mutualisme

Publié le 27/03/2017

L’Aropa Alsace, qui regroupe les salariés des organismes agricoles, vient de vivre sa sixième assemblée générale. Son credo : bien vivre sa retraite.

Le recrutement de nouveaux adhérents reste une des principales préoccupations de l’Aropa Alsace, a indiqué le secrétaire général, Ernest Freyburger. C’est pourquoi ses dirigeants sont intervenus dans les entreprises pour informer les salariés proches de la retraite. Ils ont également demandé à la MSA d’Alsace de distribuer des flyers aux salariés déposant une demande de pension de vieillesse. L’association projette en outre d’organiser des réunions d’information dans les secteurs où elle est faiblement représentée, comme le Sundgau et l’Outre-Forêt. En 2016, l’Aropa a accueilli 67 nouveaux adhérents, ce qui porte leur nombre à 257, soit une progression de 36 %. « C’est le contrat d’assurance complémentaire santé conclu avec Mutualia qui attire la plupart des nouveaux membres », a concédé Ernest Freyburger. L’Aropa Alsace tient sa sixième assemblée générale, a souligné le président, Raymond Clément. C’est une jeune association, comparé aux autres associations du Grand Est qui ont presque toutes plus de 30 ans d’existence. « Mais nous sommes en train de rattraper notre retard. Si on y ajoute les associations de retraités de Groupama et de la MSA, nous sommes aujourd’hui 583 adhérents. Cela nous permet d’être optimistes pour atteindre rapidement le cap des 1 000 adhérents. Soyez les ambassadeurs de l’Aropa Alsace ! » L’an dernier, l’association avait fait un focus sur le régime local, qui risquait d’être remis en cause par la loi ANI dont le but était de généraliser la complémentaire santé. Après quelques passes d’armes, le législateur a décidé de maintenir le statu quo du régime local. « Aujourd’hui, notre action se focalise sur deux aspects, la retraite universelle et la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement », a expliqué Raymond Clément. La Confédération française des retraités vient d’arrêter ses propositions quant à l’avenir des retraites, de la protection sociale, de la santé et de la représentativité de l’association auprès des instances nationales. « En pleine période électorale, c’est le moment de faire passer le message des retraités auprès des candidats à la présidentielle », a souligné le président. Pour lui, il est indispensable de mettre en place un régime universel de répartition par points en remplacement de tous les régimes actuels de retraite. « Il faut garantir l’indexation des pensions sur l’évolution des prix, relever les petites pensions et unifier les conditions d’attribution des pensions de réversion pour l’ensemble des régimes. » Les comités départementaux de la citoyenneté et de l’autonomie sont en train d’être mis en place. « Votre Aropa a fait acte de candidature. » « Une véritable réforme de justice sociale » L’assemblée générale s’est poursuivie par une conférence-débat sur le thème « Comment bien préparer sa retraite ». C’est un sujet qu’il faut anticiper, a souligné Raymond Clément. Plusieurs sujets ont été abordés, la problématique de la dépendance et son financement, par Daniel Robert, vice-président du Coderpa, le rôle de la MSA au niveau de la vieillesse, avec Christelle Jamot, et le témoignage de Nicole Ambeis, secrétaire générale du groupe Bethesda. L’élaboration d’une politique en faveur des personnes âgées était attendue depuis trente ans, a rappelé Daniel Rebert. En février 2011, un grand débat national sur la dépendance s’est engagé. S’ensuivirent de nombreuses commissions, études, rapports. La loi d’adaptation de la société au vieillissement, promulguée en 2015, apporte des améliorations notoires mais, faute de moyens, ne permet pas d’absorber les chocs démographiques, estime Daniel Rebert. « Ceci étant, c’est une véritable réforme de justice sociale. » Elle apporte notamment une meilleure couverture des besoins des personnes âgées, une participation financière réduite des usagers par l’augmentation de l’Allocation personnalisée d’autonomie, un soutien renforcé aux personnes les plus dépendantes et une réforme de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées. Elle veut répondre à trois grands enjeux : mobiliser toute la société : dynamiser la prévention individuelle et collective, prendre en compte le défi démographique dans les villes et les territoires, développer l’intergénérationnel, valoriser l’engagement des jeunes en service civique, valoriser l’emploi dans le secteur des services à domicile ; accompagner les personnes âgées dans leur parcours de vie : leur permettre de vieillir chez elles grâce à la revalorisation de l’APA, développer le logement intermédiaire, adapter le logement aux enjeux du vieillissement, soutenir les proches aidants par une aide au répit ; revaloriser les droits et les libertés des personnes âgées : leur permettre de désigner une personne de confiance, renforcer leur intégrité physique et leur sécurité dans les établissements, les associer à la politique de la vieillesse. « La loi existe, les départements doivent maintenant la mettre en place », a souligné Daniel Rebert. Elle induit une gouvernance revisitée : les Coderpa et les CDCPH fusionnent au sein des CDCA. Celui du Bas-Rhin a été mis en place, celui du Haut-Rhin devrait se créer en octobre. Daniel Robert a tiré la sonnette d’alarme : le vieillissement de la société engendre une augmentation de la dépendance. Or les moyens sont insuffisants pour faire face aux besoins de la population future : la loi fait l’impasse sur le financement de la perte d’autonomie et sur le coût des maisons de retraite. Un besoin de financement qui ira croissant dans les prochaines années et qui restera en grande partie à la charge des ménages. « La dépendance est une bombe à retardement pour l’économie française, estime Daniel Rebert. Il faudra rapidement passer au deuxième acte et mettre en place un financement de la perte d’autonomie, à l’instar de ce que plusieurs pays européens ont mis en place. » Cette question doit rapidement être classée en cause nationale, selon lui. « Tout ce que la MSA peut faire pour vous » « Qu’est ce que la MSA fait pour vous ? » Christelle Jamot, directrice générale de la MSA d’Alsace, a indiqué qu’au-delà des aides légales, chaque MSA peut décliner des aides extralégales, adaptées aux besoins locaux : accompagnement financier, accompagnement individuel par un travailleur social, accompagnement en groupe, projets à caractère sanitaire et social, comme les actions de prévention ou les maisons d’accueil pour seniors. La MSA d’Alsace a notamment mis sur pied le programme Bien Vieillir, avec des conférences-débats et des ateliers sur des thèmes très variés comme la santé, la mémoire, l’équilibre, la nutrition, l’habitat, l’informatique, l’activité physique, la conduite automobile, la dépression, la sexualité, etc. Bref, tout pour bien vivre sa retraite… « 161 cycles, organisés par Atout Âge, sont prévus en 2017 », a annoncé la directrice générale. LA MSA participe également aux campagnes de dépistage des cancers du sein, du col de l’utérus et du colon et à la prévention de l’ostéoporose. Elle encourage ses ressortissants à participer à des activités (partir en séjour à l’étranger, par exemple), à maintenir le lien social, bref à tout faire pour éviter la dépression qui touche 15 à 30 % de la population des plus de 65 ans. « Il est possible de se faire aider si ses revenus sont trop justes », a poursuivi Christelle Jamot. La MSA peut accorder différentes aides : aides techniques (barre d’appui), adaptation du logement, aide à domicile, accompagnement lors de la sortie d’hôpital, portage de repas, accès aux soins, hébergement temporaire, téléassistance, etc. Christelle Jamot a présenté les offres de service des associations du groupe MSA d’Alsace : microcrèches pour caser les « chicoufs », téléassistance avec Présence verte, relais de services à la personne (Outre-Forêt), association Germa Alsace pour la mise à disposition d’hommes toutes mains ou d’aides à domicile, entre autres. Elle gère en outre six petites unités de vie en milieu rural, les Marpa (Maisons d’accueil et de résidence pour l’autonomie) ou Masa. Un projet est en cours à Huningue. « On ne sait pas tout ce que la MSA peut faire pour vous », a souligné Raymond Clément. « Soyez vigilants par rapport aux choix que vous allez faire si vous ne pouvez plus rester à la maison », a souligné Nicole Ambeis, directrice d’Ehpad, avant de présenter les différentes solutions d’hébergement pour les personnes âgées. Il existe trois catégories : les logements intermédiaires : Marpa ou Masa, résidences d’hébergement pour personnes âgées ou résidences senior, petites unités de vie (PUV). La nouvelle loi parle des résidences autonomie ; l’accueil familial (hébergement chez l’habitant, villa familiale) ; les Ehpad (maisons de retraite). « C’est un lieu de vie et de soins, où une équipe pluridisciplinaire vous accompagne 365 jours par an, une formule tout compris. » Il existe plusieurs types de prise en charge dans les Ehpad (dépendance physique, dépendance psychique, maladie d’Alzheimer), etc.

Cérémonie des vœux de la Mutualité sociale agricole d’Alsace

L’ère des mutualisations

Publié le 14/02/2017

La Mutualité sociale agricole s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire. Le président de la MSA d’Alsace, David Herrscher, et sa directrice générale, Christelle Jamot, en ont décrit la trame lors de la cérémonie de vœux qui a rassemblé l’ensemble des salariés de l’entreprise, vendredi 20 janvier à Vendenheim.

Quoi de mieux que l’humour pour détendre l’atmosphère ? Afin d'animer la cérémonie de vœux du personnel, la Mutualité sociale agricole d’Alsace a fait appel à la Compagnie Inédit Théâtre, qui a fait de l’improvisation son fer de lance. Une série d’interviews très « punchy » ont permis d’évoquer les dossiers d’actualité - la crise agricole et ses répercussions sociales, la mise en place de la cellule Réagir. Puis les deux comédiens, Marko Mayerl et Camille Comparon, ont exploré à leur manière différentes facettes de la mutualisation. Une façon originale d’éclairer les salariés sur l’avenir de leur entreprise ! Le nouveau chapitre que s’apprête à écrire la MSA d’Alsace a pour titre « Mutualisations », mais il a bien failli s’appeler « Fusions ». Les pouvoirs publics ont en effet sommé la MSA, comme d'ailleurs tous les régimes de protection sociale, de regrouper ses forces dans le but de réduire ses coûts de gestion qui sont pourtant très compétitifs : 4 € pour 100 € de cotisations versées. Ses dirigeants, le président Pascal Cormery et le directeur général Michel Brault, n’ont pas voulu de ce scénario tout tracé. Sous l’impulsion d’une poignée de directeurs, dont l’Alsacienne Christelle Jamot, ils ont proposé une alternative, la mutualisation des moyens. Garder la proximité du terrain Face à la baisse du nombre d’adhérents, une réorganisation des caisses de MSA était devenue nécessaire, explique Christelle Jamot, les plus petites caisses risquant de passer en dessous du seuil de viabilité. « Nous avons préféré la mutualisation à la fusion, afin de garder la proximité du terrain. » Concrètement, la vie de l’adhérent ne s’en trouvera pas modifiée. Car les activités de « front-office », c’est-à-dire les services qui sont en contact direct avec le public, ne subiront pas de changement : les antennes décentralisées, la médecine du travail, les conseillers sociaux. Ce sont les tâches de « back-office », calcul des prestations, liquidation des dossiers de retraite, etc., qui seront réparties entre les trois caisses travaillant désormais de concert, la MSA Alsace, la MSA Lorraine et la MSA Sud Champagne (Haute-Marne et Aube). « 40 % de nos activités vont être mutualisées », indique Christelle Jamot. L’Alsace va développer son service santé (prestations en nature), tandis que les prestations en espèces iront chez les voisins lorrains. Elle gardera également la gestion pour compte de tiers des mutuelles et des compagnies d’assurances, ainsi que les activités supports - c’est elle qui établira l’ensemble des fiches de paie pour les trois Caisses. La Lorraine reprend une partie des dossiers retraite, avec Sud Champagne qui reprend aussi les prestations familiales. « Nous avons décidé de ne pas mutualiser les cotisations, même si Sud Champagne a finalement décidé de nous confier une partie de la gestion de ses cotisations. » Les sites de production maintenus Ces mutualisations présentent un avantage non négligeable pour les salariés : « Les trois équipes de direction ont décidé de maintenir les sept sites de production, ajoute David Herrscher. Ce n’était pas acquis d’avance. Quoi qu’il en soit, la mutualisation nous permet de démontrer que nous sommes capables de nous organiser en étant plus performants. » Et la MSA Alsace, dans tout cela ? « Nous pourrons étoffer nos équipes dans certains services, annonce Christelle Jamot. Avoir des équipes de taille suffisante permet de garantir la qualité du service. Nous mettrons aussi nos savoir-faire en commun : nous adopterons les meilleurs processus pour le back-office. Mais, répète-t-elle, la relation avec les assurés ne changera pas. Nous assurerons la même relation de proximité. » Par contre, les modalités de travail risquent de changer. « Nous serons sans doute tous impactés. Mais nous voulons que ce changement soit transparent pour l’adhérent. Nous voulons aussi garder notre tissu d’élus - administrateurs et délégués cantonaux. Ces élus sont des valeurs sûres, ce sont nos messagers sur le terrain et nos lanceurs d’alerte. C’est un rôle capital », estime la directrice générale. Cette réorganisation s’est faite en étroite collaboration avec les présidents et les directeurs des deux autres caisses, Éric Petit et Stéphane Antigny pour Sud Champagne, Bernard Helluy et Gilles Chandumont pour la Lorraine. « Nous travaillons en toute confiance et avec sérénité pour pérenniser la structure MSA, assure Christelle Jamot. C’est un mode de fonctionnement et une organisation que nous envient les autres régimes de sécurité sociale. » « Nous devrons réussir d’ici fin 2018 ! » Pour mener à bien cette réforme, une réflexion approfondie a été menée, d’abord au sein des groupes de travail, puis des conseils exécutifs pour voir comment se projeter dans l’avenir, choisir les solutions les plus pertinentes sans supprimer de sites, explique David Herrscher. « Nous avons été attentifs, tout au long du processus, à ce que tout le monde y trouve son compte. Nous devons réussir d’ici fin 2018 ! » Sur le plan administratif, poursuit Christelle Jamot, « nous avons travaillé de janvier à juin 2016 pour poser les axes de notre plan de mutualisation, proposer les scénarios les plus pertinents ». En septembre, les équipes de direction des trois Caisses se sont réunies pour finaliser le projet. « Ce n’est qu’après la quatrième réunion que nous sommes tombés d’accord. » Le plan final a été arrêté fin septembre. S’est engagée ensuite une phase de concertation avec les instances représentatives du personnel qui ont émis « des avis favorables avec des recommandations que nous nous sommes engagés à respecter ». Communiquer en direction des adhérents Reste à présent à faire passer le message auprès des adhérents. « Nous n’avons pas encore eu ce débat en conseil d’administration, précise David Herrscher. À nous de réfléchir à la meilleure communication possible pour éviter les rumeurs. Car j’insiste sur le fait que ces mutualisations seront indolores pour les adhérents. » Ainsi, chaque caisse aura son propre numéro de téléphone, avec un système d’orientation des appels plus efficace. « L’idée, c’est que l’impact soit minime, explique Léa Raimbault, responsable de l'accueil téléphonique. Nous allons tout faire pour que l’adhérent puisse joindre le bon correspondant dans les meilleurs délais. Nous allons conserver la polyvalence de nos salariés en accueil physique pour le meilleur service à nos adhérents. Nous allons créer un groupe de réflexion spécifique pour organiser au mieux ce service qui n’entre pas dans le champ de la mutualisation.» Au niveau interne, les salariés de la MSA d’Alsace seront informés tous les trois mois de l’état d’avancement du chantier à travers une Newsletter, Cap Mutualisation. « Notre objectif est d’être le plus transparent possible sur l’avancée du projet », indique Annabelle Francisi Ebener, directrice financière de la MSA, qui a été chargée de la communication interne. « Certains salariés vont changer de métier » Certains salariés devront changer de métier, ce qui va nécessiter un effort de formation, prévient Christelle Jamot. « Nous ferons tout pour les accompagner dans leur évolution professionnelle, afin qu’ils soient à l’aise dans leur nouveau poste de travail. » Une première formation, intitulée « Accompagnement au changement », a déjà été lancée. Quinze salariés se sont inscrits pour cette formation qui aura lieu en février. « Il y aura bien sûr des formations techniques pour apprendre les nouveaux métiers. Nous allons solliciter des collègues expérimentés pour assurer le tutorat des salariés qui auront un nouveau métier, afin qu’ils ne soient pas seuls lorsqu’ils monteront en charge. » Ces mutualisations augmenteront la masse des dossiers à gérer dans certains services. Comment absorber ce flux tout en assurant la formation des nouveaux collègues ? « Nous embaucherons des CDD et nous ferons appel aux volontaires pour des heures supplémentaires le samedi. Et pour certains services, comme la retraite, des heures supplémentaires imposées seront instaurées, si nécessaire. Après la clôture des comptes de 2016, la Caisse centrale négociera un report des crédits non utilisés sur 2017 pour financer les CDD et les heures supplémentaires. » Le plan de mutualisation ressemble beaucoup à l’opération de spécialisation des sites menée il y a quelques années. « Un défi que nous avons relevé avec succès », rappelle la directrice générale. « Nous avons réussi le tour de force d’imposer notre vision aux pouvoirs publics », se félicite le président.

Mutualité sociale agricole d’Alsace. Réunions intercantonales d’information

Le point sur les évolutions législatives

Publié le 10/02/2017

La Mutualité sociale agricole d’Alsace a réuni les délégués des cantons de Strasbourg et de Centre Alsace le lundi 23 janvier à Erstein, l’avant-dernière d’une série de six réunions d’information intercantonales. L’objectif de ces rencontres est de présenter les évolutions législatives et les décisions prises par le conseil d’administration, explique le président David Herrscher, devant une assistance très nombreuse.

En matière de protection sociale, chaque année apporte son lot de nouveautés. À commencer par la protection universelle maladie, entrée en application le 1er janvier 2016. La Puma garantit à toute personne qui travaille ou réside en France de manière stable et régulière un droit à la prise en charge de ses frais de santé à titre personnel et de manière continue tout au long de la vie. « Il n’y aura plus jamais de rupture de droit, même si vous changez d’employeur ou de régime social. » Autre avancée sociale, le tiers payant généralisé, en vigueur depuis le 1er janvier 2017. « Le tiers payant vous permet de ne plus avancer de frais, explique David Herrscher. N’hésitez pas à le demander à votre médecin, qui n’est pas pénalisé car nous sommes tenus de le rembourser dans un délai très court, sous peine de subir une amende. » Cependant, prévient le président, certains candidats à la présidentielle souhaitent revenir sur ce dispositif. 2015 a été marquée par la baisse de la cotisation prestations familiales pour les non-salariés agricoles et les employeurs. Elle s’inscrit dans le cadre du pacte de responsabilité et de solidarité mis en place par le gouvernement, dont l’objectif est la réduction des charges pesant sur les entreprises et les ménages. En 2016, c’est une baisse de 7 points de la cotisation maladie qui est entrée en vigueur, ainsi qu’une baisse de l’assiette de la cotisation maladie. « La cotisation totale minimum est ainsi passée de 2 623 à 1 878 € en 2016. Pour ceux qui sont mensualisés, deux échéances seront supprimées. » Mauvaise nouvelle, par contre, du côté de la retraite complémentaire obligatoire (RCO). Créée en 2003 pour pallier la faiblesse des retraites des exploitants, elle devait être financée jusqu’en 2035. « Mais le président François Hollande a décidé de financer la revalorisation des retraites agricoles à 75 % du Smic en ponctionnant dans les fonds de la RCO, ce qui fait que le régime est déficitaire depuis septembre 2016. » Des négociations ont été menées pour pérenniser le régime de RCO, poursuit David Herrscher. « L’État a accepté d’apporter 100 millions d’euros, et la cotisation augmentera dès 2017 de 0,5 point par an sur deux ans, sachant qu’un point de cotisation supplémentaire correspond à 117 €/an pour l’exploitant. » La cotisation supplémentaire RCO permettra d’équilibrer le régime à court terme et ouvrira demain de nouveaux droits à ceux qui cotisent aujourd’hui, insiste Christelle Jamot. Avec la DSN, le Tesa évolue « La déclaration sociale nominative est obligatoire dès le premier semestre 2017, mais nous serons bienveillants en 2017 pour laisser aux entreprises le temps de s’adapter », indique Christelle Jamot. Le Tesa (Titre emploi simplifié agricole) est un service spécifique pour les petits employeurs agricoles qui ne souhaitent pas gérer leurs paies dans un logiciel spécialisé. Pour accompagner les entreprises agricoles qui souhaitent continuer à l’utiliser, le Tesa évolue pour leur permettre de produire les données DSN. Le Tesa web remplace désormais le Tesa papier. « Des ateliers Tesa et des tutoriels internet seront mis en place pour permettre aux employeurs de se familiariser avec ce nouveau document », indique David Herrscher. Un nouveau Tesa, plus complet, est annoncé pour 2018. « Mais, souligne la directrice, Christelle Jamot, nous voulons être associés à l’élaboration de ce nouveau formulaire pour qu’il ne devienne pas trop compliqué. » Le Tesa, qui était limité aux entreprises agricoles de 5 salariés (ETP), sera accessible à celles qui emploient 20 salariés l’an prochain. Les autres devront passer à la DSN. « À partir de cette année, si vous employez plus de 20 salariés, vous devrez passer à la DSN et vous équiper du logiciel capable de transmettre les informations à tous les organismes sociaux. Pour vous aider à franchir ce cap, nous sommes prêts à nous déplacer dans votre entreprise », indique Christelle Jamot. Si l’entreprise a 20 salariés en CDI ou moins, elle pourra choisir entre trois possibilités : utiliser le nouveau Tesa pour l’ensemble de salariés en CDI et CDD quelle que soit la durée du contrat ; utiliser le nouveau Tesa pour les salariés en CDD de moins de 119 jours et la DSN pour les autres salariés (CDI et CDD de plus de 119 jours) ; ou bien utiliser la DSN pour l’ensemble des salariés en CDI et CDD quelle que soit la durée du contrat. « Les viticulteurs qui emploient des salariés tout au long de l’année peuvent tout de même continuer à utiliser le Tesa pour les vendangeurs », souligne la directrice de la MSA d’Alsace. Adapter la société au vieillissement de la population Dans le cadre de la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement (ASV), une conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées a été mise en place dans chaque département. Elle a pour mission de définir un programme coordonné de financement des actions individuelles et collectives de prévention, en complément des prestations légales ou réglementaires. Les personnes retraitées cotisent à ce dispositif par l’intermédiaire de la contribution de solidarité pour l’autonomie (Casa). Le produit de cette taxe est centralisé au niveau national et réparti entre les départements. « Les fonds alloués à chaque département ont permis notamment d’organiser des ateliers de prévention », explique Christelle Jamot. Plus de 150 actions financées en 2016, 160 sont prévues en 2017. La loi ASV comporte également une réforme de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Depuis le 1er mars 2016, l’aide financière apportée aux personnes âgées en perte d’autonomie est renforcée. La situation des aidants familiaux est également mieux prise en compte. « Nous allons organiser davantage d’actions pour donner un peu de répit aux aidants. Les calendriers de ces actions évoluent fortement, nous vous invitons à y participer massivement », indique David Herrscher.

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