Pratique

Publié le 14/02/2022

Lorsque Sylvie et Christophe Metz se sont rencontrés, en 2000, ils avaient plus de trente ans. Elle, mariée, élevait deux enfants. Lui, célibataire, 80 bovins laitiers. Plus de 80 km les séparaient. Malgré tous les obstacles, ils se sont aimés. Réunis, aujourd’hui, à Stotzheim, ils font ensemble les vendanges de l’amour, avec leurs jumeaux, Amélie et Romain, 13 ans.

« J’étais timide », confie d’emblée Christophe Metz, 54 ans, céréaliculteur et viticulteur, à Stotzheim. On a du mal à y croire, tant il est loquace aujourd’hui. Christophe est intarissable sur son exploitation, sa rencontre avec Sylvie, leur histoire, leur amour, le fruit de celui-ci : ses bonheurs. Il débite. Mais il parle peu de lui, en effet… C’est sa pétillante compagne qui le raconte le mieux. 22 ans après leur première danse, elle est toujours sous le charme de ce grand gaillard enjoué, au cœur tendre. Complémentaires, espiègles, ils s’accommodent, l’un de l’autre, des compétences de chacun, pour former un couple détonnant, efficace, à la maison comme au champ. Ils y entraînent leurs jumeaux et leur entourage dans un tourbillon de gaieté, de bonne humeur. « En octobre 2000, je rencontre ma future épouse, dans une boîte de nuit, le Manhattan, à Haguenau », se souvient Christophe. « Il s’est mis à genoux pour m’inviter à danser », le coupe Sylvie, dans un éclat de rire. « Quand il a pris ma main, j’ai à peine osé le regarder », poursuit-elle, avec délectation. La jeune femme de 36 ans, à l’époque, est immédiatement troublée. Christophe aussi : « C’était électrique. » Le coup de foudre, ça existe. « J’avais pris des cours de danse de salon », reprend Christophe. « Et moi, j’adorais danser », complète Sylvie. Au son d’un orchestre local, « elles dansaient entre femmes », déplore l’agriculteur, 32 ans alors. Sylvie est sa préférée : sa beauté, son attitude, sa manière de bouger… et son niveau ! « Il faut quand même pouvoir s’amuser sur le parquet », lâche Christophe. Leurs premiers pas sur la piste et les premières paroles échangées confirment leurs intuitions. Ils sont issus du même milieu social en plus. Malgré la tension, les danseurs restent chastes… longtemps ! Ils se retrouvent, pendant un an, tous les vendredis soir, pour valser, rocker, tanguer, tchatcher mais respectent « leur espace vital » (cf. Dirty dancing). Ça déménage Sylvie est mariée et mère de deux enfants (Anne, six ans, et Emmanuel, un ado de quatorze ans), au début de sa relation avec Christophe. Il le sait, attend, patiemment, que la procédure de divorce soit enclenchée… et prépare le terrain. Christophe Metz n’est pas éleveur dans l’âme. En juillet 2001, il vend ses vaches laitières et, s’attelle à développer les cultures du tabac et de la vigne. « L’essentiel, pour moi, était de préserver les enfants », insiste Sylvie. En octobre 2001, les tourtereaux sautent enfin le pas. Après que Christophe a fait la connaissance d’Anne et Emmanuel, le jeune couple se met en ménage… à Seltz, à plus de 80 km de la ferme Metz ! Sylvie est propriétaire d’un magasin d’arts de la table et de cadeaux là-bas. Liquider la société mais aussi gérer la séparation, l’organisation familiale, lui demandent un peu de temps. Jusqu’en 2004, Christophe fera les allers-retours entre Seltz et Stotzheim, tous les jours, ou presque… puisque le dimanche, il rejoint le corps de sapeurs pompiers volontaires de son village pour s’entraîner. « Qu’est-ce qu’on ne ferait pas par amour ! » s’exclame Sylvie… qui avait prévenu son cavalier d’un obstacle plus grand à leur idylle que ces « quelques » kilomètres. Christophe souhaite des enfants de leur union. Or des problèmes gynécologiques empêcheraient Sylvie de tomber enceinte. Qu’à cela ne tienne : si aucun bébé n’arrive, ils adopteront ! Christophe est aussi pragmatique que Sylvie honnête. Un autre chantier les attend. Installé sur la ferme familiale depuis 1991, Christophe avait acheté un terrain adjacent au séchoir à tabac, en prévision de la construction d’une maison. En 2004, Anne, Sylvie et lui emménagent, au centre-ville de Stotzheim, dans un appartement, à l’étage de la maison des parents Metz. Ils se rapprochent du terrain. Anne fait sa rentrée scolaire au CM2, à Stotzheim. « Juste avant le collège, qu’elle ait le temps de lier des amitiés », pointe Sylvie. Deux ans après, Christophe et Sylvie se marient, et commencent l’autoconstruction de leur future demeure. Tout concilier Pendant qu’ils bâtissent leur nid d’amour, le désir d’enfant devient plus fort. Mais Sylvie ne peut concevoir sans aide médicale. Malheureusement, en France, Christophe et elle ne sont pas prioritaires. De 2006 à 2007, ils se rendent alors plusieurs fois en Belgique. Sans succès. C’est une procréation médicalement assistée (PMA) à Barcelone qui réussira… en juillet 2007, en pleine récolte du tabac, alors que les conditions n’étaient pas optimales. Christophe a loupé le premier avion pour s’y rendre. Heureusement, il a eu le second. Malgré le coup de stress, Sylvie tombe enceinte. Leur dossier d’adoption, en parallèle, est accepté et mis en attente, le temps d’être sûr que la grossesse sera menée à terme. Sylvie passe quand même six mois sur neuf alitée. En 2008, naissent des jumeaux, Amélie et Romain. Et, en 2009, toute la famille inaugure sa nouvelle maison, pour le premier anniversaire des bébés. À sa grande joie, Anne ira au lycée hôtelier, à l’internat, ce dont elle a toujours rêvé. « On en a surmonté des épreuves déjà », glisse Christophe, à l’attention de sa compagne. Elle acquiesce. « On apprécie d’autant mieux la vie qu’on a galéré », ajoute-t-il. Depuis 2007, Sylvie travaille avec lui, à mi-temps, essentiellement dans les vignes, et se charge de la comptabilité. À la naissance des jumeaux, les « jeunes » parents ont 40 et 44 ans. « On voulait profiter de nos enfants et les élever », précise Christophe. C’est surtout Sylvie qui s’y colle. Elle s’occupe de l’intérieur ; Christophe de l’extérieur. « Chacun son truc », assume Sylvie. Trois années de grêle sur le tabac permettent à la famille de se reposer, l’été. En 2014, cette culture est arrêtée. « Sur deux ans, j’ai calculé qu’il y avait zéro marge », souligne Sylvie. « On a récupéré des vignes pour compenser », intervient Christophe. Depuis, la famille part en vacances, chaque été. Amélie et Romain sont ravis. Natation, danse, foot, piano : les adolescents s’éclatent toute l’année. « Et ils nous le rendent bien », assure Christophe. « Ils sont parmi les premiers de la classe », abonde Sylvie. Quand est-ce que les parents s’aménagent un moment rien qu’à eux ? « Rarement », admet Sylvie. Mais en août 2022, ils comptent bien se retrouver cinq jours en amoureux. Ce ne sera pas le cas à la Saint-Valentin. Sylvie et les jumeaux ont prévu un apéro dînatoire alléchant : il y en aura pour tous les goûts. « On sera tous ensemble », se réjouit Sylvie.

Publié le 12/02/2022

Votre curiosité est piquée ? Une annonce vous intéresse ? Alors écrivez au journal qui transmettra votre message. N’oubliez pas d’indiquer : le numéro de l’annonce et vos coordonnées (mail, numéro de téléphone, adresse postale…). Par mail à info@phr.fr ou par courrier avec la mention « Saint-Valentin » (Paysan du Haut-Rhin, BP 40 - 13 rue Jean Mermoz, 68127 Sainte-Croix-en-Plaine). Bonne chance à tous !

1 67 - Bel homme, viticulteur, sérieux et sincère, enthousiaste et qui a de l’humour, souhaite rencontrer sa compagne, son âme sœur. Une personne sérieuse, entre 44 et 56 ans. Alors si le cœur vous en dit, à votre plume ! Merci d’écrire au journal qui transmettra. Et à bientôt peut-être…   2 68 – Agricultrice de 38 ans, célibataire, non-fumeuse, sérieuse, j’aime la nature, faire la cuisine, aller au resto, les sorties familiales ou entre amis… Dans une exploitation familiale à dominante céréalière, je souhaite rencontrer un homme célibataire, agriculteur ou du milieu, mobile géographiquement, non-fumeur, 35/48 ans, bricoleur, sérieux, ambitieux, entreprenant, qui a du temps libre pour donner un coup de main sur la ferme, en vue d’une relation sincère et durable, pour partager des moments à deux, fonder une famille et pouvoir transmettre le fruit de notre travail à la génération future.   3 67 – Homme, grand, mince, retraité et veuf. Je vis à la campagne, dans le Bas-Rhin. J’aime la nature, la randonnée, le jardin, la forêt, bricoler… Je cherche une femme, plutôt grande et mince, entre 60 et 68 ans, en vue d’une relation sérieuse et durable, pour passer des moments agréables ensemble. Je vous attends pour être heureux à deux !   4 68 – Jeune agriculteur de 28 ans, brun, 1m86. Je recherche ma moitié pour une relation sérieuse. Aimant la nature, les balades, les sorties à deux… Vous pouvez écrire au journal qui transmettra.   5 67 – Homme célibataire de 69 ans, 1m78, 70 kg, je suis agriculteur pré-retraité. Simple, catholique, je souhaite faire la connaissance d’une femme pour faire un bout de chemin à deux.   6 68 - Je suis un jeune homme pluriactif, célibataire, vivant dans le Centre Alsace. Dynamique, sérieux et honnête, j’aime aussi faire des sorties au restaurant, au cinéma… et de plus je suis musicien. J’aimerais bien rencontrer une charmante femme de 35 à 43 ans, ayant les mêmes critères, qui travaille dans le milieu viticole ou agricole. Elle peut être célibataire ou divorcée ou veuve, avoir des enfants ou pas. Mon ambition est de fonder un foyer convivial, chaleureux et de nous entraider dans les travaux.   7 67 – Jeune agriculteur de 48 ans, très bonne situation. Je désire rencontrer une charmante jeune femme. Pas sérieux s’abstenir. Mon numéro de téléphone : 06 75 84 96 86.   8 68 - Homme de 35 ans, mince, sans enfants, non-fumeur, avec pas mal d’humour et habitant dans la vallée de Kaysersberg, cherche une compagne d’environ mon âge (+ ou - 5 ans), pas nécessairement issue du milieu agricole, pour fonder une relation sérieuse. C’est la saison pour ce dessert, si vous aimez les beignets à la framboise et que ça vous tente d’en déguster tout en papotant pour mieux se connaître et passer un bon moment, n’hésitez pas à écrire au journal qui transmettra ! PS : Si vous préférez les beignets avec beaucoup de nutella, je ne vous en voudrai pas, j’aime bien également ;)   9 67 – Coco, 68 ans, veuve retraitée du milieu viticole, je recherche un homme, 70 ans maximum. Agréable à vivre, intellectuel, peu sportif, aimant les sorties, spectacles, cinéma, expos, musées, lecture, nature, animaux, restos, voyages… Pour amitié, et plus si affinités.   10 68 - Homme de 45 ans, sans enfant et de bonne présentation, je suis quelqu’un de dynamique et travailleur, un brin sportif et plutôt cultivé. Je suis proche du milieu rural et je recherche aujourd’hui ma moitié qui souhaite, comme moi, construire une relation sincère et durable pour partager des projets communs. Je souhaite une personne simple, gentille, et non superficielle, issue ou non du monde rural.   11 67 – Valentine, la quarantaine, à la tête d’une exploitation dans le Bas-Rhin, désire rencontrer son Valentin pour une relation sérieuse et durable. Entre 40 et 50, aimant la nature, la randonnée, les sorties, le vin et la gastronomie… qui sera prêt à me rejoindre pour une vie commune. Cette rencontre nécessite des valeurs communes d’engagement, de respect, d’écoute et, bien sûr, une attirance réciproque.   12 68 - Jeune agriculteur double actif et célibataire de 22 ans, je suis grand, brun, de nature timide mais travailleur, qui sait donner de son temps libre pour passer des moments à deux. Je suis attentionné, affectueux et généreux. J’aime la nature et les promenades en moto en montagne. Je recherche une jeune femme entre 20 et 26 ans, douce, aimable, pour une vie à deux et faire des sorties ensemble. Elle n’a pas besoin d’avoir d’expérience dans le milieu agricole ; de préférence aux alentours de mon secteur, le Haut-Rhin.   13 67 – Homme, la cinquantaine, non-fumeur, papa d’un jeune adulte. Je suis exploitant agricole, éleveur en Alsace Bossue. Dynamique, travailleur et passionné par mon métier, j’adore aussi le ski, la natation et je fais beaucoup de marche. Je suis à la recherche de ma moitié, une personne prête à me rejoindre sur l’exploitation et à partager ma vie.   14 68 – Françoise, 38 ans, palefrenière, simple, féminine, illuminera votre vie. Bosseuse, j’habite avec mes parents dont je possède l’exploitation. Je cherche une personne attentionnée, âge en rapport, me correspondant, pour décorer ma vie et vivre chez moi, entre Altkirch et Ferrette. Merci d’envoyer votre réponse, sérieuse et détaillée, photo souhaitée, au journal qui transmettra. Petite exploitation bienvenue.   15 67 - Jeune agriculteur de 26 ans, je suis associé dans un Gaec en bovin lait, dans le Bas-Rhin, plus précisément en Alsace Bossue. J’aime passer mon temps libre avec mes potes. Je suis toujours partant pour une journée au ski, karting, bowling… Je cherche jeune fille entre 20 et 30 ans pour une relation sérieuse, pour qui les relations sociales sont importantes. Peu importe sa situation professionnelle, mais elle doit accepter ma passion pour mon exploitation, qu’elle ait beaucoup d’amour à donner et à recevoir.   16 68 - Agriculteur de 52 ans, divorcé, non-fumeur, sérieux et travailleur. J’espère partager de bons moments avec une femme simple, sérieuse et honnête, de 45 à 55 ans, aimant la campagne et les animaux. Situation indifférente si affinité.   17 67 - Joli crayon de couleur cherche belle plume pour écrire ensemble les plus belles pages de notre vie. Je suis un jeune homme de 35 ans, physique agréable, dynamique et ouvert d’esprit. Gérant d’une exploitation maraîchère et arboricole en vente directe, secteur Saverne. Je souhaiterais rencontrer une jeune femme active et pétillante de joie, dans l’espoir, si complicité, de former une famille. Vous pouvez me joindre au 06 28 81 45 18. Dans l’attente de vous lire et vous rencontrer, Arc-en-cielement vôtre !   18 67 - Je suis agricultrice dans le Bas-Rhin, j’ai 35 ans. Je recherche un homme de 35/40 ans qui aime les animaux et qui soit du milieu agricole. J’ai des animaux. J’ai les yeux bleus, les cheveux mi-longs. Je suis un peu timide quand je ne connais pas la personne, je suis honnête et franche. Mes loisirs sont la marche à pied,  l’aquagym, le canevas pour me détendre le soir... J’aime aussi faire de la pâtisserie car je suis assez gourmande.   19 67 – Jeune femme, viticultrice de 38 ans, du Centre Alsace, brune aux yeux bleus verts, 1m67 avec quelques rondeurs en trop (ça tient chaud l’hiver !), je cherche un homme simple, honnête, travailleur, bricoleur, qui aime rire et le foot, qui soit non-fumeur et âgé de 36 à 45 ans. Un homme qui pourra me soutenir dans mon activité professionnelle s’il le souhaite (le travail ne manque pas !). J’aime me promener en montagne, lire, le foot… Si je peux vous correspondre, n’hésitez pas à m’écrire…

Béton végétal projeté

La construction se met au bio

Publié le 28/01/2022

L’évolution de la réglementation en matière de construction ouvre la voie à une utilisation plus soutenue des matériaux biosourcés. Parmi eux, le chanvre coche de nombreux atouts environnementaux, au champ comme dans les bâtiments. Reste à mettre en place des filières locales et des technologies de mise en œuvre efficientes. L’entreprise Akta propose un système de béton végétal projeté qui permet des économies de temps et de main-d’œuvre sur les chantiers.

Dans le chanvre, tout est bon. De ses inflorescences peuvent être tirées les graines, valorisables en alimentation humaines, qu’elles soient décortiquées ou pressées pour en extraire l’huile. Certaines variétés ont été sélectionnées pour leur richesse en CBD, dont les dérivés fleurissent un peu partout. De sa partie végétative, il est possible d’obtenir deux produits, la fibre et la chènevotte. La première, qui représente 40 % du volume, peut être utilisée dans l’industrie textile, l’impression 3D, la construction. La seconde, qui correspond aux 60 % restants, est valorisée sous forme de paillage, comme composant d’isolants, dans le secteur de la construction… La chènevotte est notamment utilisée pour l’élaboration du béton de chanvre, dans lequel elle est mélangée à de la chaux et de l’eau pour obtenir un béton affichant d’excellentes propriétés isolantes doublées d’une très bonne perspirance (capacité d’un matériau à laisser l’eau transiter et à être évacuée), « ce qui écarte les problèmes d’infiltration et évite l’effet sarcophage », explique Frank Brua, président d’Akta Grand Est, société qui œuvre au développement de matériaux biosourcés. Autres atouts du béton de chanvre : il est résistant au feu, présente un effet répulsif contre les rongeurs, une bonne isolation acoustique et engendre peu de ponts thermiques. « Avec le chanvre, les calories sont évacuées de manière naturelle, donc pas besoin de VMC », poursuit Frank Brua. Le béton de chanvre procure donc un excellent confort d’hiver et d’été : « Au Koweït, par des températures extérieures de 39 °C, des températures intérieures de 23 °C ont été enregistrées à l’intérieur d’un bâtiment en béton de chanvre, sans VMC ni autres ventilateurs », avance Frank Brua. Gain de temps, de main-d’œuvre, d’eau Depuis deux ans, l’entreprise Akta fait la promotion d’un procédé qui vise à projeter du béton végétal, généralement à base de chaux et de chanvre, sur les murs des bâtiments à isoler. Le concept a été développé par Laurent Goudet, actuel PDG d’Akta BVP, qui a auparavant œuvré durant 25 ans dans le domaine de la rénovation du bâti ancien. Il a assisté au retour du chanvre comme matériau pour réaliser des enduits, des isolants, à partir des années 1990. Avec un constat : « Sans mécanisation des chantiers, l’utilisation du béton de chanvre n’est pas rentable ». Il a donc créé l’association Construire en chanvre. Objectifs : mieux connaître le matériau, participer à l’élaboration de la réglementation qui encadre son utilisation, former les entreprises du bâtiment à son utilisation, en faire la promotion… En outre, il a conçu et développé l’outil VG-Mix®, breveté, dont la technologie repose sur la projection par voie sèche du béton végétal. « Cinq unités fonctionnent dans le monde, dont trois en France, une en Allemagne, et une aux États-Unis », précise-t-il. Le principe de fonctionnement repose sur une centrale à béton, qui dose le granulat (chènevotte, miscanthus) et le liant (argile, chaux, terre). Une fois mélangés, ils sont transportés sans eau. Mais, au moment d’être projeté, le mélange passe au travers d’un brouillard d’eau au moyen de cinq injecteurs situés au bout d’une lance. Cela permet de l’hydrater et d’agglomérer le mélange. « La machine est équipée d’un automatisme, qui permet de suivre une recette précise, de contrôler en continu les dosages et les performances », précise Laurent Goudet. À la clé : gain de temps, de main-d’œuvre et d’eau. Un point important car cela permet d’optimiser la qualité mécanique du liant. « Il y a moins d’eau qui s’évapore lors du séchage, ce qui crée d’autant moins de vides et contribue donc à renforcer la résistance mécanique du matériau. Cela permet donc aussi d’utiliser moins de chaux. » Autre atout de l’outil VG-Mix : il est utilisable en toute saison. Deux jours après la projection du béton, les murs sont dégrossis. S’en suivent les travaux de finition, « de préférence à la chaux en extérieur et à la terre naturelle en intérieur pour conserver la perspirance des murs », indique Laurent Goudet.     Objectif chanvre local Fabriquées en France par l’entreprise Hydraulique 2000, les unités VG-Mix coûtent quelque 100 000 €. Pour l’instant, le modèle économique est le suivant : les machines appartiennent à l’entreprise Akta, qui prospecte les chantiers et qui forme les entreprises partenaires à l’utilisation de VG-Mix, la machine. Actuellement, le principal frein au développement de l’activité reste économique. « Le béton de chanvre coûte encore 20 à 25 % plus cher que les bons isolants », indique Frank Brua, qui croit en un rapide rééquilibrage du coût des différents procédés. « La mise en œuvre de la réglementation environnementale RE 2020, qui impose le recours à 30 % de matériaux biosourcés dans les nouvelles constructions, va engendrer une hausse de la demande et une démocratisation du procédé. » Akta a déjà piloté des projets d’envergure, « comme la construction de 46 logements sociaux sur quatre étages, qui ont nécessité la projection de 700 m3 de béton végétal ». Pour que le procédé soit le plus vertueux possible, il faudrait que chaque région soit capable de produire localement de la chènevotte. Ce n’est pas encore le cas. En France, cinq chanvrières sont équipées d’une défibreuse. En Alsace, une filière chanvre alimentaire existe. Côté valorisation textile, les lignes bougent aussi (nous y reviendrons dans une prochaine édition). Côté construction, le Syndicat des eaux et de l’assainissement Alsace-Moselle (SDEA), qui soutient la culture du chanvre dans le cadre de l’Appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour le soutien aux cultures à bas niveau d’impact (BNI) est intéressé par la valorisation de la paille de chanvre. « Nous avons eu des échanges avec l’Eurométropole de Strasbourg, afin d’effectuer un diagnostic qui permette d’établir s’il y a un potentiel pour une filière chanvre construction sur le territoire », indique Coralie Welsch, chargée de mission protection des ressources en eau au SDEA. Il s’agit aussi de vérifier que les variétés actuellement utilisées pour la production de graines se prêtent également à la production de fibres. Si c’est le cas, il y aurait deux débouchés pour une culture, qui plus est, à bas intrants. Un doublé voire un triplé gagnant !

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