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Marc Schneider, président du comité d'organisation

« On sent un renouveau ! »

Publié le 11/05/2018

Le festival de l'élevage se déroulera ce week-end au plan d'eau de Brumath. Place aux jeunes le samedi soir, avec le concours de pointage, le concours de présentation et la soirée jeunes. Le dimanche sera plus professionnel, avec le concours des génisses prim'holstein, le concours montbéliardes, la présentation des veaux par les enfants, sans oublier l'exposition de matériel agricole.

Marc Schneider, éleveur à Wangen, succède à Jean Bernhard à la tête du comité d’organisation du festival de l’élevage de Brumath. C’est la première année qu’il est aux manettes. D’emblée, il précise : « Il n’y aura pas de gros changements… » La grande nouveauté a été introduite il y a trois ans, avec le concours de génisses prim’holstein, rappelle-t-il. Cette innovation avait pour but de motiver davantage de jeunes éleveurs à participer, car les génisses sont plus faciles à manipuler. Et cela a marché ! « Il y a constamment de nouveaux éleveurs qui viennent à Brumath. » L’école des jeunes présentateurs, organisée tous les deux ans dans le département, n’est pas étrangère à ce regain d’intérêt pour le concours. « Nous formons les jeunes à partir de 13-14 ans à la préparation et à la présentation des animaux. » Souvent, les fils d’éleveur entraînent leurs camarades de lycée à se joindre à eux, souligne le président qui se réjouit de cet engouement. Le nombre d’animaux inscrits au catalogue est lui aussi en augmentation : il se monte à 170, toutes races confondues. Il y aura bien sûr des génisses et des vaches prim’holstein, mais aussi des montbéliardes et des simmental, et même une jersiaise. On trouvera également des charolaises et des limousines, des chevaux et des moutons. Pour abriter tout ce beau monde, « il faudra sans doute installer un chapiteau supplémentaire ». Un formule qui marche Le festival de l’élevage, c’est « une formule qui marche ». Les rouages sont bien huilés, et tout le monde met la main à la pâte. « Depuis jeudi, une cinquantaine d’éleveurs sont présents en permanence sur le site. » Les éleveurs des différents syndicats de race ont répondu présent, souligne le président. Cette année, par contre, les étudiants en BTS du lycée agricole d’Obernai n’ont pas pu leur prêter main-forte, et ce sont les Jeunes Agriculteurs du canton de Soultz-sous-Forêts qui ont pris le relais. Ce sont eux qui ont monté les chapiteaux d’élevage, tandis que leurs collègues du canton de Truchtersheim se sont chargés du montage du grand chapiteau qui abrite le ring et le restaurant, en compagnie des éleveurs. « Vendredi, nous montons les tables, les bancs et la cuisine », indique Marc Schneider. Les Jeunes Agriculteurs du canton de Saverne sont eux aussi de la partie : samedi et dimanche soir, ils assureront la préparation des tartes flambées.  Plusieurs milliers de visiteurs viennent chaque année au festival de l’élevage. C’est une journée conviviale qui permet aux éleveurs, et plus largement aux agriculteurs, de se retrouver dans une ambiance festive. « Par la suite, nous organisons une journée de détente pour remercier tous les bénévoles qui s’investissent et pour créer des liens entre les éleveurs des différents syndicats. » L’inauguration officielle de la manifestation aura lieu vers midi, en présence d’Anne Sander, députée européenne, et de nombreuses personnalités politiques.

Publié le 11/05/2018

Cette année, Philippe Willem, 18 ans, et Loïs Thieriot, 17 ans, participeront pour la première fois au concours de génisses du festival de l’élevage de Brumath avec trois génisses issues du Gaec de la Prairie, à Kleingoeft.

Philippe Willem habite Kleingoeft. Loïs Thieriot habite Schalbach, en Moselle. Ce qui les rassemble, ce sont les études - ils sont tous les deux étudiants au lycée agricole de Château Salins, Philippe en première année de bac Conduite et gestion de l’exploitation agricole (CGEA), et Loïs en première année de bac Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant (STAV) - et leur passion pour les animaux. Philippe Willem est le fils de Thierry Willem, agriculteur au sein du Gaec de la Prairie, dont la principale activité est la production de lait, grâce à un troupeau de 110 vaches laitières de race prim’holstein. La SAU de 180 ha se répartit entre 70 ha de prairies naturelles, 50 ha de maïs, 35 ha de blé, 10 ha de colza, 10 ha d’orge et 10 ha de prairies temporaires. Son acolyte, Loïs Thieriot, est stagiaire au Gaec de la Prairie. Il n’est pas issu d’une famille d’agriculteurs, mais passe tout son temps libre à travailler chez un voisin agriculteur. « Depuis que je suis petit, je pose mon sac en rentrant de l’école, et je vais aider à la ferme », sourit-il. Contaminé par le virus de l’agriculture, il suit un cursus agricole dans le but de s’installer à son tour un jour, et produire du lait. Deux participations à Agrimax Pour Philipppe Willem, cette participation au festival de l’élevage sera une première. « Mon père n’est pas très concours. Mais ça se faisait de participer à des concours autrefois, notamment du côté de ma mère », note le jeune homme, qui est tout de même soutenu par son père dans cette démarche. Loïs Thieriot a déjà arpenté le ring de Brumath à plusieurs reprises. Enfant, il a pris part à la présentation des veaux. Plus tard, il a déjà présenté des génisses du Gaec Urban à Berstett. Pour autant, Philippe Willem n’est plus un novice en matière de concours de race. Il a participé deux années de suite à Agrimax, à Metz, avec son lycée. « Chaque année, les profs et les maîtres d’exploitation proposent aux élèves de participer en présentant des animaux de la ferme du lycée. Tous les élèves motivés peuvent se présenter. Mais ensuite les candidats sont sélectionnés sur leur motivation, la qualité de leur travail de présentation », décrivent les élèves. Les couleurs de l’établissement sont donc défendues par les présentateurs les plus motivés et les plus aguerris. L’essentiel, c’est de participer - et de s’amuser En outre, Philippe Willem a été formé au pointage au lycée. Une discipline où il semble plutôt bien se débrouiller puisque, là aussi, il s’est distingué parmi les élèves des trois classes de son lycée qui ont participé à un concours de pointage interne. « Nous devions pointer une race laitière et une race à viande. Puis les profs ont fait la moyenne des deux notes. » Et les dix premiers - dont lui - ont été sélectionnés pour participer au concours de pointage à Agrimax. Grâce à un bon classement, il a ensuite pu participer au Salon international de l’agriculture à Paris, où il s’est classé 40e sur 80 participants. Du coup, le pointage des animaux fait désormais partie des tâches qui lui ont été attribuées sur la ferme familiale. Un travail qu’il effectue en collaboration avec un sélectionneur d’Élitest, qui l’a également aidé à choisir les trois génisses partant à Brumath : Mandarine, Masha et Naive. Les deux amis l’avouent volontiers, s’ils vont à Brumath cette année, c’est surtout pour le plaisir de participer. Pas pour gagner. Philippe Willem explique : « Nous pratiquons une sélection génétique fonctionnelle, pour la production, pas pour les concours ». Il détaille : « Les animaux de concours ont souvent des grands gabarits. Alors que nous, des grands animaux, on n’en veut pas, car on a un problème de place dans la salle de traite. » Mais peu importe de ne pas figurer sur le podium. Loïs renchérit : « Ce qui nous plaît, c’est la préparation des animaux, l’ambiance et la convivialité. » Le passage sur le ring n’est pas forcément le moment le plus agréable : « Il faut que la génisse avance, ça génère un peu de stress ». Non, vraiment, ce qui compte le plus, c’est de se retrouver entre potes, autour de quelques génisses à préparer !

Publié le 10/05/2018

Après près de vingt années de travail, les premières variétés de raisins de cuves à résistances polygéniques au mildiou et à l’oïdium ont été inscrites au catalogue officiel en janvier dernier. L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) poursuit le programme ResDur avec treize autres variétés, cette fois porteuses de facteurs de résistance de vignes sauvages asiatiques. Elles ont été plantées sur 40 ares au-dessus de Bergheim.

La plantation de neuf variétés à raisins noirs et quatre à raisins blancs, avec en moyenne 250 pieds pour chacune, est une nouvelle étape dans le processus d’innovation variétale initié par le Centre de Colmar de l’Inra dans le cadre du programme ResDur (résistance durable). « Elle vise à étudier les comportements de nouvelles variétés résistantes dans des conditions réelles du vignoble alsacien, déclare Frédérique Pelsy, présidente du Centre de Colmar, domaine expérimental du Centre Grand Est Colmar. Initié il y a une vingtaine d’années dans l’indifférence générale, le programme ResDur a été pionnier pour créer de nouvelles variétés résistantes. Il a pu être mené grâce à des équipements dédiés installés sur le Centre de Colmar avec le soutien des plans État-Région. 18 ans plus tard, en ce début d’année, les premières variétés ont été inscrites au catalogue officiel. Certes, tous les freins ne sont pas encore levés pour l’utilisation de ces variétés, en particulier les freins réglementaires, mais une évolution de la réglementation européenne est envisagée pour accepter l’utilisation de caractères de résistance de vignes sauvages dans les vignes cultivées. » Un à trois traitements nécessaires Alors qu’en moyenne, la vigne est traitée quinze fois contre le mildiou et l’oïdium, les variétés ResDur ne nécessitent qu’un à trois traitements. « Elles sont une solution parmi les plus efficaces que peut proposer la recherche pour atteindre les objectifs de la transition écologique en viticulture. » Dans le contexte actuel, le programme ResDur de création de vignes à résistances polygéniques au mildiou et à l’oïdium prend tout son sens. « Résistantes et qualitatives, ces variétés sont des ambassadrices du programme national de création et de diffusion de l’innovation variétale qui vient d’être lancé par le plan de la filière. En effet, suite aux États généraux de l’alimentation, un plan vin a pour ambition de maintenir la France en position de leader en matière d’exportation. Il vise à sécuriser davantage la santé et la sécurité des travailleurs de la vigne et de la cave en particulier quant à leur exposition aux produits phytosanitaires. Une des ambitions de ce plan est la réduction de la dépendance aux produits phytosanitaires en viticulture, il affiche comme objectif la certification HVE (haute valeur environnementale) de 50 % des exploitations viticoles à l’horizon 2025. Par ailleurs, la France se veut exemplaire pour retirer du marché toutes les matières actives à risque. Ainsi, sur les 164 molécules utilisées en viticulture, seules 24 resteraient si on appliquait rigoureusement les contraintes réglementaires. Nous sommes dans un cadre extrêmement contraint. Ainsi, le cuivre, à présent reconnu comme toxique pour la santé, est lui aussi sur la sellette. Mais compte tenu de l’absence d’alternative à son utilisation, son interdiction a été reportée d’un an en 2019. » Une vingtaine d’autres parcelles expérimentales en France « Cette parcelle représente l’étape ultime du schéma de sélection avant la présentation pour l’inscription au catalogue, annonce Christophe Schneider, technicien de recherche à l’Inra. Elle entrera en production en 2020 et l’on pourra commencer à goûter les vins d’ici quatre ans. Cette deuxième série de croisement est différente par ses sources. Les plants du programme ResDur1 n’avaient que des sources nord-américaines. Les plants de ResDur2 ont des sources de résistance asiatique, intégrée par hybridations successives. » Grâce à un partenariat avec l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), une vingtaine d’autres parcelles sont ainsi plantées en France, conduites avec le moins d’intrants possible. Les mesures de valeurs agronomiques, technologiques et environnementales permettront de faire la carte d’identité de la valeur culturale et de qualité du vin des variétés. Cela permet de constituer un dossier d’inscription pour le Comité technique permanent pour la sélection (CTPS) qui sera présenté en 2021. « On considère qu’il faut 1 000 pépins pour arriver à une variété inscrite au catalogue. Le programme ResDur a obtenu 17 000 pépins qui, on l’espère, vont aboutir à l’inscription d’une trentaine de variétés d'ici 2024, comme cela est le cas pour artaban, floreal, vidoc et voltis (lire en encadré) commercialisé depuis 2018 par l’IFV. » Un temps de recherche divisé par deux Le directeur de recherche, Didier Merdinoglu, retrace le parcours de ce programme. « L’idée a germé en 1998 et sa mise en œuvre a commencé en 2000, bien avant le Grenelle de l’environnement et le premier plan Écophyto. Dès le début, il a été conçu pour conjuguer la recherche fondamentale et l’innovation. Les recherches fondamentales ont eu pour but de comprendre les fondements génétiques de la résistance de la vigne à deux maladies : le mildiou et l’oïdium, celles qui mobilisent le plus de traitements phytosanitaires. Dans une première phase, on a cherché à identifier et à caractériser les ressources génétiques : où trouver la résistance, car toutes les variétés traditionnelles ne le sont pas, elles sont sensibles à ces deux maladies. On l’a trouvée dans des vignes sauvages d’origine nord-américaines et asiatiques. Au total, le programme ResDur est une somme d’innovations avec ce résultat : la création de quatre variétés en 16 ans, alors qu’avant cela nécessitait le double de temps. » Les chercheurs ne comptent pas en rester là. Ils prévoient un partenariat avec l’IFV et une dizaine de comités interprofessionnels (le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace dans notre région) pour lancer un programme ResDur pour le développement de variétés à typicité régionale. Leur inscription au catalogue est prévue pour 2030. Dans un futur plus lointain, ils envisagent de créer des variétés adaptées aux évolutions du climat.

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