bio

Publié le 15/01/2018

Comment créer des valeurs tout en répondant aux enjeux du développement durable et aux attentes de la société ? Lors de son assemblée générale du 21 décembre dernier, le Comptoir agricole a apporté des éléments de réponse lors de la table ronde qui a réuni Régis Anceaux, responsable qualité FSA, Emmanuel Goetz, PDG de Bretzel Burgard, Pascal Figuereo, responsable logistique céréales, Christian Lux, responsable agronomie et environnement, et Matthieu Luthier de Saint-Martin, responsable développement et communication du Comptoir agricole.

En mai 2017, Nestlé a ouvert toutes grandes les portes de ses usines françaises Mousline, Purina, Nescafé, Naturness et Vittel pour permettre à ses clients de venir fabriquer avec les salariés. 50 clients ont participé à l’opération #CestMoiQuiFabrique. Leur mission : fabriquer des petits pots pour bébé, de la purée, de l’eau, des aliments pour chat, du café. Une expérience à revivre sur cestmoiquifabrique.fr. Plus localement, le Comptoir agricole cultive depuis longtemps le champ du développement durable. La stratégie RSE du groupe en témoigne, de même que les nombreuses certifications. Auparavant, les audits se concentraient principalement sur la sécurité alimentaire et le management de la qualité. La nouveauté, c’est que ces certifications portent sur les trois piliers du développement durable, la performance économique, la dimension sociale et l’environnement. De nouveaux référentiels sont venus s’ajouter récemment à la liste existante, comme SAI-FSA (Social Accountability International). « Les grands groupes, comme Tereos, Cargill ou Heineken, sont demandeurs du certificat SAI-FSA qui qualifie la durabilité des exploitations », explique Régis Anceaux. 39 jours d’audit ont été nécessaires pour obtenir cette certification, explique-t-il. Les résultats sont arrivés le 12 décembre. « Les audits ont porté sur un échantillonnage de nos producteurs de maïs, blé, houblon. En maïs, par exemple, 9 % des producteurs ont obtenu une médaille d’or, ce qui nous laisse des marges de progrès. » « C’est la grande distribution qui exige ces certificats avant d’acheter nos produits », confirme Emmanuel Goetz. « Les attentes des consommateurs évoluent. Ils s’intéressent de plus en plus à l’origine des produits et à leur mode de fabrication », raconte Emmanuel Goetz. Il en veut pour preuve le succès des dernières portes ouvertes de son établissement, qui ont attiré 4 500 personnes. Des bretzels bios à base de farine alsacienne En décembre dernier, Bretzel Burgard a lancé un nouveau produit, les bretzels bios, élaborées avec de la farine de blé bio produit et transformé en Alsace. « C’est notre réponse à la concurrence étrangère : la plupart des bretzels sont en effet produites en Allemagne. » Cette filière a été montée en partenariat avec la Chambre d'agriculture d’Alsace et Alsace Qualité. Un accord a été signé en septembre 2017 avec le Comptoir agricole et le moulin Meckert-Diemer de Krautwiller pour la farine bio nécessaire à la fabrication de ces bretzels qui bénéficient du label « Savourez l’Alsace Produit du terroir »… et qui continuent à être nouées à la main dans l’usine de Hoerdt. « Nous utilisons également de l’huile bio, mais qui n’est pas produite localement. » L’industriel ne désespère pas de trouver dans la région un moulin capable de faire de l’huile de colza bio. « Dans nos magasins, nous avons un contact direct avec les consommateurs qui nous demandent d’où viennent les différents ingrédients comme le jambon, le saumon, la malicette, indique Emmanuel Goetz. Nos grands clients aussi ont ces préoccupations : ils veulent réduire leur empreinte carbone. » L’entreprise ne fabrique pas que des bretzels, précise-t-il. Cela ne représente que 5 % du chiffre d’affaires. « Nous proposons principalement des produits autour de l’apéritif et du snacking. Dans nos magasins, nous développons des salade-bars où nous souhaitons proposer des produits alsaciens, mais ce n’est pas évident sur le plan logistique. Notre objectif est de réduire la durée de transport entre le lieu de production et de transformation. » L’approvisionnement local est fondamental pour les industriels de l’Aria, qui sont en train de travailler sur la question en partenariat avec Alsace Qualité, affirme-t-il.

Publié le 01/12/2017

L’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace a profité du Mois de la bio pour lancer les bases d’une filière céréales bio. En ligne de mire, l’approvisionnement des transformateurs de produits d’épicerie bio. Vendredi 17 novembre, producteurs de céréales, collecteurs et transformateurs se sont retrouvés au moulin Kircher d’Ebersheim pour trouver des solutions.  

Qui veut d’une filière céréalière bio ? Les moulins alsaciens. Car si la demande de farines bios explose, les producteurs d’Alsace ne sont pas assez structurés pour répondre aux exigences des transformateurs. Conséquence, ils passent à côté d’un marché juteux. L’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) a tenté de remédier à ce problème via une table ronde entre tous les acteurs de la chaîne de production, au moulin Kircher, mi-novembre. Les produits d’épicerie arrivent à la quatrième place des aliments bios les plus consommés en France. De quoi attirer les convoitises pour la production de pains et autres huiles. D’autant plus qu’au premier semestre de cette année, la consommation bio totale a bondi de 20 %. Pourtant, en Alsace, les moulins ont du mal à trouver des fournisseurs. En cause, l’absence de filière céréales bio capable de fournir des grains de qualité et en quantité. Si bien que les transformateurs vont voir ailleurs. En Lorraine ou plus loin. « On a réappris à trier » À Ebersheim, Jean Kircher transforme 1 000 tonnes de farine bio par an. Le patron de la minoterie se fournit depuis des années chez Probiolor, une coopérative basée sur l’autre versant des Vosges. L’avantage par rapport à des contrats passés en direct avec les agriculteurs ? Qualité et régularité. « Au sein de notre coopérative, on a réappris à trier, car il garantit un grain de qualité », explique Claude Choux, président du groupement. De plus, les agriculteurs associés dépassent des obstacles logistiques insurmontables pour des paysans isolés. La clé, les fermes relais. Des exploitations spécialisées dans un domaine à côté de leurs activités habituelles. Triage, stockage, elles servent de vrais points d’appui à la coopérative, disséminées partout sur son territoire. « Notre plus gros client commande 6 000 t par an, hors de question de gérer ce flux avec 10 t par ci, 15 t par là, démontre le coopérateur. De plus, il s’agit d’effectuer des livraisons de qualité égale. » Chaque chargement qui part doit être le plus proche possible du suivant. Et cette qualité de service importe beaucoup à Jean Kircher. « Ici, nous pouvons nettoyer le grain, afin d’éliminer les dernières impuretés, mais pas le trier », remarque le chef d’entreprise. De ce fait, il repère tout de suite les arrivages de moins bonne qualité. « Quand on nettoie deux, trois fois et que le résultat n’est toujours pas satisfaisant, on a l’impression de s’être fait avoir. » Autre avantage d’une filière structurée, se décharger des soucis commerciaux. « Quand on passe en bio, il faut savoir anticiper, explique Danaé Girard, de l’Opaba. Cet été, j’ai reçu une dizaine d’appels de producteurs sur leurs moissonneuses-batteuses qui me demandaient où ils pourraient vendre leur récolte ! » Trop tard, évidemment. L’Opaba a bien édité des fascicules avec les contacts des collecteurs et transformateurs, mais cela ne suffit pas. Le sol alsacien, un don empoisonné ? Tout pousse vers la construction d’une filière. Dès lors, quels sont les freins à une telle organisation ? Ils seraient principalement culturels, selon Claude Choux. « L’Alsace a un si bon terroir que les exploitants ne sentent pas la nécessité de s’organiser. Quand c’est facile, on ne se pose pas de question. » Et le Lorrain d’ajouter avec une pointe de malice : « Mais les mauvaises années, c’est la panique totale et je suis inondé d’appels d’agriculteurs alsaciens ». Un écueil plus préoccupant se cache du côté des consommateurs. Selon Jean Kircher, les transformateurs comme lui veulent augmenter leur production bio, mais il ne sait pas s’il trouverait preneur pour de plus gros volumes. « Aujourd’hui, mes clients achètent mes produits bios car ils sont bons, parce que c’est du Kircher. Pas parce qu’ils sont bios. » Pour le meunier, il faut convaincre les gens de payer quelques centimes de plus pour manger bio. Pour ce faire, le minotier va commercialiser un pain 100 % bio et alsacien. Une manière d’introduire le bio via un autre argument en plein boom. Le manger local.

Mois de la bio : Elever des bovins lait en agriculture biologique

Jeudi 16 novembre, dans le cadre du mois de la bio, le pôle conversion bio Alsace, proposait une journée complète consacrée à l’élevage laitier en agriculture biologique. L’événement se déroulait un Ranspach-le-Haut et proposait un état des lieux des élevages bovins bio dans la région, une table ronde conviant des organismes collecteurs dans le secteur, ainsi que des informations concernant les prérequis de la certification bio et les moyens d’accompagnement existants.

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