Ferme Ruch à Uttenhoffen
Portes ouvertes sur le robot Lely Vector
Ferme Ruch à Uttenhoffen
Publié le 14/06/2018
Dimanche 24 juin, la ferme Ruch organise une journée portes ouvertes à Uttenhoffen. La principale attraction sera le robot d’alimentation Lely Vector, premier spécimen du genre en Alsace, et deuxième de France en élevage ovin.
C’est un salarié de rêve : jamais malade, il travaille 24 h sur 24, sans jamais râler, et effectue ses tâches comme sur des rails. D’ailleurs, il est sur des rails. Car il s’agit d’un robot : le robot d’alimentation Lely Vector. « J’aurais quand même préféré prendre un salarié, pour le côté humain, la conversation », sourit Régis Ruch. Mais il aurait fallu trouver un mouton à cinq pattes : un salarié à mi-temps, compétent en élevage ovin… Régis Ruch s’est donc finalement replié sur un robot. Car il fallait absolument trouver une solution au manque de main-d’œuvre, facteur limitant dans cet élevage. Installé en hors cadre familial en 2005, Régis Ruch ne peut compter que sur un peu d’aide familiale pour élever ses 530 brebis à la prime, ses 20 béliers et leurs agneaux. En outre, sa production est intégralement commercialisée en direct à la ferme et au magasin de producteurs Hop’la, où Régis Ruch doit donc régulièrement assurer des permanences. Autre conséquence coûteuse en main-d’œuvre de ce canal de distribution : il faut pouvoir fournir des agneaux toute l’année, donc les agnelages sont désaisonnalisés, et il y a des brebis qui ont - ou qui vont vêler - ainsi que des agneaux à engraisser toute l’année dans les bâtiments. Même si la majorité du troupeau est dehors. Des rations à la carte Depuis 2013, Régis Ruch utilise un bol mélangeur pour nourrir les animaux dans les bâtiments. « Les résultats zootechniques étaient bons, il y avait moins de tri, de refus, une meilleure croissance, moins d’acidoses. » Par contre, le coût en gasoil et en temps est important. Et « comme j’étais obligé de préparer des bols entiers, il y avait parfois des problèmes d’échauffement du fourrage, donc de la perte ». Ce sont tous ces éléments qui ont poussé Régis Ruch à passer au robot d’alimentation : « J’ai investi 150 000 €, soit à peu près autant que pour un tracteur et une mélangeuse, pour un coût journalier d’utilisation inférieur, moins de main-d’œuvre et une plus grande précision. Car désormais je peux faire des rations à la carte, en petite quantité, pour coller au plus près aux besoins des animaux. » Les 85 ha de SAU étant en herbe, la ration est composée de 98 % d’herbe, complétée avec de la pulpe de betterave et un complément du commerce, dont la quantité est ajustée en fonction des résultats des analyses de fourrages, qui sont effectuées à chaque changement de matière première, et qui sont désormais enregistrées dans le logiciel servant à piloter le robot. Moins de stress pour tout le monde Le robot tourne depuis le 23 janvier. Toutes les 60 minutes il quitte sa base, où il recharge ses batteries, pour aller repousser et scanner la hauteur de fourrage à l’auge dans tous les bâtiments. « Dans les bâtiments il est guidé par ultrasons. Entre les bâtiments il circule sur un rail aimanté. » Si la hauteur de fourrage est inférieure à un certain seuil, de retour à la base, il prépare la ration correspondante. Pour cela, un grappin vient sélectionner les différents ingrédients dans l’ordre prédéfini. Le grappin et le bol sont équipés de systèmes de pesée permettant d’obtenir la composition voulue. Puis le robot part la distribuer aux animaux. Qui sont donc nourris 24 h sur 24, à la demande. « En ce moment, les animaux sont nourris à 70 % la nuit, lorsqu’il fait frais, car en journée il fait chaud et les animaux mangent moins », souligne Régis Ruch. Conséquence : moins de stress. Pour les animaux. Et pour l’éleveur : « Avant ça râlait le matin et le soir à l’heure de l’affouragement. Le robot permet de reproduire les conditions extérieures. Les animaux mangent quand ils veulent. Vont se coucher. Reviennent manger. Du coup il n’y a plus ce phénomène de compétition à l’auge, où les animaux se précipitaient pour être sûrs d’avoir quelque chose à manger. Ils sont plus zen, et ont moins de problèmes digestifs qu’avant. Nourris plus sainement, ils sont en meilleure santé. Je n’ai quasiment pas utilisé d’antibiotiques depuis que le robot fonctionne. » En ce qui le concerne Régis Ruch constate : « J’ai plus de temps pour m’occuper des animaux. Je suis plus concentré. » Il note aussi l’amélioration de ses conditions de vie : « Je dois remplir la cuisine, deux fois par semaine en été, encore moins en hiver. Je suis débarrassé des astreintes du matin et du soir. Je peux profiter d’une sortie sereinement, par exemple. Car j’ai une application sur mon téléphone qui me permet de suivre le robot, avec des alarmes en cas de dysfonctionnement. Il y a aussi une assistance téléphonique avec l’assurance d’un dépannage sur site dans les deux heures si nécessaire ». Découvrez le robot Lely Vector au travail en images :












