bovins lait

Festival de l’élevage de Brumath

Un spectacle multiracial

Publié le 14/05/2019

Jamais le festival de l’élevage n’avait donné à voir une telle diversité de races bovines. Car si la suprématie de la prim’holstein reste incontestable, de nouveaux venus bousculent le paysage alsacien, comme la jersiaise, la stabiliser et la brune. De leur côté, simmental et montbéliardes font de la résistance !

Le spectacle a commencé dès le matin dimanche dernier au plan d’eau de Brumath, avec la ronde des simmental. Michael Schmidt, éleveur à Wittelshofen en Allemagne, œuvre comme juge de ce concours, en compagnie de Paul Sperr. Dans le ring, un signe manifeste du dynamisme de l’élevage alsacien : de nombreux jeunes meneurs, avec une importante participation féminine. Tiercé dans l’ordre pour la 1re section (génisses) : n° 1 au catalogue, Océanie, du Gaec Bernhard de Wœrth arrive en tête, suivie du n° 2, Nouba, du même propriétaire, et du n° 3, Nougatine, du Gaec Cousandier de Rœschwoog. Souffle de fraîcheur dans la 2e section (vaches en 1re lactation) : la vache n° 13, Menthe, du Gaec Cousandier de Rœschwoog, se classe première. « Beaucoup de longueur, une belle mamelle, des pattes solides », de l’avis du juge qui relève également ses qualités bouchères. Elle précède la n° 15, Mareva, du Gaec Bernhard, et la n° 17, Justine, de l’EARL Engel de Buhl. La meilleure mamelle de la section appartient à la n° 16, Jinna, de l’EARL Herzog d’Ettendorf : « Une mamelle longue, une implantation très correcte des trayons ». Les vaches sont un peu récalcitrantes, en ce dimanche matin. « C’est mieux que la salle de sport », s’exclame un éleveur ! Mais le spectacle continue et, dans la 3e section (vaches en 2de lactation), la n° 19, Laguiole, du Gaec Bernhard, est à la pointe. Une vache harmonieuse avec « une belle longueur d’attache arrière, une puissance dans le corps. » Elle est meilleure mamelle de sa section. En 2e position, la n° 23, Jeunesse, du Gaec Pfennig de Zutzendorf, suivie de la n° 25, Jalina, de l’EARL Herzog. La n° 24, Joueuse, du Gaec Pfennig, se distingue pour ses qualités bouchères. Les n° 16 et 19 sont en concours pour la meilleure mamelle jeune. C’est la plus jeune, Jinna, qui l’emporte par la beauté de son attache avant, la régularité et la solidité de la mamelle. La plus âgée, Laguiole, n’a pas démérité, le juge trouvant sa mamelle « absolument parfaite ». Pour le championnat jeunes vaches, le juge hésite entre Menthe et Laguiole. C’est encore la plus jeune qui l’emporte. « C’est un plaisir de voir une si belle jeune vache évoluer dans le ring avec style et aisance. » Cette génisse du Gaec Cousandier, fille de Justin, a produit 27,6 kg de lait lors de son meilleur contrôle, indique Rémy Bierbaum. « Un excellent animal, très complet. » La belle Image Les animaux de la 4e section (vaches en 3e lactation) impressionnent le juge par leur longueur et leur puissance. La vache n° 26, Image, de l’EARL Marzolf à Nehwiller près Wœrth, s’impose avec un excellent bassin et une belle mamelle à l’attache haute. Elle est d’ailleurs classée meilleure mamelle de sa section. La n° 29, Dande, de l’EARL Engel, et la n° 28, Jocelyne, de l’EARL Herzog, sont respectivement 2e et 3e. La meilleure bouchère, c’est la n° 27, Ixina, de l’EARL Herzog. Et nous voilà à la section 5 (vache en 3e lactation et plus). « La qualité de ces vaches vaut bien quelques applaudissements », estime le juge qui souligne leur longévité et leur belle mixité (lait, viande). La n° 31, Hutte, du Gaec Cousandier, se classe première. « Une vache énorme à tous les points de vue. » C’est la digne fille de son père, le taureau Énorme, ajoute Rémy Bierbaum. En 4e lactation, elle a produit 8 361 kg de lait. Elle est également meilleure mamelle de sa section. Derrière elle, Impératrice (n° 30), du Gaec Bernhard, et Gaya (n° 36), de l’EARL Engel. La meilleure mamelle adulte est Hutte. Elle a tout pour plaire : « Distance plancher-jarret parfaite, très bonne implantation de trayons, mamelle très bien intégrée au corps ». Après un peu de suspense, c’est officiel ! Image remporte le championnat vaches adultes. Régularité et style, qualités de bassin et de membres ont fait pencher la balance. La meilleure bouchère est Impératrice, « la perfection dans la mixité ». Elle a de nombreux atouts : « Son âge, preuve de sa durabilité, son développement, son excellent bassin et ses très bons membres ». Dans la foulée, le juge désigne la grande championne du concours, Image. « Cette vache m’a impressionné par son style, sa longueur, la qualité de son bassin et de sa mamelle », admet-il. Le show se poursuit par la présentation par lots. « La crème de l’élevage simmental », selon Rémy Bierbaum qui a traduit fidèlement les commentaires du juge tout au long du concours. « Des lots fabuleux, très harmonieux », confirme Michael Schmidt. Ce qui, de la part d’un juge allemand, est un sacré compliment ! Les élevages Cousandier et Engel sont en lice pour la première place. C’est finalement l’élevage Cousandier qui l’emporte, avec « des vaches puissantes, au bassin exceptionnel ». Frédéric Bernhard, nouveau président du Syndicat d’élevage de la race simmental d’Alsace, a remercié les juges pour leur efficacité, le sourire des éleveurs prouvant qu’ils sont satisfaits de leur classement. Les palmarès Race simmental Section I : n° 01 Océanie (2534) appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth ; n ° 02 Nouba (2457) appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth ; n° 03 Nougatine (0805) appartenant au Gaec Cousandier, Rœschwoog Section II - 1re lactation : n° 13 Menthe (9450) appartenant au Gaec Cousandier, Rœschwoog ; n° 15 Mareva (4052) appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth ; n° 17 Justine (7885) appartenant à l’EARL Engel, Buhl. MM n° 16 Jinna (3469), appartenant à l’EARL Herzog, Ettendorf Section III - 2e lactation : n° 19 Laguiole (6395) appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth MM ; n° 23 Jeunesse (2251) appartenant au Gaec Pfennig, Zutzendorf ; n° 25 Jalina (7093) appartenant à l’EARL Herzog à Ettendorf Meilleure mamelle jeune : n° 16 Jinna (3469), appartenant à l’EARL Herzog, Ettendorf ; Championne jeunes vaches : n° 13 Menthe (9450) appartenant au Gaec Cousandier, Rœschwoog Section IV - 3e lactation : n° 26 Image (5454) appartenant à l’EARL Marzolf, Nehwiller près Wœrth MM ; n° 29 Dande (5135) appartenant à l’EARL Engel, Buhl ; n° 28 Jocelyne (5203) appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth Section V - 4e lactation et plus : n° 31 Hutte (6884), appartenant au Gaec Cousandier, Rœschwoog ; n° 30 Impératrice (2222), appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth ; n° 36 Gaya (6715), appartenant à l’EARL Engel, Buhl Meilleure mamelle adulte : n° 31 Hutte (6884), appartenant au Gaec Cousandier, Rœschwoog ; Meilleure bouchère : n° 30 Impératrice (2222) appartenant au Gaec Bernhard, Wœrth ; Championne vache adulte : n° 26 Image (5454) appartenant à l’EARL Marzolf, Nehwiller près Wœrth Grande Championne : n° 26 Image (5454) Appartenant à l’EARL Marzolf, Nehwiller près Wœrth ; Meilleur lot : Gaec Cousandier, Rœschwoog. Race montbéliarde Section I : n° 01 Cat Orélie (4287) appartenant au CAT du Sonnenhof, Bischwiller ; n° 04 Cat Oasis (4273) appartenant au CAT du Sonnenhof, Bischwiller ; n° 02 Cat Orphé (4278) appartenant au CAT du Sonnenhof, Bischwiller Section II : n° 03 Cat Oléane (4274) appartenant au CAT du Sonnenhof, Bischwiller ; n° 06 Natoo (7112) appartenant à la SCL Goos, Blaesheim Grande championne : n° 03 Cat Oléane (4274) appartenant au CAT du Sonnenhof, Bischwiller Race jersiaise Section I : n° 01 RG Obligée (4326) ; n° 02 Olala (4288), toutes deux appartenant au Gaec de Rosen-Guth à Dettwiller Section II : n° 05 RG Marilou (0913) ; n° 04 RG Naïve (6847), toutes deux appartenant au Gaec de Rosen-Guth à Dettwiller.

Publié le 17/01/2019

Ni franchement loupée, ni complètement réussie, 2018 laisse à une majorité d’agriculteurs une impression d’avoir fait du sur place. Côté cultures, pluviométrie déficitaire, sécheresse et températures en hausse ont fortement joué sur les rendements. Côté élevage, les producteurs, qui doivent composer avec le manque de fourrage, continuent à réclamer des prix couvrant leurs charges.

  Regard 2018 Eav  

Gaec du Langfeld à Sarrewerden

Bio en trois semaines

Publié le 25/12/2018

Dans le cadre du mois de la bio, l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace et la Chambre d'agriculture d’Alsace organisaient en partenariat avec Unébio et Cloé une visite du Gaec du Langfeld, axée sur l’atelier allaitant. Objectif : mieux connaître la filière viande bio.

Le Gaec du Langfeld, ce sont des hommes - Henri Willem et son neveu Sylvain Weber - et pas mal d’animaux : 60 vaches laitières et à peu près autant de vaches allaitantes. Pour ne citer que les bovins. Ces derniers sont très largement nourris à l’herbe puisque la SAU compte 180 hectares de prairies, moitié naturelles moitié permanentes, 10 ha de vergers de pommiers, 30 ha de céréales à paille, 10 ha de maïs. La conversion à l’agriculture biologique a été déclenchée par leur laiterie, Unicoolait, qui cherchait de nouveaux producteurs. « D’abord, on a dit non. On n’était pas intensif, mais la conversion nécessitait de retourner des prairies et nous pensions que nous n’avions pas le droit. » En fait, si ! Et c’est ce qu’ils ont fait. Car les autres critères étaient réunis : un bâtiment suffisamment vaste, des prix rémunérateurs… « Comme nous étions déjà en système extensif, nous n’avons rien changé à notre manière de faire. Sauf que nous n’achetons plus d’engrais minéraux ni de produits phytosanitaires. Et que nous vendons du blé bio pour acheter des correcteurs bios », indique Henri Willem. Le reste des productions végétales est autoconsommé. D’ailleurs, ce qui dicte les décisions des deux associés, c’est « de nourrir tout le monde ». Pour ce faire, partant du principe que « celui qui réussit c’est celui qui sait s’adapter », ils n’hésitent pas à tester régulièrement de nouvelles techniques, quitte à essuyer des déboires : « C’est comme ça marche. Si ça ne donne rien, on fauche ». Autre ligne de conduite : valoriser au maximum le pâturage, car « c’est la ration la moins chère ». Priorité aux vaches laitières, qui ne restent pas plus de trois jours sur le même paddock, puis place aux allaitantes, qui « fauchent » le refus. Normal : les laitières procurent plus de revenus que les allaitantes. Leur ration est donc plus soignée que celle des allaitantes de manière générale. C’est aussi parce que les problèmes engendrés par les bactéries butyriques impactent davantage les performances des laitières que celles des allaitantes. Aussi, en plus du pâturage, ces dernières sont-elles nourries quasi exclusivement au foin et à la paille. Sauf pour l’engraissement, effectué avec de l’ensilage. « Enfin ça, c’est la théorie, sourit Sylvain Weber, un brin désabusé. Parfois il faut improviser. » Une chose est sûre, cette année, ils ne devraient pas avoir trop de mal à remplir l’un de leurs objectifs techniques : ne plus avoir de fourrage dans les silos au printemps pour optimiser le pâturage et conditionner tranquillement le fourrage pour l’hiver suivant. Chez eux, les animaux sortent tant que les sols portent. C’est aussi une question d’économie de paille.

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