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Inauguration du 22e concours interdépartemental d’Habsheim

Une édition « particulière »

Publié le 06/11/2016

Lors de l’inauguration de la 22e édition du concours interdépartemental d’Habsheim, Sébastien Stoessel, président du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) a souligné le contexte particulier dans lequel vivent les éleveurs depuis trois ans. Il appelle les partenaires financiers et les collectivités à davantage de soutien moral et financier.

Attention, vaches en circulation ! Dimanche, la première journée du 22e concours interdépartemental d’Habsheim a fait quelques dégâts dans les rangs des organisateurs. Le matin, c’est Fabienne Menges, du service élevage de la CAA, qui a tout d’abord été envoyée à l’hôpital par une génisse salers un peu trop vigoureuse. Certainement stressé par l’agitation ambiante, l’animal a réussi à renverser l’une des barrières qui entoure le ring sur la salariée de la Chambre d’agriculture. Quelques heures plus tard, c’est son collègue Daniel Renger qui se blesse méchamment en glissant sur une bouse. Lui aussi terminera sa journée à l’hôpital. « Heureusement, il n’y a rien de grave pour eux », rassure le président du service élevage de la CAA, Sébastien Stoessel, lors de l’inauguration en présence des élus, des responsables professionnels et des partenaires. Mais sans le président de la Chambre d'agriculture, Laurent Wendlinger, immobilisé depuis la veille… pour une mauvaise chute dans son exploitation. Résultat, des béquilles et une attelle pour le jour de ses cinquante ans, et une drôle de loi des séries pour cette 22e édition du concours bovin d’Habsheim. « Cela contribue au caractère particulier de ce millésime 2016 », commente Sébastien Stoessel. « Particulier pour les mesures de sécurité exceptionnelles qui ont dû être prises pour que la manifestation puisse se dérouler. Et particulier par le contexte dans lequel le monde agricole vit. Même les céréaliers sont touchés maintenant. » Face à cette « crise sans précédent », il estime les agriculteurs ont besoin d’être soutenus par leurs partenaires financiers et par les collectivités. « Ces dernières ont fait ce qu’elles pouvaient pour nous accompagner, et c’est bien. Mais aujourd’hui, à l’heure où tout fait le buzz en un rien de temps, nous avons surtout besoin d’un soutien moral. Même si nous rencontrons des difficultés, nous travaillons et restons positifs. On a confiance dans ce qu’on fait. » Sébastien Stoessel rappelle également aux banques leurs responsabilités dans la survie des exploitations agricoles. « Vous êtes avec nous quand ça va, soyez à nos côtés quand ça ne va pas. Aujourd’hui, nous avons besoin de vous, pas dans six mois. Il nous faut un soutien clair, net et précis de votre part. » Des propos complétés par le vice-président de la région Grand Est et maire de Mulhouse, Jean Rottner. « On doit se battre tous ensemble pour défendre cette partie de l’économie française qui souffre. On a tous une part de responsabilité, du politique au consommateur. Plus on saura se parler, plus la situation devrait changer. » Le temps presse, le sol des agriculteurs est de plus en plus glissant.

Publié le 04/11/2016

Depuis le 1er septembre, Christophe Botté a pris la succession de Bernard Schaal à la direction de la cave du Roi Dagobert, ce dernier ayant fait valoir ses droits à la retraite. Le nouveau directeur connaît bien la cave puisqu’il en a été le directeur adjoint de 2005 à 2008.

Avant de présenter le successeur, dressons le bilan de son prédécesseur. Issu du monde agricole, Bernard Schaal est arrivé à la cave du Roi Dagobert en 2003, avec pour mission de développer la vente de vin en bouteilles au sein d’une coopérative jusqu’alors axée sur la vente en vrac. Bernard Schaal prend alors son bâton de pèlerin pour faire la promotion des vins de la coopérative auprès de la grande distribution. En 2004, il est la cheville ouvrière d’une vaste opération de communication : dans 45 Super U d’Alsace a lieu en simultané une animation sur l’accord asperges et vins d’Alsace, animée par 45 viticulteurs adhérant à la cave. « Depuis, nous nous sommes pris au jeu et nous en faisons trois à quatre par an », indique Claude Jung, vice-président de la cave du Roi Dagobert et président de l’Union Alliance Alsace. À l’issue de sa 14e année passée à la direction de la cave du Roi Dagobert, il n’est donc pas exagéré de dire que Bernard Schaal a brillamment rempli la principale mission qui lui avait été confiée puisque les ventes en vrac et en bouteille sont rééquilibrées. Une évolution qui est passée par un travail mené avec les viticulteurs pour élaborer des vins de qualité, et par un travail sur l’image, quasiment inexistant jusqu’alors, et qui s’est notamment traduit par un renouvellement du packaging des vins de la cave. L’union fait la force - de vente Bernard Schaal a aussi été l’homme des investissements : dans un nouveau vendangeoir en 2006, dans un nouveau caveau en 2010, dans une nouvelle unité dédiée à l’élaboration des crémants : « Nous produisions 1,5 million de cols de crémant, désormais nous en produisons 2 millions. La nouvelle unité de production de crémant est donc déjà saturée. En effet, cet objectif, que nous nous étions fixé à cinq ans, nous l’avons atteint en un an et demi », commente Lionel Lécuyer, directeur de l’Union Alliance Alsace. Transition toute trouvée pour évoquer une autre facette de la carrière de Bernard Schaal : celle de rassembleur. En cherchant à développer la vente de vins en bouteilles, il s’aperçoit rapidement qu’il entre en concurrence avec des partenaires et clients, notamment la cave de Turckheim, qu’elle approvisionne en vrac. En 2006 débute une période de fiançailles entre les deux entités qui s’achève en 2012 par la création du GIE Union Alliance Alsace. L’objectif : « Vendre ensemble au lieu de nous concurrencer, profiter d’une force de frappe commune pour placer les bons vins aux bons endroits », résume Claude Jung. Le GIE consiste donc en une mise en commun de moyens, les deux coopératives restant indépendantes : les investissements sur chaque site sont financés par chaque coopérative. C’est l’outil de production qui est financé par l’Union, à raison de 5 M€ et 3 M€ injectés dernièrement respectivement à Traenheim et à Turckheim. Désormais, l’Union Alliance Alsace est le plus gros metteur en marché de vins d’Alsace à avoir le statut de récoltant, ce qui lui interdit d’acheter du raisin de l’extérieur pour combler un éventuel manque de volume. D’ailleurs, l’Union est labellisée AgriConfiance, les coopérateurs sont donc également engagés dans la démarche, ce qui est vérifié par des audits internes et externes. Développer les marques, conquérir Strasbourg Après avoir été le bras droit de Bernard Schaal et après un interlude jurassien de huit années, Christophe Botté (lire notre portrait en page 2) retrouve donc une cave du Roi Dagobert métamorphosée : « En huit ans, les équipes n’ont pas chômé. Je découvre une entité qui a changé de dimension, avec un nouveau caveau, une spécialisation des sites de production, grâce à des investissements significatifs de près de 15 M€. Ce que je retrouve, ce sont les valeurs humaines, tant au niveau des sociétaires que des salariés de la cave, où règne une véritable culture d’entreprise », commente Christophe Botté. Ce dernier inscrit ses orientations dans la continuité de celles de son prédécesseur : faire tourner les outils de production, que ce soit en crémant ou en vin tranquille, le caveau, travailler les marques qui sont « l’avenir de l’entreprise ». Et puis la cave du Roi Dagobert ambitionne de se saisir d’un « marché d’envergure qui nous tend les bras », c’est-à-dire celui de Strasbourg. Certes, l’Union Alliance Alsace y est déjà représentée puisque les vins de la cave du Roi Dagobert sont référencés à la Nouvelle Douane. Mais d’autres canaux sont envisageables et envisagés, comme l’ouverture d’un magasin.

Publié le 26/10/2016

Les agriculteurs de Duttlenheim ne veulent pas entendre parler d’une aire de service du GCO sur leur ban. Ils l’ont fait savoir lundi dernier devant la mairie de la commune.

« Non à l’aire de service », « Duttlenheim = poubelle du Bas-Rhin », « Que disent nos élus ? » : les slogans s’inscrivent en lettres blanches sur trois bâches noires barrant la façade de la mairie de Duttlenheim, ce lundi 24 octobre. À l’occasion du passage du commissaire-enquêteur à la mairie, les agriculteurs de la commune se sont mobilisés. Les représentants locaux de la FDSEA, rejoints par des membres de la Coordination rurale et par des militants des associations regroupées dans le collectif GCO Non merci, veulent faire entendre leur voix. « Nous refusons les 20 ha de l’aire de parking et de stationnement », lance Roland Schweitz. « La commune a déjà été remembrée lors de la connexion VRPV-A35, du coup les 20 ha de l’aire de service viendraient directement impacter les agriculteurs sans mutualisation possible, c’est inacceptable, explique Philippe Buchmann, délégué local FDSEA de la commune de Duttlenheim. Les enquêtes parcellaires dépassent largement le projet initial dont nous avions connaissance, les agriculteurs sont inquiets, c’est pourquoi nous venons dire aujourd’hui notre mécontentement à la commissaire enquêteur. » Sylvain Metz, président de l’Association pour la qualité de vie à Duttlenheim (ADQV), énumère la liste des cultures menacées par le projet de GCO, contre lequel se bat l’association. « C’est toute une agriculture traditionnelle à laquelle nous sommes attachés qui risque de disparaître », dit-il. Il dénonce la destruction du patrimoine, les atteintes à la qualité de l’air et les nuisances sonores que générerait le GCO. Depuis le raccordement de l’A35 à la VRPV, les habitants du village ne peuvent plus dormir la fenêtre ouverte, constate le président de l’ADQV, alors qu’en serait-il avec un nouvel axe routier sur le ban communal ? « On ne sait rien de concret » Les intervenants dénoncent tour à tour le coût du projet, son inutilité pour désengorger Strasbourg, le processus de consultation du public, qu’ils considèrent comme « une mascarade ». Tout en réitérant la volonté des agriculteurs d’une suppression de l’aire de service, Roland Schweitz pointe du doigt le manque d’information concernant cet aménagement. « On ne sait rien de concret. Il faut avoir le projet sous le nez pour en juger. Et la position des politiques ? Il faut la connaître. » Christian Goepp, membre de l’ADQV et du conseil municipal de Duttlenheim, informe que le collectif GCO Non merci s’est entouré d’une équipe de juristes. Un recours juridique est en cours, ouvert aux seuls propriétaires. Il invite les personnes concernées à s’inscrire sur une liste, dans le but de déposer un recours devant le tribunal administratif.

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