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Sia. Défilé des animaux du Grand Est

Un échantillon d’agrobiodiversité

Publié le 03/03/2017

De l’imposant gabarit des ardennais aux petits shetlands, des très typées laitières prim’holstein au caractère mixte des simmental et des vosgiennes, en passant par les texel et les île de France, la diversité des animaux élevés dans les fermes du Grand Est a été mise en avant dans un défilé hétéroclite.

On est loin des standards du mannequinat humain. Dans ce défilé agricole, tous les gabarits sont permis : gros, gras, petit, trapu, puissant, élégant… La région Grand Est ne jouit pas d’une réputation de terre d’élevage aussi affirmée que celle de la Bretagne ou de la Normandie, néanmoins, « elle produit de vraies réussites et bénéficie d’un potentiel énorme en matière d’élevage que le Conseil régional a vocation à développer », indique Philippe Richert, président du Conseil régional. Régulièrement, des animaux issus de la région Grand Est arrivent sur les plus hautes marches des concours de race organisés au Sia et ailleurs. Des performances qui font la fierté de Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est, et lui-même éleveur. Deux berceaux de race Les premières représentantes du savoir-faire des éleveurs du Grand Est étaient deux prim’holstein, une meusienne et une mosellane, suivies de deux simmental, une meusienne et une haut-marnaise. Ce qui a permis au public de bien différencier les caractéristiques des races laitières et mixtes. La région Grand Est abrite deux berceaux de race : celui de la race bovine vosgienne, et celui de la race de cheval de trait ardennais, toutes deux étant des races à petits effectifs. Les vosgiennes étaient représentées par deux vaches alsaciennes, et les ardennais par deux juments, une alsacienne et une ardennaise. Ces deux imposantes juments étaient suivies de trois représentants de la race de poney shetland, un des plus petits équidés du monde, puis de deux races ovines bouchères un spécimen texel, originaire des Ardennes, et un spécimen île de France, originaire de la Marne. Découvrez ou revivez ce défilé en images !  

Salon international de l’agriculture. Inauguration du stand de la région Grand Est

Une région agricole d’excellence et qui doit le rester

Publié le 03/03/2017

En unissant les atouts agricoles des régions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne sous une bannière commune Grand Est, la réforme territoriale a placé l’agriculture au rang d’acteur économique régional majeur. L’inauguration du stand de la région Grand Est au Salon international de l’agriculture a été l’occasion, pour ses responsables, de réaffirmer leur volonté de soutenir un secteur mis à mal par une succession de crises.

« Grand Est, Terre d’innovation ». Tel est le thème que la région Grand Est et la Chambre régionale d’agriculture Grand Est (Crage) ont choisi de développer sur leur stand, situé dans le hall 3 du Salon international de l’agriculture. « Ce salon, c’est l’occasion de valoriser toutes les productions agricoles de la région », souligne Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est. Pour ce faire, le stand réunit plus de 80 producteurs, répartis sur 44 stands, occupant 600 m2. À cela s’ajoute le stand prestige (125 m2), comprenant un accueil touristique commun à l’Agence d’attractivité d’Alsace, au Comité régional du tourisme de Champagne-Ardenne et au Comité régional du tourisme de Lorraine, ainsi qu’un espace de dégustations culinaires animé par des producteurs, des lycées hôteliers et des chefs réputés. Et trois restaurants servant des spécialités régionales. En tout, 1 155 m2 pour représenter les 3 Mha de SAU d’une région grande comme un État. Un sacré défi donc, porté par la profession agricole, et pour lequel la Région a apporté un appui financier, avec un budget de 400 000 €, et organisationnel, précise Philippe Richert, président de la Région Grand Est. Un acteur économique qui pèse Chaque jour, l’espace de dégustations culinaires met à l’honneur les produits sous signes officiels de qualité, les produits des exposants, les accords mets et vins, ainsi que les produits sucrés, en partenariat avec le Centre d’études et de documentation du sucre (Cedus). Une manière de mettre en avant le poids de l’économie sucrière dans le Grand Est, où les betteraves couvrent 91 200 ha (24 % de la surface betteravière française), sont plantées par 5 350 planteurs (20 % de l’effectif national) et transformées par cinq sucreries qui produisent 1,3 Mt de sucre, soit le quart de la production française. Outre ce stand, l’agriculture régionale était représentée au Sia via les concours généraux agricoles des animaux et des produits (lire en encadré) ce qui, pour Philippe Richert, démontre la dynamique de la région : « Le Grand Est est une région agricole d’excellence. Le poids économique de l’agriculture y est important. Et, derrière cela, il y a des hommes et des femmes qui luttent pour l’excellence des produits. » Une politique agricole régionale en quatre axes Pour accompagner ces efforts, la Région déploie une série de mesures visant à atteindre plusieurs objectifs que Philippe Mangin, vice-président du Conseil régional, détaille : « Depuis 14 mois que nous sommes élus, nous nous efforçons de tracer les grandes lignes de ce que sera l’agriculture régionale de demain. Nous ne voulons pas d’actions de saupoudrage qui satisferaient le plus grand nombre mais ne donneraient pas d’orientations claires pour une agriculture d’avenir. » L’action du Conseil régional en matière agricole s’organise donc autour de quatre axes. La compétitivité d’abord. Il s’agit là de moderniser tous les maillons de la chaîne alimentaire en soutenant les investissements dans les exploitations agricoles et dans les autres maillons. Dans cet axe, le Conseil régional soutient plus particulièrement l’élevage : 11 M€ ont été attribués aux investissements dans les élevages en 2016. « Le budget primitif était de 5 M€ », rappelle Pascale Gaillot, responsable de la Commission agricole, pour appuyer l’effort consenti par la Région. Le deuxième axe de travail concerne les marchés, et plus particulièrement les mesures qui doivent permettre d’améliorer les performances à l’export de la région, ou, au moins, de faire en sorte qu’elles ne se dégradent pas. Et de favoriser les marchés de proximité, les circuits courts, la création de valeur ajoutée par la montée en gamme et les signes de qualité. Le troisième axe de travail concerne l’innovation : « Dans les cinq prochaines années, l’agriculture va vivre une nouvelle révolution liée à l’arrivée des nouvelles technologies, de la robotique dans les exploitations agricoles. Ces avancées vont nous permettre de gagner la bataille du bien-être animal et de l’écologie car elles vont nous permettre d’être plus précis », estime Philippe Mangin. Encore faut-il que les générations d’agriculteurs se renouvellent. C’est l’objet du quatrième axe de travail que se fixe la Région : l’installation. « Nous devons continuer à soutenir les jeunes qui veulent s’installer en agriculture en étant plus ouverts à la diversité des jeunes candidats et à leurs projets. » En effet, de nouveaux modèles d’installation émergent, exigeant de « sortir des sentiers battus » pour être accompagnés. Pour avancer dans la bonne direction sur tous les axes de travail, Philippe Mangin revendique « un principe de coconstruction » avec les acteurs de la profession. Gérer la crise : dans l’urgence et sur la durée 2016, année de gestation de ce premier stand régional commun au Sia, a été « une année exceptionnelle de désarroi et de détresse pour les agriculteurs », rappelle Jean-Luc Pelletier, qui salue d’autant plus la présence des exposants et, notamment des éleveurs, pour qui venir au salon avec des animaux « représente plusieurs mois de travail et une contrainte supplémentaire ». « Dès le mois d’août, la Région a compris l’ampleur de la situation et a réagi en annonçant des moyens et en déléguant la mission d’accompagnement des agriculteurs aux Chambres d’agriculture qui ont créé les cellules Réagir », rappelle-t-il. Désormais, ces cellules sont opérationnelles, l’enjeu est « de toucher un maximum d’agriculteurs, afin d’éviter le pire », indique le président de la Crage, tout en regrettant qu’il y ait encore des agriculteurs en situation difficile qui ne se fassent pas connaître. Une crise économique et identitaire Pour Philippe Mangin, la crise qui frappe actuellement le monde agricole, « sans précédent par son ampleur », est tant économique qu’identitaire : « Les agriculteurs souffrent d’un manque de lisibilité ». La Région s’est rapidement mobilisée pour accompagner les agriculteurs vers une sortie de crise durable. Après la création d’un fond d’urgence de 5 M€, il s’agit désormais de suivre l’évolution de la situation, en collaboration avec les cellules Réagir et de « faire perdurer cette action afin d’aider les filières à se structurer. Nous tiendrons nos engagements car ces difficultés exigent des moyens pour que l’agriculture régionale continue à se développer et à rayonner », affirme Philippe Richert. Mais Philippe Mangin prévient : « La Région ne pourra pas tout toute seule ». Et de dénoncer l’immobilisme de l’État, en particulier du ministre de l'Agriculture. Philippe Mangin dénonce pêle-mêle le manque de crédits pour l’agriculture biologique, d’avancées sur le rééquilibrage des rapports entre l’amont et l’aval des filières… Des difficultés confirmées par Philippe Richert : « Les fonds européens tels que le Feader, le Leader présentent des retards chroniques qui impactent lourdement la gestion des territoires ruraux. » Néanmoins, pour Philippe Richert, la forte progression de l’agriculture biologique sur le territoire en 2015 et en 2016 démontre la capacité de l’agriculture régionale à relever des défis. Relever le défi de l’innovation Stéphane Fratacci, préfet de la région Grand Est, a assuré que les services de l’État sont mobilisés face aux difficultés de l’agriculture et le seront encore. Faisant référence au thème choisi pour cette édition du salon, « Grand Est, Terre d’innovation », il a dit sa conviction que l’agriculture régionale saura relever le défi de l’innovation grâce à la mise en œuvre de pratiques agricoles innovantes, à ses fermes de références, à ses stations d’expérimentation qui créent une « dynamique féconde ». Prochaine étape : « Développer de nouvelles façons d’apprendre et d’enseigner ». Pour que les innovations se muent en traditions.

Agriculture biologique en Alsace

Le choix de la conversion bio

Publié le 02/03/2017

L’agriculture biologique alsacienne connaît une progression à deux chiffres tant à la production qu’à la consommation. Mais pour l’heure, les aides à la conversion décidées par l’État n’arrivent plus depuis 2015.

La production bio alsacienne, tous secteurs confondus, a doublé depuis 2008, et va encore doubler d'ici 2020. Elle couvre globalement 7 % des surfaces agricoles. Mais si l’on en juge la faible présence des grands représentants de l’État et des collectivités à l’assemblée générale de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologie en Alsace (Opaba) qui se tenait à Muttersholtz le 21 février, l’on s’interroge s’ils ont pleinement pris la mesure « des aspirations sociétales et également des services rendus par l’agriculture biologique à l’ensemble de la société », souligne Julien Scharsch, président de l’Opaba. « Consommation de produits bios : + 15 % en 2015 et + 20 % sur 2016 » Quant à la production bio, elle a doublé depuis huit ans et devrait doubler d'ici 2020, sans pouvoir toutefois répondre à la demande. Car c’est bien du côté de l’accompagnement des pouvoirs publics que le problème se pose. « Très concrètement, il y a aujourd’hui de grosses difficultés sur les aides conversion et maintien au bio, les soldes de 2015 ne sont pas versés, les dossiers de 2016 ne sont pas instruits. Et en Lorraine et Champagne-Ardenne, nous n’avons aucune visibilité sur l’année 2017 pour les fermes qui souhaitent se convertir », explique Julien Scharsch. « Cela ressemble davantage à du bricolage qu’à une réelle politique agricole de progrès. » L’interview de Julien Scharsch Les chiffres des conversions en Alsace : 55 nouvelles fermes en 2016, 24 000 ha, soit doublement en 8 ans, et 660 fermes certifiées. Il faut donc le moral et une certaine dose de conviction pour se lancer. En guise de témoignage, l’assemblée générale permettait ensuite de rencontrer la famille Adam de la ferme la Coccinelle à Witternheim, producteurs de lait tout récemment convertis et qui viennent d’investir 800 000 € dans une étable. Témoignages : ferme de la Coccinelle à Witternheim, dans le centre Alsace          

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