A la une

Publié le 12/01/2017

En plein cœur d’un vrai hiver, froid et neigeux, rien de tel que de se laisser tenter par des plats revigorants. Lassés par la choucroute, la potée et autres pot-au-feu ? Essayez le navet salé, et laissez libre cours à votre imagination, il vous le rendra bien !

Le navet salé, encore une spécialité alsacienne qui gagne à être connue ! Les premières descriptions de fabrication de navets salés en Alsace remontent à 1539. Comme pour la choucroute, la mise en fermentation anaérobie en saumure de lanières de navets visait alors à accroître leur durée de conservation. Se faisant, le légume se charge en micro-organismes bénéfiques à la digestion. Mais attention, tous les navets ne sont pas dignes d’accompagner palette fumée et autres jambonneaux dans la traditionnelle recette de la potée colmarienne. Il doit impérativement s’agir du Stupfelruewe, le navet blanc globe à collet violet, une souche locale dont les semences n’existent pas dans le commerce - marché de niche oblige - et qu’il revient donc aux producteurs de multiplier pour maintenir vivace cette tradition locale. Des saveurs et des textures à explorer Si jusqu’au siècle dernier le navet salé avait encore une place de choix sur les tables alsaciennes, il a été peu à peu oublié, occulté par le succès de sa consœur la choucroute, mais aussi et surtout par la mondialisation de notre alimentation. Aujourd’hui, une dizaine d’agriculteurs cultivent une quarantaine d’hectares de navets salés, avec un rendement moyen de 25 t/ha, soit 850 t de navets produits chaque année, qui donneront 300 t de produit fini. Seules trois entreprises familiales perpétuent le savoir-faire de la transformation du navet en navet salé : la choucrouterie Adès et fils à Krautergersheim, la choucrouterie Speisser et fils à Geispolsheim et la choucrouterie Claude à Chavannes-sur-l’Étang. Les navets arrivent dans ces entreprises bruts, ils sont ensuite épluchés, coupés en lanières, mis en cuve où ils sont salés et laissés dix jours à fermenter avant d’être conditionnés. En 2014, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et les producteurs ont d’ailleurs lancé un nouveau packaging destiné à donner un coup de jeune à ce produit historique. Ce petit seau carré, pratique à transporter avec son anse, contient 1 kg de navet salé, une quantité adaptée à une petite famille, et comporte au dos la recette traditionnelle, ne requérant que 20 minutes de préparation, 7 minutes de cuisson, mais 2 h 30 d’attente, le temps de laisser tous les ingrédients confire doucement ! Mais le navet salé se décline à l’envi. Lors du lancement officiel de la campagne, mardi 10 janvier à Bindernheim au sein de l’EARL Roland Jaeg (lire en encadré), Olivier Paclet, expert culinaire à Sodexo, en a fait la démonstration avec un velouté de navet et son écume de lard virtuel, des samoussas de navet salé, du navet salé façon spaghetti carbonara, une tourte au navet salé végétale, des navets salés façon céleri rémoulade… Cette année, Sodexo s’engage à servir des navets salés dans ses restaurants alsaciens. Une demi-tonne en a été précommandée, et n’attend plus qu’à être accommodée afin de donner envie aux consommateurs d’en acheter eux-mêmes. Autre outil de communication : l’image de Delphine Wespiser, utilisée tant sur les réseaux sociaux, que sur les affiches ou au moyen de spots radio.  

Comptoir agricole

Accompagner les adhérents

Publié le 09/01/2017

Une moisson de blé pléthorique, des surfaces et des rendements de maïs en net recul. La campagne 2015-2016 a été marquée par une météo erratique qui a eu des répercussions sur l’activité du groupe Comptoir agricole. L’assemblée générale du mercredi 21 décembre à Schiltigheim a été l’occasion de se replonger dans ce scénario inédit.

Cette année-là, le groupe Comptoir agricole collecte 874 000 tonnes de céréales, contre plus d’1 million de tonnes en 2014. Le tonnage de blé collecté progresse de 16 %, frôlant les 240 000 t, celui du maïs chute de 24 % pour atteindre 806 000 t. Les autres productions totalisent 20 000 t, le colza représentant à lui seul 9 540 t (+ 4 %). Le rendement moyen du blé s’établit à 80 q/ha en 2015 contre 74 q/ha en 2014 (+ 8 %) dans le Bas-Rhin, à 84 q/ha contre 82 q/ha dans le Haut-Rhin. Le maïs atteint à peine 92 q/ha en 2015 contre 111 q en 2014 dans le Bas-Rhin, les rendements haut-rhinois s’élevant à 112 q/ha en 2015 contre 120 q/ha en 2014. Les surfaces de maïs baissent de 6 à 7 % selon les départements ; à l’inverse, celles du blé sont en progression. Les performances de la coopérative ayant été largement débattues lors des assemblées de section, le président Marc Moser a choisi d’insister sur la dimension du groupe Comptoir agricole. Un groupe dont la coopérative est la maison mère, les principales filiales étant Gustave Muller, Eurépi, Viti.com et Eurappro, détenues à 100 %. Le groupe a également des participations dans Lorial, Floraly et Optisat et la SCI Synergie Alsace, propriétaire jusqu’à récemment du terrain et des murs de l’abattoir de Holtzheim. Son chiffre d’affaires frôle les 299 millions d’euros (M€), soit un recul de 12 M€ par rapport à l’exercice antérieur. La collecte et la commercialisation de céréales, activité qui constitue le cœur de métier du groupe, génèrent à eux seuls 165,50 M€. Les agrofournitures contribuent pour 86,40 M€ au chiffre d’affaires, les aliments du bétail pour 22,80 M€, les prestations pour près de 14 M€, un poste en nette diminution par rapport à l’année antérieure. Les filières représentent 19 M€, un chiffre d’affaires qui reprend des couleurs du fait de la montée en puissance de l’usine de semences de Marlenheim, mais aussi d’une meilleure valorisation des pommes de terre et du houblon. Un résultat en nette baisse La marge contributive passe de 54,40 à 49,20 M€, sous l’effet de la baisse de la prestation séchage et de la réduction des marges sur les activités céréales et approvisionnement, explique le directeur financier, Marc Belleil. Le résultat d’exploitation s’établit à 1,50 M€, le résultat final à 500 000 €, contre 3,10 M€ l’exercice précédent. « Ce résultat marque notre volonté d’accompagner nos adhérents en accordant des compléments de prix et en réduisant nos marges dans un marché particulièrement tendu », souligne le directeur général, Denis Fend. Le bilan fait apparaître 223 M€ d’actifs immobilisés et 135,90 M€ de capitaux propres. « Après trois années de gros investissements, on revient à des niveaux d’investissement standards, avec 5,60 M€ », précise encore Marc Belleil. L’effectif du groupe est en hausse, grâce notamment au développement de la filière maïs semences. Le groupe Comptoir agricole s’est doté des atouts nécessaires, sur le plan technique, financier et humain, pour affronter l’avenir : des capacités de stockage bien dimensionnées, des produits de qualité, des investissements importants, de la création de plus-value, souligne le directeur général. « Nous sommes un groupe céréalier avec des filières de diversification. Nous nous devons d’être bons en céréales, et même les meilleurs. Fournir des produits de qualité à nos clients est la première de nos missions. Mais les autres filières doivent atteindre l’équilibre. C’est le cas pour le houblon et, demain, cela devra être le cas pour l’élevage. Les céréales n’ont pas vocation à sponsoriser les autres filières. »

Agreste. Bilan conjoncturel 2016

Les prix des vins AOP sont repartis à la hausse

Publié le 06/01/2017

Bonne nouvelle pour les cours du vrac : Agreste, le service de statistiques du ministère de l’Agriculture, vient de publier son bilan conjoncturel 2016, qui fait état d’un retour au dynamisme des prix des vins d’appellation dans leur globalité, à la propriété et au commerce. Une tendance qui ne devrait pas s’infléchir pour 2017.

« 2016 : une année marquée par la baisse généralisée des récoltes sous l’effet des intempéries », introduit la note de conjoncture d’Agreste, publiée en décembre dernier. Elle passe en revue toutes les productions, viticulture y compris. « Selon les estimations établies au 1er novembre 2016, la récolte viticole s’établirait à 43,2 millions d’hectolitres (Mhl) en 2016, inférieure de 10 % à celle de 2015 et de 6 % à la moyenne des cinq dernières années. » Malgré ce repli, la France se maintiendrait devant l’Espagne, au deuxième rang mondial derrière l’Italie, note Agreste. Par région, les répercussions au niveau des récoltes ont été très marquées : - 31 % en Val de Loire, - 23 % en Champagne et - 20 % en Bourgogne. Toujours selon Agreste, seules l’Alsace et le Bordelais seraient épargnées par cette baisse de production : une vingtaine de pourcents en plus pour l’Alsace et + 7 % avec 6,052 Mhl pour Bordeaux. Agreste revient ensuite sur le bilan de la campagne de commercialisation. Au sortir de la vendange 2015, les stocks d’AOP étaient en augmentation de 2,8 % (et de 27 % pour les IGP). Mais les disponibilités (ensemble formé par la récolte et les stocks à la propriété en début de campagne) étaient en repli de 1,4 % pour le total AOP, en raison de la petite récolte 2015. Dans ce contexte, les prix des vins d’appellation à la production ont progressé de 3 %, selon les données de l’indice des prix agricoles à la production. De même, à la commercialisation, les prix des vins d’AOP (hors champagnes) sont également en hausse significative + 7,5 %, se situant systématiquement au-dessus des cours 2015. La tendance n’est hélas pas aussi bonne pour les autres vins (IGP, VSIG) dont les prix de commercialisation 2016 se sont établis en deçà des prix 2015 (- 4 %) « avec un repli prononcé depuis juin 2016 par rapport aux mois précédents ». Des prix d’IGP et VSIG peut-être à rapprocher des chiffres d’importations de vins en vrac qui atteignent des « niveaux records », des vins importés sous forme de vrac (78 % du total des importations), et essentiellement en provenance d’Espagne qui représente à elle seule 81 % en volume de toutes nos importations de vin. Vrac espagnol importé qui doit donc sérieusement concurrencer les VSIG et IGP français sur le marché français. Globalement, les exportations de vins d’appellation en 2016 ont fléchi en volume de 2,5 % (chiffre de juillet 2016), et en valeur (- 0,5 %) après avoir cependant connu + 3 % sur la campagne précédente. En 2016, seuls les champagnes progressent à l’export de 3 % et 6 % respectivement en volume et en valeur. Mais globalement, Agreste note que c’est l’Europe qui affecte ces baisses d’exportation. Car les exportations vers les pays tiers augmentent de 3,4 % en volume et de 5,3 % en valeur. Avec principalement la Chine et les États-Unis comme moteurs de ces exportations de vins d’AOP. Cette progression vers les pays tiers ne compense pas encore le recul des exportations en Europe. Enfin, retenons qu’Agreste adresse cette note d’optimisme : « Pour la campagne 2016-2017, les disponibilités limitées pour les vins pourraient maintenir les prix à un niveau élevé ».

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