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Inauguration de la SAS Méthachrist à Woellenheim

Le summum de l’élégance énergétique

Publié le 28/04/2017

Les élus, les représentants institutionnels, professionnels et les partenaires économiques saluent à l’unisson l’exemplarité du projet de station de méthanisation MéthaChrist à Woellenheim, et l’audace de son porteur Florian Christ. Qui réussit à produire en routine des agro-énergies de deuxième génération.

Unique en son genre actuellement en France, la station MéthaChrist à Woellenheim couple la méthanisation de la paille de maïs à l’injection du biogaz dans le réseau de distribution de gaz. Une prouesse technique en ce sens qu’elle réussit là - dans les agro-énergies dites de 2e génération - où d’autres centres de recherche n’en sont encore qu’aux balbutiements. En effet, nombre de projets de recherche testent des voies d’élaboration d’agro-carburants de 2e génération, c’est-à-dire des agro-carburants élaborés non pas à partir de cultures dédiées et vivrières (la partie grain des céréales, du colza, ou les betteraves), mais à partir de résidus de cultures. Un rendement énergétique record grâce à l’injection MéthaChrist rassemble ainsi ce qui se fait de mieux actuellement dans ce qu’il est possible de présenter comme bilan carbone en méthanisation agricole. La ressource en biomasse est principalement constituée de pailles de maïs et d’effluents d’élevage. Elle est prélevée sur un périmètre de 10 km. Et il n’y a pas de déperditions du potentiel énergétique tiré de l’exploitation énergétique du biogaz, puisque la totalité de celui-ci est injectée dans le réseau. La production d’énergie à Woellenheim n’est donc pas affectée par les coefficients de rendements inhérents au processus de cogénération d’électricité et de chaleur. À l’origine de ce projet d’agro-énergies de deuxième génération, il y a un jeune agriculteur, Florian Christ, vers qui tous les regards étaient tournés le 7 avril, lors de l’inauguration de l’installation en service depuis mai 2016. Une inauguration qui a vu affluer - élections obligent - pas moins de quatre sénateurs, de nombreux représentants professionnels, et des élus des collectivités. La paille de maïs, une ressource locale, abondante, et agricole Après avoir remercié en priorité son entourage, ses parents, ses grands-parents, son frère Gauthier, et son associé Christian Richert, Florian Christ est revenu sur les étapes de son projet, débuté en 2012. L’expert qu’il est devenu en méthanisation, n’était alors qu’un jeune agriculteur frais émoulu du lycée agricole. « L’idée était de créer de l’énergie avec ce qui est perdu ». Il lui a d’abord fallu évaluer le gisement en biomasse à méthaniser et sa durabilité d’approvisionnement. Et c’est tout naturellement qu’il a écarté la biomasse industrielle exposée à la concurrence d’autres usages, pour se tourner finalement vers la paille de maïs, biomasse locale, abondante, et forcément d’origine agricole. Une ressource collectée auprès d’une centaine d’agriculteurs, qui lui garantit une sécurité d’approvisionnement. Une fois le projet ficelé, et dimensionné à la ressource en biomasse soit 10 900 t, constituées d’un tiers d’effluents de la ferme (disposant d’un quota de 700 000 litres de lait) et de deux tiers de pailles de maïs, est venu le temps de convaincre les élus locaux, les riverains, pour faire accepter le projet. Et enfin les banques, au nombre de trois : le CIC, et les deux Caisses de Crédit Mutuel Ackerland à Ittenheim et Hanau Val de Moder à Pfaffenhoffen. La construction a débuté en 2015. L’unité injecte depuis mai 2016 du gaz dans le réseau GDS connecté à 110 communes.

Dégâts de gel

Du « jamais vu »

Publié le 26/04/2017

Face au gel qui frappé l’Alsace la semaine passée, les producteurs de fruits alsaciens ont connu des fortunes diverses. Si certains ont réussi à limiter la casse grâce à l’irrigation ou les bougies de cire, d’autres ont bien plus souffert.

Radical. Le gel qui a frappé l’Alsace dans les nuits des 20 et 21 avril derniers a été d’une rare intensité. Que ce dans le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin, de nombreux producteurs de fruits ont subi de plein fouet un froid « jamais vu » à cette période. Un phénomène d’autant plus dévastateur que le printemps a été particulièrement précoce cette année. « Les arbres étaient prêts depuis le mois de février », commente Philippe Jacques, conseiller arboricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Trop vite, trop tôt, trop enthousiasmant. Et, au final, une désillusion d’autant plus grande pour ceux qui n’ont pas pu se protéger efficacement. Une saison qui s’annonçait « très belle » C’est le cas de Danielle Bernhard, à Sigolsheim, qui cultive 35 ha de fruits et 10 ha de vigne le long des départementales 10 et 4.1. En début de semaine, elle estimait avoir perdu 80 % de sa production. « Honnêtement, je ne sais pas si je pourrai m’en sortir. Il va me falloir des aides pour assurer la survie de l’exploitation. On a un peu de trésorerie de côté étant donné que 2015 et 2016 ont été de bonnes années. Mais cela n’est pas suffisant pour couvrir l’ensemble des charges qui, elles, ne diminuent pas. » Et pas d’assurance vers laquelle se tourner. « Le prix demandé pour couvrir mes surfaces de fruits est bien trop cher. Il n’y a pas d’assurance climatique comme en viticulture. » Son seul espoir réside désormais dans une reconnaissance en calamité agricole de ses parcelles. Sur certaines d’entre elles, tout a brûlé sous l’effet du gel. C’est le cas notamment des vignes. « On avait des cépages très en avance comme le gewurztraminer. Il ne reste plus rien. Les contre bourgeons ont cramé eux aussi », témoigne, un peu amère, Margot Tissidre, ouvrière arboricole et viticole au sein de l’EARL Bernhard. Du côté des fruits, le bilan est tout aussi catastrophique : tous les abricots y sont passés, 70 % des prunes, et au moins 50 % des mirabelles. « Même sur les myrtilles, il y a des dégâts importants. Seules les mûres en sont ressorties indemnes. » L’EARL Bernhard n’a pourtant pas chômé au cours de ces deux nuits pour contrer les effets du gel : éoliennes pour souffler l’air, paille mouillée brûlée… « Mais dans le cas présent, les effets ont été nuls. Ces gelées noires étaient cette fois trop fortes. En à peine trois heures, toute la vie de l’entreprise a changé. C’est d’autant plus frustrant que la floraison était quasi parfaite. Cela s’annonçait comme une super année », souligne l’ouvrière arboricole. Il va maintenant falloir quatre années dans de « bonnes conditions » à l’EARL Bernhard pour remonter la pente d’un point de vue économique. L’irrigation et les bougies de cire à la rescousse Heureusement, la situation n’est pas aussi catastrophique pour les autres exploitants du secteur. À Bennwihr, le propriétaire de Pom d’Alsace, Vincent Wagner, a pu sauver la moitié de ses huit hectares de vergers (essentiellement des pommes) grâce à l’aspersion. « Aucune autre technique n’a fonctionné. Le chauffage, c’était comme allumer une bougie dans un frigo. Avec l’irrigation, on protège vraiment le bourgeon. » En quatre nuits, il a dormi dix heures à peine. Pas le choix au vu de l’urgence de la situation. « À cinq heures du matin, il faisait -6°. Le matin suivant, il faisait -2°. Il fallait rester vigilant. » Une situation similaire vécue par Marie-Reine Spargo, productrice de fraises à Oberhergheim. Le matin du 21 avril, les asperseurs tournaient encore à plein régime pour protéger les 1,40 ha de fraises qui font chaque année le bonheur des libres cueilleurs. Elle aussi témoigne d’une situation jamais vue de son vivant. « Les fraises sont très précoces cette année. Forcément, cela complique la donne vu qu’il y a toujours des risques de gelée en avril. » « Le problème est que cela arrive cette année au plus mauvais moment, pendant la période de fécondation des fruits. S’il y a bien quinze jours durant lesquels il ne doit pas geler, c’est à ce moment-là », indique Philippe Jacques. S’il ne peut pas encore établir un bilan chiffré des pertes subies dans les vergers, le conseiller arboricole de la Chambre d’agriculture veut néanmoins rester confiant pour la suite de la saison. « Ces phénomènes de gel ont été hyperlocalisés, ça se jouait parfois à dix ou vingt mètres près. Il ne faut pas oublier qu’on partait sur une récolte exceptionnelle. Au final, il devrait quand même en rester. » Cela devrait être le cas pour la Pommeraie à Sigolsheim gérée par Bernard Gsell et Marie Siciarek. Pour le moment, ils ne peuvent pas quantifier les dégâts. Mais grâce aux bougies de cire qu’ils ont utilisées, ils s’en sont globalement « bien sortis ». « Grâce à elles, on a pu monter la température à zéro degré au lieu des -3 ou -4 affichés sur le thermomètre », témoigne Marie Siciarek. Si l’investissement est conséquent, il reste indispensable au vu des enjeux. « On utilise ces bougies tous les ans pour se prémunir des gelées ainsi que trois éoliennes pour la prune. On n’a pas le choix. Ces 35 hectares sont notre seul gagne-pain. » « La nature est allée trop vite » Pour les prochaines années en tout cas, Vincent Wagner sera paré. Convaincu de l’intérêt de l’irrigation contre le gel, il est train d’installer ce système sur la totalité de son verger. Des arbres qu’il a déjà couverts avec un filet paragrêle pour se protéger des orages de plus en plus violents et fréquents. « Oui, tout cela a un coût. Mais si on ne fait pas ça, on est morts. On doit prendre toutes les précautions nécessaires face à ces changements climatiques. Et puis la pomme, c’est un marché mondial. Personne ne va acheter nos produits plus chers parce que l’on produit moins. » Un constat qui se vérifie chez Clarisse Sibler, à Sigolsheim. Voilà presque trois semaines que les clients s’affairent dans son magasin pour déguster le millésime 2017 de ses asperges. Une arrivée là aussi trop précoce qui a fini par se payer au cours de cet épisode de gel. « Toutes les asperges vertes qui ne sont pas bâchées ont été détruites à 100 %, soit deux hectares sur les quinze que j’exploite. Sur les asperges blanches bâchées, on a enregistré 30 % de dégâts », constate-t-elle avec un brin d’amertume. Résultat : une perte nette de 15 000 à 20 000 euros de chiffre d’affaires. « C’est beaucoup, surtout avant un week-end où l’asperge verte est très demandée par les particuliers. Là, on n’a rien à leur proposer. » Une pénurie qui ne doit heureusement durer que quelques jours, le temps que les nouvelles pousses arrivent. En attendant, les consommateurs ont pu profiter d’asperges « à soupe » vendues à deux euros le kilo. « Elles sont plus sucrées mais se mangent quand même. Mais rapidement par contre, sinon elles noircissent », précise Clarisse Sibler. Cette précocité de la saison des asperges était de toute façon trop belle pour durer selon elle. « C’était tellement beau et bien. Avoir des asperges à Pâques, c’est très rare. Mais voilà, la nature est allée un peu trop vite et a fini par reprendre sa place. »

Publié le 23/04/2017

Avec 56 vins en dégustation et sept ateliers thématiques, la 3e édition de DiVINes & Sens, organisée le 3 avril par l’association les DiVINes d’Alsace, a séduit un large public d’amateurs et de professionnels.

C’est dans une ambiance chaleureuse et raffinée, au biocluster les Haras à Strasbourg, que trente diVINes ont accueilli le public et les professionnels pour la 3e édition de DiVINes & Sens. Après quelques mots de bienvenue, la nouvelle présidente, Véronique Muré, a invité les participants à découvrir les ateliers thématiques, dont trois étaient dédiés aux accords mets vins. Des terroirs, des cépages… et des femmes Élaborés avec leurs trois partenaires de la gastronomie - Élisabeth Biscarrat et ses macarons, Jacqueline Riedinger-Balzer et ses charcuteries, Christelle Lorhro et ses fromages -, les DiVINes ont proposé deux vins sur chaque mets au choix. Les participants ont ainsi pu apprécier des associations gustatives originales, comme celle de la cuvée Harmonie R 2013, du domaine Schoech d’Ammerschwihr, proposée avec un livarot, fromage au lait cru de normandes. Sur l’atelier consacré au riesling millésime 2012, le public a mesuré concrètement, sur un cépage et un millésime identique, la diversité des structures et des terroirs, notamment entre les granitiques et les calcaires. Ils sont alors « plus sur la minéralité ou sur l’opulence », précise Dominique Schoenheitz, installée dans la vallée de Munster. Un atelier « tout en nuances », qui a fort intéressé les amateurs. L’atelier vieux vins - des années 1990 - a montré le potentiel de garde et peut-être plus encore l’évolution des vins présentés, qui vont parfois sur des arômes surprenants comme l’aneth pour le riesling de Martine Becker de Zellenberg. Sur l’atelier « L’Alsace voit rouge », Sylvie Spielmann de Bergheim a souligné les différences de terroirs, de vinification, sur les pinots noirs, essentiellement du millésime 2014, du plus fruité au plus structuré, un vin qui se boit à température de cave à 16 °C. Le bar à bulles a eu un beau succès avec neuf crémants à découvrir, l’opportunité pour les restaurateurs de trouver des nouveautés, et pour les amateurs d’excellentes idées d’associations sucrées ou salées. Les échanges avec les professionnels et le public, une des clés du succès de cette édition, ont permis aux amateurs de mieux appréhender les vins d’Alsace. Avec cette 3e édition, les DiVINes ont offert une chaleureuse et gourmande mise en lumière de la palette des vins d’Alsace, entre découvertes et jolis étonnements, un pari diVINement réussi… Rendez-vous dans deux ans !

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