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Publié le 30/10/2017

À Baerendorf, le contexte laitier a poussé Justine et Jean-Marc Masseran à revoir leurs priorités. Plutôt que de chercher à s’agrandir, ils préfèrent optimiser leur troupeau et leur outil de production.

La récolte de fourrages n’a pas été terrible en 2016 en Alsace Bossue. Jean-Marc et Justine Masseran en combattent encore les répercussions. Leurs génisses élevées au foin accusent un retard de croissance qui a retardé l’insémination qu’ils réalisent habituellement à un poids de 420 kg. Justine va donc devoir patienter pour arriver à son objectif d’abaisser leur âge au premier vêlage de 30 à 26-27 mois. Père et fille savent aussi qu’ils ne livreront sans doute pas la totalité du volume auquel leur laiterie leur donne droit sur 2017-2018. « Nous avons dû acheter du corn gluten pour compenser durant deux mois la rupture de maïs ensilage. Ce changement de menu a perturbé les vaches » explique Justine. Le prix insuffisant du lait l’an passé a donné un coup supplémentaire au moral, surtout celui de Jean-Marc, 53 ans, qui encaisse mal l’idée de se lever chaque jour pour effectuer des astreintes si faiblement rémunérées. Justine, 24 ans, est plus optimiste. « Cela ne peut pas être pire » dit-elle. Le contexte laitier a fait réfléchir les deux éleveurs. « Quand j’ai rejoint l’élevage en 2014 comme salariée, mon projet était d’augmenter le nombre de vaches et d’investir dans une deuxième stalle de traite robotisée. Aujourd’hui, la priorité est d’optimiser le lait dans la structure et avec l’outil actuel ». Servir régulièrement une ration stable dans sa composition est le principal enjeu identifié par Justine et Jean-Marc. Aujourd’hui, du 20 mars au 15 novembre, les laitières pâturent chaque jour de 8 h à 13 h 30 les parcs aménagés sur les 8 ha d’herbe jouxtant un bâtiment qui propose une dizaine de places sur une aire paillée et soixante logettes hautes équipées depuis 2011 d’un matelas recevant paille et produit asséchant. Les vaches peuvent à tout moment rentrer boire et se faire traire au robot installé en 2008, un choix fait à l’époque par Jean-Marc pour faire face à la création d’une société laitière avec un collègue tout en arrivant à s’en sortir seul du point de vue de la main-d’œuvre. À l’auge, le troupeau reçoit deux tiers de maïs ensilage et un tiers d’ensilage d’herbe rehaussés d’un kilo de correcteur. Jean-Marc distribue cette ration par couches, à la désileuse. « Ce n’est pas l’idéal. Les vaches trient. Elles doivent toujours se rendre au ratelier pour consommer du foin » note Justine. Cinq embryons mis en place par an « Avec une moyenne de seulement 2,3 traites par vache et par jour, notre productivité est insuffisante » analyse la jeune éleveuse. En 2018, l’Eàrl continuera à servir entre 1,5 et 2,7 kg/jour de concentrés en stalle de traite. Mais elle s’apprête à investir dans une mélangeuse pour distribuer une ration semi-complète homogène et comportant plus de fibres. Justine prévoit qu’elle soit calée à 29-30 l, soit deux à trois litres au-dessus de l’actuelle. Ce matériel figure en bonne place dans le projet d’installation de Justine. Elle espère ainsi réduire les trop fréquentes mammites notées lors des changements de ration et limiter le nombre de réformes en raison des dérapages cellulaires parfois supérieurs à 400 000. À terme, le troupeau devrait aussi davantage améliorer l’expression de son potentiel génétique. L’élevage a toujours misé sur ce progrès. Pour le conserver, l’Eàrl achète chaque année cinq embryons remis en place chez des receveuses. Les fortunes sont diverses : deux veaux nés en en 2015, quatre en 2016 et un seul en 2017. « La faute aux fourrages » estime Justine en commentant ce dernier résultat. Au quotidien, Jean-Marc s’occupe des cultures, des fourrages, de l’atelier d’engraissement porcin et de la distribution de la ration aux laitières. Justine a en charge les soins aux veaux et le suivi du troupeau. En observant les vaches trois fois dans la journée, elle fait intervenir l’inséminateur 1,9 fois pour une gestation. Une vache est inséminée trois fois au maximum avant d’être mise en présence d’un taureau de rattrapage. La bonne nouvelle est que le nombre élevé de femelles nées sur l’élevage ces dernières années, lui a permis de vendre sept vaches et primipares début 2017. Justine surveille scrupuleusement les données de traite. Elle consulte notamment les mesures de conductivité pour tenter de déceler les soucis de santé de la mamelle de ses laitières. Depuis son arrivée, elle programme un parage par an et, si nécessaire, des interventions plus ponctuelles. Chaque mois, elle force pendant une heure les vaches à suivre un circuit où elles sont obligées de passer par un pédiluve contenant une solution de formol et de sulfate de cuivre. « Les soucis de dermatite digitée ont été réduits. Mais il suffit de louper une fois la date pour voir le nombre de cas remonter ».

Publié le 27/10/2017

La conjoncture houblonnière est bonne, la filière est dynamique. Et, grâce notamment au travail mené par le Comptoir agricole sur les variétés aromatiques, les opportunités de débouchés, en lien avec l’essor des microbrasseries et des bières très travaillées, sont réelles. Aussi, de nouvelles houblonnières sont-elles petit à petit érigées en Alsace. Comme ce samedi 21 octobre, au Gaec Harter à Duntzenheim.

   

Publié le 26/10/2017

C’est une édition du Viteff en pleine effervescence qui s’est tenue du 17 au 20 octobre, avec un vignoble champenois qui continue d’entretenir avec succès son image de marque et consolide son chiffre d’affaires.

À l’heure où les vignerons élaborateurs de bulles se rassemblent dans les allées du Millésium d’Épernay à l’occasion du Viteff, c’est l’occasion de prendre le pouls de la viticulture champenoise. Le prix du raisin payé aux producteurs champenois a connu pour 2017 une flambée sous l’impulsion de Moët & Chandon. Le plus grand opérateur de Champagne force ainsi le destin de la Champagne et oblige l’ensemble des opérateurs à plus de rigueur dans la recherche des valeurs ajoutées. Le prix du kilo de raisin était jugé déjà très élevé en 2016, avec une moyenne allant de 5,50 €/kg jusqu’à 6,26 €/kg pour la cote des blancs. Le coût de la matière première, évalué en 2016 entre 6,60 et 7,51 € par col de 0,75 l, a encore augmenté pour le millésime 2017. Conséquence : plus que jamais, en Champagne, le prix du raisin élevé fixe des obligations pour les opérateurs à valoriser et cultiver la bonne image de marque. Et les oblige à dégager des marges bénéficiaires. Si les grands opérateurs de la place peuvent réaliser des économies d’échelle, le petit négoce est en revanche condamné à ne pas brader ses champagnes. Et à trouver des marchés à plus grande valeur ajoutée que la grande distribution en métropole. Les ventes de champagne en France accusent une baisse, le grand export connaît une progression de 14 % au premier semestre 2017. La Champagne reste le premier exportateur mondial en valeur et se taille la part du lion avec 55 % des échanges en valeur du marché des effervescents. Le marché allemand est très dynamique (+ 5 % en volumes). C’est pourquoi le Viteff proposait un focus sur la consommation des champagnes Outre-Rhin appelée à évoluer très favorablement. Chiffre d’affaires : de record en record Au final, le chiffre d’affaires des ventes de champagne est en hausse de 3,4 % sur le premier semestre 2017. La Champagne consolide ses résultats, après que les ventes de 2015 et 2016 ont renoué avec le record historique de 2007. Mais en 2007, il s’était vendu 339 millions de cols (Mcols), alors qu’actuellement il en est à 312 Mcols. Dans ces conditions, le salon du Viteff constitue un lieu d’effervescence où les tendances de l’innovation technologique et en marketing s’expriment fortement. Point notable, la robotique est déjà bien implantée dans les grandes unités vinicoles. La robotique s’introduit aussi dans les petites unités et même chez les vignerons indépendants avec par exemple Universal Robots, leader mondial des robots collaboratifs : « Notre cible, ce sont les TPE. C’est un robot très simple à programmer. L’UR 3 - 5 ou 10 porte respectivement 3, 5 ou 10 kg avec un rayon d’action de 500, 850 ou 1 350 mm », explique Nicolas Bouhet, directeur commercial d’HMI-MBS. Ce robot permet de soulager les tâches répétitives et lourdes comme placer les bouteilles dans un carton. L’organe préempteur de ces robots qui prennent les bouteilles par une, deux ou beaucoup plus, c’est une ventouse. À l’usage, la mécanique est très sollicitée par le poids des bouteilles translatées. C’est pourquoi Duguit Technologies, avec sa filiale Allians Robotics, propose l’impression 3D dans un alliage à base de titane de certaines des pièces du robot très sollicitées. Thimotée Duguit et Olivier Magnien ont reçu pour cela le prix de l’innovation 2017 du Viteff. Piles à combustibles : l’assurance électrique Mais pour faire fonctionner ces robots, il faut être sûr de la qualité de son alimentation électrique. Les micro-coupures peuvent causer bien des dommages sur les circuits électroniques, et subitement interrompre un robot qui alors peut lâcher les bouteilles. Gencell équipe les chais d’une pile à hydrogène de 5 kW par module, dont le temps de réactivité répond à cette problématique qui peut causer de lourds dommages à l’entreprise. « Gencell est un groupe électrogène super-réactif et extrêmement performant sur le plan environnemental », témoigne Christophe Labruyère qui distribue la pile. L’hydrogène provient de l’électrolyse de l’eau. Une pile équipe actuellement la maison de Champagne Billecart-Salmon (3 Mcols/an), dont le directeur de production Éric Coelho, a témoigné l’intérêt. Il faut compter 800 €/mois pour cette pile génératrice, qui constitue en quelque sorte une assurance sur des productions où l’informatique et la robotique deviennent prééminentes et où la charge du réseau de distribution va devenir incertaine. Au chapitre des tendances, signalons aussi la recherche à la diminution des sulfites, impulsée peut-être par la mouvance nature pour répondre à une demande, mais plus institutionnellement par le CIVC. Au total, cette édition du Viteff a enregistré plus de 22 000 entrées.

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