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Label Vignobles & Découvertes

La route des vins d’Alsace obtient le sésame

Publié le 15/05/2019

Le dossier d’obtention n’a pas traîné. La route des vins d’Alsace vient d’être labellisée Vignobles & Découvertes, qui reconnaît une certaine structuration de l’offre œnotouristique, garante de prestations qualifiées.

La route des vins d’Alsace vient d’être labellisée Vignobles & Découvertes. C’est la troisième obtention après Cœur d’Alsace du Mont Sainte Odile au Haut-Koenigsbourg et Terre et vins au pays de Colmar. Créé en 2009, le label Vignobles & Découvertes facilite l’organisation de séjours œnotouristiques et oriente les clients sur des prestations qualifiées, notamment par une plaque signalétique. Attribué par Atout France, sur recommandation du Conseil supérieur de l’œnotourisme, ce label s’adresse aux destinations à vocation touristique et viticole. Les promoteurs du dossier étaient Alsace Destination Tourisme (ADT), le Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira) et le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). « C’est un label qui stimule le travail en réseau, permettant aux différents acteurs de l’œnotourisme de mieux se connaître », introduit Clémence Wagner, l’une des chevilles ouvrières du dossier, en charge notamment de l’œnotourisme au Synvira, qui a « accompagné l’ADT dans la préparation du dossier. « On a souhaité introduire un critère supplémentaire au règlement d’usage qui encadre la procédure d’attribution : que les restaurateurs bénéficiaires du label jouent le jeu des vins locaux avec au minimum 40 % de vins d’Alsace sur leur carte », ajoute-t-elle. Tous les caveaux de vignerons pourront également bénéficier du label « s’ils sont chartés ». Or 70 % des caves peuvent y prétendre avec la charte d’accueil du Synvira. De son côté la charte « Accueil en cave d’Alsace », mise en place par le Civa, reprend les mêmes critères de qualité de prestation et c’est le même organisme certificateur qui valide, explique Anne Freyder, chargée du dossier œnotourisme au Civa. Cette charte d’obédience interprofessionnelle s’adresse plus largement aux caves coopératives et négociants. Elle a recueilli pour l’instant 37 adhérents. Aux derniers décomptes, ce sont donc 110 caves toutes familles confondues, qui se sont engagées dans ce processus de garantie qualité sur l’accueil au caveau de dégustation. « Le label Vignobles & Découvertes va inciter de nouveaux metteurs en marché à s’engager », indique Anne Freyder. Car il consacre « une montée en qualification de l’accueil dans les caves, les hôtels, restaurants, gîtes et entreprises de loisirs » avec une garantie sur la qualité des prestations et un suivi qualité. C’est désormais à chaque destination œnotouristique de communiquer. La plaque signalétique, Vignobles & Découvertes devrait bientôt orner les devantures de la route des vins.

Publié le 14/05/2019

Jean Rottner, président de la Région Grand Est, a inauguré la 39e édition du festival de l’élevage. Rendez-vous est pris pour le 40e anniversaire.

Petite séquence nostalgie : « Il y a quarante ans, il y avait des concours d’élevage dans chaque canton, a rappelé Denis Ramspacher, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Et chaque année en septembre, c’était à la foire européenne de Strasbourg que se rencontraient les éleveurs, avec des présentations d’animaux de toutes races (porcs, moutons, chevaux, vaches). Lorsque la foire européenne a réduit la surface dédiée à l’espace agricole pour céder la place aux institutions européennes, nous avons cherché un nouvel emplacement. La municipalité de Brumath nous a proposé son plan d’eau. » Depuis, cette manifestation n’a cessé de s’étoffer. Saluant les invités dans le ring d’élevage, à la mi-journée, Denis Ramspacher a relevé la présence importante d’élus, sénateurs, députés, députée européenne, conseillers départementaux et régionaux, maires et présidents d’organisations professionnelles agricoles. L’occasion était rêvée, pour Marc Schneider, président du festival de l’élevage, d’évoquer les dossiers qui préoccupent la filière élevage. « Les prix du lait et de la viande ne sont pas assez rémunérateurs, surtout après la sécheresse de l’an dernier qui nous a obligés à acheter du fourrage à des prix élevés. Mais le plus pénible, c’est sans conteste la stigmatisation dont nous sommes victimes dans les médias. Et ce, bien que nous fassions de notre mieux pour produire dans les meilleures conditions. » Il a remercié sponsors et bénévoles pour leur contribution à la réussite de ce festival. « L’élevage est une solution pour la planète » « Depuis 36 ans que je suis au conseil municipal, j’ai pu vivre l’évolution de ce festival, a souligné Étienne Wolf, maire de Brumath. C’est une belle vitrine pour l’élevage. Elle permet au grand public de mieux cerner la réalité de votre métier. » « Voyez comme l’élevage est capable de mobiliser et d’attirer les foules, s’est exclamé, Xavier Lerond, secrétaire adjoint de la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est (Crage). Je reste farouchement persuadé que l’élevage est une solution pour l’avenir de la planète. Les manifestations qui se sont déroulées en marge du G7 de l’environnement, la semaine dernière à Metz, nous ont permis de l’affirmer haut et fort. Nos pratiques s’améliorent dans tous les domaines. C’est vrai dans nos élevages comme dans nos abattoirs, malgré les affirmations des spécistes. » L’élevage est un élément clé de la stratégie des chambres consulaires du Grand Est, a-t-il affirmé. « C’est un peu le ciment de leur action, une base de solutions. » Remerciant le président de la Région Grand Est, il a souligné : « Nous continuerons à vous faire des propositions. Merci du geste que vous avez fait l’an dernier pour les éleveurs. Nous avons souffert, parce que nos animaux ont souffert. C’est l’origine de notre mal-être. » Se projeter dans l’avenir Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, le concède, « l’agriculture, et l’élevage en particulier, souffre d’un problème d’image et de manque de reconnaissance. Mais la présence nombreuse des élus à notre manifestation est rassurante. Notre responsabilité c’est de nous projeter dans l’avenir. Serons-nous en mesure de répondre aux attentes de nos concitoyens en matière de proximité, de respect de l’environnement ? Oui, le monde agricole est capable de répondre à ces enjeux. Mais il faut l’aider à investir, à explorer de nouveaux débouchés sur le plan local et à l’export, à réussir la transition environnementale. Et veiller à ne pas amplifier les distorsions de concurrence, au niveau national et européen. » Le défi climatique touche les éleveurs de plein fouet, comme l’a prouvé la sécheresse de l’an dernier, a poursuivi Franck Sander. « Merci pour les 8 millions d’euros que vous avez débloqués pour nous permettre de la surmonter. Nous vous encourageons à nous accompagner sur ces changements climatiques. » Une piste d’avenir : « Le monde agricole devrait s’ouvrir davantage aux services rendus à la société. J’ouvre la réflexion : le service rendu pour l’amélioration de la qualité de l’eau, la production d’énergie renouvelable, le stockage du carbone doit être reconnu, afin de garantir un meilleur revenu aux agriculteurs. » « Je suis pour une politique régionale » Jean Rottner, président du Conseil régional Grand Est, en est persuadé, « la meilleure manière de lutter contre l’agribashing, c’est de montrer ce que l’on sait faire avec le cœur, avec les tripes. C’est la première démonstration que l’on peut faire, que ce soit à Paris, à Sedan, à Brumath. Il y a un point qui fait consensus, quelle que soit notre sensibilité politique, c’est d’être au rendez-vous en situation de crise. Les aléas climatiques qui surviennent de manière régulière nous montrent que nous savons y répondre, des dispositifs rapides et simples ont été imaginés avec les organisations professionnelles et les conseils départementaux. » 3 030 dossiers seront soutenus par la Région Grand Est, a indiqué Jean Rottner. Mais elle voit au-delà : « Nous sommes en train de travailler sur l’irrigation du futur, sur l’installation des jeunes. Et si nous évoluons dans un cadre national, nous savons qu’il existe une force régionale tirant parfois dans un sens différent. Parce que le Cantal, ce n’est pas le Kochersberg ou le Sundgau. Nous sommes la première région agricole française. Sachons être leaders, mais différenciants si nécessaire. Méfions-nous de la tendance à la recentralisation. Ensemble, menons le même combat. » Certaines filières agricoles sont en difficulté, comme la betterave à sucre. « Grâce au boulot que nous avons fait, nous avons pu maintenir la sucrerie d’Erstein. » Un travail d’équipe, a ajouté le président. Le contrat d’objectifs élevage a été signé. « Nous devons maintenant travailler sur les abattoirs. Nous sommes concurrencés par la Belgique et l’Allemagne. Nous devons trouver une vraie stratégie à l’échelon régional pour conserver la compétitivité de nos outils régionaux. » Évoquant le grignotage des terres agricoles, Jean Rottner s’est prononcé pour une saine régulation de la consommation foncière, l’objectif étant de maintenir le développement économique des territoires. « Petit à petit, on arrive à une position d’équilibre qui satisfait tout le monde. La consommation foncière ne doit pas être brutale. Les routes doivent se construire dans le respect de l’économie agricole. Nous devons protéger les terroirs que nous aimons. » Très heureux d’être allé à la rencontre du monde de l’élevage à #Brumath ✅ Pour confirmer notre engagement de 8M€ dans le cadre du plan sécheresse ✅ Pour assurer notre soutien fort à cette filière de qualité ‼️ Pour dire ma fierté d’être 1 Region agricole par excellence !! pic.twitter.com/ENlPsTxEXY — Jean ROTTNER (@JeanROTTNER) 12 mai 2019

En démonstration samedi et dimanche

Du maïs ensilage en bottes

Publié le 12/05/2019

Frédéric Jermann réalise des prestations de pressage-enrubannage de maïs ensilage et maïs épis. Il effectuera plusieurs démonstrations durant le festival de l’élevage.

Frédéric Jermann a créé son entreprise de travaux agricoles l’an dernier, l’ETA Jermann-Fritz. Polyculteur, éleveur de simmental allaitantes à Raedersdorf, à l’extrême sud du Sundgau, il utilise depuis huit ans une presse-enrubanneuse de la marque autrichienne Goweil pour presser du maïs ensilage et du maïs épis. Avec cette machine, il réalise des chantiers pour de nombreux clients, y compris hors Alsace, dans les départements franc-comtois et lorrains notamment. La machine a été lancée il y a une quinzaine d’années. Son utilisation s’est développée depuis 2003, année de grande sécheresse, où des éleveurs suisses en manque de fourrage ont dû récolter du maïs ensilage en plaine pour alimenter des élevages de montagne. La machine travaille en stationnaire selon le principe suivant : l’ensilage est apporté par benne comme pour un silo traditionnel et versé sur une plateforme, d’où il est convoyé jusqu’à une chambre fixe équipée de grandes courroies. La botte qui se forme est enveloppée d’un premier film plastique puis elle passe sur une table d’enrubannage où elle est enrubannée. Même si la majeure partie des chantiers se fait en frais, « on peut travailler en sortie de silo, dans le cas d’un arrêt d’activité, lorsqu’on veut refaire le fond d’un silo ou même lorsqu’on a un surplus de fourrage à vendre. Quand l’ensilage est mis en botte, il est facile à transporter, argumente Frédéric Jermann. Ensuite, il suffit de le reprendre pour affourager. » Ainsi enrubanné, l’ensilage de maïs se conserve très bien, assure l’entrepreneur. « Vu que la botte est fermée, on a quasiment zéro perte. L’ensilage est beaucoup plus compact que dans un silo et on n’a pas besoin d’ajouter de conservateur. Quand on travaille en frais, la fermentation est faite en l’espace de 15 jours. C’est une fermentation anaérobie, beaucoup plus rapide qu’en silo traditionnel. » Ce système est particulièrement adapté pour les exploitations qui vendent du fourrage ou pour les petites structures qui sont en manque de fourrage en automne et qui, bien qu’ayant du maïs, n’ont pas de silo pour le conserver. Son coût est à évaluer en fonction des situations : « Cela reste intéressant par rapport à un petit silo taupinière où il y a pas mal de pertes, beaucoup de travail manuel à la reprise et risque de surchauffe en été », souligne Frédéric Jermann, précisant qu’il n’y a pas de risque d’échauffement lorsque la botte est ouverte et consommée dans la semaine.

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