Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Arvalis-Institut du végétal, Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA Grand Est)
Le rendez-vous des irrigants
Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Arvalis-Institut du végétal, Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA Grand Est)
Publié le 21/02/2017
Organisé à Offendorf, Fessenheim et à Ebersheim les 6, 7 et 9 février, le premier rendez-vous des irrigants a attiré plusieurs centaines d’agriculteurs de la région. L’occasion de s’informer sur la réglementation, mais également sur de nouvelles méthodes de travail.
Pour irriguer, il faut que les conditions météorologiques le nécessitent. Et, sur ce point, l’année 2016 a été particulièrement atypique. Pour le blé, après un printemps frais et humide, il n’y a pas eu besoin d’irriguer. Les rendements moyens en Alsace ont été de 51 quintaux. Pour le maïs, l’humidité pendant les semis a posé de nombreuses difficultés. Mais, après une grosse période pluvieuse, la sécheresse a nécessité, à partir de début juillet, une irrigation jusqu’au mois de septembre. Les rendements moyens ont été de 100 q tous secteurs confondus. Mais, l’irrigation a été variable selon les secteurs. Elle a souvent démarré dans les sols superficiels, puis dans les sols plus profonds. Il a fallu entre quatre et dix tours d’eau selon les secteurs géographiques. Pour le soja, la même période de sensibilité que pour le maïs, de début juillet à fin août, a requis des besoins en eau inférieurs. Pour informer les agriculteurs, le « Flash Irrigation » est désormais un outil d’aide à la décision particulièrement utile et performant. Il informe de la météo et du besoin en eau par culture (réel et prévisionnel), propose un réseau de suivi tensimétrique et donne le conseil du moment par secteur et par type de sol tout en assurant un suivi sur l’humidité du maïs en fin de saison. Pour s’abonner, il faut, au préalable, adhérer au « Pack Essentiel ». 88 % de l’irrigation vient de la nappe phréatique Concernant la philosophie générale de l’irrigation, en Alsace, elle ne pose aucune difficulté « morale » dans la mesure où 88 % de l’approvisionnement vient de la nappe phréatique, 9 % des canaux de la Hardt alimentés par le Rhin, 3 % des rivières vosgiennes gérées par des syndicats d’eau. « Il n’y a pas de soucis de quantité d’eau en Alsace », a-t-on précisé. En revanche, les agriculteurs peuvent influer sur les coûts de leur irrigation car en moyenne, l’énergie représente 50 % de la charge d’irrigation. « Les paramètres qui influencent cette consommation énergétique concernent les caractéristiques de la station de pompage (niveau de l’eau, performances de la pompe), les canalisations d’amenée d’eau (diamètre, longueur, matériaux, coudes) et l’enrouleur (longueur, diamètre, pression au canon, débit). Le débit est donné par le diamètre de la buse et la pression de service ; l’augmentation de pression va créer des gouttelettes qui vont accentuer la sensibilité au vent. Concernant les pertes de charges ou de pression, il faut distinguer les pertes singulières (coudes, vannes) et les pertes linéaires (frottement dans les conduites) qui vont dépendre du diamètre. Plus il sera petit, plus la perte de charge sera importante. Elles vont également dépendre de la longueur d’amenée, mais également du débit », explique Jonathan Dahmani, conseiller irrigation à la CAA. Il y a une grande variabilité en fonction du système d’irrigation utilisé. La Chambre a ainsi mené une série de tests pour connaître la différence de coûts. Quatre systèmes ont été étudiés : enrouleur avec énergie thermique, enrouleur avec énergie électrique, pivot une rampe avec énergie thermique et pivot une rampe avec énergie électrique. Lorsque la ressource est non limitante comme en Alsace avec la nappe phréatique, il faut s’interroger sur le choix et le type de buse de l’enrouleur. Enfin une pompe ou un moteur fatigué a beaucoup plus d’influence sur la consommation que la cylindrée. Redevance sur l’eau Concernant les points réglementaires, à Ebersheim, le secrétaire général de la Fdsea du Bas-Rhin Gérard Lorber a précisé les contours réglementaires de la redevance pour l’eau. « Elle a été mise en place il y a longtemps et elle est régie par la loi sur l’eau. Un arrêté précise que toute personne qui pompe de l’eau est censé la mesurer. Il fallait donc une mesure de captage direct. Les compteurs horaire ou volumétrique sont autorisés sauf pour les rivières. Il y a également obligation pour les exploitants de tenir un registre. Les compteurs qui ont plus de neuf ans sont à changer pour la campagne 2018 ». Enfin, Patrice Denis et Jonathan Dahmani ont évoqué la directive Nitrates dans le cadre du cinquième programme, spécifiquement sur la couverture des sols.












