Nouvelles Technologies

Publié le 13/01/2017

En visite au centre de recherche Aérial, Frédéric Bierry et quelques élus du Département ont lancé l’idée d’un partenariat entre acteurs de l’agroalimentaire en circuits courts afin de développer un guide de bonnes pratiques sanitaires. Dans l’objectif final d’améliorer les garanties sanitaires proposées aux concitoyens.

« Nous avons là une pépite du territoire », a reconnu Frédéric Bierry, président du Conseil départemental, vendredi 6 janvier. Avec quelques élus du Conseil départemental du Bas-Rhin il visitait le centre de recherche Aérial à Illkirch-Graffenstaden et rencontrait Alain Strasser, son directeur, dans l’objectif de mieux connaître l’entreprise, cerner ses besoins, ses difficultés et « créer un environnement favorable » à son développement. Et c’est dans ce cadre qu’est apparue l’idée d’un projet sur les bonnes pratiques sanitaires des produits agricoles transformés écoulés en circuits courts. Les filières agroalimentaires courtes se développent à grande vitesse. Ainsi on voit s’implanter sur le territoire des magasins de producteurs. Dans le même temps, apparaissent des besoins en sécurité alimentaire spécifiques de ces nouveaux circuits de distribution, qui n’ont pas les mêmes modes opératoires, les mêmes équipements que les industries de plus grandes tailles. Pourtant les exigences de garanties sanitaires sont les mêmes. Et ce, d’autant que les filières courtes approvisionnent également la restauration collective hors domicile. « Nous ressentons sur le terrain qu’il y a un énorme besoin de maîtriser les pratiques sanitaires concernant les produits fermiers transformés, a expliqué Alain Strasser. Aérial est pilote au niveau national d’un Réseau mixte technologique sur la sécurité microbiologique des aliments et travaille depuis de longues années sur les méthodes de maîtrise des risques microbiologiques dans les aliments. Cette expérience pourrait être mise à profit dans un projet de grande envergure au niveau départemental consistant en une étude approfondie de « produits modèles » représentatifs de la typologie des produits distribués en circuits courts, la diffusion large auprès des transformateurs pouvant se faire par la suite sous forme de fiches de bonnes pratiques. » Le Conseil départemental est concerné au premier chef, puisqu’il gère les cantines des collèges, et mise sur l’approvisionnement local, dans un souci de développement durable. « Ce projet est mûr. C’est dans notre mission que de contribuer à l’amélioration des garanties sanitaires que l’on peut offrir à nos concitoyens. Et c’est dans notre rôle de facilitateur que de construire ce partenariat », a convenu le président du Conseil départemental. Expertise et moyens d’analyse performants Disposant d’une vingtaine de collaborateurs, Aérial est un institut de recherche labellisé par les ministères « Institut technique agro-industriel et Centre de ressource technologique ». Il fonctionne sous statut associatif et son activité est financée à 80 % par des contrats privés. Ce centre de recherche effectue également des missions d’intérêt général, de manière à permettre à des PME d’accéder à des innovations qu’elles ne pourraient pas se financer. Si cet institut est mondialement reconnu pour ses compétences en dosimétrie des traitements par rayonnement ionisant, il a cependant, depuis 30 ans, diversifié ses activités dans les analyses en microbiologie, physico-chimie, en analyse sensorielle, et en lyophilisation. « Grâce à ses moyens analytiques performants et à son expertise, Aérial est d’ores et déjà un acteur de proximité apprécié par les industries agroalimentaires régionales pour leurs projets d’innovation et un interlocuteur privilégié de l’Association régionale des industries alimentaires (Aria) Alsace. Mais les sollicitations par les TPE, en particulier celles se lançant dans les circuits courts, sont de plus en plus nombreuses », souligne Alain Strasser. Par ailleurs, le centre de recherche Aérial travaille sur la thématique des traitements par rayonnements ionisants appliqués à divers secteurs d’activité. Dans le médical, ces rayonnements stérilisent des matériels à usage unique. En industrie, ce traitement physique améliore les propriétés de polymères en les rendant plus durables et résistants à ces contraintes thermiques. Il y a une vingtaine d’années, il était question d’appliquer cette technologie à des aliments particulièrement sensibles à des développements de pathogènes, comme les charcuteries additionnées d’épices, ou autres. La technologie sur les aliments, ne s’est cependant pas développée autant en Europe, qui a préféré des additifs biostatiques ou biocides, qu’en Asie ou aux États-Unis. Mais les nombreuses autres applications en matériel médical, produits pharmaceutiques, ou en industrie pour l’amélioration des propriétés physiques des matériaux, ont permis à l’institut Aérial de poursuivre son développement autour de cette technologie. Il dispose d’une station expérimentale d’ionisation à base d’un accélérateur d’électrons. Aérial met ainsi au point la juste dose de traitement en intensité et en type de rayonnement ionisant à appliquer dans les process industriels. Mais le gros du marché concerne décontamination des matériels médicaux et le traitement des polymères.

Nouvelles technologies en agriculture

Par, pour, et pas sans les hommes

Publié le 04/01/2017

Lors de l’assemblée générale du groupe Comptoir agricole, une table ronde était consacrée à la nouvelle ère qui débute, celle de l’agriculture numérique. Les nouvelles technologies représentent en effet de nombreux leviers de performance et de compétitivité potentiels pour l’agriculture. À condition de ne pas s’y perdre, et de savoir les utiliser intelligemment.

Pour introduire cette table ronde, Matthieu Luthier de Saint Martin, responsable développement et communication au Comptoir agricole, a démontré que les prémices de ce que sera sans doute l’agriculture du futur sont d’ores et déjà en ordre de marche, notamment grâce aux « outils de pilotage intercommuniquant ». En effet, dès cet hiver, les adhérents au Comptoir agricole pourront bénéficier de la technologie Farmstar, qui permet d’économiser jusque de 45 €/ha de fertilisation azotée. Mais pour réaliser ces économies, il faut aussi être équipé en guidage. C’est pourquoi le Comptoir agricole investit depuis plusieurs années sur deux réseaux RTK. Parmi les autres avancées que peuvent permettre les nouvelles technologies, Matthieu Luthier de Saint Martin cite les stations météorologiques connectées, c’est-à-dire capables de donner des informations en temps réel, ou encore les capteurs embarqués, à même de fournir immédiatement des cartographies des paramètres mesurés. À terme, tout l’intérêt de ces cartographies sera de pouvoir les superposer, afin de faire le lien entre les caractéristiques du sol et le rendement, « avec pour objectif de maximiser le gain par hectare en modulant la densité de semis, la fertilisation… en fonction des potentialités du sol de manière très fine ». Parallèlement, la robotique appliquée à l’agriculture ouvre un vaste champ des possibles. Déjà, des robots sont capables de désherber la plupart des cultures sarclées. Pour que tout cela fonctionne, il faut des réseaux de communication efficaces, y compris dans les secteurs ruraux. Dans son inventaire futuriste, Matthieu Luthier de Saint Martin n’oublie pas les applications digitales, qui « viennent bouleverser la donne », le co-farming, le big data, qui à terme doit permettre autant d’applications concrètes que l’adaptation des rations aux performances des animaux, la prédiction de maladies… D’ores et déjà le Comptoir agricole intègre les nouvelles technologies au quotidien dans sa relation avec ses adhérents : « Nos techniciens sont en mesure de fournir du conseil connecté. Équipés de tablettes, ils peuvent éditer des commandes en temps réel. » Des filières pour capter la plus-value Cet inventaire du champ des possibles une fois dressé, Matthieu Luthier de Saint Martin a animé une table ronde sur les leviers de performance et de compétitivité au sein des exploitations agricoles. Ces leviers sont d’ordre technologique, bien sûr, mais pas que. Il s’agit aussi d’effectuer des choix stratégiques. C’est pour cette raison que le Comptoir agricole a accompagné, accompagne, et accompagnera encore le développement des filières agricoles telles que la volaille, les pommes de terre, le houblon, le maïs semence, et, plus récemment, les bovins et les porcins… Pourquoi est-ce si important ? Parce que ces filières constituent « autant d’opportunités de recherche de plus-value, d’autant plus qu’en Alsace, rares sont les exploitations qui peuvent vivre uniquement de la production de céréales. Il est donc d’autant plus important que la principale coopérative agricole de la place accompagne les agriculteurs pour les aider à trouver de la plus-value, donc du revenu, grâce à la diversification », affirme Marc Moser, président du groupe Comptoir agricole. L’indispensable touche humaine Christian Lux, responsable du service technique au Comptoir agricole, était invité à donner sa vision de l’innovation agronomique : « J’ai connu l’époque des innovations en matière de solutions chimiques et génétiques. Aujourd’hui, nous entrons dans l’ère des nouvelles technologies. Ces dernières sont amenées à nous accompagner, mais il faudra toujours des compétences humaines pour les mettre en œuvre sur le terrain. À l’heure actuelle, alors que de nombreux outils arrivent sur le marché, la principale difficulté c’est de faire le tri entre eux, de jauger leur efficacité. Car nous devons pouvoir nous appuyer sur des outils robustes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons choisi de proposer le service Farmstar à nos adhérents. » Christian Lux est rejoint dans son analyse par Didier Lasserre, ingénieur régional à Arvalis-Institut du végétal, pour qui les nouvelles technologies ouvrent certes des perspectives intéressantes, mais ne feront pas tout : « Elles resteront une aide et devront être accompagnées des compétences d’agronomes à même de pouvoir interpréter les données qu’elles fournissent. » Didier Lasserre insiste sur l’importance de ce lien entre le virtuel et le réel : « Avoir de belles photos c’est bien, mais il faut savoir les interpréter ». Il illustre : « La télédétection va pouvoir nous dire qu’une zone est très caillouteuse. Très bien. Mais ça veut dire quoi ? Qu’il faut semer plus dense ? Moins dense ? Seul un agronome pourra le dire. » Simplifier la gestion du complexe L’agriculture est sans doute l’une des catégories socioprofessionnelles qui a le plus évolué, et qui évoluera encore sous l’effet de l’essor des nouvelles technologies. Pour Marc Moser, cela pose aussi des questions en matière de taille des exploitations, et de manière de mutualiser ces outils, par exemple au sein des coopératives, afin de proposer ces services à un prix qui permet de ramener de la plus-value au niveau des exploitations. Une chose est sûre : « Au regard de la complexité croissante de la réglementation, on ne pourra pas se passer des nouvelles technologies, car elles simplifient la vie et la gestion des entreprises », estime-t-il.  

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