bovins lait

Publié le 19/12/2018

Dans le cadre du mois de la bio, une cinquantaine de personnes a assisté à une journée d’information sur la conversion bio en grandes cultures, le 15 novembre à Schwindratzheim. Les animateurs de la Chambre d'agriculture ont rassuré ceux qui hésitent à se lancer.

Dépasser les peurs afin de sauter le pas de la conversion. Voilà l’objectif de la journée d’information organisée le 15 novembre à Schwindratzheim dans le cadre du mois de la bio. Cinquante personnes, dont de nombreux agriculteurs, ont répondu présent à l’appel de la Chambre d'agriculture et de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). « La bio c’est quoi pour vous ? » La question de Benoît Gassmann peut paraître simpliste. Mais elle a le mérite de lancer la discussion. Le conseiller bio a la Chambre d'agriculture privilégie les échanges directs aux présentations PowerPoint. Le format semble plaire à l’auditoire. Les réponses fusent. « La bio, ce sont des produits sains et moins de pollution », tente un jeune homme. « Ça demande plus de vigilance, d’observation et de technique », lance un autre participant. Pour répondre aux interrogations et aux doutes, Benoît Gassmann s’est allié à Julien Jacob. Ce jeune agriculteur de Wickersheim a amorcé sa conversion en 2017. « La bio a été un vrai tremplin dans le cadre de mon installation », témoigne-t-il. Bref, la preuve par l’exemple. Ainsi, le jeune paysan répond à toutes les craintes. La bio coûterait plus cher que l’agriculture conventionnelle ? Faux, rétorque Julien. « L’achat de matériel peut être subventionné à hauteur de 60 %, contre 40 % en conventionnel. » De plus, les économies sur les produits phytosanitaires compensent une bonne partie de l’augmentation des charges de main-d’œuvre. Le soja à 1 000 € la tonne La bio manquerait de débouchés ? Oui, mais la situation s’améliore à vitesse grand V. « La filière s’est structurée de manière impressionnante ces dix dernières années », insiste Benoît Gassmann. Le lait par exemple. Hélène Claire, de l’Opaba, prend le relais : « Biolait collecte dans le Haut-Rhin depuis 2015 et ils ne sont pas opposés à l’idée d’aller en Alsace du Nord. » Unicoolait s’y est déjà mis depuis plusieurs années en Alsace Bossue. L’agriculture biologique alsacienne cacherait même quelques pépites. Le soja en tête. « On fait du très bon soja bio, avec des taux de protéines intéressants », se félicite Benoît Gassmann. Résultat : la tonne de soja se vendrait environ 700 €. Les meilleurs stocks s’arracheraient même à 1 000 €. Autre préoccupation des agriculteurs : le désherbage. Pour apaiser les âmes sensibles, Benoît Gassmann diffuse une série de photographies de champs bios. Les parcelles apparaissent propres et bien entretenues. Le secret ? « Semer le plus tard possible », selon le conseiller Chambre. Fin octobre, voire mi-novembre, afin d’éviter les mauvaises herbes et les parasites. Mais le principal frein à la conversion reste la peur de l’inconnu. « Ça nous pousse à sortir de notre zone de confort », traduit un participant. Toutefois, les producteurs peuvent recevoir de l’aide et des conseils de la part de la Chambre d'agriculture et de l’Opaba. Les deux organismes proposent différentes sessions d’information. Elles sont générales ou spécialisées sur un type d’activité, en groupe ou individuelle, chacun y trouve son compte. De toute façon, Benoît Gassmann coupe court aux tergiversations. « En bio, on peut tout faire, il suffit de se lancer. » Avis aux volontaires !

Publié le 03/12/2018

En sept ans, Élitest a perdu plus de 20 % de ses adhérents sur l’ensemble de sa zone de couverture. Mais l’activité d’insémination a augmenté, notamment en Alsace, où la coopérative tenait récemment ses assemblées de section.

Un nombre d’adhérents en baisse, mais une activité qui ne faiblit pas et qui s’enrichit de nouveaux services : tel est le bilan de l’activité de la coopérative Élitest, dressé par Philippe Sibille, son directeur, et Luc Voidey, directeur technique, lors des trois assemblées de section qui se sont déroulées en Alsace les 21 et 22 novembre. Celles-ci précèdent l’assemblée générale, qui aura lieu le 11 décembre dans la Meuse. Plus de 52 000 IAP bovines ont été réalisées dans les deux départements alsaciens durant la campagne 2017-2018, soit une hausse de 2,41 %. Ici, comme dans les autres zones couvertes par la coopérative (Meuse, Moselle, Vosges, Haute-Marne), la coopérative commercialise des doses d’un large éventail de races, en laitier comme en allaitant. Il s’agit d’être en phase avec la demande, y compris sur des races confidentielles dans la région (jersiaise, brune) et avec les démarches de filière dans lesquelles certains éleveurs sont engagés. L’activité porcine, en baisse, est passée sous la barre des 45 000 doses sur l’ensemble de la zone Élitest. En bovins, l’activité d’Élitest est marquée par la montée en puissance de la génomique, du sexage et le développement du croisement industriel. La génomique est l’une des innovations les plus importantes dans le domaine de la génétique de ces 50 dernières années. En renforçant la précision des index, elle permet de trier les femelles et de gérer les accouplements de manière plus efficace, explique Philippe Sibille. Les éleveurs utilisant la génomique peuvent placer des doses sexées sur leurs meilleures femelles et faire du croisement sur les moins intéressantes. « Un tiers de doses sexées, un tiers de doses conventionnelles, un tiers de croisement : on va vers ce modèle », indique le directeur d’Élitest. Le génotypage se développe Désormais disponible en routine dans les élevages, le génotypage des femelles se développe : plus de 4 500 génisses prim’holstein en ont bénéficié dans la zone Élitest en 2017-2018, contre 3 200 durant la campagne précédente, soit une augmentation de 50 %. En montbéliarde, l’augmentation est de 30 % d’une campagne sur l’autre. Alors que cette prestation commence à être proposée en charolais, la vosgienne est la seule race où toute la population femelle est génotypée, précise Philippe Sibille. Cette évolution est liée à la baisse du coût du génotypage, passé en quelques années de 115 à 40 €. La coopérative propose un tarif unique quelle que soit la race, avec une dégressivité en fonction du nombre d’animaux génotypés. Depuis quelques mois, grâce à l’outil Génocellule développé par le Contrôle laitier, le génotypage est aussi utilisé pour maîtriser les cellules, ce qui permet « d’amortir d’autant mieux son coût ». En charolais, la technique peut être utilisée sur les mâles, ce qui permet de gérer la monte naturelle et d’éviter les tares génétiques. Le cap des 30 000 doses sexées L’utilisation des semences sexées se développe, elle aussi, depuis dix ans : elle a augmenté de 12 % lors de la dernière campagne. « On pense passer le cap des 30 000 doses sexées posées l’an prochain », prévoit le directeur d’Élitest, qui se réjouit que même les petites races y aient accès. Le taux de fécondance des doses sexées est en voie d’amélioration, même s’il est moins bon qu’en doses conventionnelles. Le croisement industriel, qui consiste à accoupler les femelles laitières avec des taureaux de race à viande, progresse. Il a doublé depuis la campagne 2012-2013 et représente désormais 5,5 % des IAP laitières. La moitié des inséminations de croisement sont réalisées avec du blanc bleu belge. Élitest propose aussi de la semence de taureaux angus, stabiliser et vosgienne, trois races acceptées dans le cahier des charges Herbopack développé par EMC2 pour Charal. En plus de la vente des semences, la coopérative a élargi son activité aux services liés à la reproduction. Les inséminateurs d’Élitest ont ainsi réalisé plus de 115 000 échographies et 34 000 palpers. Près de la moitié d’entre eux sont formés au suivi de reproduction, une prestation qui concernait 235 élevages et près de 25 000 femelles durant le dernier exercice. Dans le cadre du plan sanitaire d’élevage, la coopérative propose la synchronisation des chaleurs. L’aide aux femelles allaitantes synchronisées sera reconduite en 2018-2019, signale à ce sujet Philippe Sibille. Transplantation : un noyau dur en Alsace Dans le domaine de la transplantation embryonnaire, 199 collectes ont été réalisées en élevage, dont 77 en Alsace, où réside « un noyau dur d’éleveurs » intéressés. Les résultats sont en amélioration avec un peu plus de cinq embryons viables par collecte. La coopérative prélève également des embryons sur des génisses stratégiques rentrées en station pour servir de mères à taureaux. « On va essayer d’atteindre 40 à 45 embryons par génisse contre une trentaine aujourd’hui », indique Philippe Sibille, précisant que pour ces génisses, la moyenne est de 7,6 embryons par collecte. Depuis un an, Élitest dispose des équipements et d’une technicienne capable de réaliser des biopsies et du génotypage d’embryons, ce qui permet de ne poser que les embryons à plus de 180 d’Isu. L’objectif est d’« économiser » 15 à 20 % de femelles receveuses. La coopérative continue à entretenir le noyau femelles sur la zone Élitest : elle a réalisé 1 300 accouplements à cette fin sur des femelles génotypées à plus de 150 d’Isu. 350 femelles sont nées des accouplements de l’année dernière à 166 points d’Isu en moyenne, précise Luc Voidey. De plus, dans le cadre du schéma de sélection prim’holstein, 211 mâles ont été génotypés. Neuf d’entre eux ont été achetés et sont entrés en taurellerie à Brumath et cinq mâles ont été diffusés sur l’exercice suivant. À noter que depuis 2015, 14 taureaux prim’holstein nés sur la zone Élitest ont été diffusés. En montbéliarde, le schéma Umotest fonctionne sur le même modèle. Le règlement zootechnique européen est en train d’évoluer. Philippe Sibille a donné les grandes lignes du nouveau règlement, qui confie aux organismes de sélection des missions nouvelles : en plus de l’orientation de la race, ils doivent se charger de la tenue du livre généalogique, du contrôle de performances sur les nouveaux caractères et de l’évaluation génétique. Jusqu’alors, c’était l’Inra qui était en charge de l’évaluation génétique. Le coût était supporté par l’État. « Depuis le 1er novembre, la profession doit prendre le relais », indique Philippe Sibille. D’où la création de GenEval, un organisme financé par les éleveurs et chargé de calculer les index, « sans rupture par rapport à ce qui se faisait précédemment ». Autre dossier intéressant les éleveurs, le projet régional de partage des données d’élevage Harmony. Il s’agit de constituer une base de données régionale où chaque organisme fait remonter ses données et peut récupérer celles des autres. Ce partage des données n’est possible qu’avec le consentement des éleveurs, précise le directeur d’Élitest. Il vise à mieux les conseiller en croisant les informations venues d’horizons divers.

Des médailles du travail pour les collaborateurs d’Alsace Lait

La certification IFS, une réussite collective

Publié le 29/11/2018

Une dizaine de collaborateurs d’Alsace Lait étaient à l’honneur, samedi 24 novembre, lors de la cérémonie de remise des médailles du travail organisée à l’espace Kaleïdo de Vendenheim. L’occasion, pour le président Michel Debes, de faire le bilan d’une année contrastée, avec de grandes satisfactions mais aussi des points d’amélioration.

Avant de remettre les distinctions, Michel Debes, président d’Alsace Lait, a donné quelques nouvelles de l’entreprise. Un motif de satisfaction, tout d’abord : « Le passage au référentiel IFS (International Food Standard) s’est bien passé, tout le monde y a mis du sien. Félicitations à tous ! Et merci d’avoir participé à cette réussite. » L’année 2018 s’achève sur un bilan contrasté, souligne le président. « Comme dans toute entreprise, il y a des choses qui marchent plutôt bien, d’autres qui marchent moins bien. En raison de problèmes de qualité et de marché, nous avions perdu des volumes. Les objectifs fixés pour regagner ces volumes ont été largement atteints. » Alsace Lait est une entreprise qui cherche à se placer sur des marchés de niche, souligne Michel Debes. « La diversification dans la « Weidemelk » s’est bien passée. Cette production répond à un cahier des charges spécifique - notamment l’obligation de faire pâturer les vaches laitières durant 120 jours. » Cette contrainte s’est imposée au niveau national : tout le lait de pâturage produit en France devra respecter la norme des 120 jours. « Pour reconquérir le marché hollandais, nous avons dû réagir rapidement : nos producteurs n’ont pas eu d’autre choix que de faire du lait de prairie. Ce n’était pas gagné d’avance, en raison des contraintes au niveau des producteurs - de nombreuses fermes sont encore au cœur de nos villages et ne disposent pas des surfaces nécessaires autour de leurs bâtiments pour permettre aux vaches de sortir -, mais aussi de l’usine : obligation de collecter et de traiter le lait à part. Malgré ces contraintes, nous avons transformé 27 millions de litres de lait de prairie cette année. » Tenir compte de la sensibilité des consommateurs Les producteurs l’ont bien compris, il faut tenir compte de la sensibilité des consommateurs. « Nous produisons désormais du lait non OGM, indique Michel Debes. Ce n’est pas encore marqué sur les emballages, mais la mention non OGM figurera dès l’an prochain sur le lait frais. » Il ne faut pas se leurrer : « Nous allons tous aller vers une alimentation exempte d’organismes génétiquement manipulés. C’est encore un débat en France, mais cela ne l’est plus en Allemagne, ni en Autriche, ni au Danemark. » La qualité est une préoccupation de tous les jours, que ce soit au niveau de la production ou de la transformation, le lait étant un produit extrêmement sensible. L’affaire du lait infantile Lactalis le prouve. Un tel problème rejaillit sur toute la filière, les exportations françaises en souffrent, notamment sur le marché chinois. « Au niveau de l’usine, les résultats en termes de qualité sont encourageants et le nombre de réclamations est tombé en dessous de nos objectifs. » De temps à autre, Alsace Lait manque de matière ou rencontre des problèmes pour recruter du personnel. « Cela risque de créer des ruptures, ce qui n’est pas idéal. Cela engendre des difficultés au niveau de l’approvisionnement du consommateur final, mais aussi vis-à-vis des acheteurs de la GMS qui mesurent notre fiabilité au niveau des livraisons. Ce sera l’un de nos objectifs de 2019. » Se battre tous les jours pour relever les défis L’an prochain, la grande phase des négociations des États généraux de l’alimentation va démarrer. L’État s’est engagé pour un partage plus équitable de la valeur. On peut toutefois douter des résultats. « Nous savons qu’entre la grande distribution et les industries, le déséquilibre persiste. Sortie usine, nous avons enregistré des baisses de prix, alors que celui-ci a augmenté de 5 % pour le consommateur final. En 2019, notre objectif est de faire passer des hausses auprès de la GMS et de la RHF, car les coûts augmentent au niveau des salaires, des emballages, du transport, et les producteurs attendent eux aussi une amélioration de leur rémunération. Nous nous battrons tous les jours pour relever ces défis. » Savoie Yaourt affiche de belles performances. « Notre filiale canadienne est dans les objectifs. » Si la laiterie a augmenté ses ventes à l’export ces dernières années, son premier marché reste la France. « Les manifestations des gilets jaunes sont révélatrices d’un fait : les Français ne sont plus satisfaits. La réalité économique nous rattrape. Cela fait 30 ans que l’on vit au-dessus de nos moyens en France. Il faut réduire les déficits. » Sur le marché mondial, les cours des produits laitiers sont extrêmement volatils. « Nous en subissons les conséquences au niveau d’Alsace Lait. Ces fluctuations compliquent la stratégie des entreprises. » Le président a adressé ses félicitations à tous les récipiendaires pour ces années de travail. « Vous pouvez être fiers d’appartenir à la grande famille d’Alsace Lait, à la coopération. Nous fabriquons un produit pour nourrir les hommes. Un produit sensible, mais apprécié de tous. » Toujours donner le meilleur de soi-même Frédéric Madon, directeur général d’Alsace Lait, s’est inspiré des dix principes de vie de l’amiral américain William H. McRaven, de l’US Navy. Ces principes parlent de s’imposer une discipline quotidienne, de faire preuve d’esprit collectif, d’avoir la volonté de réussir, d’admettre l’injustice de la vie, d’assumer ses échecs, de prendre des risques, de faire preuve de courage, de donner le meilleur de soi-même, d’être une source d’inspiration pour les autres, de ne jamais baisser les bras. « 2018 est une année qui a bien commencé, mais qui a été difficile en août et septembre, en raison des problèmes de rupture. Chacun de nous est insatisfait de cette situation. C’est en relisant ces principes de vie que je parviens à continuer à me battre avec vous pour mener à bien notre projet. »

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