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FDSEA 67. Section agriculture biologique

Perspectives et axes de travail

Publié le 24/12/2016

La section agriculture biologique de la FDSEA du Bas-Rhin, placée sous la responsabilité de Véronique Klein, a récemment réuni ses adhérents déjà convertis, en voie de conversion ou simplement intéressés par ce mode de production.

Jeudi 15 décembre, environ 25 agriculteurs de tout âge et venant des quatre coins du département se sont déplacés pour le second groupe bio de cette nouvelle section de la FDSEA du Bas-Rhin. Cette rencontre a permis de présenter l’évolution de la conjoncture et des conversions, de retracer l’actualité syndicale et de donner les perspectives des différents débouchés de la filière céréales bios en Alsace. Denis Fend, directeur du Comptoir agricole, M. Cunin, représentant d’Armbruster, et Jean-Yves Welsch, directeur commercial de la minoterie Burggraf et Becker, étaient présents pour l’occasion. La présence des acteurs de la collecte et du stockage de céréales a démontré l’intérêt des opérateurs pour la filière céréales bios, en développement, et a permis d’avoir des débats variés et enrichissants. Certains agriculteurs ont par ailleurs tenu à mettre en lumière l’aspect « historique » de cette rencontre qui réunissait autour d’une même table la FDSEA, la Chambre d’agriculture d’Alsace, l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) et des coopératives et négoces. 850 hectares convertis en céréales bios Véronique Klein est revenue sur l’actualité syndicale d’une année qui a été marquée par des intempéries à répétition, puis a évoqué la Politique agricole commune. Le moins que l’on puisse dire est que son traitement est chaotique, le solde 2015 des aides bios et MAE n’étant toujours pas versé, deux ans après leur souscription. La responsable de la section bio de la FDSEA a fortement regretté que l’État ne respecte pas ses engagements dans cette année particulièrement difficile. L’animateur de la FDSEA a présenté la nouvelle carte, en cours d’élaboration, des zones défavorisées simples qui serviront de base au paiement de l’ICHN. Même s’il ne s’agit que d’un projet qui reste à valider, le travail syndical devrait permettre d’obtenir un élargissement de la zone. La rétrospective de l’année écoulée pour la filière agriculture biologique a été présentée par Hélène Clerc, animatrice à l’Opaba. 2 000 hectares ont été engagés dans des systèmes d’exploitation très diversifiés (élevage bovin, grandes cultures, maraîchage, etc.). Neuf conversions en exploitations céréalières ont été enregistrées pour l’année 2016. Sur la totalité de ces conversions, environ 850 ha ont été convertis en céréales bios en 2016. Et pas moins de 320 dossiers sont actuellement suivis par l’Opaba en Alsace pour effectuer une conversion. « Donner de la visibilité aux opérateurs » Francis Humann, responsable de la filière céréales à l’Opaba, a présenté l’état des lieux de la filière et ses perspectives. Selon lui, « le développement d’une filière structurée passe par la qualité ». Par ailleurs, « il est urgent que l’on arrive à se structurer et se rassembler afin de donner de la visibilité aux différents opérateurs ». Denis Fend est revenu sur l’historique des filières en agriculture biologique au sein du Comptoir agricole. À l’origine, la vigne, la pomme de terre et le houblon étaient les principales cultures (dont la conduite était menée en mode biologique) dont le Comptoir agricole assurait la collecte ou la vente d’agrofournitures. La collecte des céréales date, elle, de 2009, avec un tonnage moyen annuel de 500 à 600 tonnes ces dernières années. Le Comptoir agricole fournit également des intrants (semences et protection des plantes) pour les agriculteurs bios. Pour ce mode de production, « il n’y a pas de recette toute faite », a-t-il insisté, les composantes du machinisme et des types de sol sont davantage à prendre en compte. Toute implantation doit être, selon lui, réfléchie et optimisée avec les techniciens pour pouvoir valoriser la production qui en découle et éviter les problèmes lors de la mise en marché. Bien que valorisés pour la nutrition animale et utiles agronomiquement pour lutter contre les adventices, les mélanges blé-pois posent des problèmes d’écarts de maturité et de contraintes logistiques, a noté, de son côté, Jean-Yves Welsch. Pour Francis Humann, « le développement de la filière passe par de la lisibilité sur les volumes et sur les prix ». Le marché des céréales bios alsacien devra se montrer compétitif par rapport au blé bio allemand ou italien. À l’heure actuelle, les cultures menées en agriculture biologique sont souvent « banalisées » par les différents opérateurs faute d’une qualité régulière. Les collecteurs étaient unanimes pour dire qu’il s’agit d’un axe de travail pour les prochaines années. Véronique Klein a conclu en assurant que la culture de céréales menée en agriculture biologique peut être une solution. Il faut selon elle, « être capable de répondre aux attentes sociétales et s’en donner les moyens ».

Publié le 13/12/2016

Après une saison de récolte du fourrage difficile, la production laitière est en baisse. La Chambre d'agriculture d’Alsace, en collaboration avec le Conseil élevage de la Moselle et la laiterie Unicoolait, a organisé une réunion afin de faire le point sur les stratégies de complémentations des rations en élevage laitier bio.

« La collecte laitière totale pour 2016 est estimée à 148 millions de litres (Ml) contre 150 Ml en 2015 », annonce Jérémy Stammbach, d’Unicoolait. Ce litrage est produit par 315 producteurs, dont 59 en bio, qui produisent 24 Ml de lait soit 16 % du volume total collecté par la laiterie. Pour le mois de novembre, la collecte enregistre une baisse de 10 %, plus marquée en bio (- 12,5 %) qu’en conventionnel (- 9,5 %). Or, comme le lait bio d’Unicoolait représente 20 % de tout le lait bio collecté par Laclatis, « il est important de pouvoir continuer à produire du lait, même avec des fourrages peu qualitatifs », poursuit Jérémy Stammbach. Des valeurs alimentaires disparates en fonction des coupes Philippe Le Stanguennec, conseiller élevage à la Chambre d'agriculture d’Alsace, est revenu sur la campagne fourragère 2016. Ceux qui ont pu faire des premières coupes tôt, autour du 8 mai, ont eu le nez creux. En effet, la valeur alimentaire de ce fourrage s’avère bonne à très bonne : « Très digestible, avec peu de cellulose, ce fourrage a donné du lait, mais il y en a eu peu. » La majorité des éleveurs ont en effet effectué la première coupe autour du 22 mai, après une période humide. Résultat, la valeur alimentaire a plongé, surtout au niveau de la Matière azotée totale (MAT). L’ingestion de ces fourrages est donc plus faible. La deuxième coupe affichait en moyenne un niveau azoté bas, et des unités fourragères (UF) comprises entre 0,8 et 0,9, conséquence d’un faible niveau de tallage, donc d’une faible proportion de feuilles par rapport aux tiges. La troisième coupe est « un peu meilleure », surtout du point de vue des matières azotées. Des stocks limités À ces fourrages de maigre qualité il faut ajouter d’autres contraintes. Le stock d’ensilage d’herbe risque de s’avérer parfois limitant. Le rendement du maïs ensilage est faible (de 2 à 6 t MS/ha) donc cela représente une perte de fourrage qu’il faut combler. Or la rareté du maïs ensilage le rend cher. Le foin est de qualité médiocre : « Même si parfois l’appétence est sauvée, sa valeur alimentaire est pénalisante ». Le stock de céréales est insuffisant puisque les rendements oscillent entre 15 et 35 q/ha, la moyenne se situant entre 22 et 25 q/ha. Enfin, de manière généralisée, les systèmes sont de plus en plus tendus en matière d’autonomie fourragère : « La productivité augmente mais pas les surfaces, donc il y a moins de surfaces dédiées aux céréales puisque celles dédiées à la production de fourrages augmentent », analyse Philippe Le Stanguennec. Des baisses de production liées aux fourrages Philippe Le Stanguennec a comparé deux types de rations. La première est élaborée avec de « bons » fourrages, elle permet une ingestion totale de 19,4 kg de MS et autorise une production de lait de 25 l. La seconde a été élaborée avec des fourrages dont les valeurs alimentaires correspondent à ceux de 2016. L’encombrement étant plus élevé, l’ingestion diminue à 16,9 kg de MS donc la quantité de lait permise à 16 l. En imaginant une complémentation avec 3 kg de VL 35, Philippe Le Stanguennec estime qu’on arriverait au même niveau d’ingestion, mais pas à atteindre les 25 l/vache. Complémenter sans acharnement Voilà pour le constat. Philippe Le Stanguennec a énuméré une série de propositions de solutions pour complémenter les rations : acheter des céréales en Alsace ou en Lorraine, voire dans d’autres régions, mais alors de manière groupée afin de réduire les coûts de transport et de logistique, garder son blé, acheter des bouchons de luzerne et les mélanger avec des céréales aplaties (compter 260 €/t par camion de 30 t et 310 €/t par 3 t), acheter du maïs grain ou du maïs épi, « il y a souvent une bonne réponse mais le manque de disponibilité entraîne des prix élevés » (260 €/t pour du maïs épi ensilé), compléter les rations avec du VL 18 (500 €/t) sur des fourrages riches en MAT ou du VL 26 à 35 (650-750 €/t) sur les fourrages moins riches en MAT. Mais l’intérêt d’acheter de l’aliment se discute : « Il s’agit de comparer la réponse obtenue et le coût. Car l’investissement ne se justifie pas toujours, notamment sur des déficits de production marginaux ». Et puis la réponse des vaches n’est pas la même selon leur état : « Une vache fraîchement vêlée, ou qui va vêler, répond mieux qu’une en fin de lactation. En moyenne en 2013-2014, 1 kg de VL 32 permettait de gagner de 1,5 à 2 l de lait. » Enfin, l’alternative à l’achat d’aliments, c’est le panachage des coupes sur l’hiver, en fonction des stocks, pour essayer d’équilibrer et d’homogénéiser la ration sur tout l’hiver, et de la complémenter avec du correcteur azoté et les céréales disponibles. Et puis il est aussi possible d’acheter en commun du fourrage de base si les stocks venaient à s’épuiser trop tôt.

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