bovins lait

Foire européenne de Strasbourg

Une transhumance au cœur de la ville

Publié le 28/09/2022

La foire européenne de Strasbourg constitue une belle opportunité d’amener l’agriculture au cœur de la ville, au plus proche de consommateurs. Vendredi 9 septembre, les citadins avaient rendez-vous avec des vosgiennes et leur ambassadeur Florent Campello, président de l’Organisme de sélection (OS) vosgienne.

Des clarines qui tintent dans les allées de la foire européenne de Strasbourg, voilà qui n’est pas commun. Les visiteurs de l’espace agricole ne boudent pas leur plaisir et dégainent leurs téléphones portables pour immortaliser l’arrivée des égéries de la race vosgienne. Vives et alertes, les deux laitières et les deux allaitantes suitées trottinent vers les boxes où elles passeront leur week-end en ville. En effet, la race vosgienne était mise à l’honneur tout le week-end, avec aussi la vente de produits issus de la race, comme le fromage cœur de massif, des munsters, des tomes et des produits carnés. Agriculteur à Mittlach, dans la vallée de Munster, où il élève quelque 70 vosgiennes dont le lait est transformé en fromages et la viande en charcuterie, Florent Campello est aussi le président du Collectif des races locales de massif (Coram). C’est dire la passion qui l’anime pour cette race qui a bien failli disparaître durant la révolution verte. En effet, en apparence, la vosgienne n’est pas très productive : elle donne moins de lait qu’une holstein, moins de viande qu’une charolaise. Certes. Mais elle donne les deux. Et, surtout, elle produit même lorsque les conditions ne sont pas optimales. Elle est rustique. À l’image de son terroir, qu’elle est capable de valoriser comme aucune autre race bovine. Florent Campello a donc salué le travail de ceux qui ont continué à croire aux atouts de la race, tout en nuançant : « La vosgienne n’est pas encore sauvée. Son avenir passe désormais par les consommateurs. Car, par leurs choix alimentaires, ce sont eux qui orientent le modèle agricole de demain. La vosgienne ne sera donc jamais mieux valorisée que dans leurs assiettes. » Pour ce faire, la race possède un atout, celui des circuits courts, qui sont particulièrement développés en montagne. Au départ, c’est une réponse à une contrainte. « Il y a dix ans, il n’y avait pas de ramassage de lait en montagne. La seule solution pour conserver le lait, c’était de le transformer en fromages », décrit Florent Campello. Et toujours, parce qu’en montagne on ne va pas au supermarché trois fois par semaine, le plus simple était de vendre les fromages en direct. « Les circuits courts, c’est quelque chose que la montagne vit. Sans ça, il n’y aurait pas d’agriculture de montagne. » Et ce serait dommage, car, à cette altitude, l’élevage est la meilleure solution pour entretenir des espaces ouverts. Pourquoi est-ce important ? Pour le tourisme certes, mais pas que. Les nombreux feux de forêt qui ont rapidement pris des proportions difficilement contrôlables, cet été, l’ont rappelé : les surfaces non entretenues sont plus propices à la propagation des flammes. « Contrairement aux idées reçues, la surface couverte par la forêt progresse en France. Il est donc d’autant plus légitime de reconnaître le rôle des éleveurs dans l’entretien des espaces ouverts, qui contiennent une biodiversité spécifique », campe le président de l’OS vosgienne. Sans eau, pas d’herbe Défendre l’élevage de montagne est d’autant plus important qu’il est en première ligne face au changement climatique : « Sur les cinq dernières années, nous avons été confrontés à quatre années de déficit hydrique estival », rapporte Florent Campello. Les éleveurs et le bétail subissent donc de plein fouet ces évolutions. Car, sans eau, l’herbe ne pousse pas. Et elle représente parfois 100 % de la ration des animaux. Les éleveurs n’ont, alors, pas d’autre choix que d’acheter du fourrage, ce qui, couplé à la baisse de la production de lait, met en péril l’équilibre économique déjà fragile de ces exploitations. En outre, si en plaine les agriculteurs peuvent compter sur la nappe et les rivières pour puiser de l’eau afin d’irriguer les cultures, en montagne c’est inenvisageable. « Notre ressource en eau ce sont les sources. » Une ressource qui s’écoule inexorablement vers l’aval. Pour faire face au changement climatique, des solutions existent. Mais leur mise en œuvre exige des moyens et de la volonté. Le premier levier, que les éleveurs actionnent déjà, c’est la sélection génétique. « Avec l’OS, nous cherchons à identifier des familles qui se maintiennent mieux en condition difficile et à les démultiplier ». Les solutions seront aussi techniques : récupération des eaux pluviales issues des toitures dans des réserves ou à l’exutoire des bassins-versants, dans des petites bassines… La solidarité avec la plaine doit aussi être développée, pour pouvoir par exemple nourrir les bêtes avec du maïs ensilé en plaine, quand l’herbe ne pousse plus en montagne… Enfin, il faudra peut-être aussi développer l’élevage ovin… mais sans pour autant abandonner la vosgienne ! En tout cas, « des choix décisifs s’annoncent pour l’avenir de la race », conclut Florent Campello.

Publié le 09/08/2022

Alors que les éleveurs français font face à une hausse de leurs coûts de production, le prix du lait ne progresse pas suffisamment sur le marché intérieur français pour y faire face. L’équilibre financier des structures spécialisées s’en trouve menacé. Les producteurs de lait lancent l’alerte car, si la tendance ne s’inverse pas, cela pourrait se traduire par des pénuries de produits laitiers, et l’accentuation de la déprise laitière…

Augustin Wack, responsable lait chez les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, est salarié au sein de l’EARL de l’Ancien moulin, gérée par son père, Alain. Sur une cinquantaine d’hectares, ils cultivent de l’herbe, du maïs et du blé. Seul le blé est vendu, le reste des productions végétales sert à alimenter le troupeau, constitué de 75 vaches laitières et leur suite. Mais pour compléter et équilibrer la ration, les éleveurs doivent acheter du maïs et des concentrés. Or, depuis quelques semaines, ils assistent impuissants à une hausse de leurs coûts de production, liés à ceux de l’alimentation, de l’énergie, des engrais… Augustin Wack illustre la situation : « J’achète 300 t/an de concentré. Le prix a augmenté d’environ 100 €/t de décembre à juin, soit une hausse de 30 à 40 %. Et on ne peut pas faire des économies sur l’alimentation des laitières, sinon on risque de dégrader la production de lait. » La seule issue serait que le prix du lait augmente suffisamment pour couvrir ces augmentations. Certes, le prix du lait a augmenté de 50 à 70 €/1 000 litres entre 2021 et 2022. Mais cela ne suffit pas à compenser la hausse des coûts de production. « Le problème, c’est le marché intérieur français qui tire les prix vers le bas », pose Didier Braun, responsable lait à la FDSEA du Bas-Rhin. Une situation d’autant plus rageante et incompréhensible que, dans les pays voisins, le prix du lait augmente dans une tout autre mesure : au mois de juin, la paie de lait en France oscillait entre 410 et 430 €/1 000 litres, contre 470 €/1 000 en Allemagne, et 500 €/1 000 aux Pays-Bas. Yohann Lecoustey, directeur de la FDSEA du Bas-Rhin, a épluché les sites de commandes en ligne dans les supermarchés allemands. Il est formel : « Je n’ai pas trouvé de brique de lait à moins d’un euro, alors qu’en France, on tourne plutôt à 0,70 cts/l » Le prix du lait à 49,4 €/100 kg en juin dans l’UE Il est en hausse de 38,2% par rapport à juin 2021. Il est attendu autour de 50,3 € en juillet. En France le prix du lait de juin 2022 est de 43,8 €/100 kg en hausse de 19,7% par rapport à juin 2021...https://t.co/VgF9yzFw2z pic.twitter.com/gO4qgbdOdc — Cédric Garnier (@CedricGarnier68) August 8, 2022 Personne n'est choqué... 0,10€ le litre ... ? Erreur du stagiaire sûrement @dgccrf @MFesneau @FNPLait @FNSEA @ThRoquefeuil @ChLambert_FNSEA pic.twitter.com/By93EZWhx3 — ?? Marie Andrée Luherne??????? (@MaLuherne56) August 5, 2022 Des pénuries de produits laitiers à venir ? Dans le même temps, le cours du lait sur le marché mondial a explosé. Aussi, pour les entreprises de transformation qui le peuvent, il devient plus intéressant d’exporter le fruit de la collecte laitière sur les marchés mondiaux, au gré de produits industriels type beurre ou poudre, que de le destiner au marché intérieur. En effet, les entreprises de transformation sont elles aussi soumises à des hausses de charges, d’autant que la transformation du lait est coûteuse en énergie. « C’est désolant », commente Didier Braun, qui estime que le prix du lait à la consommation doit augmenter, comme celui des autres denrées. Quant à Yohann Lecoustey, il prend les paris : « Je ne serai pas étonné si, dans deux mois, on assiste à des pénuries de produits laitiers en France, puisque les industriels privilégient l’export, plus rémunérateur, au marché intérieur ». Ajd ce sont les producteurs qui vident les rayons mais bientôt comme pour d'autres produits alimentaires se sera la pénurie. Et nous ne le voulons pas... Mais si rien n'est fait... Nos vaches iront à la boucherie #ToléranceZero @FDSEA56 @FRSEAOlait @FNPLait @FNSEA @MFesneau pic.twitter.com/DqqNOEa6MN — ?? Marie Andrée Luherne??????? (@MaLuherne56) August 3, 2022 Pour les syndicalistes, cette particularité française est liée à la concentration de la grande distribution, et au système de négociations des prix du lait, qui sont toujours ardues et qui, en plus, ont pris du retard face à une hausse des charges galopante. Pour Yohann Lecoustey, « la distribution scie la branche sur laquelle elle est assise » car, à force d’être payés au lance-pierre, « les éleveurs sont tentés d’arrêter la production de lait dès qu’une opportunité d’alternative se présente ». Et même, sans aller jusque-là, pour limiter leurs coûts de production, « les éleveurs peuvent être tentés de vendre des animaux dans la filière viande, d’autant que le prix de la viande a augmenté ». Mises bout à bout, ces stratégies défensives engendrent un phénomène de déprise laitière, déjà bien réel, et qui pourrait s’accentuer. La sécheresse enfonce le clou La sécheresse va encore venir alourdir les charges des éleveurs, qui vont devoir acheter de l’aliment pour compenser les baisses de rendement. « On n’a pas de prise sur la météo, ni sur les marchés mondiaux. Notre seul levier, c’est le prix du lait », explique Didier Braun. Aussi, les producteurs attendent de pied ferme les prochaines négociations sur le prix du lait, qui auront lieu en septembre. Et comme la loi Egalim, censée encadrer les relations commerciales au sein des filières agricoles, peine à produire ses effets, ils attendent aussi un discours plus clair de la part du gouvernement. La revalorisation du prix du lait ne grèvera pas davantage les budgets des ménages, assurent-ils. « Pour le consommateur, la hausse du prix du lait ne se traduira que par quelques centimes de plus par litre de lait ». De leur côté, les éleveurs font déjà des efforts pour optimiser leurs coûts de production. Ainsi, l’EARL de l’Ancien moulin adhère à une Cuma. « Cela nous permet de bénéficier de matériels performants et en bon état à un prix abordable », indique Alain Wack. À la clé, des économies de charges mécaniques, mais aussi d’intrants, car leur utilisation est optimisée. Adhérer à une Cuma leur apporte aussi une certaine souplesse d’organisation, car ses membres s’entraident lors des grands chantiers. « Cela nous permet de nous libérer de certaines astreintes, et d’être réactifs quand il le faut. Par exemple, cette année, avec la sécheresse, nous allons devoir commencer les ensilages bien plus tôt que d’habitude », rapporte Augustin Wack. C’est avec le même souci d’optimisation des coûts et de préservation de l’équilibre entre vie professionnelle et familiale que les éleveurs ont investi dans un robot de traite : « Certes, il faut s’en occuper, mais c’est plus souple que la traite ». Grâce à ces adaptations, ils arrivent à dégager deux revenus sur une surface modeste. Mais désormais, ils craignent d’arriver au bout de ce qu’il est possible de faire. Pour les éleveurs, il faut arriver à faire en sorte que les efforts soient mieux partagés tout au long de la filière. Car, pour que des jeunes s’installent et prennent la relève des éleveurs qui vont partir à la retraite, il faut un prix du lait rémunérateur. Donc si le prix n’augmente pas significativement à la rentrée, ils emploieront d’autres moyens pour se faire entendre qu’une sympathique conférence de presse. Action @FDSEA56 #ZeroTolerance #PrixLait. Sans prix corrects les éleveurs vont disparaitre. Chaque maillon de la filière DOIT contribuer et particulièrement la #GMS! @MaLuherne56 @FNPLait @FRSEA_Bretagne pic.twitter.com/O1GDLTfuUA — FDSEA du Morbihan (@FDSEA56) August 3, 2022  

Publié le 31/07/2022

Le mois de juillet 2022 s’annonce comme le 3e le plus chaud depuis que les données météorologiques sont enregistrées en Alsace. Il est aussi extrêmement sec. Végétation et animaux d’élevage sont mis à mal par ces conditions extrêmes. Les agriculteurs tiennent comme ils peuvent.

À part un orage mercredi, qui s’est localement traduit par des dégâts de grêle sur les bans d’Ottrot, Bischoffsheim, Rosheim et Biederthal, Liebenswiller, Leymen et Neuwiller, il n’a pas plu au mois de juillet en Alsace. Rien. Nada. Pas une goutte. Soit 22 à 23 jours sans pluie. Ce qui n’est « pas dans les normales en Alsace », pose Christophe Mertz, météorologue à Atmo-Risk. Inévitablement, le mois de juillet va s’achever sur un net déficit en précipitations, «- 70 à - 90 % par rapport à la moyenne mensuelle ». À ce déficit hydrique s’ajoute un régime de températures élevées. « Nous avons échappé aux températures records de plus de 40 °C qui ont été enregistrées dans d’autres régions françaises, mais le mercure est monté jusqu’à 38-39 °C. Et puis, sur le mois, c’est la constance de cette vague de chaleur qui est marquante », pointe le météorologue. Cela se traduit par un nombre de jours où la température dépasse 30 °C, supérieur à la normale, avec pas moins de douze jours à plus de 30 °C. Les températures moyennes des maximales de l’après-midi sont aussi anormalement élevées : 29,8 °C. Ce qui place ce mois de juillet à la 3e place des mois de juillet les plus chauds depuis que les données météorologiques sont enregistrées en Alsace, après 2006 et 2015. D’ici la fin du mois, les températures ne devraient pas significativement baisser, mais rester tout de même à des niveaux plus raisonnables, avec des maximales oscillant entre 28 et 32 °C. Mais aucune précipitation significative n’est annoncée. #Sécheresse en #Alsace, toujours pas d'amélioration jusqu'au mois d'Août... Les modèles sont quasi unanimes, les quantités de pluie à prévoir ces 10 prochains jours resteront minimes et localisées... pic.twitter.com/ea1R69NrVI — ATMO-RISK (@atmorisk) July 25, 2022 Des maïs qui souffrent, d’autres qui résistent Dans ce contexte, la principale grande culture encore en place, le maïs, s’en sort relativement bien, selon les secteurs. Les précipitations du mercredi 20 juillet ont été les plus abondantes dans le secteur de Colmar, avec de l’ordre de 40 mm, ce qui a permis de lever le pied sur l’irrigation. Mais plus au nord et au sud de cet épicentre, les quantités reçues ont été bien moindres. Et, avec les températures élevées, ces maigres précipitations n’ont quasiment rien changé pour le maïs. Aussi, dans certains secteurs non irrigués, ils souffrent, avec des feuilles qui jaunissent, qui s’enroulent. Par contre, comme le cycle du maïs est très précoce, les températures caniculaires sont arrivées juste après la floraison. Jean-Louis Galais, responsable du service Productions végétales à la Chambre d’agriculture Alsace (CAA), n’est donc pas spécialement inquiet sur ce point. Une chose est sûre : les ensilages seront précoces. Animaux : baisse de production et surmortalité à la marge Les températures élevées ont des impacts sur les animaux, que ce soit lors des pics de très forte chaleur, ou du fait qu’ils soient exposés à une longue période de températures élevées. Il y a tout d’abord une baisse de production généralisée. En effet, toutes espèces confondues, la chaleur induit une baisse de la consommation d’aliment, qui se traduit par une baisse de la production de lait, une croissance plus lente des animaux. « Jusqu’à 36 °C, l’impact se limite à une baisse de la production. Au-delà, il y a un risque de mortalité », indique Arnaud Schmitt, docteur vétérinaire au sein du cabinet vétérinaire FiliaVet à Sélestat. Sachant que ce seuil ne correspond pas forcément à la température extérieure, mais à celle ressentie par les animaux. « Dans un bâtiment rempli d’animaux vivants, qui dégagent de la chaleur, la température peut monter très vite. » C’est ce qui explique que, dans les élevages de volailles, la mortalité est souvent plus élevée dans des bâtiments bien remplis d’animaux en fin de croissance que dans ceux abritant des poussins au démarrage, ou ceux où la densité est moins élevée. C’est ce qu’illustre l’expérience d’Alexandre Fornes, éleveur de poulets de chair dans deux bâtiments d’élevage d’une capacité de 12 000 poulets chacun. Mardi 19 juillet, au plus fort de la canicule, il a perdu 56 poulets dans un bâtiment qui en contenait 11 000. Dans le second bâtiment, seuls trois volatiles ont succombé à la chaleur. La seule différence entre les deux bâtiments était une densité de volatile moins élevée dans le second. Il faut souligner que les bâtiments en question sont modernes, aérés, ventilés, et que les volailles ont accès à un jardin d’hiver ainsi qu’à un parcours extérieur, comme le stipule le cahier des charges des établissements René Meyer de Wingersheim, que l’éleveur respecte strictement. Le cas d’Alexandre Fornes n’est pas isolé. « Malgré les précautions et les actions mises en œuvre par les éleveurs pour protéger leurs animaux, il a pu y avoir des pertes, notamment dans les élevages de volailles », rapporte Arnaud Schmitt. La société d’équarrissage Atemax, elle, n’a enregistré « aucune différence significative dans les enregistrements des enlèvements d’animaux trouvés morts entre ce mois de juillet et ceux des trois dernières années », rapporte Sophie Grégoire, directrice de la communication, qui précise que « nos statistiques sont complètes, exhaustives et régulières », mais qu’il faut les mettre en relation avec l’évolution du cheptel total. Néanmoins, ces données sont plutôt encourageantes, car elles tendent à démontrer que les mesures de surveillance et de protection des élevages mises en place par les éleveurs sont efficaces. Enfin, il existe aussi une mortalité secondaire liée aux fortes chaleurs, notamment pour les bovins : « Les organismes des animaux sont fatigués de lutter contre la chaleur. Ce qui fait qu’ils peuvent succomber à d’autres pathologies, comme des infections, qu’ils auraient surmontées sinon, du fait d’une altération de leur immunité », explique le vétérinaire. La baisse de production par contre, est quasiment inévitable, car les bovins sont pourvus de radiateurs internes, leur rumen, qui fait qu’ils entrent en stress thermique à partir d’un THI (Temperature humidity index) de 68, qui correspond à une température de 22 °C à une humidité relative de 50 %. Aérer, ventiler, soutenir Dans tous les cas, la baisse de production et la mortalité peuvent être limitées. La mesure de base consiste à bien concevoir les bâtiments, tant en termes d’orientation que de matériaux, de systèmes d’ouvertures, d’accès à l’eau et à la nourriture… Puis, « au regard des évolutions climatiques, investir dans des systèmes d’aération et de brumisation, ce n’est plus du confort mais une nécessité pour pouvoir continuer à produire dans des conditions à peu près normales. De plus en plus d’élevages sont équipés. Ceux qui ne le sont pas encore sont encouragés à le faire », poursuit Arnaud Schmitt. Pendant les épisodes caniculaires, les éleveurs peuvent soutenir leurs animaux par la diététique, par exemple en supplémentant l’eau d’abreuvement en réhydratants et/ou en vitamine C, « un antioxydant qui aide à passer le cap ». Il est aussi conseillé d’éviter de nourrir les animaux pendant les heures les plus chaudes, car la digestion augmente leur température corporelle et parce que l’apport de nourriture provoque des mouvements qui, eux aussi, contribuent à réchauffer l’atmosphère des bâtiments. « Mieux vaut donc nourrir les animaux le soir, lorsque la température redevient plus clémente », indique Arnaud Schmitt, qui précise que le cabinet vétérinaire a envoyé des mails avec des recommandations à ses clients en amont de l’épisode de très fortes chaleurs des 18 et 19 juillet. Enfin, face au constat de l’effet de la densité de population dans les élevages, l’abaisser de manière préventive en été pourrait devenir une piste à envisager. « Cela se fait déjà dans les bâtiments vieillissants d’élevage de poulets de chair. Mais, dans la plupart des situations, surtout si la reproduction se fait sur place, c’est difficile à gérer, car il faudrait anticiper la baisse de densité des mois avant, et aussi parce que faire repartir la reproduction à la hausse ensuite ne se gère pas si facilement. Ça peut donc se faire, mais à la marge, dans les systèmes sans reproduction. » Transports, risque d’incendies… La sécheresse a encore d’autres impacts sur l’aval des filières, notamment le transport fluvial, parce que le débit du Rhin est faible, ce qui impose aux transporteurs de revoir leurs volumes de cargaison à la baisse. Enfin, dans le sud de la France, en Gironde, dans l’Hérault, et même en Bretagne, la sécheresse s’est traduite par des incendies. Les surfaces brûlées en France ont atteint des records : « Avec plus de 40 000 ha de végétation brûlés, l’année 2022 bat des records de précocité et d’intensité depuis 2003, l’année de la grande canicule », a tweeté Serge Zaka, agrométéorologue à ITK. On y est ! L'incroyable percée des surfaces brûlées en France atteint des records ! Avec plus de 40000ha de végétation brûlés, l'année 2022 bat des records de précocité et d'intensité depuis 2003, l'année de la grande #canicule.#Gironde #Landes #incendies [1/2] pic.twitter.com/fVRi5FWqZx — Dr. Serge Zaka (Dr. Zarge) (@SergeZaka) July 20, 2022 Les agriculteurs ont été sur le front avec les pompiers pour combattre ces incendies, utilisant tracteurs et tonnes à lisier pour épandre de l’eau afin de freiner la propagation des flammes. Les agriculteurs se mobilisent aux côtés des pompiers pour arroser les pistes ! Bravo ! ??#jaimelespaysans #agriculteur #agriculture #agricultrice #eleveur️ #gironde #feu #incendie #testedebuch #landiras #mobilisation #aide pic.twitter.com/wtTsIsfr2v — Jaime Les Paysans (@JaimeLesPaysans) July 19, 2022 Le rôle de l’agriculture, et plus particulièrement du pastoralisme comme moyen de prévention contre les incendies, a également été mis en avant sur les réseaux sociaux.

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