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3e édition d’Agriculture de demain

« Se projeter vers l’avenir »

Publié le 08/06/2018

La troisième édition d’Agriculture de demain a été inaugurée en grande pompe le 30 mai dernier au lycée agricole d’Obernai. Élus et responsables professionnels ont salué unanimement une manifestation qui se veut un « tremplin » pour l’avenir de la profession agricole.

« Nous devons aller dans le sens du raisonné, de l’acceptable, pour laisser des perspectives heureuses aux prochaines générations. » Premier à prendre la parole lors de l’inauguration du salon Agriculture de demain, le maire d’Obernai, Bernard Fischer, donne le ton. Pour lui, cette manifestation créée en 2014 est là pour apporter des réponses à des enjeux « planétaires » comme la qualité des sols. Une problématique que la profession agricole a prise à bras-le-corps ces dernières années et qui dispose encore de grandes marges de manœuvre. Pour le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, la situation est simple : l’agriculture se trouve aujourd’hui à un tournant de son existence. « Les capteurs, la robotique vont révolutionner notre méthodologie. L’évolution technologique qui frappe à nos portes va nous permettre de pratiquer une agriculture plus efficiente, plus respectueuse de l’environnement et aussi plus efficace pour nos agriculteurs. C’est une évolution qui va répondre aux attentes sociétales. » C’est aussi une évolution qui n’a pas d’étiquette accrochée à son dos. À ce salon, on ne parle pas d’agriculture biologique contre un modèle plus conventionnel. Les solutions présentées se veulent transversales. Un élément essentiel aux yeux de Maurice Meyer, président d’Alsace Bio : « Nous sommes ici pour voir ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous différencie. C’est comme ça que notre agriculture pourra évoluer. » À condition de sensibiliser les jeunes générations le plus tôt possible. C’est pour cette raison que la manifestation est organisée depuis ses débuts dans l’enceinte et à proximité des lycées agricoles (Rouffach en 2014 et 2016, Obernai cette année). « Pour nos élèves, c’est une manière d’apprendre autrement. On montre, de manière concrète, ce qui est de l’ordre du réalisable et de l’ordre du non réalisable », souligne le président du lycée agricole d’Obernai, Franck Sander. Reste à profiter de la dynamique existante autour de cette manifestation pour faire des émules dans toute la région. C’est en tout cas l’attente glissée par le président de la Chambre d'agriculture de région Grand Est, Jean-Luc Pelletier. « Ce salon permet à tous les agriculteurs de s’améliorer. Je souhaite qu’il prenne de l’ampleur à l’échelle de notre grande région qui devra résoudre deux défis majeurs : améliorer les revenus de nos agriculteurs tout en répondant aux attentes des consommateurs. » Le député de la sixième circonscription du Bas-Rhin considère pour sa part que ce salon permet à toute la profession de se projeter dans l’avenir. « Il n’y a pas de secteur qui changera plus que l’agriculture. Il y aura des réflexions différentes avec des manières de produire différentes. Mais l’objectif restera le même : nourrir vos concitoyens et continuer à enrichir l’économie. Et nous avons un défi ici, en Alsace, c’est de trouver les voies du développement tout en consommant moins d’espace. Cette réflexion démarre ici. »

Épisode orageux de la nuit du 31 mai au 1er juin

Les cultures localement impactées

Publié le 08/06/2018

Dans la nuit du 31 mai au 1er juin un violent épisode orageux a frappé le Bas-Rhin. Si les dégâts sont localisés, ils sont importants sur les parcelles touchées, notamment dans le Kochersberg et le nord du département.

À leur passage, ces orages ont donné localement des chutes de grêle et des précipitations intenses, avec des cumuls de 15 à 30 mm, voire 40 mm en l’espace d’une heure, parfois 30 à 50 mm en 3 heures, comme cela a été relevé en plaine d’Alsace. Une rafale de vent à 80 km/h a été observée à Waltenheim vers minuit. Le secteur du Kochersberg a particulièrement été touché, notamment les communes de Duntzenheim, Gougenheim, Kienheim, Pfettisheim, Pfulgriesheim et Reitwiller. Plusieurs communes ont été envahies par des coulées d’eau boueuses, dépassant parfois plus d’1 m. « Il n’y a pas eu de cultures arrachées, constate avec soulagement Pierre Geist, conseiller à l’Adar du Kochersberg. À ce stade, les cultures ont déjà bien poussé et sont bien enracinées. Mais sur les parcelles touchées, elles ne sont pas en bon état, car l’eau a tout raviné sur son passage. » Si les dégâts sont localisés - notamment là où l’eau est partie en torrent -, ils sont importants sur les cultures touchées. « Étant donné leur stade, les colzas auraient dû résister. Mais on a l’impression qu’un rouleau compresseur est passé dessus. Les pluies ont été tellement intenses qu’ils ont atteint leurs limites », constate Pierre Geist. Certaines parcelles de blé ont été complètement couchées. À Pfettisheim, le Kolbsenbach a débordé, inondant la commune, mais aussi de nombreuses parcelles, comme cette prairie, restée sous eau près de 24 heures et dont « le foin sera de piètre qualité. » À Gougenheim, le Rohrbach est aussi sorti de son lit, se déversant dans le village, mais aussi sur certaines parcelles, comme sur ces maïs entièrement recouverts de boue. Quelques parcelles de tabac et maïs semences, pas encore bien développées, pourraient aussi être impactées. Wissembourg a trinqué « Dans le nord, les dégâts sont vraiment localisés sur un secteur autour de Seebach, Niederseebach, Trimbach et Aschbach », explique Rémy Michael, conseiller à l’Adar de l’Alsace du Nord. De fortes précipitations - il a plu 40 à 70 mm en une heure et demie - ont provoqué du ruissellement parcellaire, générant des coulées de boue, et en aval, le débordement des cours d’eau, dont la Lauter. Conséquences : le centre-ville de Wissembourg, ainsi que plusieurs villages ont été envahis par des masses d’eau et de boue, touchant de nombreuses habitations. Dans les champs, les conséquences sont moindres. Sauf à Seebach, où Rémy Michael a constaté de gros dégâts dans des parcelles de tabac et de maïs semé tardivement. Des vents souvent violents ayant accompagné ces trombes d’eau, il y a eu de la verse sur les céréales. « Le vent a couché des parcelles de maïs, d’orge et de blé. » Enfin, un épisode de grêle a été enregistré à Aschbach et Seebach, mais il a causé des dommages « limités et supportables ». Ces intempéries ont été l’occasion, pour Rémy Michael, de vérifier l’efficacité des pratiques de non-labour. « Il y a eu moins de coulées de boue dans ces parcelles, mais avec des précipitations supérieures à 50 mm, il ne faut pas s’attendre à un miracle ! »

Publié le 06/06/2018

Mercredi 6 juin à 9 h 15 une importante explosion s’est produite sur le site portuaire du Comptoir agricole situé dans la zone sud du port du Rhin à Strasbourg. Plus précisément à l’entreprise Silostra. À l’heure où nous mettons sous presse, les origines de l’explosion sont encore inconnues. Mais des travaux de maintenance étaient en cours dans ces silos servant au stockage des céréales. Dans ce genre de structure, l’hypothèse la plus probable pour expliquer cette explosion serait des poussières qui se seraient enflammées en présence d’étincelles générées par les travaux de maintenance. Onze personnes se trouvaient sur le site au moment de l’accident et quatre ont été gravement blessées et évacuées en urgence. Trois victimes en urgence absolue ont été héliportées. Et une victime en urgence relative a été orientée vers l’hôpital de Hautepierre à Strasbourg. Les six autres personnes impliquées ont été prises en charge sur place par le point d’urgence médico-psychologique (PUMP). Le centre opérationnel départemental de la préfecture a été activé et la ville de Strasbourg a activé son plan communal de sauvegarde. 108 sapeurs pompiers et 60 engins du service départemental d’incendie et de secours (SDIS67) ont été engagés sur le terrain et appuyés par le Samu. La zone portuaire alentours a été bloquée par les secours par mesure de précaution. Un périmètre de sécurité a été établi à 200 mètres autour du lieu de l’explosion. Les entreprises de la zone portuaires sud situées dans le périmètre de sécurité ont mis en place des mesures de confinement. Les écoles du quartier situées hors périmètre de sécurité ont pu lever les mesures de confinement qu’elles avaient mises en place par précaution au cours de la matinée. La population a été invitée à éviter de circuler dans le secteur afin de ne pas gêner les opérations de secours. Des déviations ont été mises en place. En fin de matinée, l’incendie était maîtrisé, mais des interventions techniques de sécurisation étaient toujours en cours sur le site. Le périmètre de sécurité, établi à 200 mètres autour du lieu de l’explosion, était maintenu. Et l’accès à la zone portuaire sud restait coupé a minima pour la journée et pour une durée indéterminée. Le terminal de conteneurs sud situé rue de Saint-Nazaire à Strasbourg était également fermé. Dans un communiqué, le Comptoir agricole déclare : « Nous sommes tous choqués par la violence de l’événement et inquiets pour nos collègues blessés. »

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