FDSEA-JA. Section porcine
Malgré les inquiétudes, l’heure est à l’optimisme
FDSEA-JA. Section porcine
Publié le 08/06/2017
Jeudi 1er juin, en présence de Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine, les sections porcines de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont souhaité réunir les éleveurs de porcs pour aborder les dossiers d’actualité.
Jean Kauffmann et Mathieu Schneider, responsables des sections porcines FDSEA et JA, ont ouvert la réunion en remerciant Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine (FNP), de sa présence. Après plusieurs années difficiles, les cours montrent une embellie, avec des prix qui permettent de « sortir la tête de l’eau », signe d’optimisme. Paul Auffray a débuté son intervention en rappelant que depuis 2007, les éleveurs porcins ont subi de grandes difficultés économiques. L’inflation sur le prix de l’aliment, une crise économique sur l’ensemble des filières et les conséquences des événements géopolitiques mondiaux sont autant de facteurs qui ont mis à mal bon nombre d’exploitations porcines. « En 10 ans, la production porcine a chuté de près de 10 % », a-t-il précisé. Marché fluide, malgré une consommation interne en baisse Malgré une fluidité du marché de la viande de porc, la consommation de viande de porc des ménages est en baisse depuis plusieurs années. Les facteurs sont multiples, selon Paul Auffray, mais il semble que l’évolution des modes de consommation et les vidéos d’associations anti-viande soient les principales causes de cette diminution de consommation en France. Cependant, la baisse de la production intérieure et un marché toujours tiré par l’export vers la Chine créent une fluidité du marché qui se fait ressentir sur les cours. Les exportations européennes vers la Chine ont atteint 1,9 million de tonnes sur 2016 (voir le graphique), avec une hausse de 39 % entre 2015 et 2016. Chute de production La production porcine française ne cesse de décroître. Selon le président de la FNP, en 2017 elle sera en baisse de l’ordre de 3 à 5 %. En Europe, seule l’Espagne a augmenté sa production. Cela est dû notamment à une importation massive de jambons espagnols vers la France. De ce fait, « la situation porcine européenne est dépendante de la dynamique espagnole », a analysé Paul Auffray. Selon lui, les Espagnols ont su « créer très rapidement des outils d’abattage très performants ». Des inquiétudes Sur l’avenir, Paul Auffray a interpellé les éleveurs sur deux grandes questions. La première est l’importation de sangliers vivants d’Europe de l’Est, avec le risque de la peste porcine. Le risque sanitaire est réel et « il ne faut pas hésiter à avertir nos élus ». La seconde est la variabilité de la demande des pays tiers. Le jeu du prix étant dépendant de l’équation offre-demande, une concurrence, fermeture ou ouverture d’un marché a des conséquences très rapides sur les cours et reste une variable très difficilement prévisible. Paul Auffray a ajouté qu’« en France, l’export est vécu comme un enjeu de dégagement alors qu’en Allemagne et en Espagne, c’est un enjeu stratégique ». Un problème d’approche commerciale en France. Les responsables des sections porcines ont donc insisté sur la nécessité de faire en sorte, au niveau syndical, de recréer une offre locale. Cette période de stabilité est apparue à tous les acteurs présents autour de la table comme un moment propice pour aborder une réflexion sur l’avenir des exploitations. Faire face aux enjeux sociétaux Sur l’étiquetage de l’origine, le défi est pour le moment relevé, a estimé Paul Auffray. Il a cependant insisté sur le besoin de consolider la consommation intérieure pour tamponner les variations à l’export. « L’origine est aujourd’hui un facteur significatif dans l’acte d’achat », a-t-il martelé. Pour Mathieu Schneider, il apparaît donc important pour la filière de « soutenir des démarches » telles que le porc français, bien identifié aujourd’hui. La dernière partie de la réunion a été consacrée à un débat sur les enjeux sociétaux autour du thème : « Quelles réponses face aux attaques sur le bien-être animal et les intrusions des membres d’associations anti-viande dans les élevages porcins ? » Face à de nombreuses attaques et intrusions dans les élevages, l’heure est à la mobilisation pour montrer le « vrai visage » de l’élevage porcin. Il faut, selon de nombreux agriculteurs présents, redorer l’image de l’élevage en communiquant davantage sur le métier. En conclusion, Paul Auffray a évoqué différents événements à venir. La FNP organisera son assemblée générale élective le 13 juin à Paris. Jean Kauffmann et Mathieu Schneider seront présents pour défendre l’élevage alsacien. L’occasion pour Paul Auffray d’évoquer la nécessité d’entretenir une relation de réseau qui reste la base de toute structure syndicale.












