la pression est particulièrement forte en Alsace et dans le massif vosgien où le gibier se multiplie à grande vitesse. Dans la forêt du Donon, par exemple, les cerfs empêchent toute régénération depuis une vingtaine d’années. Au problème du gibier s’ajoute celui du manque d’investissement, lié à la disparition du fonds forestier national.

Publié le 17/12/2016

20 000 à 30 000 m3 de bois sont vendus chaque hiver sous la marque Alsace Bois Bûche, développée par 20 professionnels du bois de chauffage. La marque fête ses 10 ans.

Efficace pour se chauffer, peu polluant s’il est bien utilisé, renouvelable, économique par rapport aux énergies fossiles… le bois énergie ne manque pas de qualités. Fibois Alsace l’a rappelé le 8 décembre, à l’occasion des 10 ans de la marque régionale Alsace Bois Bûche. Christophe Glad, président d’Alsace Bois Bûche, a rappelé les principaux engagements des professionnels vendant des bûches sous cette marque. Les 20 professionnels concernés proposent du bois de provenance locale récolté selon les principes de gestion durable. Le rayon de livraison moyen est de 26 km pour le bois bûche, selon les chiffres de l’interprofession, cités par Sacha Jung, délégué général de Fibois Alsace. Il provient obligatoirement de feuillus car celui-ci offre un meilleur rendement énergétique que le bois de résineux. Les professionnels s’engagent à en préciser l’essence à leurs clients. Vendu en bûches de 1 m, 50 cm ou 33 cm, le bois portant la marque Alsace Bois Bûche est disponible selon trois degrés d’humidité : à moins de 20 % d’humidité, il est considéré comme sec et donc prêt à l’emploi ; entre 20 et 35 % d’humidité, il est mi-sec et doit être stocké avant utilisation ; au-dessus de 35 % d’humidité, c’est un bois vert qu’il va falloir laisser sécher quelque temps avant de le brûler. Cette mention figure sur la facture établie par le vendeur. Le bois moins cher que les énergies fossiles Le bois reste l’un des moyens les plus économiques pour se chauffer, rappelle Christophe Glad. Sous quelque forme que ce soit (le bois bûche particulièrement, mais aussi les plaquettes ou les granulés), son coût est inférieur à celui du gaz naturel, du fioul domestique et de l’électricité. Ceci explique sans doute que la part du bois bûche dans la consommation de bois énergie atteint 60 % en Alsace, soit 800 000 tonnes brûlées annuellement. Le reste est constitué par les plaquettes (35 %, en forte augmentation depuis 10 ans) et les granulés en vrac (5 %). Pour autant, ce combustible ne contribue pas aux tensions observées sur le marché du bois, selon ses promoteurs qui relèvent qu’avec trois hivers doux consécutifs, les particuliers ont moins chauffé au bois que de coutume. Le bois bûche - et le bois énergie en général - contribuent-ils à la dégradation de la qualité de l’air ? La question se pose alors que plusieurs grandes villes françaises, confrontées aux rigueurs de l’hiver, ont connu des pics de pollution ces dernières semaines. Comme tous les combustibles, le bois émet des gaz et des particules fines lors de sa combustion, reconnaît Emmanuel Rivière, directeur de l’Aspa, organisme de surveillance et d’étude de la pollution atmosphérique en Alsace. S’agissant des gaz à effet de serre comme le CO2, le bilan du bois est plutôt favorable puisque le CO2 libéré par la combustion est stocké par les arbres qui poussent en forêt, dans les forêts gérées durablement tout au moins. Pour les particules fines, en revanche, le bois énergie arrive au deuxième rang des sources d’émission, révèle l’Aspa qui s’est dotée voici deux ans d’un analyseur permettant de tracer les particules jusqu’à la source. Du bois sec dans des chaudières récentes Le remplacement des anciens appareils de chauffage au bois datant d’avant 1996, notamment des foyers ouverts, est une façon efficace de limiter les émissions de particules fines dans l’atmosphère, tempère Emmanuel Rivière. « Les appareils récents permettent des gains extraordinaires en termes d’émissions », assure le représentant de l’Aspa. Ils offrent également un rendement énergétique et une autonomie largement supérieurs. Des aides existent pour renouveler le parc existant (lire notre encadré). Un label - « Flamme verte » - a même été créé pour distinguer les appareils respectant des normes d’émission basses. La réduction des émissions polluantes passe également par le respect de bonnes pratiques, que les professionnels d’Alsace Bois Bûche cherchent à promouvoir : il s’agit de brûler uniquement du bois sec (à moins de 20 % d’humidité) et du bois propre. Les chutes de panneaux et le papier journal sont à proscrire car ils contiennent des produits chimiques potentiellement dangereux quand on les brûle.

L'école des bûcherons de Saverne

L’Office National des Forêts dispose d’une seule école de bûcherons en France. Elle a été créée en 1953 et se situe en Alsace, à Saverne. Elle propose des formations en continue sous forme de stages sur le terrain à des amateurs et des bûcherons professionnels déjà en poste. En moyenne 250 journées de formations sont organisées par an dispensées à près de 500 stagiaires.

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