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Publié le 02/02/2017

Le 19 janvier, Hervé Wendling, président du syndicat ovin d’Alsace depuis 2009 et président du Comité d’orientation ovin régional (C2OR) Nord-Est, a été élu président de la section ovine de la FRSEA Grand Est et administrateur FNO. Deux nouveaux mandats qu’il compte mettre à profit pour porter encore plus haut une filière en plein essor, et qui se structure au niveau de la nouvelle grande région.

EAV-PHR : Quelles ont été les conséquences de la réforme territoriale sur la filière ovine ? Hervé Wendling : Elle s’est traduite par la mise en place d’un Comité d’orientation régional élevage (Corel), spécifique à la filière ovine. Ce comité regroupe les techniciens ovins des Chambres d’agriculture, les organismes de producteurs et les présidents des syndicats de producteurs des dix départements de la nouvelle grande région. L’objectif de ce comité est de travailler sur les demandes et l’avenir de la filière, notamment à travers un contrat de filière. Et puis d’une section ovine au sein du Corel, ce qui fait que nous sommes désormais entendus, ce qui n’était pas forcément le cas avant. L’Alsace représente 1 % du cheptel ovin français, la région Grand Est 10 %. EAV-PHR : Le contrat de filière vise notamment à améliorer les performances des éleveurs. Par quels leviers ? HW : Tout d’abord par la mise en place d’un plan génétique, qui permettrait d’améliorer les troupes, pour produire plus d’agneaux. Car dans notre région, l’amélioration de la rémunération passe obligatoirement par l’amélioration de la productivité. Ce plan génétique vise donc à favoriser l’achat d’agnelles qualifiées dans le but d’apporter plus rapidement des améliorations que par la voie mâle. En Alsace plus particulièrement nous allons nous orienter vers l'achat d’agnelles prolifiques et désaisonnalisables, pour pouvoir vendre des agneaux à nos clients toute l’année. De telles agnelles ont un coût, environ 150 € à 5 mois. Et les agnelles classiques se vendent assez bien en ce moment. Donc les éleveurs ont tout intérêt à les vendre et en acheter d’autres, plus prolifiques. Ce plan génétique sera ouvert à tous les éleveurs du Grand Est, mais sera conditionné par la réalisation préalable d’une étude par un technicien ovin, afin d’évaluer les besoins de l’élevage. La priorité sera donnée aux Jeunes Agriculteurs et aux nouveaux installés, puis sera fonction de l’état initial du troupeau. L’évolution des performances de l’élevage sera suivie pendant au minimum trois ans. L’amélioration de la génétique passe aussi par l’achat de bons béliers, issus de sélectionneurs, pour que l’investissement soit fructueux. Le montant de l’enveloppe régionale allouée à ce plan devrait être finalisé dans les jours à venir. Nous avons aussi la volonté d’argumenter pour conserver une part de l’enveloppe allouée au Plan bâtiment. Et nous aimerions que des investissements dans un couloir de contention ou une cage de contention puissent être subventionnés d’une manière ou d’une autre. En fait c’est déjà le cas, par la Mutualité sociale agricole ou la Caisse d’assurance-accidents agricole, mais pas dans tous les départements. Il n’existe pas de dispositif au niveau régional. Abaisser le seuil de déclenchement de la subvention dans le cadre du Plan bâtiment sous la barre des 15 000 € pourrait être une solution. EAV-PHR : Le contrat de filière comprend également une incitation à l’installation de nouveaux éleveurs ovins ? Comment comptez-vous vous y prendre ? HW : Nous devons parler de notre métier, nous faire voir, nous faire entendre. Nous n’avons pas à rougir par rapport aux autres filières. Nous évoluons actuellement dans un contexte plutôt favorable, qui nous permet de redynamiser la production. Et, personnellement, je suis confiant dans l’avenir puisque l’élevage ovin français ne subvient même pas à 50 % de la consommation française. Il y a donc encore de quoi faire ! La demande est là, même si la consommation de viande d’agneau baisse progressivement. Mais cela relève davantage d’un travail des professionnels de la boucherie sur la consommation de viande d’agneau. Il y a des bouchers qui savent très bien la vendre, qui proposent autre chose que du gigot ou de l’épaule, par exemple des steaks de gigot d’agneau, cuits en quelques minutes, et d’autres pas. Pourquoi pas organiser des dégustations en GMS ? On y réfléchit car c’est le meilleur moyen de donner envie de manger de la viande d’agneau. Mais cela demande de l’implication de la part de tous les éleveurs. En tout cas la communication sur notre produit fait partie intégrante du contrat de filière. Nous voulons aussi travailler davantage avec l’enseignement agricole. Nous organisons déjà les Ovinpiades des jeunes bergers. C’est une opération qui fonctionne, qui attire des jeunes vers la production ovine, mais ça n’est pas suffisant. Certains départements sont dotés de lycées spécialisés dans l’élevage ovin. Ne serait-il pas envisageable de créer des spécialités ovines dans tous les lycées, et de délocaliser les étudiants pour une partie de leurs études dans ces lycées spécialisés ? Pourquoi pas aussi constituer une petite troupe à Obernai ou à Rouffach, ne serait-ce que pour entretenir les espaces verts et sensibiliser les élèves à cette production. Car l’élevage ovin peut très bien s’envisager comme un atelier complémentaire pour un céréalier alsacien. Il suffit d’avoir un cheptel de 150 à 200 moutons et de leur faire pâturer les engrais verts. Un système qui permet aussi de valoriser la paille, de bénéficier d’une fertilisation organique, et de la plus-value générée par la vente d’agneaux. EAV-PHR : Tout comme la planification de la production. En quoi consiste-t-elle ? HW : C’est quelque chose qui existe déjà. En début d’année, chaque éleveur qui déclare ses brebis pour la prime ovine doit aussi déclarer son niveau de production estimé, mois par mois, pour l’année à venir. Ces informations sont centralisées au niveau national et devraient théoriquement servir à gérer le marché. Mais cela ne fonctionne pas très bien car dans certaines régions des éleveurs attendent le dernier moment pour vendre leurs agneaux en espérant une hausse des cours. Au final tous les agneaux sortent en même temps, cela déstabilise les centres d’allotement, plombe le marché et entraîne une baisse du cours de l’agneau. Le dispositif ne portant pas ses fruits, il gagnerait à être amélioré. Car au niveau de l’association Agneau Terroir d’Alsace, le fait de pouvoir fixer en interne le prix de l’agneau à l’année constitue un confort de travail certain. EAV-PHR : La présence du loup sur le territoire de la région Grand Est peut-elle pénaliser la dynamique actuelle ? HW : Le loup constitue en effet un sérieux problème, qui est géré au niveau national, avec des mesures qui ne font que repousser le problème sans le résoudre, malgré tout l’argent et le temps qui est injecté dans ce dossier. Et puis je trouve que le préjudice moral infligé aux éleveurs n’est pas suffisamment pris en compte. On dit que le loup ne cause pas de victimes humaines. C’est faux, le loup a déjà conduit des éleveurs au suicide. Pour moi c’est inadmissible. Et c’est incompréhensible que l’on s’évertue à vouloir faire cohabiter loup et élevage ovin. C’est impossible. EAV-PHR : Vous êtes aussi président du Comité d’orientation ovin régional (C2OR) Nord-Est. Quel est le rôle de cette structure ? HW : Cette structure, qui existe depuis une dizaine d’années, regroupe à peu près les mêmes acteurs que le Corel, mais son périmètre d’action est le quart nord-est de la France, soit la région Grand Est, plus la Picardie et la Franche-Comté. C’est une émanation de la Fédération nationale ovine (FNO) qui définit notamment les actions mises en place au sein du programme Inn’Ovin de reconquête ovine. Dans ce cadre, les actions menées en 2016 vont être reconduites en 2017. Nos objectifs restent les mêmes : plus 10 % d’agneaux produits à l’horizon 2020, renouveler les générations, organiser les Ovinpiades et trouver des financements pour les actions de la filière EAV-PHR : Finalement la région Grand Est constitue donc un atout pour l’élevage ovin ? HW : Je pense qu’il faut mettre en commun les atouts de tous les départements et en faire profiter un maximum de personnes. Il faut prendre la grande région comme un atout, et non comme un frein. Notre objectif est d’être solidaires, de créer une dynamique. La nouvelle grande région nous a permis de bénéficier d’un poste d’administrateur supplémentaire au niveau national. À nous de créer désormais un noyau fort.

Interprofession des fruits et légumes d'Alsace

Endives d’Alsace : belles à croquer !

Publié le 01/02/2017

L’endive est l’un des légumes préférés des Français. La filière alsacienne compte trois entreprises qui viennent de créer un packaging spécial pour valoriser leur production, sous la bannière de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace.

Crue, elle est croquante, cuite elle est fondante. Pas besoin d’être ch’ti pour aimer l’endive ! C’est le sixième légume le plus consommé en France, avec un peu plus de 5 kg par ménage et par an. Le climat de notre province, avec ses pics de température en été, ne se prête guère à sa culture. En revanche, trois maraîchers alsaciens se sont spécialisés dans la production de chicons par forçage hydroponique, à partir de racines cultivées dans le nord de la France : la SARL Burgaentzlen à Colmar, l’EARL Endival à Bourgheim et l’EARL Friess à Rohr. Les trois producteurs, Robert Burgaentzlen, Angèle Gloeckler et Rémy Friess, étaient présents autour de Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, le jeudi 26 janvier à Bourgheim, pour mieux faire connaître ce légume peu banal, ses vertus diététiques et les mille et une façons de le préparer.   Le saviez-vous ? L’endive ne se trouve pas à l’état naturel. Issue de racines de chicorée sauvage améliorée, elle pousse sur des racines au chevelu impressionnant. Une fois récoltées, celles-ci sont stockées en chambre froide à + 2 °C. Puis elles sont repiquées dans l’obscurité et dans une atmosphère chaude et humide. C’est la technique du « forçage » qui permet d’obtenir des bourgeons bien blancs, très compacts et dépourvus d’amertume (communément appelés « chicons » dans le Nord). La France est le premier producteur et exportateur d’endives, devant les Pays-Bas et l’Italie. 21 jours en salle de forçage À Bourgheim, Angèle Gloeckler a repris les rênes de l’EARL Endival, créée en 1979 par son père, Michel Gloeckler. Elle a expliqué les différentes étapes de la production des endives et présenté son entreprise, qui s’apprête à faire un gros investissement pour automatiser partiellement le triage des racines avant leur placement en chambre de forçage, dans l’obscurité totale. L’EARL Endival en commercialise 500 tonnes par an. La production s’étale sur toute l’année, avec une période de forte production entre mars et septembre. Il faut 21 jours pour obtenir des chicons bien ventrus, aux belles feuilles blanches ourlées de jaune. Les racines sont alignées dans des bacs galvanisés et placées dans une salle climatisée à 18 °C et 80 % d’hygrométrie, dans un bain d’eau à 19 °C. L’eau coule sur les bacs empilés sur sept rangées et est récupérée dans une gouttière avant d’être réinjectée en haut de la pile. Cette eau est enrichie en oligoéléments et en potasse pour favoriser la pousse. Après trois semaines, les bacs sont dirigés vers une chaîne où les chicons sont séparés des racines avant d’être empaquetés et directement envoyés dans les magasins, le plus souvent dans la même journée.

Syndicat viticole de Cernay et environs

3e taille solidaire chez Christian Schneider

Publié le 29/01/2017

Jeudi 19 janvier, sur les hauteurs de Uffholtz, une douzaine de membres du syndicat viticole de Cernay et environs ont taillé des parcelles de vignes de Christian Schneider, un confrère en convalescence depuis trois ans.

Prévue initialement en décembre, cette demi-journée de taille a finalement été reportée à janvier, mais pas n’importe quel jour : celui de l’anniversaire de Christian Schneider, né le 19 janvier 1962. Ce vigneron pluriactif, apporteur de raisin et membre du conseil d’administration de la cave du Vieil Armand, a été hospitalisé il y a trois ans, le jour de Pâques, pour un accident cérébral. « C’est vraiment de l’entraide, de l’amitié. On ne veut pas laisser quelqu’un dans l’embarras, explique Peggy Bollinger, viticultrice solidaire. On ne sait jamais, on peut avoir un coup dur soi-même et on sera content si des collègues viennent nous aider. C’est quoi une demi-journée en cette période ? On peut tous donner une demi-journée pour aider quelqu’un qu’on connaît bien et qui a toujours eu le cœur sur la main. » L’un des frères de Christian, Raymond, est ému de ce bénévolat convivial : « Cela fait trois ans et il y a encore des personnes qui prennent de leur temps pour venir nous aider. » Il comptait, cet après-midi-là, tailler une cinquantaine d’ares en pinot gris et pinot blanc. Pour le reste, il fera appel à un prestataire. Christian Schneider vit aujourd’hui dans un centre d’hébergement pour personnes dépendantes à Mulhouse, les revenus de sa vigne lui servent en partie à payer celui-ci. Ses amis lui présenteront un reportage photo de l’événement et seront invités par la famille, en retour, à partager un repas tous ensemble.  

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