Élevage

L’Alsace au Sommet de l’élevage

Julie EX 90, réserve grande championne jersiaise

Publié le 12/10/2022

Première de section et meilleure mamelle de section, réserve championne adulte et meilleure mamelle adulte, et enfin, réserve grande championne : la jersiaise Julie EX 90 (VJ Ramses) était la seule représentante de l’élevage du Gaec de Rosen, à Dettwiller, et elle a « fait le travail ». Jérémy Guth, son propriétaire, est ravi.

Les éleveurs de l’Est étaient invités à concourir au Sommet de l’élevage, à hauteur de cinq places sur les vingt réservées aux éleveurs de jersiaises. Quatre animaux ont participé en première lactation et une vache en sixième lactation. Dans la section des animaux en première lactation, l’Est a fini premier, deuxième, troisième et cinquième, avec en prime, le titre de réserve jeune et réserve mamelle jeune pour Romy, appartenant à l’élevage domaine Krust, à Berrwiller dans le Haut-Rhin. Il s’agissait de son premier concours. Julie a, elle, participé dans la section de vache en cinquième lactation et plus, puisqu’elle est actuellement en sixième lactation et est la grande championne en titre du concours Agrimax (2021). Julie EX 90 (VJ Ramses) termine première de section et meilleure mamelle de section également lors de ce Sommet de l’élevage 2022. Au championnat, elle finit réserve championne adulte, meilleure mamelle adulte et réserve grande championne : de quoi combler de joie Jérémy Guth, du Gaec de Rosen à Dettwiller, son éleveur.    

Inauguration du Domaine des Bufflonnes à Uhrwiller

La vache la première au pré lèche toute la rosée

Publié le 03/10/2022

Dimanche 4 septembre a eu lieu l’inauguration du bâtiment flambant neuf du Domaine des Bufflonnes à Uhrwiller, au nord du Bas-Rhin.

« À l’heure où l’élevage est critiqué de toutes parts, l’acte de produire pour nourrir devrait être le guide de tout projet », déclare Anne Sander, conseillère européenne, lors de son discours à l’occasion de la journée d’inauguration des nouveaux bâtiments d’élevage, de la fromagerie et du magasin du Domaine des Bufflonnes à Uhrwiller.     En 2018, les époux Christmann se lancent dans l’élevage de bufflonnes et la production de mozzarella. Au fil du temps, le cheptel grandit et les exploitants saisissent l’opportunité de louer un bâtiment laitier dans un village voisin, tout en conservant la transformation à Uhrwiller. Une organisation un peu compliquée au niveau logistique, qui amène Michaël et Sophie Christmann à investir dans un nouveau bâtiment pour tout regrouper sur un seul site : le bâtiment des bufflonnes, la fromagerie et le magasin de vente. Après cinq années de réflexions, de décisions, de difficultés, par moments, mais surtout de défis, les époux Christmann ont accompli la mission qu’ils se sont donnée : conceptualiser et faire construire leur outil de production en un temps imparti et en respectant le budget de 2,8 millions d’euros. Historiquement, ni Michaël, ni Sophie n’étaient voués à devenir chefs d’exploitation. Avant, Michaël Christmann partageait son temps de travail entre son poste de technicien territorial au SDEA et son troupeau de charolaises. Sophie, son épouse, était jusqu’à l’année dernière responsable du pôle documentation chez De Dietrich. « Ce site est bien plus qu’une infrastructure. C’est cinq ans de positionnement, de rendez-vous manqués, d’engagements forts, avec toutes les concessions et les sacrifices que cela implique », déclare Sophie Christmann.     Un projet visionnaire L'agricultrice a résumé les grandes étapes et le cheminement de leur projet qui a pu sembler farfelu aux yeux de certains. Elle a remercié, non sans émotion, sa famille, ses enfants, son entourage puis les professionnels. Elle n’a pas oublié de mentionner une éleveuse venue de loin, dont le drapeau breton signalait la présence. « Marissa, merci beaucoup de nous avoir confié tes bufflonnes à la suite de ta cession d’activité, pour soutenir notre projet », ajoute-t-elle. Le monde politique a également été mis en lumière. « Maintenant, je sais pourquoi je vais voter. En Alsace, on a des élus soucieux qui se déplacent. Ce sont les architectes du territoire et leur présence a été remarquée par des collègues venus d’autres régions. Merci d’avoir porté notre projet et d’avoir encouragé son développement », dit-elle en s’adressant aux nombreux élus présents. Les maires des communes d’Uhrwiller et Soucht se sont tous les deux exprimés au micro, suivis de Marc Moser, vice-président de la Safer Grand Est. « Nous avions 22 candidats, il a fallu n’en choisir qu’un pour ce dossier », raconte l’élu. La famille Christmann a su se démarquer avec son projet visionnaire. Toutes les compétences sont transversales Avec ces profils atypiques, le projet a été mené selon une approche industrielle plus qu’agricole. « Depuis que je suis dans le monde agricole via mon mari, j’ai pu me rendre compte d’une chose qui mérite d’être évoquée. Dans l’industrie, tous les secteurs d’activité sont scindés. Dans l’agricole, toutes les compétences sont transversales », explique Sophie Christmann. Lors de son intervention, Nathalie Marajo-Guthmuller, conseillère départementale, ajoute « aujourd’hui, pour être éleveur, il faut multiplier les casquettes. De l’innovation à la diversification et à l’accueil des clients locaux et touristiques, il faut savoir vendre et communiquer. Bravo à vous d’être des pionniers ». Elle illustre ses propos avec une citation : « La vache la première au pré lèche toute la rosée». Reste que cette vision des choses ajoute de grosses difficultés au chantier. Le bâtiment, d’une portée unique de 40 m, construit par Système Wolf, a été réfléchi pour travailler dans les meilleures conditions, tant physiques que sécuritaires pour le personnel. Conçu pour accueillir entre 50 et 60 bufflonnes en production, il est modifiable au gré des futurs projets. Aujourd’hui, le bâtiment abrite la totalité du cheptel, des productrices au renouvellement. Défi technique Pour chaque entreprise, ce projet a été un défi technique et a mobilisé différents corps de métier qui ont tous collaboré ensemble. En commençant par les fondations, la maçonnerie, le montage du bâtiment puis l’installation des équipements internes, il a fallu trouver une solution à chaque problème qui a pu se présenter. « Nous avons choisi trois entreprises sur le même secteur d’activité : le bloc traite. Les sociétés Wahl, Niess et Unicoolait ont réussi à travailler ensemble. À chaque difficulté, on a pu discuter avec les uns et les autres. Ils étaient impliqués au-delà de leur périmètre », affirme la maître d’œuvre. La salle de traite, pièce centrale dans un atelier laitier, a été faite sur mesure par l’entreprise Wahl. Les côtes ne sont pas les mêmes que pour une installation standard. Des renforts ont dû être placés sur certains montants pour éviter que la structure tubulaire ne bouge trop. Les bufflonnes n’ont pas le même comportement, la même sécrétion lactée, ni la même morphologie que d’autres vaches. Le public, venu nombreux, a pu se régaler autour d’un repas ombragé sous les tonnelles dont le service a été assuré par l’association « Kahle Burjerlewe » qui récolte des fonds pour l’enfance inadaptée. « Nous avons réussi à relever le défi de la mise en route. Le prochain objectif est d’atteindre la rentabilité de l’atelier », souligne Sophie Christmann.

Contrat de filière Aquaculture

Une production historique appelée à s’adapter

Publié le 03/10/2022

Le 19 septembre, le président de la Région Grand Est s’est rendu à la pisciculture Kohler à Friesen. Dans le nouveau bâtiment de transformation financé en partie par l’aide régionale, un contrat d’aide et de soutien aux producteurs de salmonidés et poissons d’étang a été signé.

Dans le Grand Est, l’aquaculture représente 15 pisciculteurs-négociants de poissons d’étang et 500 propriétaires-exploitants d’étang, soit 150 emplois directs. « En Alsace, il y a deux grands pisciculteurs spécialisés dans la carpe à Friesen, les autres producteurs sont orientés vers la production de truites avec 250 tonnes par an », détaille Yannick Jouan, animateur de la filière pour le Grand Est. Le précédent contrat de filière (2019-2021) a permis de financer 51 projets (dont 3 en Alsace) pour un montant total de 153 000 €.     Parmi les projets financés, il y a le nouvel atelier de transformation de la pisciculture Kohler. « C’est notre nouvel outil de travail depuis le 1er novembre 2021, explique Jean-Baptiste Stalder, propriétaire de la pisciculture Kohler. L’investissement de 400 000 euros est en partie financé par le fonds européen pour la pêche. Notre demande de remboursement est à l’arrêt depuis deux ans chez FranceAgriMer. » L’entreprise emploie 10 salariés pour une production de 40 à 50 tonnes de poissons par an, à 85 % de la carpe, grâce à une surface de 100 ha d’étangs. « Nos principaux clients sont les restaurants alentour sur la route de la carpe frite ». « Il faut nous laisser travailler » « La production de poissons d’étang est une tradition historique. Aujourd’hui, c’est un produit du terroir demandé », rappelle Jean Rottner. En effet, dès le Xe siècle, les abbayes ont fait construire des étangs piscicoles pour fournir du poisson les jours de Carême. La filière nécessite d’être accompagnée. « J’ai appris que votre matière première vient à 50 % de l’étranger, il faudrait inverser la tendance. » Durant la période chaude, la production ne suffit pas à répondre à la demande et les pisciculteurs sont contraints de se fournir en République tchèque. La filière peine à accroître sa production locale. Jean-Baptiste Stalder donne l’exemple d’un étang qu’il vient d’acquérir dans le Territoire de Belfort : « Alors que tout se passe bien avec l’administration haut-rhinoise, la communication est plus difficile avec le département voisin. La carpe souffre d’une mauvaise image : de prédateur des autres poissons. » L’autre concurrent de la filière piscicole est le cormoran : en 20 ans, la production a baissé de 30 %. Le contexte est défavorable et décourageant pour les jeunes souhaitant s’installer selon Lakhder Tamazouzt, président de la filière aquacole du Grand Est. Il ajoute : « Il faut nous laisser travailler. » Il reste cependant optimiste : « Ce deuxième contrat de filière (2022-2027) est un levier non négligeable pour les petites structures. Les financements de 10 000 euros concernent souvent des entreprises unipersonnelles ».

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