Le « KeyKeg », bag-in-keg (ou conditionnement en BIK)
Un nouveau conditionnement des vins pour une consommation ludique et festive
Le « KeyKeg », bag-in-keg (ou conditionnement en BIK)
Publié le 26/05/2020
De nouveaux modes de conditionnements des vins apparaissent pour répondre à de nouvelles aspirations de consommation. Derrière le vin de terroir à vocation culturelle et gastronomique, les vins ludiques prennent une place de plus en plus importante à côté de la consommation courante. Le conditionnement en « KeyKeg » (bag-in-keg) vise ce type de marché.
Certains opérateurs en vin souhaitent se positionner sur les marchés « ludiques » en plein essor, pour une consommation distrayante, détendue. Le profil gustatif de ces vins « ludiques » se distingue par leur buvabilité, leur fraîcheur, leur attrait basé sur des teneurs en CO2 natif qui peuvent être importantes pour la désaltération. Ces vins ont en commun avec les bières kraft d’avoir les mêmes lieux de consommation : les bars, les bars à vin, bars de restaurants, l’événementiel festif, les festivals culturels ou musicaux, l’événementiel des particuliers. Voire presque les mêmes modes de conditionnement que la bière. Les circuits et les modes de distribution se rapprochent d’ailleurs de ceux de la bière avec les canettes en alu, conditionnement pour la consommation nomade, ou encore les fûts jetables – recyclables ou en inox et consignés, et connectés à des systèmes de tireuse. La demande est forte pour ces nouveaux modes de consommation. Et de nombreux vignerons y répondent déjà en préparant des cuvées spécifiques à consommer pour tel ou tel événement festif, ou pour telle ou telle demande de restaurateur. À titre d’exemple, à Traenhein, Nathan Muller, un jeune vigneron a lancé le spretzi, un vin de France à base de cépage gewurztraminer, fermenté en cuve close selon la méthode ancestrale. Le spretzi subit un transvasage isobarique depuis la cuve vers des fûts inox à bière de 20 litres. Les fûts de vins sont prêts à être clipsés sur les tireuses de bar. Nathan Muller vise le marché local des bars alsaciens dans une réflexion approfondie sur le bilan carbone, avec donc un système de reprise/échange/consigne. Après une série d’essais concluants, le vigneron s’apprêtait à augmenter significativement ce type de conditionnement, particulièrement avantageux sur le bilan carbone, car évitant l’équivalent de 26 bouteilles de verre. Pour la consommation de vin à la tireuse, il existe désormais un autre type de conditionnement : le « KeyKeg ». Ce fût, sorti sur le marché de l’emballage et conditionnement en 2013, est composé d’une double paroi, externe rigide et interne souple qui contient le liquide alimentaire. La pression est exercée entre les deux parois de telle sorte qu’elle s’applique sur la membrane interne souple, ce qui supprime tout contact avec l’air. La connexion au système de tirage est classique, adaptable à tous les systèmes de bar, ou bien avec une pompe pour les particuliers le « KeyKeg party pump. » Le vin entre ainsi dans le réseau de distribution et le marché classique des brasseries sans logistique et manutention spécifiques, autre que celle des bières puisqu’il est conditionné de la même manière que les bières dans les mêmes fûts. Un argument qui risque de séduire les restaurateurs dont les serveurs doivent manutentionner les bouteilles de vins depuis leurs caves, en particulier en période de rush. À ce stade, 210 entreprises vinicoles ont conditionné du vin en « KeyKeg », selon OneCircle, entreprise familiale néerlandaise située à Den Helder, aux Pays-Bas, qui a mis au point la technologie bag-in-keg (BIK). Des opérateurs de tous les vignobles de France s’y sont mis. En Alsace, Julien Albertus y croit pour répondre aux formes contemporaines de consommation des vins. « La demande est très forte aux États-Unis, en Grande Bretagne… Il faut compter 10,90 € par keg », indique le vigneron qui a trouvé des débouchés pour des vins d’Alsace bios et naturels qui seront servis à la tireuse. Côté environnemental, le bag in keg s’apparente aux filières de recyclage des bouteilles PET et plastique en polyéthylène. Un fût de 20 litres correspond à 26 bouteilles de 0,75 l en verre, étiquetées, cartonnées… On rappellera que, selon les études de l’IFV, le verre, le carton et le bouchage représentent environ la moitié du bilan carbone total d’une bouteille de vin.












