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État de la nappe phréatique en Alsace

Des résultats en demi-teinte

Publié le 30/11/2017

Tous les six ans, l’Aprona, l’observatoire de la nappe d’Alsace, dresse un état des lieux de la qualité des eaux de la nappe phréatique d’Alsace et des aquifères du Sundgau. Depuis la précédente étude, qui date de 2009, la situation s’améliore pour les nitrates, mais se dégrade pour les produits phytosanitaires. Un constat en demi-teinte qui ne doit pas faire oublier les nombreuses actions engagées par la profession agricole pour réduire son impact sur la qualité des eaux souterraines.

Le projet Ermes (Évolution de la ressource et monitoring des eaux souterraines) vise à dresser un état des lieux de la qualité des eaux de la nappe phréatique d’Alsace et des aquifères du Sundgau. Il est réalisé par l’Aprona, en partenariat avec la Région Grand Est et l’Agence de l’eau Rhin Meuse. Au total, près de 400 paramètres ont été analysés : nitrates, chlorures, produits phytosanitaires, métaux, métalloïdes, dioxines, furanes, PCB, substances pharmaceutiques, adjuvants alimentaires… Dans un premier temps, l’Aprona a réalisé l’analyse des résultats obtenus sur les nitrates et les produit phytosanitaires, qui concernent essentiellement le secteur agricole. Pour les autres polluants, les résultats seront présentés dans un deuxième temps. Par rapport à la précédente étude de 2009, la méthodologie a quelque peu évolué. 137 substances, correspondant à des produits phytosanitaires ou à leurs métabolites ont été recherchées, contre 43 en 2009. Les prélèvements ont été effectués de mi-août à mi-octobre 2016 dans la couche superficielle de la nappe, soit de 0 à 50 m de profondeur. Le réseau de mesure comprenait 825 ouvrages, 674 sur la nappe d’Alsace et 151 dans les aquifères du Sundgau. Il s’agit de captages d’eau potable, de puits agricoles, de puits d’incendie, de sources… Au total, près de 224 000 mesures ont été analysées. À noter aussi que, depuis 2009, le réseau de mesure a été densifié en bordure ouest de la nappe afin d’obtenir une plus grande finesse d’informations sur cette zone. Mais ce réseau densifié n’a été utilisé que pour affiner les cartes et ajuster les connaissances de cette zone complexe. Pour étudier l’évolution des teneurs, l’Aprona a basé ses calculs sur le réseau non densifié, soit le même qu’en 2009, afin de ne pas créer de distorsions dans les résultats. Nitrates : du mieux et du moins bon En ce qui concerne les nitrates, la situation se stabilise globalement depuis 2009. La teneur moyenne en nitrates passe de 25 mg/l à 24,6 mg/l. En 2016, 10,8 % des points dépassent la limite de qualité de 50 mg/l (contre 10,7 % en 2009) et 16,3 % le seuil d’alerte de 40 mg/l (contre 17,8 % en 2009). La cartographie des teneurs en nitrates confirme que certaines zones, déjà identifiées en 2003 puis 2009, sont plus concernées que d’autres par cet enjeu. Il s’agit principalement de la bordure ouest de la nappe phréatique d’Alsace. Cette cartographie révèle que si dans certaines zones la qualité de l’eau s’améliore - notamment dans les secteurs les plus dégradés - dans d’autres elle stagne, voire se dégrade. Dans les aquifères du Sundgau, la teneur moyenne en nitrates est passée de 23,5 à 23,4 mg/l. Et le nombre de points dépassant le seuil d’alerte de 40 mg/l est en recul de 22,4 % à 19,2 %. Là aussi, l’évolution de la situation est géographiquement contrastée. Globalement, l’étude de l’évolution des teneurs en nitrates dans le temps révèle que depuis 2003, la situation s’améliore doucement. Certes la progression est lente, mais elle se poursuit sur la même lancée. Il s’agit donc d’un résultat très positif, qui démontre que les actions mises en œuvre par la profession agricole en zones vulnérables portent leurs fruits. Ces mesures de lutte contre la fuite de nitrates ont été mises en place avant celles visant à réduire l’impact des produits phytosanitaires. Il est donc assez logique de constater de meilleurs résultats pour les nitrates que pour les produits phytosanitaires. Produits phytosanitaires : plus de résidus De 43 substances recherchées en 2009, le panel est passé à 137 en 2016 (113 substances actives et 24 métabolites). En nappe phréatique, il n’y a que 7,2 % des points où la concentration en substances phytopharmaceutiques est inférieure au seuil de détection. La majorité (64,3 %) présente une concentration inférieure à 0,1 µg/l pour une substance ou comprise entre 0,4 et 0,5 µg/l pour la somme. Mais 28,5 % des points de mesure affichent des concentrations en produits phytosanitaires supérieures à 0,1 µg/l, dont 2,8 % de points qui dépassent le seuil de 2 µg/l pour au moins un produit phytosanitaire. 77 des 113 produits phytosanitaires recherchés ont été détectés au moins une fois, et 21 substances dépassent la teneur de 0,1 µg/l. La plupart sont des herbicides ou leurs métabolites. Ce qui paraît logique étant donné que leur application se fait le plus souvent sur le sol, avant la levée des adventices, ou sur de jeunes plantules. Parmi elles, les cinq substances les plus détectées sont l’atrazine, trois de ses dérivés, et la simazine. Les trois substances suivantes sont le nicosulfuron, le S-métolachlore et la bentazone, des substances herbicides autorisées sur maïs et/ou betterave. Avec 15,3 % de points au-dessus de la limite de qualité de 0,1 μg/l, la déisopropyl-déséthyl-atrazine (DEDIA), métabolite de métabolite de l’atrazine, apparaît comme la substance la plus préoccupante : à elle seule elle représente 38 % des points supérieurs à 0,1 μg/l. Dans les aquifères du Sundgau, il y a à la fois davantage de points où la concentration en substances phytopharmaceutiques est inférieure au seuil de détection (29,1 %), et davantage de points où la teneur en produits phytosanitaires est supérieure à 0,1 µg/l pour une substance ou à 0,5 µg/l pour la somme (39,1 %). 37 des 113 produits phytosanitaires recherchés ont été détectés au moins une fois, et 10 dépassent la teneur de 0,1 µg/l. La fréquence de quantification des substances est similaire à celle de la nappe puisque l’atrazine et ses dérivés tiennent le haut du pavé. Une particularité : la bentazone, une substance active herbicide autorisée sur maïs arrive en 4e position. Au total, 10 molécules présentent des teneurs supérieures à 0,1 µg/l. Il s’agit surtout de l’atrazine et de ses dérivés. Dans son étude, l’Aprona fait la distinction entre des métabolites dont la toxicité est établie, et qui sont donc intégrés dans le contrôle sanitaire, et 24 autres métabolites, non inclus dans la liste de surveillance de l’état chimique parce que leur toxicité n’a pas été établie. Des avis sont en cours d’élaboration par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour huit d’entre elles. Et dans d’autres pays (Suisse, Allemagne, Pays-Bas), la teneur en ces molécules n’a pas été reconnue comme un paramètre pertinent pour estimer la qualité de l’eau. Elles ne sont donc pas recherchées dans les analyses d’eau. L’étude de l’Aprona montre que ces molécules sont détectées quasiment partout, et à des concentrations relativement hautes sur une part significative des points de mesure. Dans la nappe phréatique, 61,2 % des points dépassent 0,1 µg/l, dont 6 % étant au-dessus de 2 µg/l. Et 22 des 24 métabolites recherchés sont quantifiés au moins une fois. Cette fois, ce sont les métabolites du S-métolachlore qui sont les plus détectés : au moins un des quatre métabolites du S-métolachlore est quantifié sur 90 % des points de mesure. Dans les aquifères du Sundgau, 53 % des points de mesure dépassent 0,1 µg/l. Et un point est au-dessus la teneur de 2 µg/l. Sur les 21 métabolites analysés, 16 le sont au moins une fois. Là aussi, les substances les plus fréquemment retrouvées sont des métabolites du S-métolachlore. Des seuils plus souvent dépassés Voici pour l’état des lieux de 2016. Mais, depuis 2009, la qualité de l’eau de la nappe s’est-elle améliorée ou dégradée ? Pour répondre à cette question, l’Aprona a restreint le champ de son étude aux 43 molécules qui ont été analysées en 2009 et 2016. Le nombre de points exempts de produits phytosanitaires passe de 13,5 à 8,4 %, ce qui s’explique aussi par l’amélioration des performances analytiques des laboratoires. Une augmentation de 2 % du nombre de points dépassant le seuil de 0,1 µg/l est constaté (passant de 11,3 à 13,3 %). Cette augmentation des fréquences de dépassement se vérifie surtout pour le S-métolachlore, le nicosulfuron et la bentazone. En outre, 21 molécules présentent des seuils de dépassement, contre 16 en 2009. Et 38 molécules différentes sont quantifiées en 2016 contre 34 en 2009. Enfin, neuf molécules dépassent pour la première fois le seuil de 0,1 µg/l. Mais ces molécules sont désormais pour la plupart interdites, et restent peu quantifiées (moins de 1 % des mesures). Dans les aquifères du Sundgau, l’étude de l’évolution des teneurs en produits phytosanitaires de 2010 à 2016 est plus positive car la qualité de l’eau s’améliore globalement pour les 43 molécules considérées. En effet, le nombre de points dépassant 0,1 µg/l diminue de 3,5 %. En outre, 17 molécules sont quantifiées en 2016, contre 19 en 2010. Les deux molécules qui dépassent le plus souvent le seuil de 0,1 µg/l en 2010 comme en 2016 sont l’atrazine et un de ses dérivés, avec, à chaque fois une tendance à la baisse, annonciatrice d’une disparition, certes lente, de cette molécule et de ses dérivés de l’environnement. La troisième molécule qui dépasse le plus souvent le seuil de 0,1 µg/l est l’AMPA, un dérivé du glyphosate. Il est suivi par le glyphosate lui-même (1,3 % des points de mesure). Des vestiges du passé L’étude de l’Aprona confirme donc la contamination des eaux souterraines par des substances actives et leurs dérivés. Mais il est intéressant de constater que, parmi les 25 molécules les plus retrouvées, 19 sont retirées du marché depuis 2003 et ne sont donc d’ores et déjà plus utilisées. Il s’agit donc de conséquences de pratiques issues du passé, contre lesquelles l’évolution des pratiques actuelles ne peut pas grand-chose. En outre, toujours parmi ces 25 molécules les plus retrouvées, figurent un certain nombre de métabolites, qui peuvent être toxiques, mais pas forcément. Donc, si on ne considère que les matières actives encore autorisées, le tableau est bien moins sombre. Les substances qui sont le plus détectées sont le nicosulfuron, le S-métolachlore, et la bentazone. Arrive ensuite le bromacil, une molécule désormais retirée du marché et dont la présence dans les eaux souterraines est principalement due à une pollution d’origine industrielle, suite à une fuite dans une usine de fabrication. La profession agricole mobilisée sur le sujet La profession agricole a mis en place un certain nombre de mesures afin de réduire son recours aux produits phytosanitaires. Des mesures qui portent leurs fruits puisque la consommation de substances actives (hors soufre et cuivre) est en baisse régulière en Alsace depuis 2010. Une baisse masquée par la hausse de la consommation de soufre et de cuivre, homologués pour lutter contre les ravageurs des cultures en agriculture biologique, et de plus en plus utilisés par les agriculteurs conventionnels aussi, notamment parce que cela leur permet d’utiliser moins de produits de synthèse. Il y a d’abord des mesures réglementaires, comme le Certiphyto, obligatoire pour manipuler des produits phytosanitaires depuis 2015. Sur les 12 000 exploitations alsaciennes, 9 000 ont été formées. Le gap est constitué des exploitations qui sous-traitent ces travaux. À cela s’ajoutent les contrôles des pulvérisateurs, obligatoires tous les cinq ans, et qui visent à vérifier la conformité du matériel utilisé. Dans le cadre du Plan végétal pour l’environnement (PVE), un dispositif national dont les objectifs sont la réduction de l’impact des produits phytosanitaires et la consommation d’énergie par l’activité agricole, les agriculteurs ont pu bénéficier d’aides à l’investissement dans du matériel plus performant, ou encore des aires de lavage des pulvérisateurs. Un dispositif qui a été bien utilisé puisqu’entre 2009 et 2015 près de 2 000 investissements ont été subventionnés. En tête de ce dispositif arrivent les outils de désherbage mécanique, suivis par les systèmes de guidage par GPS, et les aires de lavage et de remplissage des pulvérisateurs. Ce qui a permis de réduire à la fois les pollutions diffuses, grâce à une meilleure gestion des tourières, des coupures de tronçon… et les pollutions ponctuelles en évitant les débordements de cuve, le rinçage vers les réseaux. Cela fait aussi plus de 20 ans que la profession agricole a mis en place des opérations Agri-Mieux et Ferti-Mieux, dans le cadre desquelles des pratiques agricoles alternatives sont testées et diffusées en zone vulnérable. Dans les zones de captages prioritaires, s’ajoutent à cela des conseils individuels et la contractualisation de Mesures agroenvironnementales (MAE) sur près de 13 000 ha. Les conseils émanant de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), notamment via ses bulletins techniques, intègrent désormais systématiquement des mesures de techniques alternatives. Et des formations sont régulièrement proposées aux agriculteurs pour aller vers des techniques de traitement plus efficientes et économes. En outre, des essais sont conduits afin de trouver des alternatives aux produits phytosanitaires. Ainsi, des matières actives moins sujettes au risque de transfert vers les eaux souterraines que le S-métolachlore ont été testées, avec des efficacités correctes, notamment sur les graminées, dont le niveau d’infestation doit être maîtrisé au risque de voir le stock semencier du sol augmenter. Depuis 2010, dans le cadre du plan Écophyto, des groupes d’agriculteurs se sont créés afin de réduire leur dépendance aux produits phytosanitaires de synthèse. Il s’agit du réseau de ferme Dephy (lire aussi en pages 5 et 14), bien développé en Alsace avec 24 maraîchers, 25 viticulteurs et 26 agriculteurs. Dans les fermes Dephy du Nord Est, entre 2010 et 2015, l’Indice de fréquence de traitement (IFT) a été réduit de 12 % en grandes cultures et polyculture élevage, 30 % en cultures légumières 17 % en viticulture et 6 % en arboriculture. En 2016, une convention territoriale d’engagement entre les prescripteurs a été signée à l’échelle alsacienne pour des actions correctives et préventives sur les ressources en eau. 32 signataires représentant l’ensemble des filières agricoles sont concernés. Cette convention permet notamment des échanges entre les conseillers agricoles et les technico-commerciaux des négoces sur les résultats des analyses d’eau des captages et les programmes de désherbage afin d’aboutir à des conseils communs propres à faire évoluer les pratiques des agriculteurs. Les conversions à l’Agriculture biologique (AB) sont encouragées. La profession cherche aussi à construire de nouvelles filières à bas intrants, notamment de production de biomasse, mais aussi des circuits courts valorisant les produits de l’élevage, propres à maintenir les surfaces en herbe. Enfin, la CAA étudie la possibilité d’intégrer de « nouvelles » cultures peu exigeantes en intrants dans les assolements. Des résultats à compléter En ce qui concerne les nitrates, les efforts portent leurs fruits et doivent donc être maintenus, voire intensifiés, notamment dans les zones sensibles. L’amélioration du spectre de produits phytosanitaires détectés dans l’eau passera sans doute par un changement de système, qui devra être adapté au public et au territoire. La réponse sera donc forcément plurielle. Il faudra être vigilant quant aux résultats qui seront obtenus pour les autres polluants et prendre les mesures qui s’imposent dans tous les domaines. En effet, la priorité qui a été donnée à la publication des résultats sur les nitrates et les produits phytosanitaires ne doit pas jeter l’opprobre sur une catégorie socioprofessionnelle, et faire oublier que, au-delà de l’activité agricole, la pollution mesurée résulte de bien d’autres facteurs qui interfèrent avec notre environnement quotidien. Enfin, si la nappe phréatique alimente en eau potable 80 % de la population alsacienne, les résultats énoncés plus haut ne reflètent pas la qualité de l’eau potable distribuée aux robinets, qui fait l’objet de traitements destinés à garantir une qualité conforme aux critères de potabilité.

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

Une politique identitaire

Publié le 29/11/2017

Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace se réorganise en interne comme en externe. Son objectif : mieux cerner les enjeux de marketing et de communication pour le vignoble alsacien et ses produits.

Alors qu’il arrive bientôt à mi-mandat, Didier Pettermann a précipité l’assemblée générale du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), dans la droite ligne de la politique qu’il mène depuis son élection à la présidence. Elle a été convoquée six mois avant la date habituelle. « Le rythme des assemblées générales, l’une au mois d’avril pour le budget, l’autre fin juin pour les élections et les comptes financiers, ne convenait plus. Nous voulons davantage d’interaction entre les élus et les services pour assurer une meilleure contribution des entreprises du vignoble à la définition des actions de l’interprofession. Et une plus grande anticipation dans les orientations annuelles est nécessaire, que ce soit dans les domaines du marketing, de la technique ou de l’économie. La validation d’un budget prévisionnel alors que quatre mois de l’année sont déjà écoulés n’était pas cohérente avec ce besoin », explique le président du Civa. Les deux assemblées générales qui séquençaient l’exercice budgétaire ont donc été repositionnées dans un nouveau calendrier : celle actant le budget prévisionnel en novembre de l’année n - 1 (au lieu d’avril de l’année n) et l’assemblée statutaire et d’approbation du bilan financier de l’exercice n - 1 en juin de l’année n (cela reste inchangé). Un budget contraint Approuvé lors de cette assemblée générale, le budget prévisionnel 2018 est bien plus contraint que les années passées, dans le contexte d’une nouvelle petite récolte en volume pour les vins d’Alsace, qui implique une baisse des recettes de l’ordre de 6,3 % par rapport à 2016. « Les déclarations de récoltes étant en cours, il n’est pas possible de dresser un estimatif plus précis que celui des 855 000 hectolitres relevés cet été. Soit une baisse de l’ordre de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale qui totalise désormais quatre petites récoltes. Cette première ébauche du budget pourra cependant être modifiée en fonction de l’évolution des ventes au cours des six premiers mois de 2018. » Didier Pettermann rappelle que 2017 est un budget de transition : « Bon nombre des actions ayant été engagées auront encore des répercussions budgétaires sur 2018. L’exercice 2019 sera le premier pleinement en adéquation avec notre nouvelle stratégie. » Les charges sont en progression avec le lancement d’une nouvelle politique marketing et 25 projets visant à améliorer le système d’information. Ce budget intègre quelques arbitrages et marque clairement le souhait des élus du conseil de direction de focaliser les moyens sur les actions les plus efficientes pour la valorisation des vins d’Alsace. Les élus du Civa ont approuvé ce budget prévisionnel 2018, qui laisse apparaître un résultat négatif global de 508 000 € qui sera comblé par un prélèvement sur les réserves. Le chantier MarCom Les petites récoltes successives ont des effets, globalement négatifs, mais variables selon les entreprises du vignoble alsacien. Certaines perdent des marchés en raison des augmentations tarifaires induites par les faibles volumes, d’autres du fait de la rareté du produit. « Cette situation doit nous interpeller collectivement. Avec nos petits volumes et la très belle qualité de nos derniers millésimes, notamment celui de 2017, nous devons mieux valoriser économiquement le fruit de notre travail, générer de la richesse à travers la valeur du produit, plutôt que par le biais artificiel de l’augmentation des prix du fait du manque de volumes », insiste Didier Pettermann. Pour y parvenir, le Civa opère des changements dans son fonctionnement avec le renforcement et la réorganisation de ses services et le développement de nouvelles actions de communication. Comme le chantier MarCom, présenté par Thierry Fritsch. Il a insisté sur la nécessité de reprendre un temps d’avance sur les concurrents du vignoble alsacien en matière de marketing et communication. Et de réunir toutes les forces collectives, les compétences et savoir-faire pour plus de dynamisme et réactivité dans le pilotage des programmes. Ainsi l’équipe MarCom travaille sur l’identité de marque. Une enquête, dont les résultats seront connus prochainement, a été réalisée auprès des entreprises du vignoble pour définir les caractéristiques de la personnalité de la marque à construire. La stratégie marketing mise en place pour la période 2018-2021 privilégie les régions et pays où l’Alsace a une légitimité, afin de les reconquérir, ainsi que les régions de conquête à forts potentiels de croissance. Elle vise aussi à augmenter la présence des vins d’Alsace sur internet, à favoriser l’exportation par la mise en place d’un « kit exportation » ou encore à rendre incontournable l’Alsace sur la scène nationale et internationale. L’objectif est de construire l’image des vins d’Alsace grâce à son territoire, en améliorant notamment leur connaissance auprès des prescripteurs, et de communiquer en priorité sur trois produits clés du vignoble : le riesling, le gewurztraminer et le crémant. La nouvelle campagne de communication sera l’aboutissement de ces travaux. Elle sera relayée par une présence plus importante sur les foires et salons. Autre chantier en cours d’exploration, le Story Telling (marketing de contenu). « Une bonne stratégie de contenu marketing permettra aux vins d’Alsace d’augmenter le trafic du site internet, de séduire de nouveaux consommateurs, d’améliorer le référencement du site vins d’Alsace, de devenir reconnu dans son domaine, d’interagir avec les consommateurs ou encore de gagner en confiance et donc de valoriser les vins d’Alsace. Il faut sortir d’une stratégie de publicité et rechercher des consommateurs plus actifs, afin qu’ils deviennent les meilleurs relais des vins d’Alsace », argumente Thierry Fritsch. Last but not the least*, le Civa veut mieux communiquer vers le vignoble. « Les 900 metteurs en marchés et les 4 000 viticulteurs sont les groupes cibles prioritaires. Les autres acteurs comme la presse, les syndicats, les élus et bien évidemment les Alsaciens ne doivent pas être oubliés », complète Thierry Fritsch. « Ouvert aux autres » Le Civa s’attache à construire et valoriser l’identité des vins d’Alsace. Après avoir identifié les piliers de son positionnement par rapport aux autres vignobles du monde, la conceptualisation de son identité est en cours. Les six agences de création sollicitées doivent rendre leurs propositions d’ici le mois de janvier. Et la nouvelle campagne de communication devrait être lancée lors du salon Millésimes Alsace. Didier Pettermann s’est félicité de la dynamique actuelle du Civa, du travail effectué par les différentes commissions, des partenariats engagés, actuels et futurs. « Je voulais un Civa ouvert aux autres. Cet objectif est en passe de se mettre en œuvre. » Il a cité en exemple la feuille de route recherche-développement-innovation, corédigée avec l’Association des viticulteurs d’Alsace, le Comité interprofessionnel du vin Champagne (CIVC), le Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV) et des appellations lorraines. « Nous avons réussi à nous concerter à l’échelle de ces trois vignobles, tous très différents, pour déposer un programme pluriannuel commun qui a reçu un très bon accueil de la part de la région Grand Est, commanditaire de ce travail. » Le président a rendu hommage à ses collaborateurs et salariés pour le travail effectué ces derniers mois. « 2017 a été une année très compliquée, car il fallait faire cohabiter deux modèles, l’ancien et le nouveau Civa. L’année a été consacrée à du cadrage, des actions notamment. Je souhaite que 2018 soit au service de la libération des énergies, de la créativité, du travailler ensemble. Le tout dans une année riche en événements, comme les salons Millésimes Alsace, Prowein ou VinoVision. Nous préparons l’avenir du vignoble. Nous y arriverons si nous travaillons tous ensemble. Le Civa, qui pensait être en phase avec les attentes du terrain, ne l’était pas en réalité et a fini par se retrouver isolé et décrié. Nous prendrons des initiatives, avec nos partenaires, pour promouvoir l’engagement professionnel au sein de notre vignoble », conclut Didier Pettermann.

Publié le 28/11/2017

Parce que l'entraide est une valeur forte en agriculture qui suppose équité et réciprocité, retrouvez dans ce guide une évaluation des coûts de référence des principaux matériels agricoles.

         

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