Après l’exploitation des bois
Bien gérer le renouvellement de la forêt
Après l’exploitation des bois
Publié le 07/11/2018
Une quarantaine de propriétaires forestiers de la vallée de Villé et environs ont assisté à une réunion d’information sur le thème de la régénération des petites parcelles forestières à l’Association syndicale autorisée (Asa) de l’Altenberg à Neuve-Église.
Animée par Maren Baumeister, technicienne départementale du Centre régional de la propriété forestière (CRPF), et Samuel Jehl, conseiller forestier de la Chambre d’agriculture, cette réunion a permis aux propriétaires d’aborder différents cas allant de la parcelle en friche et sans régénération naturelle, à la parcelle disposant d’un potentiel diversifié de semis naturels, en passant par les plantations résineuses de Roland Rengert, président de l’association forestière de la vallée de Villé, et de Jean-Louis Nussbaumer. Soucieux de transmettre aux générations futures de belles forêts, ces deux forestiers ont fait le choix de replanter leurs parcelles après avoir récolté les bois, notamment en introduisant du douglas et du mélèze. Ils ont protégé leurs plants avec des piquets de châtaigner contre les dégâts de gibier et dégagé patiemment leurs plantations de la concurrence de la ronce et autres herbacées. Dans ce domaine, l’assiduité est gage de succès : un dégagement oublié peut compromettre la survie des plants. Pour diversifier leurs peuplements, ils laissent aussi la place aux semis naturels de pin sylvestre, hêtre, chêne ou sapin qui s’installent spontanément. Il est aussi possible de renouveler une forêt par voie naturelle avec un bon dosage de la lumière et à condition que le gibier ne soit pas présent en excès. En outre, il est essentiel d’accompagner les processus naturels par des travaux appropriés. L’intensité des coupes de bois doit tenir compte des exigences en lumière des essences dont l’ensemencement naturel est souhaité. Les essences d’ombre, comme le sapin ou le hêtre, s’installent plus facilement sous le couvert des grands arbres, alors que le pin sylvestre et le chêne, plus gourmands en lumière, ont besoin de davantage de lumière pour s’implanter. Un bon dosage de la lumière dans le sous-bois permet aussi de limiter l’explosion d’une végétation concurrente indésirable. Une fois les semis naturels installés, il faut si nécessaire intervenir pour maintenir la « tête » des semis au soleil, doser les essences, sélectionner les belles tiges… Faire le choix de la régénération naturelle ne veut donc pas dire « attendre que cela se passe » ! Pour régénérer les parcelles dans les meilleures conditions, quelques règles de bon sens doivent être appliquées : se baser sur les paramètres de la station pour planter des essences adaptées, travailler les tiges en place ayant le plus beau potentiel, préserver la diversité afin de faire face au défi du changement climatique…












