porcs

Journée de la filière porcine

Tout est bon dans le cochon !

Publié le 15/09/2017

Sur le stand d’Interbev, c’est la filière porcine qui a animé la journée du 7 septembre. Présence de porcelets, recettes, dégustations de filet mignon légèrement salé et poivré, juste saisi à la plancha.

Mathieu Schneider et Denis Fix, éleveurs de porcs à Schwenheim et Truchtersheim, ont eu à cœur de sensibiliser le public sur la qualité de cette viande locale, à l’occasion de la journée de la filière porcine, jeudi 7 septembre, sur le stand d’Interbev à la foire européenne. Installé en EARL depuis janvier, sur une exploitation qui compte 250 truies et 1 300 animaux à l’engraissement, Mathieu Schneider se sent actuellement quelque peu « frustré ». La situation s’était améliorée depuis le début d’année, souligne-t-il, avec un prix « correct » pour la viande. Un soulagement pour la trésorerie qui permettait « d’envisager l’avenir plus sereinement ». Mais depuis peu, les prix baissent à nouveau et de façon « incompréhensible » pour ces deux éleveurs. Le prix est fixé au niveau national par le marché du porc breton, mais ils constatent qu’en Europe, il est resté « haut partout, sauf en France, et de manière inexplicable ». Mathieu Schneider ajoute que le prix pour les producteurs est resté « le même qu’il y a vingt ans », alors que tout a augmenté, le matériel, les bâtiments. Mathieu Schneider et Denis Fix déplorent de devoir produire au même prix, tout en maintenant la qualité de la viande. En tout cas, lors de ce rendez-vous avec le public, leur viande a largement été plébiscitée. « Excellent », « top », « génial », des félicitations qui leur ont mis un peu de baume au cœur.

Assemblée générale de la Fédération nationale porcine (FNP)

Paul Auffray reconduit pour un deuxième mandat

Publié le 24/06/2017

L’assemblée générale de la FNP a eu lieu le 13 juin à Paris. Paul Auffray, éleveur en Bretagne, a été reconduit pour un deuxième mandat à la présidence du syndicat.

L’assemblée générale de la Fédération nationale porcine (FNP) a été l’occasion d’élire un nouveau conseil d’administration. L’Alsace y sera représentée par Jean Kauffmann, éleveur de porc à Zutzendorf et responsable de la section porcine de la FDSEA du Bas-Rhin, qui intègre le conseil de la FNP. Paul Auffray, président de la FNP, est revenu sur l’année 2016 qui s’est achevée sur un bilan positif au niveau des prix payés aux producteurs, après dix années difficiles pour la filière. Redonner confiance au consommateur Les membres de la FNP ont souhaité aborder la définition d’un plan d’action prioritaire défini selon trois axes : communication, innovation, qualité. Ce travail est mené depuis l’automne 2016 par huit administrateurs du syndicat à partir d’un questionnaire élaboré autour de la consommation de viande, l’image des produits porcins, de l’offre en général et de la dimension « innovation » en filière porcine française. Les résultats sont clairs, « la filière porcine est à un tournant », estime Mickael Guilloux, nouveau secrétaire général de la FNP. En effet, la consommation ne cesse de diminuer. Mais en même temps, le consommateur recherche un produit toujours plus sain, élaboré, différencié, sociétal, pratique, avec du goût et ceci sans payer forcément plus cher. Au niveau de la communication, la multiplication des démarches individualistes n’a pas permis de délivrer un message clair au consommateur. Paul Auffray espère que le nouveau label « porc français » permettra de lui redonner confiance. Les membres de la FNP sont unanimes dans la nécessité de communiquer positivement autour des pratiques actuelles. Lors de son discours, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, est revenue sur l’importance d’éduquer le consommateur. Selon elle, si ce dernier souhaite plus de qualité et des segmentations spécifiques, l’éleveur est prêt à s’adapter mais cela a un coût. Sur l’aspect innovation, les enquêtes ont permis de mettre le doigt sur des inadéquations entre l’offre et la demande du consommateur. Les modes de consommation évoluent vers l’achat de produits transformés et plus rapides à cuire. C’est à la filière de saisir l’opportunité de se positionner sur ce marché. Un des engagements prioritaires, selon Carole Joliff, secrétaire générale adjointe de la FNP, sera « l’accompagnement du consommateur » que ce soit en magasin ou pour l’aider à cuisiner les produits. Faire face au manque d’attractivité Le moment fort de cette assemblée générale a été la table ronde qui avait pour thème principal : « Installation, transmission : quels financements demain ? » Un thème qui n’a pas été choisi par hasard par les membres du bureau de la FNP. La moyenne d’âge des éleveurs de porcs est d’environ 50 ans et beaucoup de départs sont à prévoir dans les prochaines années. En effet, 66 % des élevages ont moins de 150 truies ce qui ne semble pas particulièrement favorable aux reprises d’exploitations. Philippe Le Vannier, responsable installation et restructuration Triskalia, Michel Mingam, directeur général du Cerfrance Finistère, Pierre-Marie Vouillot, vice-président des Jeunes Agriculteurs, et Sébastien Windsor, président de la Chambre d’agriculture de Seine-Maritime, administrateur du Groupe Avril, ont pu s’exprimer sur la question. Ces spécialistes étaient unanimes quant au manque d’attractivité pour le métier. En trente ans de métier, Philippe Le Vannier n’a pas connu « une situation semblable en termes d’installations ». Face à ce constat, les débats ont tourné autour des outils existants, qui permettent de maintenir la production ainsi que les différents financements. Des responsables bancaires étaient présents, et les jeunes agriculteurs ont témoigné de la difficulté de reprendre des outils qui demandent des investissements importants. Face à cela, le crédit vendeur, par exemple, a été cité comme une solution possible pour faciliter l’installation de jeunes. L’assemblée générale s’est clôturée par l’élection du bureau à huis clos et la réélection de Paul Auffray en tant que président de la FNP.

Publié le 10/06/2017

Dans le cadre du projet européen Elena, un état des lieux de la production de lait de vache, de lait de chèvre et de viande porcine va être réalisé en Alsace et dans le sud du Pays de Bade. Il servira de base pour élaborer des outils de conseil communs aux éleveurs du Rhin supérieur.

Le projet Elena, lancé le 31 mai à Schiltigheim, devrait permettre de « dynamiser la compétitivité des systèmes de production en élevage bovin, porcin et caprin ». C’est en tout cas le vœu formulé par Laurent Wendlinger, président de la Chambre d’agriculture d’Alsace, qui ouvrait la rencontre avec Paul Maier, président du LKV du Bade-Wurtemberg (Landesverband für Leistungsprüfungen in der Tierzucht). Les deux organismes ont déjà travaillé sur des projets communs, comme Optimir, projet si fructueux qu’il a transformé les deux partenaires en « Européens convaincus ». Avec Elena, il s’agit de passer à une nouvelle étape de la coopération en faisant avancer la prestation de services auprès des éleveurs des trois espèces de part et d’autre du Rhin, précise Paul Maier. Le projet Elena, qui rentre dans le dispositif Interreg A, concerne le Rhin supérieur, autrement dit une petite partie de Rhénanie-Palatinat, une partie du Bade-Wurtemberg, cinq cantons du nord-ouest de la Suisse et l’Alsace. Un territoire qui concentre 12 000 exploitations sur 600 000 ha de Sau, dont de nombreuses exploitations d’élevage. Chaque région a ses spécificités : les bovins sont les plus nombreux en Alsace, les chèvres sont majoritaires dans le Bade-Wurtemberg et les porcs sont plus représentés dans les cantons suisses. En dépit de ces particularités, les éleveurs sont confrontés à des problèmes communs, auxquels le projet Elena entend trouver des solutions communes, souligne Anne Poidevin, instructrice au secrétariat Interreg Rhin supérieur. Il répond à un objectif spécifique soutenu par l’Union européenne : « accroître les possibilités de développement et de débouchés pour les PME du Rhin supérieur ». Profiter des opportunités de marché Différents éléments ont contribué au montage du projet en 2016, rappelle Fritz Gollé-Leidreiter, directeur du LKV : les difficultés des abattoirs porcins à Holtzheim et à Offenbourg, la pression grandissante des consommateurs en faveur du bien-être animal mais aussi la demande de la laiterie Monte Ziego pour des volumes supplémentaires de lait de chèvre. Plus globalement, les responsables de la CAA et du LKV ont pris conscience des opportunités que constituent une zone fortement peuplée, où la production est largement inférieure à la consommation et où les industries agroalimentaires sont obligées d’acheter leur matière première à l’extérieur de la région. Profiter de ces opportunités de marché est l’un des objectifs recherchés. Il s’agit aussi de mettre en place des synergies, d’améliorer l’accompagnement des élevages pour qu’ils soient plus compétitifs, poursuit Fritz Gollé-Leidreiter. Cette stratégie passe par la réalisation d’un état des lieux de part et d’autre du Rhin, prévue en 2017. « Il faut bien connaître nos territoires avec ses forces et ses faiblesses avant de mettre en place des convergences », insiste Philippe Caussanel, responsable du service élevage à la CAA. Cette étape donnera lieu en 2018 au développement d’outils et de services communs, qui seront diffusés auprès des éleveurs bovins, caprins et porcins en 2019. Il s’agira par exemple de monter des formations communes accessibles aux éleveurs alsaciens et badois et de diffuser des informations techniques à destination de ce même public. Lait sans OGM : une longueur d’avance Dans le domaine du lait de chèvres, où la demande des consommateurs est forte et la production encore insuffisante, le projet Elena pourrait contribuer à structurer une nouvelle filière, selon le directeur du LKV. L’organisation du Bade-Wurtemberg n’a pas les capacités de conseil pour encadrer les exploitations caprines, ajoute-t-il : elle aimerait pouvoir profiter du savoir-faire présent en Alsace dans ce domaine. À l’inverse, dans le domaine du lait de vache, les éleveurs d’Outre-Rhin ont une longueur d’avance sur leurs collègues alsaciens : confrontés depuis trois ou quatre ans à la demande de lait sans OGM, ils ont expérimenté une conduite d’élevage sans soja dont pourraient s’inspirer les éleveurs alsaciens. De même, le Bade-Wurtemberg peut faire partager son expérience dans le domaine de la santé des vaches laitières : un système de collecte des données de santé y a été mis en place voici quelques années avec l’aide des vétérinaires. Alors qu’un projet similaire est dans l’air en Alsace, une valorisation commune des données recueillies pourrait être entreprise dans le cadre d’Elena. La confrontation des pratiques d’alimentation, la valorisation des données fournies par les robots de traite, dont sont équipés environ 20 % des éleveurs laitiers des deux côtés du Rhin, la méthodologie du conseil dispensé aux éleveurs sont d’autres axes de travail du projet Elena. Dans le domaine porcin, où les modalités de commercialisation sont très différentes d’un pays à l’autre, les synergies sont à trouver du côté de l’accompagnement technique des éleveurs. Contrairement au Bade-Wurtemberg, l’Alsace ne dispose pas jusqu’alors d’une « masse critique de producteurs » permettant un suivi de qualité. Pour faire vivre le projet Elena, des groupes de travail ont été mis en place. Une quinzaine de techniciens en font partie. Les éleveurs y seront associés. Une série de six réunions est d’ores et déjà programmée en Alsace au mois de juin à l’intention des éleveurs laitiers, afin qu’ils puissent faire part de leurs attentes, indique Philippe Caussanel. S’agissant des échanges de données qu’implique le programme, le responsable du service élevage précise que le traitement restera confidentiel et que les échanges porteront plutôt sur les pratiques et l’accompagnement que sur les données des exploitations qui restent de toute façon la propriété des éleveurs.

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