Ancienne manufacture de tabac à Strasbourg
Un nouveau magasin de producteurs bio avec restauration
Ancienne manufacture de tabac à Strasbourg
Publié le 20/10/2017
C’est un projet d’envergure qui va se monter à Strasbourg : un magasin de 1 000 m2 de producteurs bios, avec restauration et atelier pédagogique à l’écocitoyenneté. Ce nouveau magasin se situera dans l’ancienne manufacture de tabac qui accueillera aussi un pôle dédié aux géosciences, l’annexe de la Haute école des arts du Rhin, un incubateur de start-up et une auberge de jeunesse…
Un groupe de producteurs en agrobiologie travaille actuellement d’arrache-pied au montage d’un projet de magasin de producteurs bios sur Strasbourg. Il se situera au sein du complexe rénové de l’ancienne manufacture de tabac, quartier de la Krutenau. Les travaux de rénovation débuteront au deuxième semestre 2018. L’ancienne manufacture est propriété de la SERS, un établissement public local qui a pour vocation d’améliorer l’habitat à Strasbourg. Le projet des agriculteurs devrait occuper 1 100 m2 des 10 000 m2 de l’ancienne manufacture laissés vacants depuis 2008. Pour le reste, un complexe se formera autour d’un pôle de géosciences, une auberge de jeunesse, des start-up, l’école des arts, et constituera ainsi véritable creuset culturel, scientifique, dans lequel le projet des agriculteurs trouvera toute sa place. Une fondation pour amorcer le projet C’est la fondation strasbourgeoise Terra Symbiosis* qui a été retenue par l’équipe municipale d’Alain Fontanel pour chapeauter le projet. Elle finance la coordination et le montage du projet. « En 2015, la fondation a souhaité émettre l’idée de créer un magasin de producteurs bios et locaux afin d’avoir une vitrine sur Strasbourg de ce qui se fait en Alsace », explique Léa Rudolph, coordinatrice du projet pour la fondation. « Avec de la vente directe, une offre de restauration, avec surtout une forte dimension de sensibilisation aux questions agricoles, et pédagogique qui implique les associations locales », poursuit la coordinatrice. « Les tenants du projet de la manufacture ont souhaité que ce soit profitable à toute la manufacture et pas seulement à l’agriculture biologique », précise Danaé Girard, également chargée du projet pour l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). La fondation a également fait appel à Elsa Batot, chargée d’étude au Centre de gestion agricole Cegar, qui intervient pour la « mise en place du fonctionnement, l’agencement, les règles d’hygiène, le règlement intérieur du magasin, bref l’organisation juridique et collective, inhérentes à un point de vente d’agriculteurs ». Le Cegar a ouvert un service de conseils et d’accompagnement de collectifs d’agriculteurs qui veulent développer de la vente directe. Un groupe soudé par des valeurs communes Cependant, un tel projet de magasin de vente directe se mûrit longtemps à l’avance et se devait de tabler sur un « noyau dur » de producteurs. « Le relationnel est important, il fallait que les producteurs se connaissent bien avant et que nous ayons un groupe soudé par des valeurs communes, qui souhaite communiquer dans un esprit de pédagogie et de sensibilisation à l’écocitoyenneté », explique Léa Rudolph. Si le modèle économique de ce magasin est celui emprunté classiquement par tous les magasins collectifs de vente directe de l’agriculteur vers le consommateur, tel que Hop’la ou Cœur Paysan, ce magasin aura la particularité de proposer du 100 % bio, mais avec une forte orientation pédagogique, et une restauration sur place pour la valorisation des produits locaux. 70 % du chiffre d’affaires devront être réalisés avec les produits des fermes. « L’idée est que les producteurs soient présents et acteurs de leur magasin avec des permanences assurées, selon le principe classique des magasins de vente directe. Il y aura un lien fort avec les restaurateurs qui devront utiliser les produits des fermes. Une épicerie complétera l’offre qui n’est pas accessible en local », explique Danaé Girard. « Les restaurateurs devront se situer dans la cohérence du projet et ne proposer que des plats de saison et valorisant l’offre paysanne du lieu. » Le groupe retenu est celui de l’Amap Mafermebio, emmené par Vincent Schotter, producteur bio à Ittlenheim dans le Kochersberg. « On s’est regroupé à huit, il y a trois ans, pour proposer une offre diversifiée en Amap. On s’est choisi par connaissance et par affinité. Il ne s’agit donc pas d’un projet économique d’intérêts juxtaposés de producteurs, ce sont avant tout des valeurs humaines juxtaposées avec de l’économique derrière », explique l’agriculteur. Le groupe a plutôt fait le choix des jeunes agriculteurs, plutôt que d’acteurs du marché de la bio bien implantés qui auraient souhaité ajouter un énième réseau de distribution à leur commercialisation. « Dans ce groupe, il était important que les agriculteurs se choisissent entre eux pour la cohésion. Dans ces collectifs, le liant est déterminant. »












