Nouvelles Technologies

Conférence « Les enjeux des médias sociaux »

« Les particuliers sont les nouveaux prescripteurs »

Publié le 21/05/2017

Clarifier la place du numérique dans le monde du vin, voici l’ambition de la conférence organisée le 10 mai à la confrérie Saint Étienne par le fabricant de bouteille en verre, Verallia et Ampélys, marque dédiée à la viticulture de la CAC. Les pratiques d’achat liées au vin sont en train d’évoluer. Arnaud Daphy, associé d’une agence de conseil en marketing du vin, expose ce que cela implique pour les vignerons.

« En 2016, 34 % des Français ont déjà acheté du vin sur internet, alors qu’ils n’étaient que 10 % il y a six ans ». C’est le constat dressé par Arnaud Daphy, de l’agence Sowine, d’après les études menées par cette dernière. « Ces achats se portent surtout sur des vins de moyenne et haute gamme. Pour 44 %, il s’agit de bouteilles vendues entre 11 et 20 euros. Ce qui est encourageant. Mais il est surprenant de constater que ces achats se font principalement sur les sites des producteurs (50 %), puis à 36 % sur des sites de vente privée, ensuite sur les sites des cavistes (32 %) et, enfin, sur les sites de la grande distribution (30 %) », énonce-t-il. « 49 % des acheteurs déclarent consulter le site internet du producteur de vin. C’est une bonne nouvelle si vous avez un bon site ! Je n’ai pas fait d’étude en Alsace, mais j’en ai réalisé une à la demande de l’interprofession des vins de Loire sur les sites des vignerons labellisés « Vignoble et découverte ». Il reste beaucoup de travail à faire les concernant. » 30 % des Français ont déjà acheté un vin conseillé par un blog Malgré la place grandissante du numérique dans l’acte d’achat de vin, l’entourage reste le premier conseil des Français (52 %). Il est suivi des cavistes et sommeliers (42 %) et d’internet (19 %). « Internet est donc devant la presse, qu’elle soit spécialisée ou généraliste », souligne-t-il. Un Français sur cinq lit des blogs liés au vin et y accorde du crédit. 30 % ont déjà acheté un vin ou un champagne recommandé par ce type de média. « Avant, les prescripteurs étaient quelques journalistes spécialisés et les guides. Désormais, les particuliers deviennent les nouveaux prescripteurs. Comme pour le cinéma, les critiques sont des spécialistes pointus, payés à regarder plusieurs films par jour, leurs goûts ne sont pas forcément ceux du grand public », compare Arnaud Daphy. La recherche d’avis et de conseils n’est pas une chose nouvelle : « L’achat d’une bouteille de vin est anxiogène, car c’est un objet social. 65 % des Français pensent qu’il faut avoir des connaissances pour acheter du vin, 85 % qu’il faut s’informer ». Les consommateurs vont chercher ces informations à travers l’avis d’autres consommateurs. Dans ce cadre-là, l’image du domaine viticole sur internet devient primordiale. « Lors d’une recherche sur Google, la première chose que l’internaute voit est votre « note ». Elle est récupérée par le moteur de recherche à partir d’autres sites. » Or le viticulteur ne peut pas laisser les seuls internautes s’emparer de son renom : « Si vous faites l’objet de commentaires négatifs, il faut toujours accuser réception et répondre de manière argumentée, cordiale, voire avec humour ». Le commerce électronique représentait 20 milliards d’euros en 2010. Il représente 70 milliards en 2016. En parallèle, le panier moyen a augmenté de 800 à 1 750 € par an. « Pourtant, il est souvent difficile de trouver la boutique en ligne sur les sites des producteurs. Regardons ce qui se fait ailleurs ». Arnaud Daphy présente le site internet d’un grand producteur de vin aux États-Unis. Il dispose d’un lien direct vers Amazon Wine. Il existe plus de 350 sites d’achat en ligne sur lesquels le domaine peut s’adosser. « Les viticulteurs américains proposent aussi des wine clubs : ils invitent les clients à souscrire un abonnement pour la livraison de six bouteilles tous les trois mois ». Penser son identité visuelle en fonction du digital Pour finir, Arnaud Daphy distille dix conseils qu’il suggère de mettre en place dès le lendemain : « Il est nécessaire de penser son identité visuelle pour le digital, c’est-à-dire, en carré (forme utilisée par les réseaux sociaux) et visible même en petite taille. Il faut être accessible à travers les informations que vous indiquez sur votre site en précisant ce que vous proposez : horaires d’ouverture, dégustation gratuite ou non… Répondre aux e-mails : ce conseil paraît évident, mais c’est incontournable. » Être référencé sur Google Business permet de rendre visibles les informations liées au domaine dans l’encart à droite lors d’une recherche sur Google. Il suggère également de traduire son site, au moins en anglais. Surveiller ce que l’on dit de son domaine sur internet est possible en créant une alerte Google (avec son nom de domaine entre guillemets). Enfin, pour ce qui est du contenu disponible sur son site : « Il est bon de parler des autres : viticulteurs, restaurateurs, lieux culturels. Cela peut paraître contre-productif. Or, rendre service comme le ferait un office du tourisme revêt un aspect sympathique et c’est utile pour un meilleur référencement du site par les moteurs de recherche ».

Publié le 20/05/2017

Jeudi 4 mai, à l’École de Management de Strasbourg, des experts ont partagé leurs recherches sur le thème du vin et du numérique. Leur propos ? L’avenir de l’industrie vinicole passera par les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

« En 2025, la France ne sera plus sur le podium mondial de production et de consommation de vins, » commence Nadia Lelandais. Le constat de cette experte en stratégie est glaçant. Il lance en tout cas les débats, ce jeudi 4 mai, l’École de Management de Strasbourg (EM). Des spécialistes de la commercialisation des vins français s’étaient réunis pour réfléchir aux solutions qui nous éviteront le naufrage. D’après eux, l’industrie vinicole doit se tourner vers de nouvelles techniques de marketing et de vente. Il y va de sa survie ! Un contexte global en mouvement L’économie viticole française est en train de couler. La consommation domestique est en chute libre et les nouveaux marchés seront difficiles à séduire. C’est ce qui ressort d’une étude dirigée par Nadia Lelandais, intervenante professionnelle à l’EM. « En 30 ans, la consommation annuelle de vin des Français est passée de 80 à 30 litres par personne. » En parallèle, de nouveaux marchés émergent de par le monde. Selon la spécialiste, « d’ici dix ans, on comptera 90 millions de consommateurs réguliers aux États-Unis, sans compter la Chine qui progresse très vite ! » Dès lors, comment séduire ces publics porteurs ? Ultra-connectés, ils consomment moins mais exigent de la qualité et plus d’information sur les produits qu’ils achètent. Arnaud Tarry, fondateur d’une start-up de vente de vins en ligne, détaille les nouveaux usages. « Aujourd’hui on observe une tendance forte vers les circuits courts, la vente en ligne et sur smartphone, ainsi qu’une diminution des intermédiaires (la fameuse ubérisation des services). » Si l’industrie du vin veut sauver sa peau, elle doit s’adapter aux pratiques du XXIe siècle. Des initiatives… peu nombreuses Arnaud Tarry l’a bien compris. Wine Cluster, son tout nouveau site web, propose de mettre en relation le consommateur directement avec le vigneron. Afin d’éliminer des intermédiaires et de créer une relation plus authentique, de proximité. On vous l’a dit, l’ubérisation est en marche ! Toujours dans le domaine de l’authenticité, le site sommelierparticulier.com va plus loin. Mathieu Lasne-Villoing, son cofondateur, se présente au public de l’amphithéâtre. « On propose à nos clients des conseils téléphoniques personnalisés de la part de sommeliers reconnus. » Puisque la dégustation de vins en ligne n’existe pas encore, autant se faire conseiller par des pro. Comme au restaurant en somme. Pourtant, ces initiatives sont trop peu nombreuses. Selon le patron de Wine Cluster, il y aurait « seulement 70 projets innovants en France ». Ridicule, comparé aux milliers de start-up dédiées à la gastronomie et aux sorties qui voient le jour tous les ans. Autre comparaison non moins alarmante, les sommes investies. « Ici, personne ne se lance dans des innovations car la marge sur les vins est faible, explique Mathieu Lasne-Villoing. Aux États-Unis, un projet de plateforme de vente en ligne vient de recueillir près de 80 millions d’euros ! » Et c’est bien là que le bât blesse. La France se fait distancer par des concurrents plus réactifs. Il va falloir écoper, et vite ! Trois ans pour réagir Arnaud Tarry donne trois ans à l’industrie vinicole pour se mettre à niveau. Passé ce délai, il sera trop tard… « Les pays qui investissent massivement dans les nouvelles techniques de communication et de vente vont mettre en place des plateformes où se concentreront les marchés émergents, anticipe-t-il. Ne comptez pas sur eux pour vous inviter à participer. » Éviter que se créent des monopoles du commerce en ligne. Ne pas devenir inaudible et surtout invisible. Voila les vrais défis qui se posent aux professionnels du vin. Un retard insurmontable ? Pas selon Nadia Lelandais. Pour elle, la solution passera par la mutualisation des moyens. « Il faut se réunir et réfléchir ensemble à des projets innovants, afin de créer un écosystème favorable aux inventions », argumente-t-elle. Producteurs, chercheurs, institutions, fournisseurs… L’ensemble des maillons de la chaîne doit travailler main dans la main. Et à ce sujet, il y a des raisons d’être optimiste. « La filière est déjà organisée collectivement, via les associations de viticulteurs et les interprofessions », relève cette fine connaisseuse du monde des vins. Un atout capital, à condition d’être disposé à mettre des sous sur la table. Pour Arnaud Tarry, l’équation est simple. « Aujourd’hui il faut investir quelques dizaines de milliers d’euros, l’an prochain ce sera plusieurs centaines de milliers et dans deux ans, des millions. Passé 2020, ça ne servira plus à rien de s’affoler car notre retard sera devenu irrattrapable. » Alors, investir ou mourir ? Il va falloir se décider rapidement. Le compte à rebours a commencé…

Test du tracteur prototype New Holland T6.180 Methane Power

Une nouvelle ère s'ouvre à nous. L'ère de l'autonomie énergétique des exploitations agricoles... Mercredi 29 mars, New Holland organisait une démonstration de son tracteur prototype T6.180 METHANE POWER, près de Belfort. Ce tracteur fonctionne 100% au méthane, un carburant qui présente deux qualités : il est propre et peut être produit directement à la ferme.

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