Syndicat ovin du Bas-Rhin
Mieux vaut prévenir que guérir
Syndicat ovin du Bas-Rhin
Publié le 02/08/2017
Longtemps reléguée en second plan, la problématique de la prédation du loup en Alsace est désormais au cœur des préoccupations. Dans le but d’anticiper une attaque éventuelle d’un prédateur, le Syndicat ovin du Bas-Rhin a souhaité réunir les éleveurs ovins.
Bien qu’aucune attaque n’est à déplorer dans le Bas-Rhin, le Syndicat ovin du Bas-Rhin travaille depuis plusieurs années en lien avec l’administration sur le dossier de la prévention de la prédation. Loin d’accepter la présence du loup dans ses contrées, l’objectif du syndicat est de prévenir, en donnant les moyens aux éleveurs, en cas d’attaques, de réagir rapidement et d’avoir les bons réflexes. C’est pourquoi, le syndicat ovin a organisé une réunion le 26 juillet dernier. Une vingtaine d’éleveurs se sont mobilisés lors de cette rencontre qui s’est déroulée dans un climat constructif. Objectif zéro attaque Il est évidemment du ressort du syndicat ovin « de tout faire pour qu’aucun loup ne soit présent et qu’aucune attaque n’ait lieu, mais il est de notre rôle d’anticiper. Nous ne sommes pas prêts à accepter la présence du prédateur », a insisté Hervé Wendling, président du Syndicat ovin du Bas-Rhin et membre du bureau de la Fédération nationale ovine (FNO). En tant que représentant de la section ovine FRSEA Grand Est, il connaît les dégâts que cause déjà le loup dans plusieurs départements lorrains. Il est évident, pour les éleveurs présents, que la politique adoptée au niveau national par la FNO pour parvenir à zéro attaque passera par une modification de la politique globale de la gestion du loup. Sans une véritable politique de régulation, plus efficace, il apparaît très difficile de protéger durablement les troupeaux face au prédateur. Philippe Boehmler, responsable de la section bovine de la FDSEA, a exprimé son soutien aux éleveurs ovins. Prévention À la demande des membres du syndicat, la DDT du Bas-Rhin était représentée par Anne Gautier et Claudine Burtin. Christophe Kimmel, de la Dreal, était présent pour l’occasion. Claudine Burtin a présenté le contexte de présence du loup dans le massif vosgien. À noter la présence inquiétante d’un couple de loup dans les Hautes Vosges à la frontière avec le Haut-Rhin. En ce qui concerne la prévention, l’effarouchement est possible par tout éleveur, notamment par des tirs non létaux, à condition d’être détenteur d’un permis de chasser. Par ailleurs, le Bas-Rhin a mis en place depuis deux ans, par arrêté préfectoral, un zonage classant un certain nombre de communes dans un périmètre de type 1 ou 2. Le cercle 1 correspond à des zones où la prédation a été constatée et le cercle 2 où la prévention est nécessaire. Dans le Bas-Rhin, toutes les communes présentes dans l’arrêté sont dans le cercle 2 (voir la carte ci-contre). Les éleveurs ayant leur troupeau dans ces communes peuvent dès lors bénéficier d’aides aux dépenses de moyens de protection (achat de chiens, investissements matériels, etc.). Pour toute information complémentaire sur ces moyens de protection, les éleveurs sont invités à contacter Fabrice Lemarchand, au service agriculture de la DDT (tél. 03 88 88 91 44). Avoir les bons réflexes La seconde partie de la réunion était destinée à la réaction à avoir face à la découverte d’un cas suspect d’attaque. Selon les recommandations de l’administration, la première étape consiste à s’assurer qu’il s’agit bien d’un dommage causé par un loup (au moins une victime présentant traces de morsures ou mortalités suite à un stress). Pour cela, l’éleveur doit appeler immédiatement l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) pour établir un constat. « La rapidité de déplacement de l’ONCFS sur les lieux de l’attaque est primordiale », a ajouté Hervé Wendling. Ensuite, il est conseillé à l’éleveur de protéger la dépouille. Dans les jours qui suivent, la DDT expertise le constat. Et les suites possibles à un constat sont diverses. Si la mortalité/blessure est liée à une prédation avec responsabilité du loup non écartée, l’indemnisation est possible. Dans le cas où la responsabilité du loup est écartée, il n’y a pas d’indemnisation. Enfin, si la cause de la mortalité est indéterminée, l’indemnisation est possible sur appréciation du contexte local. Dans l’urgence, l’administration s’est engagée à l’achat et la mise à disposition de 1 600 mètres de filets mobiles électrifiables. À noter que le Syndicat ovin prévoit d’organiser une nouvelle réunion à l’automne consacrée aux moyens de protection existants, en présence de représentants de régions très durement touchées par le prédateur.












