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Salon international de l’agriculture. Inauguration du stand de la région Grand Est

Une région agricole d’excellence et qui doit le rester

Publié le 03/03/2017

En unissant les atouts agricoles des régions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne sous une bannière commune Grand Est, la réforme territoriale a placé l’agriculture au rang d’acteur économique régional majeur. L’inauguration du stand de la région Grand Est au Salon international de l’agriculture a été l’occasion, pour ses responsables, de réaffirmer leur volonté de soutenir un secteur mis à mal par une succession de crises.

« Grand Est, Terre d’innovation ». Tel est le thème que la région Grand Est et la Chambre régionale d’agriculture Grand Est (Crage) ont choisi de développer sur leur stand, situé dans le hall 3 du Salon international de l’agriculture. « Ce salon, c’est l’occasion de valoriser toutes les productions agricoles de la région », souligne Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est. Pour ce faire, le stand réunit plus de 80 producteurs, répartis sur 44 stands, occupant 600 m2. À cela s’ajoute le stand prestige (125 m2), comprenant un accueil touristique commun à l’Agence d’attractivité d’Alsace, au Comité régional du tourisme de Champagne-Ardenne et au Comité régional du tourisme de Lorraine, ainsi qu’un espace de dégustations culinaires animé par des producteurs, des lycées hôteliers et des chefs réputés. Et trois restaurants servant des spécialités régionales. En tout, 1 155 m2 pour représenter les 3 Mha de SAU d’une région grande comme un État. Un sacré défi donc, porté par la profession agricole, et pour lequel la Région a apporté un appui financier, avec un budget de 400 000 €, et organisationnel, précise Philippe Richert, président de la Région Grand Est. Un acteur économique qui pèse Chaque jour, l’espace de dégustations culinaires met à l’honneur les produits sous signes officiels de qualité, les produits des exposants, les accords mets et vins, ainsi que les produits sucrés, en partenariat avec le Centre d’études et de documentation du sucre (Cedus). Une manière de mettre en avant le poids de l’économie sucrière dans le Grand Est, où les betteraves couvrent 91 200 ha (24 % de la surface betteravière française), sont plantées par 5 350 planteurs (20 % de l’effectif national) et transformées par cinq sucreries qui produisent 1,3 Mt de sucre, soit le quart de la production française. Outre ce stand, l’agriculture régionale était représentée au Sia via les concours généraux agricoles des animaux et des produits (lire en encadré) ce qui, pour Philippe Richert, démontre la dynamique de la région : « Le Grand Est est une région agricole d’excellence. Le poids économique de l’agriculture y est important. Et, derrière cela, il y a des hommes et des femmes qui luttent pour l’excellence des produits. » Une politique agricole régionale en quatre axes Pour accompagner ces efforts, la Région déploie une série de mesures visant à atteindre plusieurs objectifs que Philippe Mangin, vice-président du Conseil régional, détaille : « Depuis 14 mois que nous sommes élus, nous nous efforçons de tracer les grandes lignes de ce que sera l’agriculture régionale de demain. Nous ne voulons pas d’actions de saupoudrage qui satisferaient le plus grand nombre mais ne donneraient pas d’orientations claires pour une agriculture d’avenir. » L’action du Conseil régional en matière agricole s’organise donc autour de quatre axes. La compétitivité d’abord. Il s’agit là de moderniser tous les maillons de la chaîne alimentaire en soutenant les investissements dans les exploitations agricoles et dans les autres maillons. Dans cet axe, le Conseil régional soutient plus particulièrement l’élevage : 11 M€ ont été attribués aux investissements dans les élevages en 2016. « Le budget primitif était de 5 M€ », rappelle Pascale Gaillot, responsable de la Commission agricole, pour appuyer l’effort consenti par la Région. Le deuxième axe de travail concerne les marchés, et plus particulièrement les mesures qui doivent permettre d’améliorer les performances à l’export de la région, ou, au moins, de faire en sorte qu’elles ne se dégradent pas. Et de favoriser les marchés de proximité, les circuits courts, la création de valeur ajoutée par la montée en gamme et les signes de qualité. Le troisième axe de travail concerne l’innovation : « Dans les cinq prochaines années, l’agriculture va vivre une nouvelle révolution liée à l’arrivée des nouvelles technologies, de la robotique dans les exploitations agricoles. Ces avancées vont nous permettre de gagner la bataille du bien-être animal et de l’écologie car elles vont nous permettre d’être plus précis », estime Philippe Mangin. Encore faut-il que les générations d’agriculteurs se renouvellent. C’est l’objet du quatrième axe de travail que se fixe la Région : l’installation. « Nous devons continuer à soutenir les jeunes qui veulent s’installer en agriculture en étant plus ouverts à la diversité des jeunes candidats et à leurs projets. » En effet, de nouveaux modèles d’installation émergent, exigeant de « sortir des sentiers battus » pour être accompagnés. Pour avancer dans la bonne direction sur tous les axes de travail, Philippe Mangin revendique « un principe de coconstruction » avec les acteurs de la profession. Gérer la crise : dans l’urgence et sur la durée 2016, année de gestation de ce premier stand régional commun au Sia, a été « une année exceptionnelle de désarroi et de détresse pour les agriculteurs », rappelle Jean-Luc Pelletier, qui salue d’autant plus la présence des exposants et, notamment des éleveurs, pour qui venir au salon avec des animaux « représente plusieurs mois de travail et une contrainte supplémentaire ». « Dès le mois d’août, la Région a compris l’ampleur de la situation et a réagi en annonçant des moyens et en déléguant la mission d’accompagnement des agriculteurs aux Chambres d’agriculture qui ont créé les cellules Réagir », rappelle-t-il. Désormais, ces cellules sont opérationnelles, l’enjeu est « de toucher un maximum d’agriculteurs, afin d’éviter le pire », indique le président de la Crage, tout en regrettant qu’il y ait encore des agriculteurs en situation difficile qui ne se fassent pas connaître. Une crise économique et identitaire Pour Philippe Mangin, la crise qui frappe actuellement le monde agricole, « sans précédent par son ampleur », est tant économique qu’identitaire : « Les agriculteurs souffrent d’un manque de lisibilité ». La Région s’est rapidement mobilisée pour accompagner les agriculteurs vers une sortie de crise durable. Après la création d’un fond d’urgence de 5 M€, il s’agit désormais de suivre l’évolution de la situation, en collaboration avec les cellules Réagir et de « faire perdurer cette action afin d’aider les filières à se structurer. Nous tiendrons nos engagements car ces difficultés exigent des moyens pour que l’agriculture régionale continue à se développer et à rayonner », affirme Philippe Richert. Mais Philippe Mangin prévient : « La Région ne pourra pas tout toute seule ». Et de dénoncer l’immobilisme de l’État, en particulier du ministre de l'Agriculture. Philippe Mangin dénonce pêle-mêle le manque de crédits pour l’agriculture biologique, d’avancées sur le rééquilibrage des rapports entre l’amont et l’aval des filières… Des difficultés confirmées par Philippe Richert : « Les fonds européens tels que le Feader, le Leader présentent des retards chroniques qui impactent lourdement la gestion des territoires ruraux. » Néanmoins, pour Philippe Richert, la forte progression de l’agriculture biologique sur le territoire en 2015 et en 2016 démontre la capacité de l’agriculture régionale à relever des défis. Relever le défi de l’innovation Stéphane Fratacci, préfet de la région Grand Est, a assuré que les services de l’État sont mobilisés face aux difficultés de l’agriculture et le seront encore. Faisant référence au thème choisi pour cette édition du salon, « Grand Est, Terre d’innovation », il a dit sa conviction que l’agriculture régionale saura relever le défi de l’innovation grâce à la mise en œuvre de pratiques agricoles innovantes, à ses fermes de références, à ses stations d’expérimentation qui créent une « dynamique féconde ». Prochaine étape : « Développer de nouvelles façons d’apprendre et d’enseigner ». Pour que les innovations se muent en traditions.

Cave vinicole Les Faîtières à Orschwiller-Kintzheim

Au faîte du CGA, avec la plus haute distinction

Publié le 28/02/2017

La cave Les Faîtières à Orschwiller-Kintzheim vient d’obtenir la distinction suprême au Concours général agricole : le prix d’excellence. Il vient couronner la meilleure constance dans les médailles sur trois années consécutives. « La régularité dans l’excellence », précise le ministère de l’Agriculture.

Le prix d’excellence du Concours général agricole (CGA) est une distinction particulière qui récompense les producteurs qui ont la meilleure constance dans les médailles. La cave vinicole Les Faîtières est ainsi la plus titrée en médailles, rapporté au nombre d’échantillons présentés, et ce pendant les trois dernières années consécutives. Une distinction adressée à 14 producteurs de vin au niveau national, qu’André Maldonado, œnologue et directeur, est venu recevoir des mains du ministre Stéphane Le Foll. La cérémonie en grande pompe avait lieu le 31 janvier dernier, dans les ors de la République, au ministère de l’Agriculture. Compte également parmi les lauréats un autre Alsacien : la brasserie Matten à Matzenheim. Ce meilleur taux de réussite au CGA vient couronner les efforts de qualité entrepris par cette coopérative vinicole, soucieuse de la précision aromatique, dans un style assumé classique. Depuis 1976, le souci de la qualité a primé dans les choix et les investissements techniques modernes. Son vendangeoir permet ainsi à souhait de fouler, d’égrapper, de presser en raisin entier et d’opérer les sélections qui conviennent à l’élaboration des cuvées. En 2012, la cave Les Faîtières était l’une des toutes premières à géo-stocker les calories des fermentations. Et elle dispose depuis 2010 d’un caveau pour la vente au détail remarquable d’esthétique. Comprenant 64 adhérents, dont 10 à temps plein, présidés par Jean-Paul Eblin, et couvrant 140 hectares, la cave Les Faîtières propose des cuvées haut de gamme, telles le grand cru Praelatenberg, les pinots gris Puits du moine ou Château de Kintzheim. Mais c’est dans les AOC cépages qu’elle obtient les distinctions du CGA. Exportant 28 % de ses 2 millions de bouteilles produites bon an mal an, notamment en Scandinavie, André Maldonado privilégie la vente en Cafés, hôtels, restaurants (CHR) et au détail. Et il conduit désormais une politique de conservation de vins de garde pour les marchés à valeur ajoutée. Proposant par exemple du riesling grand cru Praelatenberg 2007, du gewurztraminer vendanges tardives 2002, pinot gris et gewurztraminer Les Faîtières 2013, à la précision aromatique remarquable au vieillissement. Ce prix d’excellence était donc accueilli comme une consécration pour les vignerons de cette cave vinicole soixantenaire, et pas prête de faire valoir ses droits à la retraite…

Salon des Vignerons Indépendants à Strasbourg

Génial !

Publié le 24/02/2017

La 24e édition du Salon des Vignerons Indépendants à Strasbourg n’a pas démenti l’engouement du public pour ce grand rendez-vous vinique qui a réuni près de 600 vignerons au Wacken dont 27 Alsaciens.

Les années passent et se ressemblent pour le Salon des Vignerons Indépendants, qui dès son ouverture le vendredi 17 février, a connu une véritable ruée d’amateurs au Parc des expositions à Strasbourg. Un succès croissant qui n’a pas faibli, au contraire, pour cette 24e édition. Éthique et partage de la culture du vin Venus de toutes les régions viticoles de France, près de 600 vignerons ont fait déguster les vins phares de leurs productions. Parmi eux, 27 vignerons alsaciens. « Des visiteurs tchèques, polonais, font chaque année des milliers de kilomètres pour venir nous retrouver à Strasbourg, souligne Claude Weinzorn du domaine de l’Oriel. C’est le plus grand salon des vins en Alsace, et il n’y a pas d’équivalent dans sa convivialité, c’est vraiment le top ! Les vignerons sont contents d’y venir, et ça se ressent dans l’ambiance générale. » Cette année, Claude Weinzorn a mis l’accent sur son riesling grand cru Sommerberg Z 2013, cité dans la revue Cuisine et vins de France, fruité et bien équilibré. Participant de la première heure à ce salon, Florian Beck-Hartweg présentait son rouge de Dambach 2014, et une série de vins naturels. « Les allées étaient bien clairsemées pour la première édition à Strasbourg, se rappelle Michel, père de Florian. C’était un sacré pari à l’époque ! Le partage de la culture du vin, avec une recherche d’éthique est maintenant dans l’air du temps. » Ces rencontres, de plus en plus prisées, offrent une vraie opportunité de dialogue, « de pédagogie » pour parler et expliquer les terroirs, granitiques, caractéristiques de ce vignoble, en démontrant que d’un coteau à l’autre, « il y a des différences de personnalités dans les terroirs ». Florian et Michel se disent « très contents du millésime 2016, pourtant pas gagné d’avance ». Et satisfaits de prouver que la viticulture bio, « peut bien marcher même dans les années difficiles ». Recherche de l’élégance du granite, de la concentration dans la longueur, « c’est l’équilibre difficile recherché » dans son pinot noir « F » 2015, non filtré, tout proche du grand cru Frankstein, précise encore ce vigneron. Cépages originaux, millésimes anciens Les amateurs de klevener se sont retrouvés sur le stand du domaine Gilg à Mittelbergheim, le seul à proposer ce cépage sur le salon, avec une autre originalité, le sylvaner grand cru Zotzenberg, qui « aiguise la curiosité », souligne Jean-Christophe Lehner. Le klevener est sur « la rondeur avec une puissance accentuée par l’effet millésime 2015 », indique le vigneron. La clientèle allemande, très importante, choisit en premier lieu le crémant. « Les amateurs français s’orientent plutôt vers les vins tranquilles », constate-t-il. La journée dédiée aux professionnels, le lundi, est importante pour le domaine, car « c’est une vraie carte de visite que de figurer sur la carte des vins des restaurateurs ». Le domaine Bliemerose à Rosheim a choisi pour sa part de présenter des millésimes anciens, comme un auxerrois 2007. C’est l’occasion de « valoriser ce cépage » en prouvant qu’il peut aussi donner des vins de garde, et « surprendre », indique Carmelle Simon-Maetz. Le travail se fait dans la lenteur, trois ans minimum en cave pour les vins avec des levures naturelles, « six ans sur lattes pour les crémants », avec des rendements faibles pour arriver à de jolis résultats, salués notamment par deux professionnels italiens qui ont qualifié son crémant extra-brut 2006 « de meilleur crémant dégusté sur ce salon ». Des personnalités et des terroirs L’un des intérêts de ce salon est sans doute la découverte de personnalités atypiques, à l’image de Martial Junquas, œnologue qui a repris des vignes en fermage dans le Bordelais, avec son château Altimar, Lalande de Pomerol 2015, tannique, aux arômes de framboise notamment. Ou encore Isabelle Raoux, troisième génération de femmes, qui vinifie les vins du domaine des Demoiselles dans le Roussillon, en bio depuis 2000. « Nous disposons d’un espace naturel de 10 ha autour du mas dédié à la faune et la flore. Il y a 20 ans sur ce salon, on n’avait pas osé amener de blancs, nous en avons trois cette année », précise-t-elle. Sa cuvée Pierre de Lune 2014 est un assemblage de muscat petits grains et de marsanne, avec « des vendanges faites à la mi-août pour garder la fraîcheur et un bon équilibre ». Cette palette des richesses viticoles de la France, portée par ces vignerons passionnés, amoureux inconditionnels de leurs terroirs, a eu les faveurs du public, largement concrétisées à la sortie par un défilé continu de diables et de chariots archi-plein…

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