Blienschwiller
Récolte le 24 décembre pour une cuvée spéciale
Blienschwiller
Publié le 03/01/2017
Le 24 décembre à Blienschwiller, on a vendangé du sylvaner que le vigneron Pierre Meyer a laissé surmûrir dans le but d’en faire une cuvée exceptionnelle.
« Qui reprend un peu de vin chaud ? Et des bredeles de Noël ? » Jocelyne, la maman de Pierre Meyer, est affairée devant une grande marmite de vin chaud fumant dans la cuisine extérieure, d’où proviennent des effluves généreux. Dans la cour, la petite équipe familiale et d’amis proches déguste avec plaisir ce remontant de saison et les bredeles faits maison. Pendant ce temps, Pierre distribue les sécateurs devant la caméra de France3 Alsace, venue filmer cette récolte un peu particulière. Parce qu’on n’est pas là que pour s’amuser ! Il est prévu d’aller vendanger trois petites parcelles dans lesquelles Pierre Meyer a laissé surmûrir du sylvaner, comme en 2014, où il a remporté le prix d’excellence du meilleur sylvaner du monde à Strasbourg avec la cuvée Éclat d’ambre. Depuis 2014, après Hubert, le papa, c’est Pierre qui a repris la destinée du domaine familial de 11 hectares, existant depuis dix générations. Voilà, c’est parti pour la première parcelle située près de l’église, en plein cœur du secteur estampillé Appellation communale sylvaner de Blienschwiller. Et là, stupeur ! Dans les rangs à vendanger, sur des secteurs entiers, il ne reste que des rafles : les étourneaux ont précédé les vendangeurs et ont picoré toutes les baies ! Du travail propre, comme à la machine à vendanger… Pierre prend la voiture pour aller à la seconde parcelle, d’où il revient rapidement avec une mine déconfite… « Là-bas c’est encore pire ! Pas besoin d’y aller. Ils ont tout pris. » Du coup, la petite équipe cueille consciencieusement ce qui reste et en une demi-heure le tour est joué. Retour à la parcelle dans le jardin, d’où est réalisé le passage en direct pour le journal de la mi-journée de la chaîne régionale. Une fois le tout vendangé, ce sont près de 350 kg de sylvaner bien juteux qui ont été récoltés, au lieu des 800 à 1 000 kg escomptés. Philosophes, Pierre et Hubert ne se plaignent pas trop : « Cette année nous avons fait une belle récolte, en qualité et en quantité, après plusieurs années très moyennes. Cette cuvée spéciale, ç’aurait été la cerise sur le gâteau ! » Tout est rapidement chargé dans le pressoir d’où commence à couler un nectar foncé bien sucré. En mesurant avec le réfractomètre la teneur en sucre des premiers litres, Pierre annonce fièrement l’équivalent de 14,8 ° d’alcool ! Pendant que le pressoir tourne, une choucroute royale servie par Jocelyne redonne du baume au cœur des vendangeurs et du vigneron. À présent, il faudra attendre quatre à cinq mois pour goûter ce délicieux nectar qui sera la seconde cuvée Éclat d’ambre, que Pierre espère aussi aboutie que la première.












